AVANT-PROPOS
« Ces pages auront été écrites en vain si elles oe n donnent pas au lecteur l'idée d'une nation sobre, » pratique, laborieuse, bien ordonnée et |;ouvernée » sagement, n
Sir Horace Rumdold , ministre de S. M. Britannique, à Santiago.
(Rapport »ur le Chili^ public dans le Livre Bleu, 1877.)
Le Chili est trop civilisé pour attirer l'explorateur, trop lointain pour tenter l'excursionniste et trop européen pour éveiller la curiosité des foules.
On sait généralement le nom et, d une façon vague^ la latitude sous laquelle se trouve cette terre grande comme la France qui se déroule entre le Pacifique et la Cordillère depuis le désert d'Atacama, à travers les champs des vallées centrales et les forêts de TAraucanie jusqu'aux glaciers de la Terre de Feu.
J'ai vécu ce chapitre de géographie et
2 Le Chili
je trou\?e entre un paragraphe de nos manuels classiques et le pays dont il parle la même différence qu entre le signalement du voyageur dans son passeport et le voyageur même.
Je ne vais ni rédiger un précis d'histoire ni m appesantir sur les tableaux de statistique ou les calculs d'économie politique.
Nous allons courir les rues, les cabanes et les palais, les églises et les bureaux ; nous allons visiter les écoles et les salons ; nous prendrons le train du Sud et nous respirerons sous les séculaires Araucarias ; nous allons au Nord pénétrer sur les terrains sablonneux de Tarapaca ; nous allons feuilleter les chroniques anciennes et le journal du matin ; et, quand nous aurons tout vu, les mines et les champs, les ateliers et les casernes, nous laisserons au lecteur le soin d'en tirer ses conclusions. Il trouvera peut-être comme nous que, malgré la parenté de race, le Chilien n'a rien du caractère des nations voisines ; on pourra louer celui-
Ik
Le Chili Tousel. — En face, s'élève l'Intendance entre Municipalité et l'hôtel des Postes, auquel ne accès un superbe portique de style !quc.
LU milieu, un square sur un exhaussement, ne corbeille au centre d'une promenade circue plantée d'arbres et entourée de la chaussée, voies pour tramways et de trottoirs.
,e diamètre est en rapport avec la hauteur des îces. Les teintes de ces derniers s'harmonisent re elles. C'est d'aspect vraiment imposant, re et de bon goût ; les nombreu.\ magasins opéens, les vendeurs de fleurs et de fruits sous arcades, concourent à un ensemble original. -es voies ferrées s'arrêtent à près d'une lieue :ette place au bout d'une promenade et artère itale appelée A lameda ( i ).
:n présence de l'abondance et de la variété de yens de transport qui s'offrent au voyageur, on sent en pays civilisé. Cette impression s'actue durant le trajet jusqu'à l'hôtel.
Qu'elle est jolie cette A lameda avec sa double
■amways ou carrilos qui, chapelet sans lin, se suiveni
'Alameda et irais rues parallèles lAgusIinas, Caledral
vous font parcourir une lieue et demie pour deux sous
notre monnaie ; des voitures de louage, les unes élifganies [S, les autres d'utic forme invraisemblable Coches de
grand omnibus, très Parisien, ce]ui~lâ, de l'Hâtel Central,
votre clientèle.
o Le Chili
o mètres elle s'étend sur 5 kilomètres de lon- ■ueur et atteint à son extrémité E. le fleuve de tantiago, le Rio Mapocho auquel, durant dix lois de l'année, il ne manque que de Teau pour treun fleuve imposant{i).
En remontant de la gare, on remarque d'abord, la droite, au milieu d'un parc français, une légante construction américaine , la quinta leiggs(2) ; à la gauche, derrière un parterre de eurs, un palais de style mauresque, fantaisie rchitectonique orientale avec des colonnettes et es chapiteaux, des dômes dorés, des arabesques n méplat et des murs couverts de toutes cou- :urs, vive chacune, mais s'harmonisant, s'adouissant les unes par les autres, sorte d'irisation ristallisée (3).
A quelques mètres plus loin, la monotonie des venues est rompue par des squares ornés de tatues. Ici se dresse une figure allégorique rerésentant la cité de Buenos-Ayres, là ce sont
|i; C'est qu'on le saigne en anioni de la ville. — Son eau s'en va ar de nombreuses prises et sillonne les rues en acequias dont quel-
: Santiago donne à. ces canaux un courant si l'un qu'ils constilent un puissant facteur de la propreid et de l'hygiène publiques.
Le climat de Santiago, quoique assez rude durant les inols de lin, juillet el août, est tellement ensoleilll!, qu'il en devient sec. — es âce^ur'dj irriguent tes jardins et les parcs.
(ï) Propriété Cousino.
(3) PropriaÉ do Diaz-Gana, appartenant aujourd'hui à M. Enrique
VEjercito Libertador et iS-Seplembre, condui-
(i) Gandarillas tïtait un pamphlétaire el écrivain politique de l'Indépendance.
Camilo Henriquez fut le fondateur du pretnier journal chilien, publié en 1812, sous le litre La Aurora. — Infante a été le rédac' leur du journal le Valdiviano; le seul promoteur intelligent el sincère du système fédéral au Chili. -^ Salas, populaire à cause de son inépuisable charité, était un économiste de talent.
14 Le Chili
tantôt un corps de bâtiment central florentin flanqué de deux ailes, d'un style quelconque. Sur la brique ou le pisé des murailles, sur le plâtre, le stuc ou le bois de l'ornementation rapportée apparaissent des couleurs qui, le soir, rappellent les marbres et les granits, les porphyres et les
Type de la maison de Santiago (cour).
jades. Il est certaines heures où Santiago prend, sous l'éclairage crépusculaire, un aspect féerique et invraisemblable. Si ces matières imitées étaient vraies, si ces colonnes, ces chapiteau.t étaient sculptés dans le marbre, que de milliards seraient enfouis dans ces demeures !
rez-de-chaussée formant trois cours, la première était entourée de pièces de réception; l'étranger ou le visiteur ne la franchissait guère. — Les chambres habitées par les membres de la famille donnaient sur le deuxième patio, et le troisième atrium était réservé à la domesticité. — Le terrain ayant été jadis fort bon marché, les pâtés de constructions ou cuadras appartenaient à deux ou quatre propriétaires dont chacun disposait naturellement au moins d'un angle de rue [esquina). Aux carrefours, les toits se trouvaient soutenus par une colonne en pierre, et les murs, laissant sur chaque côté de larges baies, l'esquina formait une sorte de coin de véranda servant de débit.
(i) Le Roto (roturier), assez nomade, n'a généralement pas de maison propre.
Le Chili propriétaire en ville possédait dans les
mmeublesMac Clure en is de ta Merced et Monjiti
une ferme (hacienda) qui fournissait à
ment d'immenses charrettes qui amenaient de la
campagne les légumes, les fruits et le fourrage.
Santiago s'est développé si rapidement que la
génération d'aujourd'hui n'a guère vu ces habitudes simples et logiques.
Chiii. 1
.i8 Le Ckilt
Les esquinas existent encore en assez grand nombre, maïs elles sont louées à des commerçants et n'ont plus la signification patriarcale du temps de leur création.
Maintenant les habitations ordinaires sont la réduction au tiers ou au quart de !a maison type que nous venons de décrire. Depuis quelque temps on couronne d'un premier étage le corps de bâtiment donnant sur la rue. — Cette partie de la maison, les Altos, sont généralement mis en location, pendant que la famille du propriétaire occupe le rez-de-chaussée. Ces observations ne s'appliquent pas aux quartiers du centre qui sont distribués à la façon française avec une économie de place qu'explique la valeur du terrain. Les pâtés de maisons sont traversés par des galeries ou passages peuplés de magasins.
Les villes américaines sont toutes construites en damier, et les rues, d'une désolante régularité, à angles droits.
ement pour Santiago le damier n'est ;r ; l'Alameda, cette grande voie cens un angle avec le fleuve Mapocho dont )nstituent des rues ou des quais. De la voies de Test à l'ouest ne sont pas t s'ouvrent en éventail, ce qui a rendu ; tortueux certains quartiers. Aussi les façades sont dans des grandes rues
On raconte que le Chili doit son palais de Gouvernement à l'erreur d'un expéditionnaire de l'Escurial. On aurait adopté, dans le conseil
du Roi, un plan pour une monnaie à Mexico et un autre pour Santiago. Le scribe chargé de faire les adresses se serait trompé, et le travail destiné à la capitale de la colonie impériale aurait été envoyé, par le cap Horn, dans la moindre des colonies placées sous le sceptre espagnol. C"est ainsi que ce palais de proportions imposantes et d'un style typique, ayant gardé son nom de La Moneda, se serait élevé à quelques pas de TAlameda, augure de l'agrandissement du pays; et la véritable erreur commise eût été celle de l'audience royale qui jamais ne s'est douté de la valeur de cette région perdue dans les mers du Sud.
Il n'en est rien pourtant; le plan de cet édifice fut dressé à Santiago même, par un Italien de talent, Joaquin Toesca, qui donna à ce monument et au palais de justice le style florentin du portique de la cathédrale et de l'église de Santo-Domingo ( i }.
La Moneda avec ses fenêtres grillées et dépourvues d'ornements, le premier étage trop peu développé en hauteur sur le lourd rez-dechaussée, est couronnée d'une galerie circulaire. Ce balcon renaissance, entoure (appuyé sur une
(i: Toesca n'était pas seulementarchileciemais ingénieur de tatenl, — c'est lui qui construisit la première roule carrossable du Chili (entre Valparaiso et Santiagol, ainsi que le Tajamar, digne contre les crues du rio Mapocho.
Santiago 2 1
épaisse moulure) le faîte de cette construction massive ; il en est l'unique élément décoratif. Ajoutez que cette maison, où loge le Président de la République, où fonctionnent tous les ministères, où se trouve la trésorerie générale
et où l'on frappe la monnaie, est en briques à revêtement peint, de sorte que la matière première n'ajoute rien au caractère artistique de l'édifice ; et pourtant, son extrême simplicité même, l'ensemble qui appartient à une époque déterminée lui donnent je ne sais quel aspect
On agrandira peut-être ce palais les nécessités du service l'exigeront, lais on ne le changera, et on aura est là que le drapeau national a flotté
I demi-siècle, c'est là que s'est accompli lente sûreté révolution de ce pays
lestinées de progrès et de force, la porte principale se dresse la statue > Portâtes, assassiné en 1837, qui, on ministère sous la présidence du 'rieto, mérita le surnom d'organisateur
: face à la Moneda la caserne des gre-
II serait difficile d'en analyser le style jue sous un fronton grec il s'ouvre au des fenêtres en plein cintre, dominant
portes dont les piliers semblent conssîmple soubassement. Des balconnets, e frise style Louis XV, s'alignent à côté loplie gigantesque qui couronne le faîte armes contemporaines jouent un rôle naguère inconnu en sculpture. Cepenensemble présente une silhouette sobre par une incontestable originalité de
itres casernes ne sont que des bara- . en pisé, à l'exception toutefois du général de l'artillerie avec ses dépôts )uve l'armement complet pour quatre-
34 Le Chili .
Compania {i). Il est regrettable qu'une vierge et quelques anges d'un style par trop empreint de béate îndïflFérence aient remplacé le premier monument commémoratif de l'effrayant sinistre qui mit en deuil toutes les familles de Santiago. Les récits d'un drame sans exemple avait inspiré à Carrier-Belleuse une œuvre immortelle dont l'allure .plutôt humaine que catholique la fit exiler par les dévots au quartier des indigents, à l'extrémité àupanteon général.
La statue représente une femme d'une beauté grave qui, avec un sourire d'espérance au milieu des larmes, ouvre des bras de mère et de sœur; des bras qui viennent d'étreindre des ctres chéris et vont se joindre pour une prière d'une poignante intensité.
J'ai admiré bien des œuvres sculpturales, depuis la Vénus de Milo jusqu'au Moïse de Michel-Ange, mais j'ai rarement senti le cœur et l'àme dans le marbre et le bronze comme devant cette femme qui sollicite un regard et une larme du ciel sur tant de misère sans compensation.
Personne parmi les millionnaires enterrés dans le campo-sanfo de Santiago ne possède un monument funéraire comparable à celui des pauvres.
i^ft
pharaonéenne ; d'un côté de la porte un sphynx en marbre blanc, et de l'autre une femme mon-
26 Le Chili
trant le ciel. Le doute et lespoir sur le fond
sombre entourant la croix Peu catholique
si l'on veut, mais d'une conception hardie et ^saisissante, d'une ligne très pure, et d'un admirable effet pittoresque.
Le cimetière se trouve au milieu d*un quartier excentrique où les roturiers {los rotos) sont installés dans des sortes de cités ouvrières {conventillos). Il existe un certain nombre de ces édifices situés loin du centre. Chaque individu ou chaque famille y occupe une ou deux pièces. Les femmes, accroupies devant un réchaud, font généralement la cuisine sur Tétroite voie entre les longues rangées de pièces qui s'alignent semblables aux cabines des vapeurs. Le Conventillo est le refuge, dans cette ville, de la malpropreté et souvent du crime. C'est là que la police a le plus à faire, et que la variole et le choléra choisissent presque exclusivement leurs victimes.
Le Roto n'a pas de foy.er, la misère grimace des murs délabrés de sa pièce dépourvue de meubles où des peaux de moutons servent de couchettes.
Pour retourner vers les quartiers du centre, nous passons devant Thôpital de Saint-Vincent de Paul dont les 600 lits se trouvent dans une série de petits bâtiments en rez-de-chaussée. — Ces maisons, séparées par des jardins, sont
:uses ] r des j
i ville \ii, 1-31.
isements hosde la charité Dnquêtes mont compte, si ons la longue ions le vieux nombreuses ; trois quarts ignant plutôt
ment avec ses s des guérites
il cîcs pompes ;t clocher des ant environ
ose d'un matériel moyen des cotisa-
tures des artistes du pays, et, d'ici peu, un millier d'élèves seront reçus dans le premier internat de TEtat que Ton construit à l'extrémité nord de la Quinta.
Ainsi, sur i5o hectares environ, dans des bâtisses de tous les styles, séparées par des pfates-bandes, des lacs, des corbeilles de fleurs, des vignobles et des champs, et reliées par des quinconces et des charmilles, des allées ombreuses et des sentiers qui serpentent entre des buissons, on développe toutes les tendances, on multiplie tous les efforts du peuple chilien vers le progrès intellectuel et matériel.
L'école des arts et métiers est voisine de la Quinta, et l'artisan et le mécanicien y grandissent
i] Valdivia avait appelii CCtle coltine Cerro de Sanla-Lucia
;n pierre, omenade
! Santiago
Chili et Domingo, int-Fran- , les édimen Alto
les, décrète 3ur les enération des as joui.
l'autantplus lent en précréer, mais, ;s à renver- [u'on voulut
Le Chili nseignement des branches où ils se reconnaislent novices. Et, poursuivant par une autre ie, un but analogue, ils ont payé et ils paient nstamment des bourses aux jeunes hommes nt les examens ou les débuts de médecins ou ngénieurs, d'artistes ou de littérateurs autolent l'Etat à espérer que, grâce à des études mplémentaires aux grandes écoles européennes, s élèves brillants deviendront des maîtres utiles : pays (i).
Suivons l'enfant à travers ses étapes d'élève d'étudiant.
Il entre à cinq ou six ans à l'école primaire, n instituteur ou une institutrice l'initie aux mysres de l'A B C, et l'enseignement des choses inne à son esprit une tournure positive qui pond assez à ses penchants. En général, ces itures, sans être précoces, absorbent, grâce à le sorte de porosité intellectuelle, sans effort et es complètement les premières notions.
Ces dispositions ont produit jusqu'à ce jour les ■sultats suivants, constatés par le recensement ; i885. Le Chili avait en chiffres ronds 2.900.000 ibitants sur lesquels 740.000, c'est-à-dire un jart, savaient lire. Sur 3oo.ooo enfants des deu.\ !xes (de six à dix ans), 72.000 (soit également un
(i{ La préoccupalion du Gouvernement chilien n'e^t passeuteroem chose enseignée, mais aussi l'art d'enseigner. Aussi envoie-t-on nout des normaliens en Europe.
Le Chili sndu les mêmes raisonnements et ices qui chez nous se sont élevés lisation de l'enseignement spécial.
jné en songeant qu'un médecin potions sans avoir lu Hippocrate ginal, qu'un avocat plaiderait en voir le latin.
;t restée aux adversaires du surommes qui tenaient avant tout ;essités de l'enseignement pra- )uvement accéléré de la science
e de l'étudiant ou du student au Chili. — On ne saurait non e vie universitaire. On se voit en ; du temps, on demeure sagement ieule association entre élèves que Santiago est la liga proteclora, de bienfaisance mutuelle qui a hérents.
ons les pépinières de la culture prit, pour parcourir les établisse- ■épare la jeunesse aux spécialités, "abord les cinq Facultés, les sémies d'agriculture, des mines, des des beaux-arts, le conservatoire écoles navale et militaire, de télévétérinaire, des écoles normales ■t femmes et jusqu'aux écoles de
IX premiert lestinée à î atelier, des et de t i (I).
lera dans u >nte, la chî ^ués par les
e des atelie par la faci nt pratîqui leur des ; leur bonni mieux coD' I honneur j rdayre, qui alité de di ré une ex
jriculture i
npris.
ite directic
s théoriques et it récemment 1
a couture, la g;
54 Le Chili
villes chiliennes, le gouvernement a fait
des professeurs suédois qui ont été attaché
écoles primaires. On a acheté un matériel c
dérable pour tous les établissements scolair
un précis de gymnastique, traduit en espa
fait dès maintenant partie des livres de clas
En résumant le rôle enseignant des étra
au Chili, nous pouvons constater que, d
1825, époque à lac
le gouvernement
solu de faire dispa:
le dénivellement s
tifique entre son
et les pays europ
on compte parm
nombreux maîtres
pelés à Santiago
Espagnols,quinzel
çais, trois Italiens,
Allemands, un Anglais et un Vénézuélien
quants (i).
(t) Eti voici l'énumération :
Le mathématicien Gorbea, le liiléraieur et philosophe M médecin Pasaman, de nationalité espaRiioie.
La France a fourni le naluralisle Claude Gay, depuis lors r de rlnstilut, les médecins Sazie, le chirurgien Thévenot, I miste Lafargue, le géodésien Pissis, le chimis:e Crosnier, léniste et latiniste Vandel-Heyl, le musicien Dejardin, les ard Brunet des Bains et Hénaut, le sculpteur François, Tini Aniart, les ingénieurs-directeurs de l'Ecole des Arts-et-!
58 U Chili
cerveau actif, inventeur de machines de toutes sortes et notamment d'une pompe pour arroser les hauteurs qui ne voulait jamais fonctionner.
Ces hommes, d'accord avec le titulaire d'un majorât chilien — José-Antoine Rojas — songèrent très sérieusement à soulever le pays. Rojas avait voyagé en Europe et entretenait une correspondance avec Voltaire; il crut que certains troubles provoqués par la perception d'un nouvel impôt avaient préparé l'opinion pour une révolte générale. Les idées d'indépendance commençaient d'ailleurs à se répandre dans toute l'Amérique du Sud. Au Pérou, éclata à cette époque la révolution de rindien Tupac-Amaru — et une autre assez considérable fut difficilement comprimée à la Nouvelle -Grenade. Les conciliabules de Berney et Gramusset, dénoncés au régent de l'audience royale (Alvarez de Acevedo), amenèrent l'arrestation de ces rêveurs. L'instruction fut conduite en secret pour que personne ne put soupçonner qu'il y eut des individus assez osés pour conspirer contre le roi. Berney confessa tout avec la candeur d'un utopiste.
Gramusset nia tout; mais on découvrit des documents qui établirent sa connivence avec Berney, Rojas et d'autres. Les deux Français furent envoyés sans bruit à Lima d'où, après quatre années de prison, on les embarqua pour TEspagne. Ils firent naufrage sur la côte du Portugal. Berney
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64 Le Chili
soldats , ils travaillaient aux grands chemins dont on a ainsi tracé le réseau ; ils passaient les nuits dans leurs cages. De 1837 à 1840, la terreur salutaire fut telle qu'on n'a pas pris un seul voleur dans le pays. Cette grande œuvre moralisatrice, Portales la compléta en donnant, au moyen de la centralisation administrative, une influence légale directe au pouvoir exécutif. 11 fut assassiné en 1837, mais son œuvre lui survécut.
Mariano Egafia rédigea les lois constitutionnelles et dota le pays d'une organisation judiciaire garantissant les intérêts sociaux.
De son côté, Renjifo fît de Valparaiso un port libre ; les marchandises n'y payaient pas de frais de magasinage ; c'était l'entrepôt du Pacifique. Aussi, en i83o, on y comptait de 4a 5. 000 âmes; en moins de dix ans^ la population décupla.
On proclama le libre échange ; les droits protecteurs exagérés furent proscrits ; la liberté industrielle et commerciale devint absolue.
Pendant les dernières années de cette Présidence, la Confédération Pérou-Bolivienne, qui menaçait l'avenir du Chili, était devenue aggressive. Le gouvernement de Santiago lui déclara la guerre. Le général Bulnes, dans une campagne heureuse à tous les points de vue, battit les armées du maréchal Santa-Cruz, prit Lima et annihila la Confédération (1837 à 1839).
Eâ>-
66 Le Chili
la publication des travaux de Gay en 1 843. La carte du pays levée par ce savant étant bonne mais assez sommaire, on confia à un élève de notre Ecole Polytechnique, M. AiméPissis, un travail géodésique des plus considérables.
Grâce à un labeur de vingt années, cet ingénieur de premier ordre a dressé une carte du Chili qu'on pourra compléter dans la suite, mais où Ton n'a trouvé aucune erreur, et qui constitue un document unique en son genre dans l'Amérique du Sud.
Sous cette Présidence on a construit le premier chemin de fer dans ce continent, de Copiapo à Caldera. Il fut livré à l'exploitation en i85o.
Les Chambres n'avaient guère donné signe de vie sous le général Prieto (i).
La suspension de toute action parlementaire s'expliquait à un certain moment par la campagne contre le maréchal de Santa-Cruz. Cependant si ce chef du pouvoir et son successeur étaient honnêtes et désintéressés, ils furent, de l'assentiment du pays même, des dictateurs. Ainsi^ dix jours après la défaite du maréchal de Santa-Cruz, le Congrès réuni à Santiago décréta l'état de siège dans toute la République, remit au Président les pouvoirs publics sans autre res-
(i) Prieto n'avait nommé que deux généraux durant son règne, et Bulnes n'avait décerné ce grade à personne.
68 Le Chili
parlementaires^ fut publié (sans caractère officiel) dans le journal Progreso de Santiago. Dès 1846, l'État commença la publication du Bulletin des séances du Parlement destiné à lui donner acte de ses travaux. Au mois de septembre de cette même année la loijespagnole sur[ l'imprimerie fut abolie et remplacée par une législation libérale qui régit la matière Jusqu'en 1872. En 1849, il se forma pour la première fois dans la Chambre des Députés une forte opposition contre le ministère de M. Ferez, qui, trop avancé pour son époque, fut renversé en i85o (1).
Néanmoins le vent était au progrès, et
Don Anionio Varas. Perez eut pour SUCCeS-
seur M. Antonio Varas qui prit le portefeuille le 20 avril i85o. M. Varas plus diplomate que son prédécesseur sut s'assurer, durant la dernière année de la Présidence du général Bulnes, le bon vouloir des conservateurs. C'est ainsi qu'il mena à bien, malgré la résistance obstinée des libéraux, l'élection de M. Manuel Montt aux fonctions présidentielles.
(i) Nous Je reirooverons en i8ôi à la Présidence.
70 Le Chili
de la Compagnie de Jésus c civile et lui rendre une partie par le ministère Aranda, so orden de 1777.)
Varas entra alors en ca Chambre des Députés, il < unanimité des voix, la désa dances cléricales du Séna renvoyée à la Chambre h; discutée jusqu'à ce jour.
Ce fait capital sépara Mor jorité des conser\'ateurs qi élection. La scission entre les ultramontains se prônons aboutit à une rupture comp mois d'octobre i856.
Le changement dans la a eu pour point de départ et pour héros un vulgairt vidu avait été. destitué p Santiago pour cause d'ine service. Les chanoines, sout pline appartenait au chapiti présentèrent à la Cour sup recurso de fuer{a (appel Cour accorda trois jours à Valdivieso) pour revenir sur avait motivé la plainte des tance ajoutait qu'en cas de t
Le Chili Ïontt-Varistes et s'érigeaient en défenseurs rérogatives du pouvoir civil. Ce parti existe e aujourd'hui, respecté même de ses adveri. Il a été dirigé par Montt jusqu'à sa mort qui îuen 1880, et ensuite par Varas.morten 1887, le président presque septuagénaire du Sénat.
parti conservateur, héritier tout d'abord de ilitique de l'Escurial dans la question des arts entre TEgltse et l'Etat, -se trouva ainsi, les événements, amené à changer sa ligne induite. Les rois n'avaient légué aucun contt au Président de la République chilienne.
at payait les évêques et les chanoines. En iche, il avait conservé le droit du Patronal, -à-dire le privilège de désigner les évêques jprobation du Saint-Siège.
;puis 1854, les Pelucones, constituant l'opion, attaquèrent les fiteros de l'Etat. Us gèrent ainsi à leurs traditions et se mirent
une étroite dépendance des volontés du :an.
ontt et Varas ne s'illusionnèrent pas sur le ss qu'ils avaient remporté. Ils savaient que ïuvel ordre d'idées s'était produit à un mot où le pays n'était guère disposé à suivre programme. Aussi s'efforcèrent-ils d'endormir préoccupations politiques et religieuses par activité constante, et avant tout, matérielle, ontt compléta le réseau de la viabilité, cons-
t financier, c : crédit natio té gouverné louce et co usement le ] tion aux affa
t-Variste ou s hommes n que a porté i it de renvei I mouvemen
lUS le nom iuite trop t t appris à le US un terrai
remettre ilieu de l'or
rez, avait st lis, en Euro ! Congrès p ké ministre i ait un hom
:n des points de iplètement rallié jt de l'opposiiion.
Le Chili i de tout exclusivisme personnel, irincipe que tout le monde partiirnement.
doit, grâce à une ingénieuse interla Constitution qui reconnaissait d'Etat, la liberté des cultes qui s de fait sinon de droit.
la codification nationale, donna à l'instruction publique un nouvel essor en confiant à M. BarrosArana la direction des études I scientifiques auxquelles ; il était fait une part plus large dans les études secondaires. Il termina le chemin de fer de Santiago à Valparaiso, onio Maua. Continua le chemin de nmença la ligne de Concepcion à mpléta le réseau télégraphique ; conquête du territoire Araucan Iques fortins pour maintenir les les domaines où il les avait re-
niers jours de son gouvernement, e exposition agricole oîi les ferpour la première fois fonctionner lodernes, purent en apprécier les
). Anîbal Pinto continua la politique libéral i débuts de sa présidence ont été rendus tr iciles par une crise commerciale qui produiî : diminution sensible dans les revenus i ;at. Deux mauvaises récoltes augmentère malaise économique que le gouverneme tiait de conjurer en réduisant les frais d'adn: tration. C'est alors que la guerre éclata cont la Bolivie alliée au Pi rou.
On connaissait la $
tuation pénible du go
vernement de Santiag
on comptait sur u
complication (du ce
de l'Argentine) que
question des limit
patagoniennes pouv:
Don Anibai Pinio. provoquer facilcmei
moment pour écraser le Chili paraisse
tes, favorable. On connaît les résultats de
te et nous n'avons pas à y revenir.
Ju'il suffise de rappeler que Pinto accepta
;rre, mais ne voulut commencer les hostili)
après avoir organisé l'armée et la flotte.
Dn créa en peu de mois une armée de plus
nte mille hommes, et le secret des victoii
liennes doit être cherché dans la vigueur de
;e, dans l'organisation militaire dirigée par c
Politique 8 1
la dette (i), les Chambres votent le complément
Don Jo3K Manuel buhnacuJa.
duj' réseau des voies ferrées ; on s'occupe de
(i) Le (aux de l'Encfrât de la partie de la deite actuellement convertie est de 4 i/a o/o; l'amortissement en est assuré par 1(2 0/0 supplémentaire.
CHit.i. 6
Le Chili
raugmentation de la marine de guerre; on traite la question de réclairage complet des côtes ; on introduit dans le texte de la Constitution la liberté de conscience et des cultes ; on sent si bien Télan du pays que le gouvernement n'hésite pas à préparer largement sa représentation à la future Exposition Universelle de Paris ; on organise une direction spéciale des beaux-arts pour stimuler le goût, on abolit la législation surannée de l'alcabala qui entravait l'agriculture ; on travaille à un nouveau code des mines ; on crée le plus grand internat qu'on ait jamais vu dans l'Amérique du Sud, afin de faire une concurrence loyale, mais puissante aux institutions dirigées par les prêtres ; on va de Tavant en tout et pour tout et on peut prévoir dès aujourd'hui que cette présidence marquera dans les annales du pays.
En résumé, les mandataires du Chili ont su, sans repousser la collaboration d'aucun parti, au moyen d'une lente évolution, amener le pays dans la voie des idées modernes, en remplaçant rémeutc, qui était l'argument des peuples hispano-américains, par le vote et par la discussion pacifique.
Aujourd'hui, les diverses opinions sont représentées au Chili par quatre partis politiques. Les conservateurs ou cléricaux auraient voulu établir la suprématie de l'Eglise sur l'Etat, les natio-
obligation de t analogue à lectorat qu'à dix ans, par □nduira sans
jar un recen-
ans le corpj listre de Tin-
qui procèdea République iveler entière-
par moitié 1( lommés poui s inégale de:
cas de décès ou d absence prolongée a un titulaire.
Ainsi, le dernier recensement a établi les chiffres suivants : soixante-neuf départements ont cent vingt-six députés et soixante-neuf suppléants. Les vingt-deux provinces ont quarantetrois sénateurs et vingt-deux suppléants. — Les
(i) Ainsi, la Chambre basse comptant 136 députés, la prochai: convention se composera de 378 électeurs.
1 air.
ilics, s'y iverition
Dyen acte
loser
- tel ville
iste ; omificaune
|uels :ants cède
chez
toutes les décisions, sont communiquées par la Chambre au Sénat ou vice-versa. Lorsqu'il s'agit
, en cas d'ap- ;s 'promulgue.
, le projet est
en a eu l'iniy réunit une la promulgue ; est renvoyée guère d'antae et basse, et
une évidente
;s députés et ; d'or en main, irent généra- :aractère crances le caracre intime. On les représendépartement.
u président et
notions présiîutés ont été is, recteur de line d'années, nnel.
t ses anciens Duvette, et les le. La correc-
Le Chili : pareille, et on reflète (même lorss la force de la continuer) cette ace et universelle d'un pays qui est en e l'humaine vùr.oii vot'ctu; d'Aristote, jamais active qui s'engendre et se ;rnellement.
admirateur de l'Allemagne au Chili ioro Errazurriz, né à Santiago, en (52, il commença ses études à Gœtfut reçu docteur en i856, et où il se
>ir collaboré à divers journaux, il es meilleures feuilles chiliennes, La l'on peut trouver une belle col- ;intements de notre pays. C'est un leaucoup de talent, une fine plume, remarquable, possédant une facilité une ampleur de style, une limpidité ne abondance d'images qui séduisent
1 a jugé à propos d'aller en Europe it général de la colonisation chile retrouver, après quelques années, té reposée.
:r homme d'Etat que Je connus lors vée en 1884 était le ministre des érieures d'alors, M. Louis Aldunate.
expression intéressante du génie son patriotisme intransigeant. Ainsi,
:t un parfai au Chili, je abord M. Ai ]uel il y a u iivement mi jlivie et mi s, il a été s ns la suite, du Crédit re qui a i [Chiliens qi
permet d • de la moi Zanartu, av 3 m'étais re ns la Répul Equateur, le jouvernemei
envoyé Ci iité de la Ch:
; trente-cini
et même, nseil.
jamais app< r de vingt itique, avait' faite de sa\ carrière a e de l'Amériq
Georges Hum Is d'un Aller Ispagnole éle' i jamais quit avec une co et juriscons site, orateur larmant dans
où il reçoil 1 de son ain le, la meil :é chilienne.
A. Altamirar sto Matte et ammensaux de la cueva.
premier , n , ministre d e en 1870, ;nce d'Errazi te, d'abord f
de son pays d'Arica, acti
finances en truction publ îcemment ei es, plusieurs ticien très br
i eu 1 reux 1 ipathlc '79. pi lire et , puis ]
Qotenti ienveîl fois à tre: il e,etg :oujoui ce dar itinspi •■ que S méd
élevés, parce qu'ils sont j instruits, parce qu'ils i ont derrière eux ou leur ' propre passé ou le passé de leur famille, et parce que leur situation intellectuelle, sociale et ï""" f«^" "°""financière met au dessus de considérations mesquines leur action d'hommes publics.
Le mouvement démocratique, dans le sens français du mot, n'existe pas au Chili, et c'est ]à peine si un ou deux hommes du peuple se sont fait ouvrir les portes de la Chambre des Députés. Une fois admis dans cette enceinte, ils ont d'ailleurs mis des gants et plus on ne vit leurs mains rugueuses.
Comme dans tout état républicain, le mouve-
ce journal du Réveil Chiliei suite, le Grand-Opéra, et qi se rend au Rutli, ou lorsque l verser son prince napolitain de nos jours ne se doutent | blant de conspirer à l'endro lution nationale lança ses m Le personnel de la rédac était assez disparate. Nous t médecin qui, entre deux ordt vers et que l'inquisitiorpde L je ne sais quels méfaits (i); auteur de méchantes poésie chait amèrement le poète Bernard Vera, auteur de l'hi
Voici quelques strophes laire :
Citoyens! l'amour sacré De la Patrie vous appelle aux Liberté! tel est le mot de ralli Triompher ou mourir, Voilà le mot d'ordre !
L'orgueilleus Espagnol vous Arrachez le poignard au tyra Brisez raffreux carcan 1
(i] Camilo Henriquez, né à Valdivia, de Saint Jean de Dieu.
[2] Juan Egaûa, pater patrice — ni au miers ministres des relations extérieures.
"'4 Le Chili
Andres Bello débarqua à Valparaiso. N'é à
SlBiue de don André Bello il Santiago.
Caracas, le 3o novembre 1781, il avait acquis
ii6 Le Chili
miers écrivains dans sa patrie adoptive et publia son cours « Principes du droit international» réimprimé une douzaine de fois (deux fois à Paris). — C'est le livre classique des chancelleries américaines, cité comme faisant autorité dans tous les traités sur cette matière.
Il publia encore des leçons de littérature, une prosodie et la meilleure grammaire espagnole qui existe. Il a appliqué à Tétude de la langue un esprit philosophique aussi original que profond. Ce travail eut une vingtaine d'éditions, dont plusieurs en Espagne (i).
Il rédigea le code civil chilien et se trouve être l'auteur d'un certain nombre de lois présentées par le gouvernement au Congrès (2).
Comme recteur de l'Université depuis sa fondation (3) il a dirigé le mouvement de l'enseignement supérieur, et on ne saurait méconnaître l'impulsion qu'il donna, comme homme de lettres, prosateur et poète, à ceux de ses contemporains qui portaient en eux le germe de la pensée féconde. — Rien de vulgaire n'a terni ses conceptions élevées, rien de bas n'a souillé ce grand
(1) Pour prouver la variété de ses connaissances nous devons signaler un très bon traité de cosmographie, public en 1848.
(2j Parmi ces lois se trouve celle qui implantait, en 1848, le système métrique au Chili; les autres nations américaines l'ont adopté quelques années plus tard.
(3] Il mourut en i865.
léiade vigoureuse s gi l'horizon par l'él :errain par l'abonc s idées (i).
-e, en i883, la plu tous vieillards vigo ■êter leur labeur, eux, par l'esprit ch ; à Santiago, il me r, la vie littéraire { itorien Benjamin V in déjeuner qu'il ( jardin, à plusieurs
lombiens et bolivie ique avaient jetés d nt, pour activer h sur les présents et!
publiques sud-amé , à la liberté, et i ■aites qui riment er manité pleure, dep ï à aimer, « Dieu a [ues- poètes sur la lis avec émotion, ilière à me laisser
s'agit sont les frires Amun
Vicujïa-Miickenna, Barros
1 34 Le Chili
Ou encore cette boutade d'une si naï d'amoureux mécontent :
Je voudrais te voir et ne pas te voir,
Je voudrais t'entendre et ne pas t'entendre,
Je voudrais ne pas te connaître... pour t'ou
Don Carlos Walker Martinez donne à
l'allure martial
discours politic
On peut, à \
de points de
I opposer l'espi
] déré de don Ad
derrama(néàL
en 1834), natt
plexe, médecii
ciste et hornm*
Don Adolphe Valdeirama. trèsfécondcom
lyrique, il ne manque pas comme \ d'esprit caustique.
Lorsque les femmes chiliennes pre plume, elles sont avant tout patriotes ( Quiteria Varas-Marin adressant une é vers à la veuve d'Arturo Prat, le vaill:
Quisiera no conocerte para olvidarte.
l'a, pour s'en convaincre, qu'à citer Chants 18^7, par Dona Mercedes Marin de Solar,
Le Chili trana aime son pays tel qu" . fautes sans les dissimuler, e race, c'est-à-dire, un chr ablé d'un philosophe, de lui se place Vicuna-Macke ante facilité et une verve int:
lit, ce qu'il entend va droit au :et homme a remué d'idées,
-. de faits est in
— Pour lui, 1;
prend la silhou
1^ de l'histoire, <
1 sonnage histoi
; ne sais quoi, de
' estompée du
gendaire. Il e
en prose (ij. Il
en aveuglant
Il Vicufia-Mackenoa, teur, pendant
s'attache à l'intéresser en Tins
emiers ouvrages; Voyages en Amériqu
une haute situation d'ccrivain. 11 pi ihies sur la famille des CarreraSj d inistration de Monit, un récit des >us le titre de : La guerre à mort, ortalès, puis des monographies c nquante autres volumes. Jamais il ie2 lui des aperçus nouveaux, une se vivacité fait passer sur bien des
ment indépendant ; Los Dt dévoués au gouvernement ac
Cette dernière reçoit une d'Europe, signée Jules Simoi du journal, ces merveilles t et, en regard du texte franc traduction.
La Libertad électoral fait cale ; El Estandarte catolico de l'opposition cléricale ; , journal satirique illustré, ne rire, aux dépens du prochair nels ridicules de Thumanitt sonnalités. C'est dommage, teurs ont beaucoup d'esprit.
Les journaux libéraux d El Mercurio et La Patria gane, très remarquablement servateur.
Dans ces feuilles, on trc fond, des travaux politiqu traductions d'articles europt traduits ou originaux, un sen pays ou international, les d< chronique du jour et des t sur l'hygiène publique et :
partie économique, statistic annonces, — ou en d'auti gramme complet de nos gr;
Le Chili hoisir parmi oncelées en H paraît pas de
la société a :
j'on a tenté d< aturana, conn r lequel ont c émie. — Qui ancentration ( ; se réveiller es dispositio iliement.
précèdent foi :oire dans l'e:
sculpture à £ omme choix c I, de l'inspirai ïlle suit son n nme dans tou premiers sujt n'a inspiré n ni aux statuî rquable.
on locale, le fi > (de escoba, t li s'inspire de
(de Santo, si jvelle école é'
premier, une toile représentant un coin de la grande place de Santiago par une de ces journées où le soleil paraît à travers une pluie fine de printemps, où tous les objets sont comme estompés, et où l'atmosphère est en quelque sorte irisée. M. Subercaseaux a rendu à merveille cet effet de lumière.
Dans une autre toile, montrant une partie de' la rade de Valparaiso où s'élèvent des formes de radoub rien moins que pittoresques, il a réussi à faire de l'eau fraîche, cette eau qui invite du bain. Ses portraits, pochades spirituelles, rendent mieux que les traits. — C'est un homme de talent qui, actuellement en Europe , cultivera certainement ses heureuses dispositions.
Dans une pièce de M. Charles Cousino, j'ai admiré une toile d'Orrego; paysage de nuit au bord de la mer: une lune invisible argentant d'épais nuages, éclairant la vague de la marée, le bord d'un rocher, une langue de sable. C'est vu, c'est compris.
Un tout jeune élève de M. Lira, professeur de peinture à l'Ecole chilienne des Beaux-Arts, M. Gonzalez-Mendez, a exposé au Salon de Santiago de 1887 une douzaine de toiles promet-
142 Le Chili
majorats, et des titres de noblesse étaient attachés à une dizaine d'entre eux.
La loi sur l'héritage amène actuellement le rapide morcellement delà propriété. En 18 10, dans la province de Santiago, on compta 173 biensfonds; en 1875, il y en avait 868.
Dans la province de Melipilla, au moment des luttes contre la métropole, le terrain appartenait à 24 personnes; en 1875, à 208.
Des faits analogues se sont produits dans le pays entier.
En 1810, une terre devait avoir quelques milliers d'hectares pour représenter un capital important ; aujourd'hui, il est des immeubles de 100 hectares qui valent 5oo,ooo piastres.
Ce double phénomène de la division et de la plus-value du sol est encore dû à Tirrigation. Lorsqu'une grande propriété était irriguée par un canal insuffisant, les terrains stériles {terrenos de riilo) ne pouvaient être avantageusement vendus. Aujourd'hui, Tirrigation, dans le Chili central, où Ton ne peut compter sur les pluies, est extrêmement avancée et, vus à vol d'oiseau, les coteaux des contre-forts de la Cordillère sont creusés par un système de canaux disposés comme une arête de poisson, avec Tartère principale qui envoie, dans les deux sens, de nombreuses rigoles.
La division du terrain, rendue possible par sa fertilisation, force le propriétaire à tirer d'un
d'abandonner la ferme à son gré. — C'est une erreur ; il est libre de quitter, lorsqu'il est mécontent, la hacienda où il vit. — Il ne doit pas, bien entendu, emmener les animaux que le propriétaire lui prête tant qu'il est inquilino, et il doit régler ses dettes vis-à-vis de son patron.
Le manque de bras constitue une garantie pour le bon traitement de ces ouvriers que certains écrivains ont comparé, par suite d'une connaissance insuffisante de la question, aux serfs de Russie.
\J Inquilino est un homme absolument libre ; l'Etat et [souvent le hacendado même, renvoient à l'école, et le mettent en mesure, à l'âge de vingt et un ans, d'être électeur. II est aussi élïgible que tout autre Chilien; aucune carrière ne lui est fermée. II appartient à la classe ouvrière mais non pas à une caste ; c'est parmi eux que le Hacendado choisit le Capatai (surveillant des travaux de la ferme) et le Vaquera {ho\i\\eT enchel).
lî
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que 1 :de d( ite he
le de i dans ino dd es, en hero, :
e-vie, e patri ; blé .
me de pastè( la pof )1ats, lourrit homn
1 gran riorn
148 Le Chili
se sentent sî peu à leur aise qu'ils se tiennent d'habitude dans des appentis primitifs qu'euxmêmes construisent.
En dehors de ces manouvriers qui ont un foyer,. une famille, dont on sait le nom, dont les enfants ont un état civil, se trouve une population rurale nomade prête à faire tous les travaux payés à raison de 2 à 3 francs par jour. — Ces journaliers Cpeones sa-
qu'en cas de besoin absolu, et l'on tâche de les remplacer par des machines agricoles maniées par des inquJlinos.
Ces gens, souvent dangereux, dorment dans des ranchos {huttes ou hangars) dépour\'us de tout mobilier, et leur propriété personnelle se réduit à ce qu'ils ont sur eux. Ils ne possèdent jamais d'outils ni de vêtements de rechange.
En exceptant cette partie de la population qui
s'appliqua Pour évit pour une les travau: prévue da pourra pr
La cull vingt-cinq
Avec ui forcé la p toutes les s'offrir po
Cette tr
A la fin neuse (el } Pérou; le C lorsque le i^ienne ne marchés, 1
Dans ne pour leurs véritables /ons en Ci Daraiso, p( orsque ce reloppeme les grains quoique s ■estreint (
Le raisin est noir, rond et ti la fabrication de la boisson nat sorte de cidre qui peu à peu i d'une fermentation exagérée (i)
Il y a vingt-cinq ans, iM. Un par un sieur Poutays, la premier il lui assigna un terrain, et fit h tation. En guise de rémunératio la récolte pendant un certain Les plantations de vignobles se façon semblable : les vigneron (généralement pour 5 o/o) aux r
On a commencé à planter sur s'est étendu dans la plaine. On tant de vignobles qu'il est imp des chiffres statistiques.
II y a trois ans, la production d'hectolitres; je ne serais pas él décuplait en quelques années.
On ne fait que des vins bl rouges de caractère assez sei français.
Parmi les ceps, ceux de Co!
naud,Mafbec et surtout ceux de très bien acclimatés. M. Maxin:
(j) Ce moût subit une cuisson, et la Chià trois jours après celte opération, se vend dat mois de l'année.
1 54 Le Chili
10,000. En dehors de la vente en barriques, cette ferme débite chaque mois environ 3o,ooo bouteilles de 8 à 12 $ la douzaine. — M. Ramon Subercaseaux a installé, aux portes de Santiago, une vigne produisant à peu près la moitié de celle de Panquehué et dont la marque est très appréciée dans le pays.
Il est regrettable de voir les négociants bordelais acheter des vins espagnols, grecs ou hongrois, au lieu de s'assurer ces produits chiliens, d'origine bordelaise, d'un fonds non altéré, et dont les défauts, faciles à corriger, sont l'excédant d'alcool et de tannin.
M. Fernandez Concha, à Santa Rita, M. Correa, à Lontué, créent, à proprement parler, des crus que nos voyageurs en vins devraient connaître. Toute la zone du pays jusqu'au fleuve Biobio se transforme actuellement en pays de vignobles, et je signale ce fait, aujourd'hui inaperçu, qui sous peu nous fera perdre les marchés sud-américains qui aujourd'hui encore 43 rennent nos vins. La ré-gion centrale produit des vins fins ou Chacolis, le sud donne de gros vins ou Mostos. Par leur terroir, les deux espèces sont appelées, en exceptant quelques vignobles privilégiés, à donner d'excellents résultats dans les coupages.
Quand on pense que la vigne est en plein rapport après trois ans, et que la cuadra{\25 mètres au carré) de bon terrain, d'un prix moyen de 5oo
i56 Le Chili
argent viendra du dehors ; un ou plusieurs marchés deviendront tributaires de la production chilienne, ce qui aura pour le change sur Europe, c'est-à-dire pour l'équilibre financier, une importance capitale. La question n'a pas encore été comprise ainsi par les viticulteurs du pays. Ils ont construit, à grands frais, des caves, et fait de superbes installations.
Je ne pense pas que ce soit leur véritable voie.
L'avenir Caves de Macui. économi-
que du Chili dépend du degré de développement que l'on donnera à Texportation des vins de l'année. Des essais ont été faits dans ce sens, et les résultats satisfaisants engageront ces agriculteurs (qui ne sont nullement routiniers) à suivre l'exemple.
Tout le monde prête ici une attention constante au mouvement scientifique.
L'Etat même assume un rôle actif dans l'ap-
Le C.hil laine, due, en gr; té des viandes, ïit alors que les int contînuelleme bres s'étaient ail»
et l'encolure (i).
idité des vaches, < ;, était cause de : répandue dans 1 ment était pour i core beaucoup à
es animaux trave bon état, mais : succède à un é tteint parfois Jus out, cette race p les bœufs de pe
i sont toujours recourb
fois un aspect asseï b i entaille taniôl au I au de quinze ù vingt ce ., où le morceau séparé I volume d'une noix jus iréjudice dos marques Ici ue au ferrougo, sur les jisses. Dans le sud du Cl
petite taille (environ i" uftle est repousse en an
beies quelque resseml >gs. On les désigne sou;
port de l'énergie, de la sobriété, de la résistance à la fatigue ; il arrive souvent à trente ans en servant constamment (3). Il a la tête un peu lourde, légèrement busquée et médiocrement attachée, Tencolure grêle, le garrot bas et les membres antérieurs un peu panards, comme il arrive généralement aux animaux habitués à prendre leur nourriture sur le sol. Le poitrail est large et la croupe un peu avalée.
(i) I.cs mérinos proprement dit^, les mérinos français, Lincoln, Southdown, Dishiey, Hampshiredown, Oxfordshiredcwn, Shropshiredown, etc..
(2j On en appréciait autrefois la viande; quûnt aux peaux elles servaient de lapis de selle. Les gens du peuple les ont remplacées par
(3) Hauteur moyenne i",5o.
Chili. i i
sont remarqui e non seuleir lis encore par istituant un [
s écuries, ils s et ne connaiss s avoir vues is les rues con ation se com : vert auquel inimaux d'usa our les cheva ar de l'orge.
; régime, la s r de ces che
les gens du pays
Thornborough Cleveland pur sang
descendre au trot importé, lo ans.
et au galop les pentes les plus raides, dans
des sentiers dont, chez nous, on n'a pas une
idée.
Voilà pour ses qualités physiques. — Au moral, il est d'une remarquable douceur, il ne rue point quoique constamment maltraité ; il ne se défend pas, et répond à l'excitation par un redoublement d'ardeur. Ces qualités en font un cheval de guerre de premier ordre.
On a importé, depuis quelques années, les différentes variétés de chevaux connus en Europe.
Le Cleveland, carrossier du Yorkshire, est fort
i64 Le Chili
répandu. — Ses qualités principales sont la taille (jusqu'à I "77) et la beauté de la robe : bai avec toutes ses nuances. 11 fait au Chili un service de courte durée, parce que dans le pays (Sauf quelques exceptions), on ne se doute pas qu'il nécessite beaucoup de soins. — La maréchaierie indigène lui est funeste : ici on pare les pieds jusqu'au sang, et, au lieu d'ajuster la ferrure au pied, on fait l'inverse ; on prend quatre fers, et on procède à froid — Les instruments se composent d'un marteau à tète très allongée, un ciseau à froid pour dériver les clous et pour couper la corne, une paire de tricoises, et, en guise de boutoir, un outil assez semblable à une petite bêche que l'on pousse avec l'épaule en partant des talons, en pince.
Quand on a appliqué la ferrure, on fait poser le pied ferré sur un billot pendant qu'un aide lève le membre opposé. L'artiste du cru coupe alors, avec un ciseau, ce qui dépasse la ferrure. La garniture et l'ajusture sont inconnues.
Le croisement entre le Cleveland et le cheval chilien donne assez souvent un produit décousu. — Ces animaux pèchent par les membres trop
frison) (i), percherons et le seul anglo-normand authentique que j'aie vu dans ces haras (Baccarat). L'anglais élève et affine la race chilienne — le clydesdale donne un produit épouvantable qui n'est pas loin de ressembler à un ours. Ce reproducteur n"a réellement aucune raison d"ètre au Chili dont le climat ne lui convient pas.
Le percheron donne des produits excellents si on a le soin de lui fournir des juments chiliennes appropriées . — Bonne résistance ', au travail — jolies robes et bon aspect {2).
On a importé des OrlofF, et ce croisement ne peut être que profitable à cause du degré de parenté et de ressemblance des types (3). L'anglo -normand sert depuis trop peu de temps au pays pour qu'on puisse se prononcer sur les résultats de la reproduction.
(1) Les sabots des frisons pourrissent vite et rendent ces animaux inhabiles au travail.
(2) Don Arturo Cousîiio a importé cinq percherons d'une grande beaiitâ, et don Joachim Tocornal h obtenu des produits admirables de l'étalon et des juments qu'il a fait venir de France.
(3] M. Santiago Ossa a cré^ un type merveilleux de cheval demi-
:Ô8 Le Chili
admirés aux courses, il en est un (généra! Wilson), appartenant à M. Edwards, qui peut être comparé aux plus beaux spécimens des premières écuries de l'Europe.
Dans le domaine de la Pena où se trouve cet étalon, on élève une quantité considérable de bêtes de sang et de prix.
Un mot de renseignement et de pitié pour les ânes et les mulets employés surtout aux transports des minerais et des bois dans la Cordillère.
Les mules atteignent une taille relativement élevée et se vendent mieux que les chevaux indigènes.
Les ânes sont trop petits et ne jouent qu'un rôle effacé.
Citons, en dernier lieu, les poneys de Chiloë descendant probablement des poneys que l'on voit aux foires du nord de l'Espagne. Eux aussi sont dégénérés comme taille et présentent un des plus petits modèles de cheval que je con-
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r74 Le Chili
de ces hommes qui ont fait 80 lieues dans le désert avec quatre bouteilles d'eau : soit une bouteille pour cinq jours !
Cet éclair eur ne part jamais en campagne pour son propre compte. Il est toujours envoyé par un mineur caballero, c'est-à-dire une personne pouvant disposer de quelques capitaux pour reconnaître, exploiter ou négocier les mines que Ton découvrirait.
Il se met en route muni de sa provision d'eau, de viande séchée au soleil et broyée fcharquijj de yerba mate, de coca, de sucre et d'un petit sac de blé grillé. Enfin, il emporte de l'ail et de Toignon pour combattre les effets des grandes hauteurs.
Pendant son absence, le mineur qui l'envoie en mission doit nourrir sa famille et, en cas de réussite, lui donner le tiers de la mine. D'habitude, il lui rachète cette part à bas prix. — Il n'est pas rare que le cateador s'en aille simplement dans un village voisin où il se grise pendant quinze jours avec le denier à Dieu du départ ; il revient harassé de sa promenade dans les vignes du seigneur, pour annoncer à son commanditaire qu'il n'a rien trouvé, — ou encore il montre quelques pierres qu'un compère lui donne, et avec lesquelles il allèche son patron pour lui soutirer de nouvelles avances.
Un cateador avait ainsi excité la cupidité de
u lin port :ndront.
! celle c 1. Le bi I de min lu fond
voyage travail h i la ma
pendan et, cette e. — Qi le remp] e à peine iion, les e vanité lois, il cl ain d'u : souten paraît at a déroge deux ve 1 cadeai
rendu <
de son 1 sous la I 1 repren
bai
du
argent de Maïpu, San Pedro-Nolasco et en!
célèbre gorge de las Condes. — Dans cette nière région, fameuse pour ses mines d'arj se trouve un filon de cuivre d'une puissance de 25 o/o de métal, appelé, los Bronces, qt découvert, il y a une quinzaine d'années, pi
pauvre muletier appelé Elguin. Avec les pro de sa mine, il construisit pour un millior chemin de charrettes spécial, afin de facilit transport de ses minerais ; et il vient de m couvrant d'or chacun de ses nombreux enfi Le Sud ne produit guère de métaux et arrêtons ici notre promenade à travers ce table pays de milliards où des ambîtieu richesse déploient un courage sans gloire e persévérance sans portée morale.
igo Le Chili
cuivreux, il se rendit acquéreur des mines et de minerais abandonnés [haldes ou desmontes), les exploita, et fit, en peu d'années, une fortune colossale.
Avant l'arrivée de Lambert, on traitait les minerais oxydés dans de petits fours à manche chauffés au bois.
Le minerai était mélangé au combustible et, au
Grandes souffleuses David-Manhis.
moyen de soufflets mus à bras d"homme, on faisait pénétrer de l'air dans la masse qui, peu à peu, se liquéfiait. On produisait ainsi des barres d'excellent cuivre.
Lambert fit venir du pays de Galles des fondeurs anglais, et installa des fours à réverbère qu'il chauffait à la houille comme ceux de Swansea. Le" combustible, séparé du minerai, ne crée pas, pendant la fonte, des combinaisons pouvant
Mines — Métallurgie — Salpêtres 191
altérer la pureté du métal. Dans ces fours, le tirage se fait à l'aide de cheminées aussi élevées que possible. — Les Chiliens apprirent si bien le nouveau procédé qu'en peu de temps ils devinrent des fondeurs hors ligne.
On n'arrivait pas, en traitant ces combinaisons, comme cela avait lieu pour les minerais oxydés, à
Vue générale de la Tonderie de Maitenes dans la gor§e de Las Coades.
la production directe de la barre de cuivre ; on était obligé de faire passer le minerai par diverses transformations^ en fabriquant d'abord des mattes grillées; on devait les refondre, et seulement après la quatrième opération on obtenait des barres.
Cependant, si dans les procédés anciens la perte de cuivre dans les scories était très forte, on faisait, à partir de 1842, des saumons métal-
192 Le Chili
liques, connus sur le marché sous le nom de chile-bar, avec des pertes insignifiantes dans les scories.
En 1884, M. Charles Vattier a implanté le procédé David-Manhès, de Lyon, qui fonctionne actuellement dans la fonderie de Maitenes et dans rétablissement de Lota, et qui constitue la Bessemération proprement dite du cuivre (i).
A Coquimbo, dans l'usine de Lambert, les minerais de cuivre sont traités par la voie humide : on profite du soufre, contenu dans les pyrites, pour fabriquer, dans des chambres de plomb, l'acide sulfurique, pendant que le cuivre, précipité par le fer métallique produit du cuivre de cément, dont on fait, au moyen d'une simple fonte, de la barre.
Les grands établissements où se trouvent les fours à charbon sont ceux de Chanaral, Carrizal, Guayacan, Tongoy, Lota et Coronel ; les fours à bois sont employés dans un grand nombre de petites usines, dans la province de Coquimbo et plus au Sud.
Il y a trente ans, le Chili produisait les deux tiers du cuivre consommé dans le monde entier ;
(i) Voir, à propos de cette découverte destinée à bouleverser l'industrie du cuivre: Emploi industriel du Convertisseur Manhès-David^ de Lyon, Santiago de Chili, 1886, par A. Combanaire, et La métallurgie du cuivre, rapport sur le procédé du convertisseur Manhès- David, Valparaiso, 1887, par le mCme.
Mines — Métallurgie — Salpêtres 193
aujourd'hui sa production, de 40.000 T. par an, représente le cinquième de la production totale.
Passons à l'argent, qu'on traite au Chili de trois façons diverses.
La plus ancienne, et à laquelle, depuis peu, on a presque entièrement renoncé, consistait dans
Convertisseurs DaviU-Manbès [voir page igb].
l'amalgamation obtenue au moyen du système connu sous le nom du patio. On broyait le minerai, et on le mélangeait avec du mercure. Ce mélange s'opérait en versant le minerai, transformé, au moyen d'une copieuse addition d'eau, en boue liquide, dans des sortes de bassins ou cirques, où l'on faisait galoper des chevaux, des mules ou des ânes, pour parfaire l'amalgamation. On s'est également servi des systèmes, employés au Mexique
1 94 -te Chili
et au Pérou, appelés le caso verticales, fixées au moyen de obtenait un amalgame qui p le métal connu sous les formt chlorures d'argent et d'une sulfures ; on appelait ces co taies calidos (métaux chauds)
En 1864, un Français, M.
métallurgie d'argent au Chili que Lambert avait produite du cuivre (i).
Il apprit aux mineurs à an ment les combinaisons connu aussi des sulfures des sulfoantimoniures et même plusiei basites argentifères (2).
L'inventeur se* sert de bari quels le minerai, réduit en pi convenablement séché, est r des dissolutions chaudes de magistral de sous-chlorure sence du mercure ou de l'an Ainsi, en quelques heures, on gent dans un amalgame d'où ment par filtration, compressi
(i) M. Herzog devini fou et on auribi M. Kronkel, l'invention de son procédé.
(1) Pourvu que les quamités de suEfu soient pas en trop grand excès.
Lorsque les gangues sont accompagnées de fortes proportions de sulfures ou de composés plombeux, lorsque toute la tache métallique argentifère se trouve sous la forme de polybasite, de bournonite et de cuivre-gris, on ne traite pas le minerai par la voie d'amalgamation, mais dans des fours à manche (i).
On emploie le coke, et des ventilateurs spéciaux activent la combustion. C'est ainsi qu'on produit des plombs argentifères. Pour en extraire le métal précieux, on se sert de fours à coupellatîon, à sol mobile (système anglais) {2).
Dans quelques usines spéciales comme à Tierra Amarilla près de Copiapo, on concentre l'argent dans des mattes de cuivre ; ces mattes de cuivre argentifère sont envoyées en Europe. A Maitenes, dans les usines de Cousino et Vattier, en dehors de la barre d'argent extraite des minerais plombeux, on concentre l'argent (en employant les convertisseurs Manhès) dans les mattes de cuivre d'un titre de 75 0/0 de cuivre
(1) Ces mioerais sont connus au Chili sous le nom de melales/rios. (1) Les principales usines sont celles d'Amofagasta, de las Condes et de Maitenes.
Le Chili et environ de i 1/2 à 2 0/0 d'argent, et même dans des barres de cuivre d'un titre de 3 0/0 d'argent.
Et maintenant quelques mots sur la métallurgie de l'or :
11 faut distinguer le produit des lavaderos et celui des filons.
Le premier se trouve généralement dans le lit des torrents en partie ou complètement desséchés. — Pour l'extraire, on ouvre, dans le terrain sablonneux (ou composé de petits cailloux), des puits (catas)^ jusqu'à ce qu'on trouve la couche de galets appelée circa, dans laquelle sont englobés les sables aurifères. — Dans les lits où court encore un peu d'eau, on rencontre souvent des paillettes dans les branches de la plante chepica ; on lave sur place ou dans le voisinage, dans des espèces de cuvettes coniques en bois (bateas) ; on extrait ainsi l'or sous forme de pépites, de grenailles ou de poudre. Dans certaines rivières du Sud, les
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pépites atteignent des proportions considérables.
Avant les découvertes 'des nombreuses mines d'argent et de cuivre du Chili, quand la maind'œuvre était à si bas prix qu'en réalité elle ne coûtait rien, quand l'eau était beaucoup plus abondante qu'aujourd'hui, cette industrie pouvait être lucrative — mais de nos jours, les salaires sont élevés, la sécheresse est extrême dans le Nord du Chili et, par suite, peu de gens se livrent à ce travail si ce n'est à l'époque des pluies et dans les années exceptionnelles.
Les principaux placers se trouvent dans la province de Coquimbo (i) et, en Araucanie, dans le détroit de Magellan (2).
Dans des filons composés principalement de quartz et d'oxyde de fer, on trouve Tor natif (3) et on le rencontre aussi, accessoirement, dans certains minerais d'argent.
A Taltal,près d'Ovalle, on traitait Tor dans des appareils primitifs appelés marai. On broyait le quartz entre une grande pierre légèrement
(i) Départements d'Illapel et de Pétorca.
(2} II y a quelques années on a trouvé de Tor à Calera et à Quil- Iota. Cette découverte a donné lieu à la création de plusieurs sociétés qui ont englouti des capitaux nord-américains et chiliens. La seule Compagnie qui se soutienne est la société de Maria-Maria.
|'3) Quelquefois on le trouve dans des filons dont le remplissage est constitué par des pyrites de fer, de mispickel [sulfo-arséniure de fer) et môme des pyrites de cuivre. — Dans ce dernier cas, il est certain que Tor fait partie d'une combinaison chimique mal définie.
igS Le Chili
concave ('/a solera) et une pierre légèremen vexe; puis on le mélangeait au mercure s( courant d'eau continu, et quand le mercun assez chargé de métal on le filtrait et on k primait. Cette pâte contenait une part d'oi 3 à 4 de mercure — on la distillait grossier
Maintenant on a abandonné ce:
tèmes et, par exemple à Illapel, six m broient les minerais sous des meules verl mues par des turbines appelées cuchan Quand il s'agit de pyrite aurifère, on pr différemment : on produit, au moyen de l'é ment du minerai, de la boue (ou schlamm)
\i) Les acheteur» de profession ne l'esaaieni jamaEs, et j: seulement la précaution de promener un aimant au mil pépites pour enlever l'oxyde de fer magnétique loujours a
[i] Ces moulins se louent aui mineurs qui paient 8 lH par de 1-494 ^\\o% de quartz aurifère ou oxyde, et l'on rembourse
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quelle on n'agrège point de mercure et qu'on laisse s'écouler sur des peaux de chèvre placées sur un plan incliné.
Les parties les plus lourdes contenant le métal, retenues par les poils, en tête de ce labyrinthe, sont malaxées avec le mercure, au moyen de pilons en bois dans de grands chaudrons en fonte. On ne retire ainsi, malgré les plus grands soins, qu'une partie de Tor contenu dans le minerai pyriteux; les rejets, relapes, exposés pendant plusieurs mois à l'action du soleil, de Tair et de Thumidité, subissent une modification de leur composition chimique, et soumis, une deuxième fois, à ce traitement, ils donnent de nouvelles quantités d'or très appréciables (i).
Dans certains cas, le métal précieux est concentré (comme au Sapayo près Vallenar), dans des mattes de cuivre ou de cuivre argentifère (2).
Le mineur chilien est d'une habileté extrême,
sans avoir recours aux opérations du laboratoire,
pour se rendre compte du titre d'un minerai d'or ou
de sables aurifères, quand la matière se trouve à l'état natif.
Il se sert, pour ses appréciations, d'une coupe
(i) Lorsqu'il s*agit de pyrites de cuivre aurifère, on vend le relave comme minerai de cuivre.
(2] Les principales usines à or se trouvent dans le département de Copiapo, dans le département d'Illapel et à Huasco.
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Le propriétaire, M. Schwager, produit une moyenne de 70.000 tonnes par an.
Les mines voisines de Buen Retira appartiennent à la famille Cousino, les grands propriétaires des mines de Lota (i). C'est là que se trouve, sans contredit, l'établissement à la fois minier et métallurgique le plus considérable du pays.
Ses sept puits produisent annuellement environ 25o mille tonnes, et sa fonderie, où Ton vient d'installer les convertisseurs David-Manhès (de Lyon), a produit, dès 1882, loo.ôoo quintaux métriques de cuivre en barres d'une valeur de 4 millions et demi de piastres. La majeure partie des minerais de cuivre qu'on y reçoit est importée d'Atacama et de Coquimbo , une partie vient même du littoral péruvien (2).
L'industrie salpétrière constitue l'épilogue de l'industrie minière; il ne s'agit plus de perforer des montagnes mais d'enlever une croûte plus ou moins mince qui couvre une partie de la côte chilienne. On transforme en salpêtre les nitrates de soude impurs qu'on recueille depuis Antofogasta jusque non loin d'Arica.
Ces gisements de Tarapaca avaient été découverts en 1821. Leur utilisation agricole et
(i) Les mines de Puchoco, près Coronel, dont une partie a été inondée, en 1881, appartiennent à M. Rojas.
(2] Lota, qui, de fait, appartient à la famille Cousino, s^appelle commercialement : Compahia Esplotadora de Lota i Coronel,
302 Le Chili
industrielle remonte à i83o. A cette époque, un premier chargement fut envoyé en Europe.
Les ventes de cette matière s'effectuèrent, en i83i, à raison de 3o francs les 5o kilog. (en 1884, la même quantité valait 12 francs).
En i883, les quantités fabriquées et exportées étaient vingt-huit fois supérieures à celles que l'on exporta de i83o à 1834(1).
Le gouvernement péruvien, souverain, en 1874,
Port et môles de Antofogasta.
de cette région, avait constaté que, depuis 1870, l'exportation des salpêtres avait plus que doublé sur la période de i865 à 1869; il conçut l'idée de monopoliser cette industrie, d'autant plus que les meilleurs gisements de guanos s'épuisaient.
développement de c
i effet les chiffres qui donnent une idée du rapide
De i83o à De 1846 à De i855 à De i8<35 à Et enfin en
oquin
ont loujours prononcé ce mot quickua.
Cet engrais naturel provient probablement de masses énormes de cétacés qui, depuis des siècles, sont venues s'échouer sur la côie, peutlitre pendant des cataclysmes successifs pareils à ceuï dont nous avons <ité témoins, en iSlïg, à Adca. Le phosphate des matières osseuses et l'azote de la matière organique se sont conservéî, grâce à l'exiréme sécheresse de ces régions.
Le guano se trouve sur le littoral et dans tes îles voisines, dans des crevasses qu'on connaît sous le nom de covaderos. Les dépôts des iles Chinchas ont fourni des guanos de qualité supérieure (l'analyse accusait toujours de 14 à 16 pour 100 d'azote]. Les dépôts de Pabellon de Pica, de Huanillos et de Punla de Lobos, sur la côte de la province de Tarapaca, et ceux des îles de Lobos Afuera, en face du Callao, en plein océan, contenant un guano moins riche que celui des Chinchas. Le dosage de l'engrais de Pabellon de Pica, qui est le plus abondant en matières fertilisantes, atteint à peine 10 pour 100 d'azote, celui de Huanillos, 6 pour 100, et celui de Lobos A/uera, 4 pour 100. Au moment où les Chiliens se rendirent maîtres des dépôts, il y existait de G5o.ooo k 700.000 tonnes. Cet engrais a d'ailleurs baissé de prix. A la concurrence que lui ont faite le sulfate d'ammoniaque que produisent aujourd'hui tous les hauts-four, neaui et les exploitations de phosphates minéraux, est venu s'ajouter la situation difficile de l'industrie agricole qui ne lui permet plus de payer, pour l'amendement des terrains, les prix d'il y a vingt ans.
En 1875, le guano se vendait couramment en Europe k 3i5 francs la tonne, et le marché absorbait de 3oo.oao à 400.000 T. par an. Aujourd'hui la consommation est réduite au tiers, et le prix moyen est de 170 francs par tonne. L'unité d'azote qui se cotait, if y a huit ans, à 36 ou 37 francs, est aujourd'hui évaluée k 10 francs ; l'acide phosphorique, payé naguère à raison de 6 francs par unité, en vaut maintenant au plus la moitié.
La quantité de guano exploitée depuis 1879 jusqu'à ce jour sous la direction du Chili, atteint, à peine, 450.000 T^ et ce qui reste aux dépôts peut être évalué approximativement à i5o.ooo tonnes.
204 ^^ Chtli
Les anciens propriétaires reçu des bons ou certificats. Ces titres par une hypothèque sur tout ce qi Tarapaca pouvait produire ; de 1 pètres élaborés pour le compte d constituaient l'antichrèse pour p; et l'amortissement des titres.
Lorsque le Chili s'empara de trouva une industrie qui venait d't par le gouvernement péruvien.
Cependant les produits étaien les intéressés comme le gage d'ur fois, au moment où la province < occupée par les forces chiliennes, vembre 187g, la compagnie fermiJ dut céder ses usines aux autorili administrer le pays au nom du g Santiago. Elle protesta, et, après 1 laborieuses, le Chili accepta, da jours de 1888, un arrangement i tous les porteurs de bons(i).
Au point de vue de l'exportatioi matières minérales se groupent d tions qu'il est intéressant de cons le salpêtre figure pour 47 pour io<
(0 En vertu de cet arrangement chaque ci nominale de looo sole* i 44 pence {£ i33), a il
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35 pour loo, Targent pour 5 i/3 pour loo, le guano, le borate de chaux, le charbon de terre, etc., pour 12 1/2 pour 100. L'année sxiivante, cette exportation a augmenté de 8 millions de piastres (de 47 à 55.5oo.ooo).
L'exportation du cuivre, qui alors montait à 17 millions de piastres, se distribuait géographiquement ainsi : Coquimbo S.goo.ooo, Atacama 4.800.000, Lota et Coronel 4.500.000, Valparaiso 1.900.000, Tocopilla 5oo.ooo.
Pour 1 887, l'exportation de salpêtres a été de 7 1 3 millions de kilos valant près de 29 millions de piastres et de 27 millions de kilos de cuivre, soit environ 10 millions de moins que le chiffre moyen des dernières années. La hausse des prix compense cet écart et augmente les recettes du pays d'environ 9 millions de piastres.
Il résulte de ce qui précède que le Chilien est mineur de naissance, métallurgiste par goût et par éducation et que, porté à découvrir les richesses de son sol, sachant les exploiter, la nation profite de ces tendances et de cette science, même lorsque les efforts individuels n'enrichissent pas toujours les hommes d'initiative qui se lancent dans ces travaux hasardeux.