‹ Chimie des parfums et fabrication des essences, odeurs, bouquets et eaux composées, émulsions, pâtes, teintures, pommades, dentifrices, poudres, etcChapitre 250 sur 268 · COULEURS VERTES · texte numérisé non relu

COULEURS VERTES

Les arlicles de parfumerie colorés en vert ont beaucoup de succès : c’est pourquoi on emploie souvent dans un bouquet un peu de cassie à cause de sa jolie couleur.

On peut teindre les huiles et pommades en vert de la manière suivante : on met des feuilles d’épinards ou de noyer dans le corps où se dissout la matière verte colorante des plantes appelée chlorophylle. Quand les feuilles ont donné tout ce qu'elles peuvent donner de couleur, on tire les corps gras à clair et on y met de nouvelles feuilles jusqu’à ce que celles-ci soientépuisées à leur tour. L'opération étant répétée plusieurs fois avec le même corps gras, il retient la matière colorante en dissolution et devient d’un beau vert foncé.

On évitera l'emploi des sels de cuivre pour colorer en vert, et plus spécialement les verts de Scheele ou de Schweinfurt (arsénite de cuivre mêlé d’acétate), qui sont des poisons violents.

Les eaux, laits, etc., peuvent être colorés en beau

vert au moyen d'une solution verte composée par MM. Judson, de Cannon street, à Londres.

On colore lesavon en vert en faisant dans la bassine un judicieux mélange de pâte contenant de 3 à7 kilogrammes d'huile de palme fraiche pour 100 kilogrammes de savon. Cet amalgame produit un bon savon jaune auquel on ajoute 55 à 85 grammes de smalt, bleu d'asur, ou de bleu d'outre-mer étendu dans 95 centilitres d’eau. La couleur bleue et le savon jaune bien incorporés ensemble donnent une teinte de vert végétal. On fait quelquefois des savons verts avec du chromate de potasse et du chromate de plomb. Toutes ces substances sont très dangereuses. |

On peut colorer les poudres en vert en employant des herbes fraîches, telles que persil, épinards, feuilles

de noyer et autres, pulvérisées et mêlées à l’amidon. Les bleus d'azur, celui de Prusse CL l'indigo peuvent être employés sans inconvénient.

Couleurs jaunes.

Le safran, l'huile de palme et le curcuma sont les principales substances employées par les parfumeurs pour teindre en jaune.

On peut donner à l'alcool la couleur jaune ou plutôt une belle teinte d'uranium en y faisant macérer de la pommade à la jonquille; le pollen des fleurs commu-

nique d’abord sa couleur au corps qui, à son tour, la

cède à l’esprit-de-vin. On peut encore colorer l'alcool en jaune en y faisant infuser des racines de curcuma,

Curcuma longa (de l'Inde) (Amomacées), l'ingrédient .

bien connu qui existe dans la préparation appelée curry powder, etc.

Le principe colorant du curcuma réside dans la racine. I! est soluble dans l'alcool et l’éther de pétrole (1). Pour l'obtenir, on épuisera par l'alcool ou l’éther de pétrole les racines, puis on distillera le dissolvant.

On a ainsi un résidu fluide qui est facilement incorporé

avec la graisse.

Cette couleur ne doit pas être employée dans les préparations alcalines, les corps basiques faisant virer le curcuma au brun.

Les eaux, les émulsions peuvent être très bien colorées

en JAUNE avec lé safran, c’est-à-dire avec les stigmates de la fleur du Crocus sativus (Iridées). Saffron-Walden-

ville, du comté d'Essex, a reçu son surnom des cultüres

(1) Voy. Tassant, Les matiéres colorantes et la chimie dé la teinture (Bibliothèque des connaissances utiles), p. 78.

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