‹ Chien-CaillouChapitre 29 sur 54 · FIFI · texte numérisé non relu

FIFI

Oui, maman.

M. PKIDHOMME.

Voilà un petit garçon bien intelligent. {La dame fait un sourire.) Elle est bien conservée, cette dame.

MADAME PASTÉRI":.

Oh ! cela dépend.

M. PRUDHOMME AU SALON. i87

M. PRLDHOMME.

Je m'entends, pour son âge. (Bas.) Voyez-vous ce tableau du roi à Windsor !

5IADAMB PASTÉRIS, haut,

Louis-Philippe.

M. PRUDHOMME, baS,

Lui-même. Il ne faut pas parler trop haut devant ce tableau. Cette peinture est due au pinceau d'Edouard Pingret. Je le connais aussi; il m'aime beaucoup : nous avons à peu près le même caractère. Il ne fait pas un de ses déhcieux petits tableaux sans me consulter.

MADAME PASTÉRIS.

Vraiment?

M. PRCDHOMME.

Il était de la suite du roi en Angleterre. C'est un Jjomme fort bien en cour; mais il ne ressemble pas h tous ces gueux d'artistes qui mangent tout, qui vont au café, qui font les cent dix-neuf coups; non, il est riche, avec cela économe. Pingret donne des soirées délicieuses où va le grand monde. On prend chez lui du moka excellent. Quel moka! Je ne sais trop où il se fournit. Dernièrement, l'empereur de Russie lui a envoyé du thé de caravane, ce qu'il y a de plus fm en thé.

MADAME PASTÉaiS.

Alors c'est un bon peintre ?

M. PRUDHOMME

Les souverains se l'arrachent.

MADAME PASTÉP.rS.

C'est beau, pourtant^ d'arriver là.

M. PKLBHOMUE.

Oui. mais tout le monde ne s'appelle pas Pingret.

MADAME PASTÉRIS.

Regardez donc , monsieur Prudhomme , la robe de cette dame, une robe gorge-de-pigeon.

M. PRLDHOMME.

C'est vraiment du satin ; il est impossible de pousser plus loin l'illusion. Mais je la reconnais, cette dame, c'est madame Frémiuet.

MADAME 'PASTÉBIS.

Oli! non, madame Fréminet na jamais porté de robe anssi riche.

M. PRUDHOMME

La robe ne fait rien ; voyez plutôt le nez, la bouche, les yeux.

MADAME PASTÉRIS.

Madame Fréminet a le nez beaucoup plus fort, et elle prise, avec ça.

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