‹ ChimieChapitre 5 sur 7 · a fco u^odoo X4O0DCÏ «« OD I fi r · texte numérisé non relu

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Mais ces équivalents, dont nous donnons ici les principaux, ne sont que des nombres relatifs ; car il ne faut pas oublier, en effet, qu'un cube d'un millième de millimètre, visible seulement à un bon microscope, contient plus de 125,000 fois un million de molécules.

Types chimiques. — Dans leurs combinaisons, les corps simples suivent d'ailleurs des lois, toujours les mêmes, qu'il faut connaître; en substituant un corps à un autre, on a toute la série des composés. Ces combinaisons paraissent, en effet, se résumer en quatre types fondamentaux, qui sont: Veau (composé d'hydrogène dont l'atome est double, et d'oxygène), Vacide chlorhydrique (hydrogène et chlore), l'hydrogène (H et H) (dont un des atomes peut être remplacé par celui d'un autre corps)^'*ammoniaqiie (Sd'hydrogènel d'azote).

La condensation et le remplacement de chacun des éléments de ces quatre combinaisons primaires, soit par d'autres corps simples, soit par des composés jouant le rôle de corps simples, donnent tous les corps composés et expliquent leur formation.

Ainsi, en remplaçant dans l'ammoniaque l'azote par le phosphore, l'arsenic, etc., on a des composés du même ordre, de même qu'en substituant à l'oxygène de l'eau, du soufre, etc., on a des composés également analogues à l'eau.

Mais, comme nous l'avons vu, les corps ne se combinent entre eux qu'en quantités pondérables déterminées; 1 d'hydrogène et 8 ou 46 d'oxygène, et jamais 6 ou 7 d'oxygène.

Cependant il arrive que beaucoup d'éléments

peuvent ' fonctionner avec plusieurs équivalents doubles, triples ou moitié. On dit alors qu'ils ont plusieurs centres d'attraction ou plusieurs unités d'affinités, autrement dit qu'ils sont :

Monoatomiques i comme le fluor, chlore, brome, iode, hydrogène, rubidium, césium, potassium, sodium,' lithium, argent, thaïlium;

iatomiques : Oxygène, soufre, sélénium,

tellure, barium, strontium,calcium, plomb,

manganèse, magnésium, fer, zinc, cuivre,

cobalt, mercure ;

Trïatomiques : Bore ;

Tétratomiques {^): Carbone, silicium, zirco-

nium, titane, étain, tantale, nickel ; Pentatomiques (5) : Azote, phosphore, arsenic, antimoine.

Langue chimique, — Que veulent dire ces mots acides sulfureux, sulfurique, hyposulfurique, et pourquoi ces variations de terminaisons? Cela signifie tout simplement la combinaison d'un corps simple, tel que. le soufre, le phosphore, le chlore, avec plus ou moins d'oxygène. Ainsi :

1 soufre 2 oxygène font l'acide sulfureux.

i — 3 — font Tacide sulfurique.

1 chlore 1 oxygène=acide hypochloreux

(sous-chloreux).

— chloreux.

— hypochlorique

(sous-chlorique).

— chlorique.

— perchlorique

(au-dessus).

1 chlore 3 oxygène=acide azoteux.

1 — 4 — -^ hypoazotique

(sous-azotique), 4 — 5 — — azotique.

On voit combien cette langue est défectueuse, les mômes terminaisons servant, selon les corps, à désigner des combinaisons à proportions différentes d'oxygène.

Voilà pour les acides qui rougissent la violette et le tournesol ; mais d'autres combinaisons des mêmes corps avec l'oxygène bleuissent le tournesol rougi par les précédents; ce sont des combinaisoni moins puissantes ; on les appelle des oxydes, et lorsqu'un même corps forme plusieurs oxydes avec diverses quantités d'oxygène, on désigne chaque oxyde en y ajoutant les mots : proto

(un), bi, tri. — Peroxyde, le plus oxygéné. —

Sesquioxide :=-

1 azote 1 d'oxygène. = Protoxyde d'azote.

1 — 2 — Bioxydeoudeutoxyde

d'azote

Un oxyde et un acide unis ensemble forment un sel, et le nom de celui-ci se termine en ate si l'acide qui le formé était en ique; (acide chlorique et potasse = chlorate de chaux), et en ùe si l'acide était en eux : (acide sulfureux et soude = sulfite de soude). Si l'oxyde est proto, bi, sesquioxyde, on l'indique ainsi : sulfate de protoxyde de fer, ou sulfate protoferrique. Bisulfate de potasse indique deux équivalents d'acide sulfurique, etc.

Lorsqu'un corps contient de l'eau, on le dit

hydraté, si TeAu est combinée avec IM et si elle Be Joue pas le rôle diacide ; si elle joue ce rôle, an éMnyôrstte de tel corps, d'oxyde de zinc, par exemple.

Mêmes règles pour les corps ôomposés avec d'autres corps que l'oxygène :

Sulfure de cuivre = soufre et cuivré.

Bisulfure de — 2 de soufre et 1 de

cuivre.

On dote toujours de la terminaison ure le corps qui est électro-négatif, et qui, dans les décompositions, se porte au pôle positif; de plus, on place son nom le premier. Chlorure de sodium indique donc que le chlore est ^ectro-négatif et le sodium étectro-positif.

Les acides formés sans oxygène, avec l'hydrogène comme l'adide ehloriiydrique ou chlorure d'hydrogène sont des hydrticides où l'hydrogène est électro-positif et le chlore est négatif.

Les métaux unis ensemble, aussi en quantités définies, formeotles alliages; s'iis contiennent du mercure, ils forment des amalgames.

Ecri^art, Abréviations, notations chimiques, — Pour abréger, on n'écrit ordinaire* ment que la première ou les deux ou trois premières lettres du nom des corps, et ces lettres représentent et rappellent en même temps les éqidvi^ents des corps : S =r soufre i« ou 200^ 0= oxygène, 100 ou 8, etc.

Les composés se représentent alors par l'union des premières lettres des corps qui les composent

On supprime sEiême l'exposant 2, 3, qui

indique le nombre d'équivalents de Toxygène, et Ton remplace ce chififre par des points en nombre égal pour simplifier les formules :

S ou S 0* = soufre 1 ou 200 et oxygène 2 = ou 100 x 2=200

àouS05= — 1 ou 200 et oxygène 3 = ou 100 X 3=300 '■ Acides y alcalis ^ bases , neutralité, — On appelle acides tous les corps composés qui ont la saveur acide, forte ou faible, qui rougissent la teinture oleue de tournesol et la teinture violette de violette; qui saturent plus ou moins les alcalis et les oxydes à réaction alcaline, et de se porter au pôle positif de la pile dans les décompositions, tels sont le vinaigre, le vitriol (acide sulfurique).

Les oxacides et les hydracides sont des acides dont le radical est considéré comme combiné à l'oxygène ou à l'hydrogène.

Les acides organiques, les acides gras, sont fournis par les matières organiques et grasses.

On dit aussi d'un corps, en employant le mot acide dans un sens purement relatif, qu'il joue le rôle d'acide lorsqu'en se séparant d'un autre auquel il était combiné, 11 se porte au pôle positif; tandis que le corps qui va au pôle négatif est considéré comme une base, quelles que soient les réactions neutres^ alcalines ou acides des composés.

Des acides peuvent se combiner entre eux, et l'un d*eux être alors électro-négatif, et jouer le rôle d'acide, tandis que l'autre sera

électro-positif et jouera le rôle de base ; ces deux acides séparément jouent le rôle d'acide électro-négatif au contact d'un alcali.

Deux alcalis se combinent ensemble, et l'un joue le rôle d'acide à l'égard du second (alumine et potasse), mais au contaét d'un acide, chacun reprend son rôle de base ou électro-positif.

Enfin, des corps neutres, comme l'eau, jouent le rôle d'acide pour beaucoup d'oxy-^ des alcalins, et remplissent le rôle de base au contact des acides sulfuriques, phospho- Tiques, etc.

Le rôle d'acide ne tient donc ni à la substance ni à la manière dont la combinaison s'effectue ; c'est seulement un état contraire à la propriété d'être base.

Les bases sont en général des composés oxygénés des métaux ayant une saveur urineuse, comme la potasse, la soude, l'ammoniaque. ^

- Dissolution. — Lorsque je fais fondre ou dissoudre un gramme de sel marin dans dix grammes d'eau, chaque goutte d'eau a un goût salé qui prouve que mon sel s'est divisé de manière à occuper un espace égal à celui des dix grammes d'eau ; le sel a changé de forme, mais il est facile de le retrouver par Tévaporation de l'eau ; cette dissolution, qui j

est le résultat d'une pression du liquide ou 1

du corps dissolvant sur le corps dissous, a 1

des limites, même entre les corps qui dissol- j

vent le mieux. Il est à remarquer qu'une trop j

grande quantité de sel, par exemple, ne peut |

plus se dissoudre dans l'eau, et que Teau ne j

peut mouiller une masse saline coi^sidérable, c*6slrà-dire s^y dissoudre, s'y diviser et la fondre.

Dut reste, ce sont les corps qui se rèssemblsnt le plus qui se dissolvent le mieux les uns dans les auti*es; par exemple les liuileis dissolvent bien les corps gras; les résioes nées des essences se dissolvent dans les >essences, les métaux foûdus, le mercum, cËissuivent bien les métaux. C'est donc le oe^traire de oe qui se passe ordinairement daass les conbinaifiOQs chimiques, où ce sent les corps doués de propriétés opposées qui se combinent ]e mieux.

Précipités. — Lc»rsqu'un corps solide est dissous dans un liquide comnto du sucre ou du sel dans de Teau, il arrive quelqu^ois qu'il se forme un dépÀt au fond de Peau, soit de sel soit de sucre non fondu ou j^on dissous.

Eii bien, il y a des coâPpe<qul osU la proprii^ vis-à-vis les uns des autres de former des d^ p6ts de oe genre, et qui, par exenple, introduits dans notre verre d'eau sucrée, sépare-^ raient le sucre de Teau avec laquelle il est mélangé, et le forceraient à se déposer complètement sous forme solide au fond du vase; on appelle cette opération précipitation ; le sucre ainsi rassemblé, séparé de Teau et réuni sous forme de poudre so^e , serait précipité par ractâon du corps ou du liquide précjpitant.

Cristallisation par dissoiulîtm, fusion ou subMmation, — Beaucoup de corps ne peu* vent en dissoudre d'autres que lorsqu'ils sont liquéfiés par la chaleur ou la fusion. Ainsi le

cbarbon se dissout dans la f^te en fasion ; mais, par le refroidissement, la fonte abandonne ce charbon sous une forme cristalline, le graphite.

La chaleur qui divise, qui écarte les mo^ lécules l€8 unes des autres, les laisse, lorsque son action cesse, se réunir, s'accoler régulièrement, et former encore des cristaux, absolument comme dans la dissolution aqueuse.

Lorsque cette chaleur a été poussée jusqu*à Yolatiliser les corps, c^est-à-dire à les diviser encore plus, les corps volatilisés lorsqu'ils sont recueillis ou accumulés sur une surface froide, cristallisent aussi en figures non moins régulières ; c'est la cristallisation par sublimaHon, les particules volatilisées et divisées se réunissant et s'accolant suivant des lois invariables, et sous des formes géométriques qui peuvent se réduire à six types principaux.

Dissolution par la chaleur. — Le mouvement calorifique favorise la dissolution, et un corps qui, à la température ordinaire de 15<^ ne se dissoudra que de 1 cinquième, se dissoudra complètement à 90 ou 100<^ ; or, si après avoir chauffé de Teau à 100<> et y avoir fait dissoudre 5 cinquièmes d'un corps, on la refroidit à 15^ où* elle n'en dissout qu'un cinquième, il y aura 4 cinquièmes du corps qui redeviendront libres, qui s'agrégeront ensemble. Or, il arrive que ces corps qui, avant la dissolution n'avaient souvent aucune forme régulière, prendront une forme régulière et cristalline, cristalliseront et donneront des

cristaux d'autant mieux formés que le refroidissement aura été plus lent.

Corps isomorphes. — Deux corps différents peuvent, du reste, cristalliser de la même manière et donner des cristaux semblables ; de plus ils peuvent même se remplacer dans les combinaisons en plus ou moins grande quantité, sans modifier la forme du cristal : par exemple 1 de soufre, combiné avec 1 de plomb, peut être remplacé par 1 de sélénium et 1 de plomb.

On appelle ces substances, qui peuvent ainsi cristalliser de la même manière et se remplacer également, des corps isomorphes.

Corps polymorphes. — Ma'is quelques corps, selon la manière dont ils ont été amenés à cristalliser, peuvent prendre deux ou plusieurs formes cristallines. Ainsi, si Ton fait fondre du soufre, puis qu'on le fasse cristalliser en le laissant refroidir, il prend Taspect de prismes rectangles très-allongés ; tandis que si on le fait dissoudre dans un corps qu'on fait ensuite évaporer, il se forme en octaèdres à base rhombo ou losange. L'influence du corps dissolvant se fait évidemment sentir dans ce cas, car la densité, la fusibilité, la solubilité, la dureté des corps, tout ce qui tient à leur cohésion et à leur mode de résister à la chaleur, change, dans ces variations de forme.

Ainsi, le soufre prismatique donne des cristaux transparents, et élastiques, lorsqu'ils sont récents, tandis qu'ils deviennent opaques, friables à la longue; et chaque particule prend alors la forme du soufre cristal-

lise ,par voie humide, comme si la première forme n'était que transitoire, tandis que la seconde serait plus stable dans les conditions ordinaires.

Tous ces phénomènes montrent bien que les différentes propriétés que nous offrent les soixante-sept corps simples ne sont pas inhérentes à ces corps, mais sont le résultat d'influences diverses, et que, au fond, se trouve une seule et unique matière, incessamment modifiée et acquérant de nouvelles propriétés, selon les forces qui agissent sur elle.

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