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CHAPITRE VII

Une particularité qui, je crois, leur était propre à l’exclusion de toutes les autres tribus, était 4/thi-Za-dinai, V'équivalent de notre baïonnette. C'était du silex commun taillé en pointe comme le fer de lance et fixé au bout de l'arc. Nos Porleurs s’en servaient comme d’un dard lorsqu’ils se trouvaient trop rapprochés de l'ennemi pour se servir autrement de leurarc.

Ils possédaient en outre la lance régulière, une pointe de silex fixée au bout d’une perche.

Le seul instrument de pierre polie était le &/ ou cassetête, fait d’un solide granit et de forme oblongue. Il en existait une autre espèce,semblable pour la forme, mais au moins deux fois plus longue et faite avec la corne de caribou.

En fait d'armes défensives, les Dénés avaient deux sortes d’armures et un bouclier. Celui-ci éta:£ de forme ovale comme le c/ypeus des Romains ; généralement, on le faisait avec des branches d’amélanchier entrelacées.

En campagne, ils se revêtaient d’une cuirasse faite avec des baguettes desséchées du même bois. Ces baguettes s’arrangaient parallèlement les unes aux autres,et des lanières de peau de renne les retensisnt ensemble en passant aux deux bords et au milieu de la cuirasse. Cette arme défensive élait en usage parmi les Indiens du littoral de la mer, el il y a tout lieu de croire aw’elle leur avait été empruntée.

Une armure propre à la nation dénée, c’est la pes{a (dans laquelle on se met).Celte cuirasse avait la forme d'une tunique sans manches iombant jusqu'aux genoux, de manière à protéger tout le corps, excepté la tête ; jedis tout le corps, parce que dans les grands combais, les Dénés ne se servaient de l’arc qu'en pliant le genou. La pest: était en peau de caribou revêtue de plusieurs coures de sable et de petits cailloux coagulés et collés d£ manière à former un tout qui rendait invulnérables ies parties du co"rs protésées par lui.

Toutes ces armes et armurcs ‘aient en usage ici, immédiatement avant,et même un peu après, :« découverte du pays par Sir A. Mac-Kenzie, en 1793.

Mais il nous tarde de voir par nous-mêmes ce que les Sékanais sont aujourd'hui. Comme les chevaux — qu'ils appellent litcho ou gros chiens — ne sont pas encore ac-

“climalés chezeux,nous ne pouvons nous attendre à les voir venir nous chercher. Leur absence a un avantage : nous sommes libres de partir quand nous voudrons. Nous ne pouvons pourtant trop différer, car nous avonsdonné rendez-vous aux Babines pour le mois prochain. Nous partons donc pour le lac la Truile,en compagnie de trois sauvagesde

.la Mission.

La première journée de marche n'offre rien de bien extraordinaire. Nous franchissons d’abord de petites prairies à l’est du lac Stuart, iangeons le lac Porteur, nous enfonçons dans dés fourrés dé petits pins qui menacent de faire disparatire complètement le sentier, et nous trouvons vers le soir, sur les bords d’un cours d’eau que les cartes appellent la rivière au Saumon, mais qui passe parmi les sauvages pour la rivière au Castor {Tsa-la-Aok).

Faligués des fondrières et de l'exercice gymnastique que nous leur avons fait faire toute la journée, nos chevaux s'arrêtent volontiers, et nous campons.

Mais, au lieu de goûter le repos qu'ils ont si bien mérité, ils sont assaillis par des nuées de moustiques qui les mettent hors d'eux-mêmes. Naturellement, ces insectes n'ont pas de préférence pour les animaux: le sang de l'homme leur paraît tout aussi alléchant ; aussi nous ne pouvons fermer l'œil de toute la nuit.

Pour qu'on ne s’imagine pas que j'ai une dent contre les

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