‹ Chien-Caillou (volume 2)Chapitre 22 sur 62 · SCENE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIÈRE

CLÉMENCE #er SYLVIUS arrivant tout mouillés,

CLÉMENCE

Mon ami, chauffons-nous, tu dois avoir froid.

SYLVIUS

Oh ! quand l'amour jaloux bouillonne aaus nos têtes, Quand notre cœur se gonfle et s’emplit de tempêtes, . Qu'importe ce que peut un nuage des airs

Nous jeter en passant de tempête et d’éclairs,

(À part.) Je n'ai pas besoin de lui dire que c’est de l'Hugo.

CLÉMENCE

Tu parles bien, mon ami, mais dis-moi plutôt que tu m'aimes. (Elle se pend à son cou.)

SYLVIUS

Viens plus près, Clémence. Tu as un nom comme toutes les femmes. Clémence! c’est d'un trivial à faire vomir. Je t'appelle maintenant Vertu-des-Roïs.

CLÉMENCE

Pourquoi mon Sylvius ?

SYLVIUS

La clémence n'est-elle pas la vertu des rois ? Un polisson de classique l’a dit. s LE FEU.

Que voilà donc deux individus longs en affaires ! Regarde, Sylvius, comme ces deux tisons se serrent amoureusement. (Le feu redouble de chaleur.)

CLÉMENCE

Mon ami, j'étouffe, ce feu est si vif. (Elle ôte son bc:rel,

SYLVIUS, à parl.

Queile bonne ménagère cette jeune fille fera dans dix

ans ! elle craint d’abîmer son bonnet, — tout à l'heure. (Haut.) Dis, Vertu-des-Rois, comprends-tu l'amour féroce, échevelé, égratignant ?

CLÉMENCE

Jene suis qu’une faible femme, cher Sylvius. (Elle l’étreint de ses bras et recule sa chaise.) |

SYLVIUS, à paré.

Nous avançons.

CLÉMENCE

Oh ! je suis malade, Sylvius.

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