PRODUITS CHIMIQUES SERVANT A L'EXTRACTION
par enfleurage, tels qu’extraits de violette, dejasmin, etc., les pommades de corps mous sont préférables, parce qu'ils abandonnent plus facilement leur parfum. Mais lorsqu'on veut employer les pommades parfumées pour fabriquer des cosmétiques pour la chevelure, les pommades de corps durs doivent être mélangées aux autres en proportions déterminées, afin d'obtenir une consistance moyenne, suivant la température du moment et aussi suivant les contrées auxquelles les marchandises sont destinées.
Produits chimiques servant à l'extraction des matières odorantes.
Pour l'extraction des matières odorantes, on se sert de corps qui ont un pouvoir dissolvant des essences el qui se distinguent de plus par une grande volatilité.
Érner. — Ce liquide, appelé éther sulfurique, est obtenu par distillation de l’alcool mêlé d'acide sulfurique ; son point d’ébullition est environ 35° C. C’est un bon dissolvant des huiles essentielles, des résines, des corps gras.
CHLOROFORME ou chlorure de formylène. — Est obtenu par distillation de l'esprit de bois et du chlorure de chaux et par rectification. Son point d’ébullition est situé vers 41°. Par suite de son grand pouvoir dissolvant et de son point d’ébullition peu élevé, le chloroforme est très utilisé pour l'extraction des matières odorantes végétales.
ETHER DE PETROLE. — A cause de sa propriété de dissoudre les matiéres odorantes végétales, aussi bien qu’à cause de son prix peu élevé, l'éther de pétrole est
un corps très important en parfumerie. L'éther de:
pétrole doit être incolore, et avoir un point d’ ébullition situé entre 50 et 55°.
BENzoL-BENZINE. — Elle bout à 82°, si elle provient de la houille, et à 43°, si elle provient du pétrole. La
benzine de pétrole est seule employée pour l’extraclion
des parfums de fleurs,
SULFURE DE CARBONE. — Le sulfure de carbone est obtenu en faisant passer des vapeurs de soufre sur des charbons au rouge. La combinaison donne naissance au sulfure de carbone en vapeurs ; on amène ce dernier dans un vase entouré de glace où il se condense. Ce corps est un liquide incolore plus lourd que l’eau et très réfringent. Son point d'ébullition est voisin de
45° et il posséde un grand pouvoir dissolvant. On
veillera à ce qu'il soit incolore ; le sulfure de carbone
jaune contient un excès de soufreet devrait en être débar-
rassé par distillation pour pouvoir être utilisé.
Comme les vapeurs de sulfure de carbone ont des effets nuisibles sur l'organisme, les vases qui contiennent ce sulfure sont hermétiquement clos.
Des couleurs employées en parfumerie.
Les divers articles de toilette fabriqués par le parfumeur ne doivent pas seulement plaire à l’odorat et produire une sensation agréable au toucher, ils doivent encore flatter l'œil; en un mot, il faut qu'ils soient jolis. Ce résultat s’obtient à l’aide de la couleur.
Les couleurs doivent être appropriées à la nature de l’objet et en harmonie avec l'usage auquel il est affecté. Ainsi l’eau dentrifice à la rose appelle naturellement une belle couleur incarnat; le savon de tridace ou de laitue un vert lendre, et ainsi des autres. On laissera
jusqu'à un certain point le choix au godt du chef du laboratoire et, tant quela couleur adoptée esten rapport avec l’idée de la nature de l’article, il n'y a rien a objecter, pourvu que la matière colorante soit inoffensive et ne puisse altérer la peau.
La chimie fournit des couleurs qui donnent les nuances les plus variées (1). 11 y a sans doute beaucoup de couleurs minérales, mais la plupart sont vénéneuses et ne peuvent par conséquent servir dans la fabrication des articles de toilette.
Nous enregistrons ici, sous le nom de chaque couleur, les aii. substances qui peuvent la recevoir.
Couleurs vertes.
On colore l'alcool en vert en y faisant infuser les feuilles séches de presque toute espéce de plantes. Les feuilles d’épinards, de sauge, de foin et beaucoup d’autres, séchées au soleil ou artificiellement avec un courant d'air chaud et mises dans l’esprit-de-:vin, donneront à l'alcool plusieurs belles nuances de vert. Les pommades à la violette el à la cassie colorent aussi par la macération l'alcool en vert; mais, règle générale, plus la nuance est belle, plus la pommade ou la teinture sont vieilles. L’extrait de violette ou de cassie, quand il est frais, est d'un vert sombre ; mais s’il est préparé depuis quelque temps, il prend une teinte verte plus agréable à l'œil.
Les verts d’aniline, habituellement connus sous le nom de vert-malachite, vert-cristaux, vert brillant, s’emploient de la même façon que le rouge.
(1) Voy. Tassart, Les matiéres coloranteset la chimie de la lein- Lure. Paris, 1890; — J. Dupovt, L'industrie des matières colorantes, Paris, 1902.
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