CONCLUSION
On pai-lait iinisiquf'. h propos de la question toiijoiii's soulevée entre la mélodie et l'iiannonie.
" Il y a deiiK modes sons lesquels se mani- <i teste le bruit, nous dit Victor Hugo : le mode « collectif et le mode successif. Le premier nous « est donn('' par ces grandes voix (|ui sont dans <i la nature et qui nous viennent de la montagne <■ et de la plaine . de la foret et de la mer : c'est « riiarmonie. l/antre est donné par riiomme " même , par le rliant et le cri do la passion : « c'est la mélodie.
<i Celui (|ui ne nous ferait entendre que la pi-oniière, si belle qu'elle fût. ne toucherait pas. — L'honniie partout cherche l'homme. — Ce serait comme une mer sans voiles, une campagne sans loits, une forêt sans liùtes; la pensée n'en sn])porte pas longtemps le spectacle. On veut pouNoir vivi'e dans ce riiTon \oil.
<i Or, en musique, celui-là est l'homme de génie qui a su mêler à l'harmonie la noie de la passion, dans cette mesure exacte où est la puissance de l'honmie par rapport à la puissance de la nature.
Cl Beethoven surtout a le secret de celle juste Il proportion. »
Nous étions dans le jardin, un di/mi-arpenl de Heurs et de vertes pelouses, à moins iju'on n'y ajoute douze lieues iriiori/.oii. Un tranquille bassin s'étend sur l'herbe; deux homiêtes ca-
nard< y remplissaient de leur mieux leur rôle de cygnes, auprès d'une fontaine en terre cuite au bas de laquelle des tètes de dauphins lancent de mignonnes cascatelles. — Kn soulevant les feuilles de lierre qui escaladent la fontaine . j'ai lu d'un côtt' cette inscription :
où psI l'e!<poir. lii l'sl la pair;
et de [autre, ce beau vers des Contemijlations :
Immensité, dit l'être; éternité, dit l'àme.
l-'amille. étude, poésie, beaiix-aris. divines caresses de l'ànie, n'ètes-voiis pas toutes puissantes ! — J'ai vu dans le jardin im banc de pierre où Victor Hugo vient s'asseoir. — De là, on domine la ville et la mer, et par delà, à l'Iiol'i/.oii, chaque beau jour découvre une ligne
blanclip h ])oini^ visililo . qui est la iMTiiice. J'ai vu le poète assis sur ce banc, ef, tandis qu'il parlait, ses yeux restaient fixés de ce cote de la mer. clieiTliant à pén('ti(T la lii-unie...
Ta rive qui nous tente,
a-l-il dit.