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SOUFRE

90. Le soufre se trouve dans la nature, soit à l'état natif, soit à l'état de combinaison. Le soufre natif est tantôt en cristaux transparents de couleur ambrée, tantôt en masses cristallisées, opaques, d'un jaune citron, ou en poussière mélangée de terre. Il existe en grandes quantités dans les terrains volcaniques. Dans certaines régions, le sol en est imprégné jusqu'à une profondeur de 10 à 50 mètres.

Les terrains les plus riches en soufre [solfatares, terres à soufre) sont situés en Sicile, où il existe deux cents usines fournissant par an plus de 250 000 tonnes de soufre brut.

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Extraction. ■ — On extrait le soufre soit par fusion, soit pai- distillation. Le iiremiw procédé, applicable seulement h des terres riches qui renferment jusqu'à 80 [HDur 100 de soufre, consiste h élever des tas de 500 à 600 mètres cubes de minerai qu'on allume en divers endroits. Une partie du soufre sert de combustible; la température produite par cette combustion fait entrer

en fli&ion une autre partie du soufre qui se rcunit i la pai'tie inférieure, coule dans des rigoles disposées sous la meule et se rend dans des chaiobres en maçonnerie.

Ce procédé, qui amène une grande perte de soufre, est employé dans les provinces de Sicile, où le combustible est rai'e.

Le procédé par distillation s'applique aux minerais pauvres, dont la teneur eaa soufre est de '10 à -15 p. 100; la distillation s'opère dans des vases en terre en communication avec des récipients de même forme, dans lesquels le soufre se condense (fig. 18).

Le soufi-e brut, i;ue fournissent ces proctiiiés, t^-q.-

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ferrae 2 à 3 pour 100 de luatières étrangères. Onl( raffine en lui faisant subir une nouvelle distillation, L'appareil (fig. 19) se compose de deux cylindr en fonte A, dans lesquels on fait arriver du souf préalablement fondu dans le vase 0, et d'u

de condensation B, d'une capacité de 80 mèl

environ. Si la distillation marche lentement,

à ne volatiliser que 300 kilogrammes de soufre dans les vingt-quatre heures, les parois et l'air de la chambre ne s'échauffent pas, et la vapeur de soufre, se refroi* dissant brusquement, passe immédiatement de l'éW gazeux à l'état solide; elle se condense alors sous forme d'une poudre flne, constituant la fleur de wiflVU. Mais si la distillation marche rapidement, de tdis.'

sorte que, avec deux cylindres recevant chacun 150 ki- I It^rammes de soufre, on fasse six opérations dans les t'^'ingt-quatre heures, et qu'on volatilise ainsi 1800 kilo- Hrammes de soufre, les parois et l'air de la chambre ne condensation s'échauffent au-dessus du point de EKondu soufre, et celui-ci se condense à l'état liquide. ■On le fait écooier au dehors dans des chaudières, et Hon le reçoit dans des moules en bois cylindro-coni- Dqnes. On obtient ainsi le soufre en canons du com- Imerce,

[ la fleur de soufre est toujours imprégnée d'un peu [d'acide sulfureux, et d'acide sulfurique; pour les em- [■plois médicaux, on doit la laver b. l'eau bouillante jus- I qu'à ce que les eaux de lavage ne soient plus acides. !i !)1, PropHélés du soufre. — Le soufre est solide à la température ordinaire, d'un jaune citron, inodore, sans saveur, mauvais conducteur de la chaleur, non ; conducteur de rélectricité. Frotté avec de la laine, il I prend l'électricité négative.

I La densité du soufre en cristaux natifs est de 2,05. I II tond entre 114 et '120' en un liquide transparent; I mais, chauffé lentement au-dessus de cette tempéra- I' 'nre, il devient tellement épais entre 200 et 250", qu'on . peut renverser, sans qu'd s'écoule, le vase où il est fantenu; à partir de 250", le soufre redevient plus fluide; à440', il entre en ébullition et se réduit en une ^peur jaune orangé. Sa densité de vapeur prise entre 800 et 1000° est de 2,2, ce qui nous donne 64 pour son poids moléculaire. L'analyse de ses différentes combinaisons montre que le poids atomique est de 32, et lue la molécule de soufre renferme deux atomes, Comme celle de l'oxygène. Le poids atomique 32 est Couflnné par la chaleur spécifique, car cette chaleur oiultipliée par 32 donne la chaleur atomique 6,5.

Le soufre se présente sous divers états allotropiques, suivant les conditions de température auxquelles il a été soumis, états qui affectent non seulement sa forme cristalline, mais encore sa solubilité.

Les diverses modifications du soufre forment deux groupes distincts ; les unes sont cristallisées et solubles dans le sulfure de carbone, d'autres sont amorphes et insolubles.

92. Soufres cristallisés. — Le soufre natif est cristallisé en octaèdres aigus, à base rhomboïdale, appartenant au système du prisme orthorhombique. C'est la variété la plus stable et en laquelle toutes les autres variétés finissent par se transformer. Il se présente sous cette forme, par cristallisation, dans le sulfure de carbone; le soufre octaédrique fond à 114°,5; mais si l'on chauffe du soufre à 120% de manière à le fondre, qu'on le laisse refroidir lentement jusqu'à ce qu'il se soit formé une couche solide à la surface, on voit, en perçant cette couche et décantant les portions encore liquides, que l'intérieur de la masse est tapissé de longues aiguilles jaunes transparentes, fusibles à 120**. Ces aiguilles sont des formes secondaires du prisme rhomboïdal oblique; elles appartiennent à un tout autre système cristallin ; le soufre, cristallisant dans deux systèmes différents, est donc dimorphe.

Les prismes obtenus par fusion ne sont pas stables ; et peu à peu, à la température ordinaire, ils se convertissent en octaèdres; inversement, le soufre octaédrique maintenu à 105-110°, c'est-à-dire au-dessous de son point de fusion, se transforme en soufre prismatique; la forme prismatique n'existe donc qu'à une température élevée.

93. Soufres amorphes. — Lorsqu'on décompose le chlorure de soufre par l'eau, on obtient un précipité

jâime, amorphe, insoluble dans le sulfure de carbone, ' mais (jiii, après avoir été fondu, devient du soufre octaédrique.

On obtient une autre variété de soufre amorphe, le soufre mou, quand on chauffe du soufre entre 250 et ÎÎOO" et qu'on le refroidit brusquement en le laissant couler dans l'eau froide. C'est une masse molle, translucide, jaune brunâtre, se laissant étirer en fils élastiques; au bout de (fuelques heures, elle repasse spontanément à l'état de soufre octaédrique; cette transformation est accompagnée d'un dégagement de chaleur.

94. Le soufre peut se combiner à la plupart des corps simples, le charbon, l'oxygène, le phosphore, l'arsenic et la plupart des métaux. Le zinc, le fer, l'argent, l'étain brûlent avec éclat dans la vapeur de soufre. La combinaison du fer et du soufre a même lieu à la température ordinaire lorsqu'on abandonne à lui-même un mélange de soufre et de fer finement divisés et humectés d'eau. Enflammé à l'air, le soufre y brûle en se combinant à l'oxygène et donnant du gaz sulfureux SO'.

95. Usages du xoufre. — Le soufre est la matière première de plusieurs industries chimiques importantes; il .sert à l'obtention de l'acide sulfurique. La febrication de la poudre, des allumettes, le soufrage lie la vigne, la vulcanisation du caoutchouc en consomment de grandes quantités.

En médecine, le soufre est peu usité à l'intérieur. Il est surtout appliqué à l'extérieur, sous forme de pomiTiade, pour détmire l'acarus de la gale et combattre diverses affections cutanées.

96. Hydrogène sulfuré {acide sitlf hydrique) li'S. —L'hydrogène sulfuré ou acide sulfbydritpjese trouve

à l'état libre dans la nature, mais en petite quantité. Il existe dans beaucoup d'eaux minérales, dites hépatiques ou sulfureuses, et se dégage dans les localités où l'on exploite les solfatares. Gomme il se forme dans la putréfaction de diverses matières organiques sulfurées, on en rencontre des traces dans l'air atmosphérique.

On le prépare en décomposant à froid par l'acide chlorhydrique le sulfure de fer FeS obtenu par la fusion du soufre avec le fer :

FeS -f 2HC1 = H«S -f FeCl» Sulfure Acide Acide Chlorure

de fer. chlorhydrique. sulfhydrique. de fer.

On emploie dans les laboratoires un appareil à production intermittente semblable à celui qui sert à la préparation de l'hydrogène (page 10), formé de deux flacons munis de tubulures à leur partie inférieure et reliés par un tube en caoutchouc. Le flacon A contient de l'acide chlorhydrique; le flacon B renferme des fragments de sulfure de fer disposés sur un lit de verre cassé. Ce second flacon est fermé à son ouverture supérieure par un bouchon muni d'un robinet qui sert au dégagement du gaz. Le fonctionnement de cet appareil est le même que celui de l'appareil à production d'hydrogène.

97. Propriétés. — L'hydrogène sulfuré est gazeux, incolore, d'une odeur infecte, d'une saveur désagréable, faiblement acide. Il rougit légèrement le tournesol. Sa densité est 1,19, d'où nous trouvons son poids moléculaire égal à 34. On l'analyse en le chauffant dans une cloche courbe avec de l'étain qui s'empare du soufre. Après la réaction, le volume n*a pas changé; par conséquent, deux volumes (une molécule

pesant 3i) d'hydrogèoe sulfuré renferment volumes (deux atomes) d'hydrogène et un atome ( soufre pesant 32. Sa composition est donc représentée I parla formule H'S.

L'hydrogène sulfuré se condense sous la pression j de dix-sept atmosphères en un liquide incolore, très ] réfringent, qui à 85" au-dessous de zéro se prend en I une masse blanche, cristalline,

Il se dissout dans l'eau : à iO, un volume d'e: absorbe 3 volumes 58 de gaz sulfhydrique. Cette solution s'altère peu à peu en absorbant l'oxygène de l'air qui enlève l'hydrogène du gaz sulfhydrique, tandis ' que du soufre se sépare.

II brûle avec une flamme bleue en donnant du gaz sulfiireux et de la vapeur d'eau. Le chlore, le brome, l'iode, qui ont tant d'affinité pour l'hydrogène, décomposent à froid Je gaz sulfhydrique en mettant le soufre , en liberté ; c'est en raison de cette propriété du chlore 1 qu'on emploie celui-ci pour désinfecter l'air qui renferme de l'hydrogène sulfuré.

C'est un acide faible; le sodium ou l'étain chauffés dans une atmosphère d'hydrogène sulfuré se substituent à l'hydrogène qui se dégage et fournissent des snlfores : il fait aussi la double décomposition avec les bases :

HSS + l'hO = PI,S + H'O HydrOïéne Osyda Siilfata Emi.

■ulfur^. de plomb. da (iloinb.

D précipite un certain nombre de métaux de leurs solutions métalliques, en donnant des sulfures insolubles; aussi est-il employé dans l'analyse pour séparer ies métaux. Il colore en noir un papier imprégné d'acétate de plomb.

98. SuLFHYDROMÉTRiE. — Le procédé d'analyse connu sous ce nom, et dû à Dupasquier, est destiné à faire connaître la quantité d'hydrogène sulfuré libre que renferment les eaux minérales. Il est fondé sur la réaction suivante; l'iode décompose l'hydrogène sulfuré en s'emparant de son hydrogène, et si la solution renferme en même temps de l'empois d'amidon, celui-ci ne se colorera en bleu par l'addition de l'iode qu'après la décomposition totale de l'hydrogène sulfuré, l'iode portant d'abord son action sur ce corps. Par conséquent, si à l'aide d'une burette graduée on ajoute peu à peu une solution titrée d'iode à une eau renfermant de l'acide sulfhydrique et additionnée d'empois d'amidon, on observera la coloration bleue quand on aura versé assez d'iode pour détruire l'acide sulfhydrique. Gomme on sait que la réaction entre l'iode et l'hydrogène sulfuré a lieu suivant l'équation :

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