‹ Chez les sauvages de la Colombie Britannique [microforme]Chapitre 93 sur 178 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

que la garre on l'avait culbuté, on lui avait craché au visage et |

at, au quelqu'un l'avait même menacé du bâton, c’est-à-dire,

avait ajouta-t-il par manière de commentaire, qu’on avait voulu

cos l’éborgner ! | |

RACE — Et tout cela, disait-il, parce que j'ai voulu soutenir sa la parole du Grand Raconteur (l’évêque) ! |

£ d Le — $Sielle n'a pas de plus brave défenseur, pensai-je,

INR elle est en grand danger de tomber à l’eau !

Issés Pour le satisfaire, je lui dis que j'avais avec moi toute

une pharmacie : il n’avait qu'à me montrer ses plaies, je .

er m'empresserais de les panser et d'y appliquer le plus puisqu'ils sant de mes spécifiques. Comme il n'avait pas même une US égratignure, il fut obligé de s’en retourner comme il était rlant venu.

ulant 11 faut dire pourtant que tout ce tumulte à propos d’une FR mesure jugée nécessaire par l'administration diocésaine re les augurait assez mal de l'avenir. Aussi ne fus-je pas très surre de pris d'apprendre, lors de ma visite-qui suivit, que l'on nsei- avait clandestinement préparé à grands frais un festin Tor auquel tout le monde devait prendre part aussitôt que je intifs serais parti.

un Voulant les mettre à l'épreuve et m’assurer s'ils étaient plus plus chrétiens que païens, je leur déclarai dès le premier mn jour que, plusieurs d’entre eux n'étant pas encore arrivés,

7 j'allais partir pour visiter les Babines du Rocher-Déboulé, ei et qu’à mon retour je donnerais comme d'habitude les exercices de la retraite.

er — Seulement, ajoutai-je, vous connaissez la volonté de sa - Monseigneur au sujet des festins, grands et petits ; il est des pour nous le représentant de Dieu sur la terre, et on doit tou lui obéir alors même que ses ordres ne seraient point de ba- | notre goût. Si donc quelqu'un d’entre vous était assez té-

méraire pour contrevenir à sa décision en mon absence, saécite chez que mon devoir est de vous déclarer qu’il ne sera pas

admis au sacrement de Pénitence.

mn nm ce

Et je partis pour le Rocher-Déboulé. Comme je dois y revenir plus tard, jo n'entrerai pas dans les détails de ce premier voyage.

Avant même mon retour au lue Babine, j'appris que les sauvages n'avaient (enu aucun compte de la défense de l'évêque et que tous avaient participé à la fête.

— On ne pourra refuser les sacrements à tant de monde, avait-on l’air de penser.

Dès que je parus au lac Babine, on s’efforça de m’amadouer, saluant mon retour d’exclamations joyeuses et se précipilant sur moi pour me toucher la main. Ils s'étaient bien proposé de cacher leur faute ; mais ils comptaient sans leur hôte.

Je ne parlai de rien avant le premier exercice public ; mais je déclarai alors que, conformément aux instructions de mon supérieur ecclésiastique, instructions dont je leur avais déjà communiqué la teneur, je ne confesserais que les enfants qui n'avaient pris aucune part au festin fait malgré sa défense.

— En conséquence, leur dis-je, je vais baptiser aujourd'huiles nouveau-nés et entendre la confession des enfants, et demain je repars pour le lac Stuart. :

Il me semble voir encoreles figures attérées de mes Babines quand je fis cette déclaration. Petits et grands, mème les bébés au maillot semblaient se rendre compte de la gravité de la situation : c'était un silence de mort. Bien que l’église — une grande bâtisse — fût pleine comme un œuf, on eût pu entendre courir une souris.

Mais les sentiments comprimés, autant par la surprise que par le respect pour la sainteté du lieu, éclatèrent à la sortie. Là se renouvela la scène de l’année précédente.

On fit tout au monde pour m'empêcher de partir. Personne ne voulut me prêter de canot ; aucun jeune homme n'osa consenlir à me ramener. Enfin j'avisai trois Porteurs

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