‹ Chimie du teinturierChapitre 19 sur 28 · AC1BE · texte numérisé non relu

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et ils iouissent de la plupart des propriétés du chlore, tandis (}ue les chlorures des métaux n’en jouissent pas.

Le chlore a la propriété de se combiner avec différentes proportions d’oxigène , et de donner naissance à, divers acides; mais nous ne parlerons pas de ces composés, qui ne nous présentent aucun intérêt.

Dans la teinture j on emploie fréquemment , pour opérer la dissolution de certains métaux, et de l’étaim en particulier, un mélange d’acide nitrique et d'acide hydrochlorique qui a des propriétés dissolvantesj que l’àcide nitriqi^e seul ne possède pas.

On a observé que dans la réaction simultanée de ces deux acides , par exemple sur l’étain , il se produisait toujours de l’ammoniaque qiii restait en dissolution dans la liqueur. Cette ammoniaque se forme au dépend de l’azote , d’une partie de l’acide nitrique , et l’hydrogéné lui est fournie par l’eau, dont l’oxigène ^ést déterminé à se porter sur le métal par la présence de l’acide hydroehlorique ou des deux acides réunis. Du reste , cette ammoriiaqhe ne joue pas dans la teinture de l’écarlate un aussi grand rôle que le prétend Berthollet , et sa présence n’est pas nécessaire ponr

que les tissus uè soient pas attaqués par 1 acide , durant le cours de l’opération.

Après ces détails sur les principaux aci-r des' minéraxix , en usage dans la teinture , non S' allons parler de ceux que cet art em- , prunte aux substances végétales et ani- ^ males.

, L’acide acétique est un acidè incolore , ordinairement liquide , d’une odeur forte et assez agréable, et qui existe tout formé dans plusieurs substances végétales.. On . l’obtient par l’exposition à l’air des liqueurs spiritueuses , ou par la distillation du bois vert , et la purification du produit qui est mêlé 'avec de l’huile empyreumatiquo. Cet acide est d’un grand usage dans la teinture , à l’état de combinaison avec différens métaux-, et en particulier le fer , le 'cuivre et le plomb. Nous parlerons plus tard de ces composés salins et de leur emploi.

L'acide tartrique s’extrait du tartre., ou tartrate acide de potasse , que l’on rencontre en grande quantité dans la lie de vin. A cet effet , on décompose le tartrate de potasse par la craie, et il se forme ,un tartrate de chaux que l’on décompose par l’acide sulfurique étendu d’eau. L’acide

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tarlriqiie abaoilonne la'chaux , et reste en' (lissolulion dans la liqueur que l’on çvaporc .jusqu’à ce que sa cristallisation s’effectue. Cet acide est employé quelquefois dans la teinture, pour réagir siir certaines substances colorantes, ou altérer 'et modifier certaines nuances ; du reste , il est d’un fréquent lisa'ge à l’état de combinaison avec différentes bases salifiables.

L’acide citrique, sous forme, cristalline comme le précédent, pourrait être employé à peu près aux mêmes usages; maiscommeil est beaucoup plus rare, on ne s’en sert guère que dans la teinture en rose par lé cartbame. Cet acide existant dans' tous les fruits' du genre citrus , s’extrait de leur suc que l’on a saturé avec de la craie ,' en décomposant le citrate obtenu^ au moyen de l’acide sulfurique étendu d’eau , et évaporant la liqueur surnageante jusqii’à consistance de syrop. . . .

L’acide oxalique existe en. assez grande quantité dans le suc de l’oseille , ou il est conibiné avec la potasse; mais on le prépare ordinairéinent en. traitant l’amidon ou le sucre par sept à huit fois leur poids d’acide nitrique , et faisant évaporer lentement le rnélange jusqu’à, ce qu’il puisse cristalliser par le refroidissement. On pu-

T.'inltirr !..

rifie ces cristdüxeo les dî^olvant dans Peau, ét concéntrant-'la dissolution jusqu’à c‘e <|üe I acide érirtajttise de nbuveau. Cet àçide a là ppoj^îét^ de dissoudre le fer avec la plus graude facilité, aussi est-il d’un grand usage dans la, teinture des toiles pour dé-r’ truire les couleiirsaiixqiielles ce métal sert dé/Jjasë. ■ f.

L’acide gallique existe tout formé dans la noix de galle , et la plupart des végétaux astnhpns, d’où on l’extrait par différens procédés assez longs que nous ne rapporterons pas ici , p^rce que cet acide r^’est nulle part cftiplojé dans un état d’isole— , ment. Cet\acide <Jue l’on obtient cristallisé,

* et qui est assez soluble dans l’eau, a une graine ^af^nite pour le fçr qu’il enlève à tous/ lés àùtfés acides', et avec lequel il forme ün précipité d’nn bleu opaque et fonce qui paraît noir ; aussi les substances qui le renferment sont-elles d’un ffra'ud usage dans la teinture' en noir. Oiltre cet acide , ces substances contiennent encore une matière particulière appelée tannin a plusieurs égards comme • acide , et qui forme avec les oxides métalliques des précipités diversement colorés.

Le précipité qii eUe forme avec le- fer est de conleuC* noire , et comme ellé a une

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grai^de affinité pour les matières colorantes et pour les sujets à teindre , elle accom—

f iagnç utilement Tacide gallique dans toutes es teintures en noir ou en gris.

L’acide prussiquè est un acide liquide , mais trés-volatîl., qui peut être fourni indistinctement par les -végétaux et les animaux. Il existe dit-on tout formé dans les amandes ajnères et les fleurs de pêcher; mais il se reproduit aussi en assez grande abondance pendant la calcinalion des matières animales. Ces matières sont mêlées ,

- avant leur calcination , à • une certaine qnantité de potasse qui .se convertit en prussiate.. L’acide prussiquè est un des poisons le plus actifs ; mais il n’est d’aucun usage-dans la teinture , à l’état d’isolement, et on ne l’y emploie jamais que combiné avec les alcalis ou le fer.

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On donne le nom de sels au produit de la combinaison des acides avec les oî^ides métalliques. Lorsqué l’acide est prédominant, le composé porte le nom d^e sur~sel ou ôc sel' acide, et, il porte au contraire celui de lorsque c’est la base qui

est en exès. La dénomination des différent

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composés saliusVest dérivée de' celle xle l’ai- ^cide qui les a formés. Pour les désigner; oii change en ate \i terminaison du nom de Tacidé teritimé en îque, et on y ajoute celui de Foxidé. Si Facide était terminé en eux, Iç nom du sel‘'serail terminé en iVc. C’est ainsi qiie’ l’on appelle sdlfatés et sulfites, nitfaies et nitrites , dé tels' ou tels corps, le 'produit de dà combinaison de ces corps avec W acides, sulfurique et sulfureux , nitrique et nitreux.

La plupart des sels sont susceptibles de cristalliser.; mais les formes de leurs cristaux sont très-variées. Ces cristaux s’ob- • tiermeht communément en concentrant la dissolution du sel, et abandonnant ensuite au repos la liqueur concentrée : d’ordinaire elle se prend en masse cristalline en rcfroid,issant. Si la dissolution , au lieu d’ètre évaporée sur Te feu, est abandonnée à une lente évaporation à Fair libre , on obtient alors une cristallisation moins confuse et . plus régulière. Le même .jel , lorsque les mêm.escirconstances se représentent, affecte toujours des formes cristallines tou Wi-fait pareilles. -

..Les sels en cristallisant retienneiit toujours une' certaine quantitçrd’cau ; (jui est combinée avec chacune de lèùt's molcculés.

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Cette eau qu’on appelle de cnstallisation\, forme qùelquéfois jusqu’à la moitié, fin poids, de différeus , sels , et suffit pour les dissoudre à l’aide de la chaleur. Si après les avoir dissous de la sorte , on continue à les tenir sur le' feu , ils* ne tardent pas à se dessécher , et ils finissent par éjirouver une seconde fusion qu’on appelle la fusion ignée.

Il y a des spls qui oi^t la propriété d’abandonner leur eau de cristallisation, et de se réduire en poudre par le seul effet de leur exposition à l’air libre. Ces sels sont appelés cfflorcscens. D’aütres au contraire atti-rent fortement l’humidité de l’atmosphère et passent quelquefois à l’étaÇ liquide : dans ce dernier cas, on les appelle

11 est à remarquer que toutes les fois que l’on mêle deux dissol utious salines, plies se décomposent mutuellement , si les combinaisons qui doivent' en résulter sont' moins solubles que celles (|ui étaient déjà formées; alors il se fait un échangé de base entre les acides, et chacun d’eux s’empare de celle poiir laquelle il a le plus d’alfinilé. Quelquefois les deux sels restent inélés sans réagir l’un sur l’autre ; et ..lorsqu’ils u’ont pas la même solubilité , on peut les séparer en concentrant le mélange jusqu’à ce que le moins soluble se précipite ; d’autres lois,

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mais cela n’arrive presque jamais que lor^ que les deux sels sont formés par Je même acide ou ^ue Içs deux acides sont suceptiblcs de s’unir entre eux , il se forme un nouveau composé salin qui jouit de propriétés particulières, et participe de la naturelles deux sels que l’on avait mélanoés.

En général les «els ne réagissent les' uns sur les autras-, qu’à l’état de dissolution, ou du moins sils'sont insolubles, quand ils sont nouvellement précipités, humides et très-divisés.

Après ces considérations générales , nous allons nous livrer à une étude particulière des différens sels employés par le teinturier. Noos les décrirons dans le même ordre que nous avons'déjà suivi, lorsque nous avons traité des acides.. ' r ' »

. ■ . Sulfates.

Les > sels formes par la combinaison de l’acide sulfurique avec les bases salifiables, portent le nom de sulfates. Ceux d’entre ces. sels qui sont le plus communément employés en teinture, sont les sulfates de fer et de cuivre, et le sur-suîfâte, .oii.sulnate acide d’alumW et de pota!)se. *

^ On connaît trois sulfates de fer t le pro-

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tosulfate, le deutosulfale , et le tritosulfâte ; mais il n’y a guère que le premier qui soit employé en teinture. '

Lè protosull'ate , appelé aussi couperose , couperose verte, est en cristaux verts, transparens qui ont une saveur métallique très- agréable. Exposé à l’air, il en absorbe lentement l’oxigène, et se recouvre' de taches j-iunûtres qui sont du sous-tritosulfale de fer. Ce sel est, très-soluble dans l’eau , mais sa dissolution exposée à l’air ne tarde pas à attirer l’oxigèue , et à se convertir en sous-trilosulfate jaune qui se précipite , et en sur-tritosullate Touge qui reste eu dissolution. Daiïs cet état, cette dissolution ferrugineuse , quoique très-propre encore à divers, usages, et notamment pour communiquer un pied de rouille aux sujets à teindre, n’est plus propre à rem- ])lacer la couperose dans les circonstances où l’on a besoin que le métal soit pe'u oxidé , comnie lorsqu’on- la fait agir sur l’indigo très-divisé pour lui enlev er une portion dè son oxigène, et le rendre soluble dans les alcalis. ' • ‘

La couperose joue le rôle le plus important dans la teinture en noir, et en général dans \ê composition des couleurs dont on.

veut rendre la teinte plus .«ombre par l’opé-

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