CHAPITRE XII
Plomb. — Zinc. — Galvanisation des tôles d'acier. — Autres métaux : nickel et cobalt, mercure et antimoine.
Nous sommes loin d'avoir épuisé les richesses minérales que possède le Chili. Nous citerons, comme métal exploité, uniquement aux environs de Santiago, dans la région de Maitenes et de la Cordillère, le plomb.
Le minerai, qui n'est pas toujours de la galène^ et qui présente, en partie, la forme de linarite ou de sulfate de plomb cuprifrère, est assez argentifère pour mériter un traitement spécial. Cette désargentation se fait sur le plomb métallique par le zinc et donne de bons résultats.
Il ne manque pas d^autres mines de plomb qui pourraient être travaillées au Chili ; mais, on rencontre tant d'autres richesses minérales également intéressantes : or, argent, cuivre, etc., que l'activité et les capitaux se portent sur les mines les plus riches et les plus abondantes. De plus, comme nous avons dû le répéter plusieurs fois, les moyens de transport sont un peu primitifs dans la République chilienne, les chemins de fer étant rares et les routes
mauvaises ; ceci joint à la quantité assez faible, au prix assez élevé des combustibles industriels, ne facilite pas la création de ce genre d'industrie.
C'est une des raisons pour lesquelles l'industrie du zinc n'existe pas au Chili et, ne semble pas devoir s'y introduire de longtemps.
Cependant il s'y rencontre de bons et beaux minerais ; mais ils ne sont pas très nombreux et ils ne se trouvent pas situés dans des conditions qui permettraient une exploitation fructueuse, ou une exportation importante.
Les blendes sont les plus abondantes ; on en a même découvert d'aurifères. Quant aux calamines, il y en a en quantité dans beaucoup d'endroits.
On sait que, dans la métallurgie du zinc, la réduction est imparfaite, qu'il y a des pertes par volatilisation, ce qui amène, au total, un déchet de vingt pour cent. Si on ajoute, à cela, qu'il faut plusieurs tonnes de combustible pour obtenir une tonne de zinc, et que leur lignite comme la houille sont chers, on comprendra l'absence de cette métallurgie»
D'un autre côté, on peut ajouter qu'il n*y a guère de consommation locale de zinc en feuilles, au moins pour les toitures ; on y substitue, et sur une grande échelle, l'emploi des tôles galvanisées, en acier ondulé. On en fait un emploi énorme, non seulement comme couvertures, mais surtout comme murailles, dans la construction des maisons dans le désert d'Atacama plus particulièrement, où il n'y a ni briques, ni mortier.
Par un jeu de tarifs de douane, (les tôles galvanisées étant plus taxées que les tôles brutes), on a installé avec succès un atelier de galvanisation auprès de Valparaiso.
Il ne manque pas de gisements de nickel et de cobalt au Chili. Ce sont des filons intéressants, mais il n'y a pas de ces formations puissantes et surtout abondantes, quelle que soit leur teneur, qui ^ont fait le succès des gisements calédoniens ou de ceux du Canada. Ce qui est le plus probable, c'est que les mines les mieux situées et les plus avantageuses arrivent à donner lieu à des exportations, surtout pour le cobalt, dont la valeur est plus grande.
Il existe une certaine minéralisation en mercure dans plusieurs parties du Chili ; Punitaqui, dans le département à^Ovsilley semble une des mines les plus intéressantes ; mais nous ne connaissons pas d'établissement qui en fasse le traitement.
Il y a, certainement, plusieurs veines de sulfure d'antimoine; mais à notre connaissance, on n'en faisait pas l'exploitation jusqu'à ces dernières années.