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LOIS CHIMIQUES DES CORPS

Combinaisons chimiques. — Toutes les actions chimiques, toutes les combinaisons de corps dégagent presque toujours de la chaleur, de la lumière et de Télectricité.

Mais les actions ou mouvements chimiques qui n'ont lieu qu'entre des corps différents, et qui se caractérisent par une union tellement intime des molécules de chaque corps composant, qu'il est impossible de séparer mécaniquement les molécules de l'un de cel-

les d'un autre, ne se produisent qu'au contact le plus complet. Ainsi, rarement deux solides se combinent ensemble, parce que leur contact est imparfait ; dès qu'un des corps, au contraire, est liquide ou désagrégé par la chaleur ou par une cause quelconque, l'action moléculaire s'opère : il y a contact et combinaison.

Plus les corps sont différents, mieux ils se combinent, et le composé qu'ils forment a presque toujours des propriétés très-différentes de ses composants ; la rouille, composée de fer et de gaz oxygène, ne ressemble ni à l'un ni à l'autre ; le sel ordinaire est form<^ de chlore, un gaz verdâtre irrespirable, et d'un métal blanc, le sodium, qui ronge les chairs, et qui décompose rapidement l'eau ; et cependant le sel, loin d'être dangereux, est l'indispensable assaisonnement de nos aliments.

C'est là ce qui distingue la combinaison du simple mélange ; du soufre broyé avec du cuivre peut facilement en être séparé ; mais, combiné avec lui, cette séparation ne peut plus avoir lieu que par des moyens chimiques plus intenses et plus intimes, la chaleur, l'électricité, etc. La combinaison est donc un mélange plus complet, plus intime, d^ particules plus petites qui donnent un produit différent des corps composants, lesquels ne peuvent plus être isolés à l'aide des moyens physiques ou mécaniques.

Tous ces corps, en se combinant les uns avec les autres, ont les uns pour les autres des affinités dont la force et l'activité sont va-

riables. Ainsi le potassium a une graude affinité pour l'oxygène, l'or en a très-peu ; le chlore en a une grande pour Thydrogène, le cuivre en a bien moins. Aussi lorsque Tun d'eux se trouve en présence d'un corps composé où il trouve un autre corps avec lequel il a beaucoup de dissemblance, et par suite beaucoup d'affinité, car ce sont les contraires qui s'attirent, il le sépare de la combinaison où il l'avait trouvé, met en liberté le corps qu'il n'attire pas, et forme avee celui qu'il attire un nouveau composé.

On a remarqué que, généralement, Les corps peuvent être électro-positife et électronégatifs vis-à-vis les uns des autres, et que dans les décompositions des corps par Télectricité, un des deux corps ^ toij^ours à un p61e, l'autre au pôle opposé. L'équililH*e électrique établi dans le composé est alors détruit, le contact des atomes est détruit, chacun des éléments de ce composé est mis en mouvement et séparé de l'autre; et un mouvement calorifique se produit

Généralement les oorps suivants, unis ensemble, sont électro-positifs vis-à*-vis de ceux qui les précèdent, et électro -négatifs vis-àvis de ceux qui les suivent ; selon qu'ils seront plus ou moins éloignés, ils serrent donc plus attirés les uns vers les autres.

Plus électro-négatifs : oxygène, fluor, chlore, brome, iode, soufre, sélénium^ azote, phosphore, arsenic, bore, carbone, tellure, £âli- ^um, hydrogène, molybdène, chrome, nickel, bismuth, platine, mercure, argent, etain, plomb, euivre, or, zinc, fer, antimoiDd, cad-

mittln, manganèse^ alnminlittai, ma^éainm, calcium, strontium, barium, sodium, potassium.

Mais, dans les conlposés, très-seuTent un corps électro-négatif petit se substituer à un corps électro-positif; et chaDger^ par conséquent, ainsi le rûM du corps restant. Gek se comprend si on ne voit dans l'àMnité des corps entre eux que le résultait des moure^ ments de rétber, mourements qui sont en rapport avtc le poids des atomes des corps.

Atomes. ^ Les atomes, poUr les chimistes^ sont les plus petites quantités de matière qui puissent se combiner à poids équivalents airec d^autres matières, et qui soieat indivi* sibles par les forces ou mourements chimiques. Ainsi ks vibrations de Féther^ que pro* duisent les actions comiques, sont de môme intene^ dans les différents corps, mais la condensation et par suite le poids des atomes oppose une résistauce plvis ou nœins grande à ce mouvement, et e^est ce poids «tomlgoe qui fidt la diflèreoce des corps entre eux.

Gomment les diiSêreilts corps ont-ils subi des condensations qui conservent toufours à leurs parties les phis infiniment petites leurs pssids et leurs autres qualités? c*est ce qae Toa né sait pas encore^

Mais 11 faut remarquer que tous les corps,

Sel que soit leur poids, laissait passer une aie qusmtité de chaleur, c'est-à-dirv qu^en multipliant leur ebaleur propre ou spécial que qui est diilISrente pour chacun d'eu, par leur poids atomique, on trouve pour tous une égale quantité. De plus la densité des va«

peurs des gaz simples égale tout à fait leur poids atomique.

On est donc amené à penser qu'une seule matière, à dififérents degrés de condensation, réside au fond de ces 67 corps simples que nous ne pouvons plus décomposer, mais que nous pourrions décondenser.

On est d'autant plus porté aujourd'hui à accepter cette idée très-philosophique de Tunité de la matière, et à diriger les expériences de manière à en démontrer la vérité, qu'on a obtenu des corps composés qui ont exactement les mêmes propriétés chimiques que les corps simples. Ainsi le carbone uni à Tazote, dans la proportion de 2 volumes du premier pour un 1 volume du second, donne un corps ou gaz, le cyanogène, qui, bien que composé, se comporte comme un corps simple dans les combinaisons chimiques, et ressemble au chlore, au brome et à Tiode.

C'est un gaz Incolore qui peut se liquéfier sous la pression de 4 atmosphères, et se solidifier dans un mélange réfrigérant d'acide carbonique solide et d'éther. Il brûle ou s'oxyde avec une flamme pourpre, et il forme avec les métaux des cyanures tout à fait analogues aux chlorures métalliques.

Lois chimiques'; dissociation. — En général la chaleur détermine la combinaison des corps, pourvu qu'elle ne soit pas trop forte, car alors elle détruit plutôt l'affinité. De sorte qu'à de hautes températures, comme dans l'intérieur du globe, les corps ne doivent être que mêlés et non combinés ensemble.

La lumière produit également quelquefois

des combinaisons, par exemple, celle du chlore et de Thydrogène; rélectricité recompose également un grand nombre de corps, Teau, par exemple, lorsque Tétincelle électrique passe à travers deux volumes d'bydrogène et un volume d'oxygène ; mais rélectricité sert également à la décomposition des corps, qu'elle opère avec une grande puissance.

Mais ce qui caractérise surtout les combinaisons chimiques, c'est qu^elles n'ont lieu qu'entre des quantités déterminées de matière, tandis que les mélanges peuvent avoir lieu entre des quantités très-variables et jamais identiques des corps. On appelle ces quantités les équivalents des corps, parce qu'un certain poids d'un corps équivaut toujours à un certain poids des autres corps.

Toutefois, beaucoup de corps ne se combinent pas avec un seul équivalent des corps, mais avec un, deux, trois, quatre, cinq, plus ou moins ; quelquefois aussi, avec des quantités différentes, mais toi:gours simples, 3/2, 7/2. En un mot, les combinaisons ont toujours lieu entre des quantités déterminées et multiples les unes des autres.

Lois des volumes gazeux, — Quant aux gaz ou vapeurs, lorsqu'ils se combinent, ils le font également dans des rapports trèssimples.

Si la combinaison s'effectue entre des volumes inégaux, 1 et 2, il y a condensation des volumes, et le composé a un volume moindre que la somme des composants; 1 et 2 donneront 2 au lieu de 3 ; mais si les vo-

lamesp sont égmt, l et.i,. fi &> a pas coudeosatioti et da s deiix Yolumes de compoeéâ;

Equimlmisi —Si dooc, par exemple, von»

mettez en présence i d'oxygène av^c 3 de soufre, roFfgène ne se combinera qu'avee 2 de soufre et laissera libre et non combiné i de soUfire qatï est eh excèsi

Cette quantité de chaque matière, qui égale une autre quantité quolconque d'une autre matière et lui fait équilibre, coi^me 2 grammes dé ptomb ftmt équilibre dans les plateaux d'aune bai«»Dce à 8 gramibes ée corps moios lourds, a été calculée fort exaetenent. Mais afin de pouvoir comparer entre eux les nom-»

bres qiie Ton à trouvés ou les équivalents dea corps^ on les a toi» rapportés à une même base, tantôt Thydrogène pris pour unité, tantôt l'oxygène.

De sorte que lorsque l'on dit: 4 d'oxjrgène est combiné avec un équiiralent de soufre, ce n'est pas I et 1 qui se combinent, mais un équivalent d'oxygène et i de soufre ou le double 2, qui se combinent. Avec l'hydrogène pour unité, l'équivalient de l'oxygène est 8, et le double 16 est l'équivalent du soufre.

En prenant 100 pourunité de l'oxygène, le soufre aura peur équivalent le double ou20O.

Lorsque des corps se combioent de plusieurs maflières, par exemple, 1 d'oxygène, et 2, 3, 4, 5 de soufre, on aura donc 100 d'Oxygène et 40e,e00, 800, 1000 de soufre (ou 200 X 2, 3^ 4, 5); et lorsque des corps se déplaceront les uns les autres de leurs combinaisons, ce sera de quantités multiples les unes des autres.

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