LE THEATRE DE NOS PÈRES
deux moutons près, et gardons un peu plus de rancune à Racine et à Molière d'avoir inauguré ce moule artificiel de la tragédie et de la comédie, qu'il a fallu une révolution.pour briser. Lisez le premier Cosroé's venu du dix-huitième siècle, ou V Ecole de ce que vous voudrez, je vous défie d'en deviner l'auteur ; on jurerait que le Code Napoléon de la nullité leur a infligé à tous l'égalité littéraire ; ils se ressemblent d'une façon désespérante; il faut faire une marque à leur nom pour ne pas croire que leur œuvre est d'un autre nom.
Si à la place de ce ramage de perroquets , se léguant avec l'horreur du persil, c'est-à-dire de l'innovation, le même amour du convenu, nos pères avaient essayé d'être eux-mêmes, de créer un théâtre personnel, nous aurions peut-être perdu beaucoup de Sésostris et à^ Ecoles ; mais nous aurions gagné d'être mieux faits au régime de la liberté intellectuelle, de n'admirer que ce qui est admirable, de ne point respecter ce qui est méprisable, et d'avoir un patrimoine littéraire plus varié et plus substantiel. Destouches, Fabre d'Églantine, Crébillon, La Chaussée et les autres, ce sont les assignats de Racine et de Molière. — En attendant, mettons un peu à l'écart, au lieu de les mettre au premier plan, ces parangons du mauvais
français, de l'observation puérile et de l'émotion toute faite. Qu'ils vivent, si on l'exige, ces revenants, mais qu'ils ne vivent pas aux dépens des auteurs en chair et en os. Le Théâtre de nos pères, ce n'est plus un livre, c'est du papier, et Je doute que cette littérature en cage vaille le chêne vis.