POLE ARCTIQUE
On comprend sous la dénomination générale c\e réglons circompolnires les pays suivants : à l'ouest de T Amérique septeiitrionnie, les terres que baigne la mer de Behring, le détroit de ce nom et l'espace qui s'étend jusqu'au cap des Glaces; au nord du même continent, les terres arctiques proprement dites; au nord-est le Groenland, l'Islande, l'ile de .lean-Mayen, et le JiSpitzberg; au nord de l'empire russe.
Il la partie septentrionale de la Sibérie et il la Nouvelle-Zemble; au nord de l'Europe, la Laponie; dans l'hémisphère austral, les Orcades méridionales, l'archipel de Sandwich, les Shetland du sud, les terres de Louis-Philippe et de \\Joinville; les contrées récemment dé- |; couvertes par le capitaine Duniont Ijd'UrvilIe; enfin, la terre d'Enderby.
1 Nous commencerons notre descripiltion par les terres arctiques proprej ment dites, ces immenses régions ■ .qui s'étendent à l'ouest du Groenland, et que baignent les eaux du ■Idétroit de Davis, de la mer de Baf- Ifin, du détroit de Barrow, du golfe Hide Boothia, et de la partie septen- I trionale de la baie d'Hudson. C'est
Illa partie la moins connue et la plus (triste de rhémisphère boréal. Le littoral de certains points de ces froides ILcontrées a bien été exploré par quelques inavigateurs ; mais, parmi les marins Iles plus intrépides et les plus expérimentés, il n'en est pas qui se soient I aventurés sans terreur dans ce labyrinthe de baies, de détroits, de golfes, d'îles de toute-s les grandeurs et de mers aux sinueux contours. Là, peu de rivages portent un nom déterminé.
Tour a tour baptisée par différents
explorateurs déroutés, chaque plage, pour ainsi dire, cache sous le nombre de ses dénominations diverses l'origine de sa découverte. Là, toutes les règles de la navigation deviennent inutiles ; la science de l'homme se brise contre les obstacles que la nature oppose à ses efforts. Là , point de limites bien précises, point de divisions géographiques rationnelles. Souvent telle portion de terre que l'on croit attachée à un continent, se trouve être une île; tel bras de mer qu'on suppose être un détroit, n'est qu'une impasse sans issue. Les dernières expéditions au Nord ont sans doute éclairci quelques-unes des questions relatives à la géographie de cette partie du globe; mais si quelques côtes ont été soigneusement visitées, si quelques latitudes ont été exactement déterminées , combien ne reste-t-il pas encore à faire pour révéler à l'Europe ce monde mystérieux!
Dans l'impossibilité où nous sommes d'adopter ici une classiflcation quelque peu logique, nous indiquerons d'abord à grands traits l'ensemble et les principales divisions des terres arctiques; puis, nous ferons le résumé chronologique des voyages au pôle boréal , en donnant , à mesure qu'ils se présenteront naturellement sous notre plume, les détails les plus propres à faire connaître les endroits les plus célèbres et les plus intéressants de ces hautes latitudes. Ce sera aussi une manière toute naturelle d'en faire l'histoire, qui serait presque impossible avec un autre système. Nous réserverons j)our une description spéciale toutes les partiesqui pourront êtreétudiées séparément; ainsi nous consacrerons
12* Livraison. (Régions circompolaires.)
L'UNIVERS
des notices particulières au Groenland , au Spitzberg , à l'île Jean-Mayen , à rislande et aux terres polaires du Sud.
Quant à la mer de Behring, à la.
Sibérie, à la Laponie et à la Nouvelle- Zemble, comme ces pays se rattachent intimement, sous le double rapport géographique et politique, à des parties du globe qui méritent d'être étudiées à part, on en trouvera la description dans d'autres volumes de r Univers pittoresque.
La question du fameux passage au Nord -Ouest et les incidents qui s'y rattachent domineront nécessairement notre récit , car cette question a été le mobile de la plupart des navigateurs qui, à partir du quinzième siècle, ont parcouru les mers septentrionales.