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CASPIENNES

Jusqu'ici ce nom a été restreint à une seule mer, dont on connaît la position. INous croyons devoir l'étendre à tout amas d'eau salée situé au milieu des terres, et qui ne communique ni avec un océan , ni avec une méditerranée.

Ces mers ont été primitivement unies à celles qui s'étendent à une distance plus ou moins considérable de leurs rivages ; ce fait est incontestable; et tout ce qu'on peut dire sur l'élévation des caspiennes au-dessus des autres mers, ne saurait en altérer l'évidence. Peu à peu les méditerranées se formèrent aux dépens de l'Océan , et les caspiennes aux dépens des méditerranées ; quelques caspiennes , à leur tour, se sont transformées en lacs , par suite de l'adoucissement graduel de leurs eaux sans cesse renouvelées par les rivières qui s'y perdaient.

Ces mers intérieures n'étant alimentées par aucun courant venant des bassins circonvoisins , tendent à disparaître assez promptement. Il en a existé un grand nombre qui se sont desséchées, comme le prouvent des traces palpables. Les déserts stériles, unis, nnprégnés de sel, entièrement privés de cours d'eau douce, où le voyageur altéré ne trouve de loin en loin que des sources saumatres et nauséabondes , et autour desquels s'étend une chaîne circulaire de hauteurs dépouillées , furent primitivement des caspiennes. Nous avons retrouvé en Espagne le lit de plusieurs de ces mers desséchées. Souvent, à l'endroit où la profondeur avait été la plus grande, il était resté de petits amas d'eau , dans lesquels le sel , accumulé depuis des siècles , se cristallise en été pour repasser à l'état liquide quand il est dissous par les grandes pluies. On remarque que les environs de ces espèces de puits, derniers vestiges de quelques grandes caspiennes , sont également imprégnés de particules salines qui brillent à la superficie du sol , et qu'ils ne produisent , même à une distance considérable des côtes, que des

plantes marines. Un voyageur a vu jusqu'à des fucus vivants au centre de i'Aragon , dans un reste de caspienne.

On reconnaît aussi des traces de la même nature dans cette partie de la Pologne où sont situées les mines de Willitska. On peut en dire autant, avec la même certitude, du grand désert de Sahara , au nord de l'Afrique ; des parties du même continent au sud des montagnes de la Lune ; de la région centrale de la presqu'île arabique , et enfin du milieu de la Perse, où la présence primitive de la mer est prouvée par l'existence d'un vaste désert salé a l'est de Téhéran. Il en est de même de l'Afghanistan, où l'on reconnaît des vestiges de mer dans le bassin de la rivière d'Helmend , qui , séparé de toute mer voisine par de grandes hauteurs, se jette dans un lac sans issue. Au centre de l'Asie , le désert de Cobi fut incontestablement une caspienne aussi vaste que notre Méditerranée; là, dans un espace immense remarquable par son aridité , on ne voit que de petites rivières, presque toutes saumatres et sans embouchure, et des lacs médiocres qui baignent de loin en loin un sol essentiellement stérile.

On peut supposer aussi qu'une caspienne exista dans la Songarie, où elle a formé les lacs Palkati , Alaktugul , Kurgha , Urjunaju et Saisans.

En Amérique, des restes de caspiennes ont été constatés par M. d'Orbigny dans la Patagonie, où il existe un grand nombre de salines naturelles, et où le sol est partout imprégné de sel. Tout se réunit pour démontrer le long séjour de la mer sur les parties aujourd'hui exondées de cette région du nouveau monde.

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