COULEURS VIOLETTES ET MAUVES
Cette racine entre encore dans la composition des poudres et eaux dentifrices (Voy. p. 300 et suiv.).
On obtient encore un beau ROUGE BRUN dans l’alcool, en faisant une teinture de bois de santal rouge ou red . sanders dans l’idiome du pays. C’est le bois de P{erocarpus santalinus (Légumineuses), arbre qui croit sur les montagnes de la côte de Coromandel, et qu’on importe eñ grande quantité pour l’usage des teinturiers, avec une autre variélé, le Pterocarpus flavus, santal jaune qui colore l'alcool en jaune (1). Le bois de cèdre lui donne aussi une belle couleur rouge. Les parfumeurs français l'emploient volontiers pour colorer les dentifrices liquides (Voy. p. 306).
La terre de Sienne et la terre d'ombre pulvérisées teignent les savons en rouge brun et en brun foncé; mais, pour plus d’une raison, aucune de ces deux substances ne vaut les suivantes :
Brun. — La cassonade ou la mélasse, cuites dans un vase de fer jusqu’au moment de brüler et dissoutes dans de l’eau de chaux, constituent ce que les parfumeurs appellent {einture brune, et les confiseurs caramel. Dans la préparation du caramel on emploie l'eau pure et non l'eau de chaux. Cette teinture convient pour donner au savon et aux eaux pour la chevelure toutes les nuances désirées; mais comme elle n’est pas soluble ni dans les corps gras ni dans lesprit-de-vin, elle ne les colore pas.
Couleurs violettes et mauves.
Toutes ces nuances sont obtenues en mélangeant en proportions convenables les rouges avec les bleus, et on peut à cet effet employer soit les couleurs d’origine
(1) J. Dupont, L’industrie des matiéres colorantes, p. 17
végétale ou animale, soit les couleurs d’aniline.
L'alcool reçoit des différentes marques de couleurs d’aniline, toutes les nuances que peut désirer le parfumeur; la plus petite différence dans la nuance d’une couleur suffit pour lui faire donner un nom spécial. Les deux nuances les plus célèbres entre le rose et le rouge sont celles qu’on appelle habituellement fuchsine (1) ou encore magenta et solférino.
Les huiles, les graisses, la cire, le spermaceti se teignent aisément en rouge avec la racine de Anchusa tinctoria, vulgairement appelée orcanète (Borraginées). Le commerce de la parfumerie en emploie beaucoup; aussi la plante est cultivée sur une grande échelle dans le midi de la France, aux environs de Mon pEUE et dans la Turquie d'Asie.
Pour colorer l'huile, on met un kilogramme ¢ ou deux de racines d’orcanéte concassées dans un vase qui puisse être mis dans l’eau chaude. On couvre ensuite la racine, ~ soit avec de l'huile d'olive, soit avec del’huile d'amandes que l’on tient chaude pendant plusieurs jours. Au bout de ce temps, on passe l'huile et on la met en bouteille sousle nom de « teinture rouge ».Sila nuance n'est pas du premier coup aussi foncée qu’on le désire, on verse la même huile sur des racines nouvelles, deux, trois fois, jusqu’à ce qu’elle soit arrivée au degré voulu.
Cette feinture rouge peut toujours être employée pour donner aux huiles et pommades toutes les nuances, depuis le rose jusqu’au cramoisi.
On importe annuellement en Angleterre environ | 1000 kilogrammes de racines d’orcanète.
(1) Cette couleur peut être préparée au moyen de divers procédés : nous recommandons d'éviter celle faite en employant des produits arsenicaux. Voy. Tassanr, Les malières colorantes el la chimie de la teinture (Bibliothèque des Connaissances utiles), p.92.
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