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j- H2S = 2ffl + s

Iode. Acide Acide Soufre,

sulfhydrique. iodhydrique.

on voit qu'il faut 254 d'iode (une molécule) pour décomposer 34 (une molécule) d'hydrogène sulfuré.

On prépare la liqueur titrée d'iode en dissolvant 12 gr. 7 d'iode pur et 42 gr. 5 d'iodure de potassium dans de l'eau distillée, et étendant la solution de manière qu'elle occupe un litre; chaque centimètre cube de cette liqueur renferme 0 gr. 0127 d'iode. Pour faire le dosage, on place dans un vase à fond plat 250 à 500 gr. de l'eau à essayer, on ajoute une petite quantité d'une solution récemment faite d'amidon, et on verse goutte à goutte la liqueur titrée d'iode, en agitant continuellement, jusqu'à ce que l'eau ait pris une teinte bleue persistante.

Du nombre de centimètres cubes de liqueur titrée qu'on a dû verser pour arriver à la teinte bleue, ou déduit la richesse de l'eau à essayer, sachant que chaque centimètre cube de. la liqueur iodurée renferme 0 gT- 0127 d'iode et décompose 0 gr. 0017 d'acide suliliydi-ique. Il suffît de multiplier parO gr. 0017 le nombre de centimètres cubes employés.

Lorsque l'eau à analyser renferme un carbonate ou un sîbcate alcalin, on doit, avant de doser l'acide suifhydrique, précipiter les sels au moyen du chlorure de baryum. Comme les eaux minérales contenant de l'hydrogène sulfuré se conservent mal, il est essentiel, pour avoir un dosage exact, de le faire à la source même.

99. Action sur réconomie. — L'hydrogène sulfuré est très vénéneux. Môme étendu de beaucoup d'air, il agit avec une grande énergie; suivant Thenard et J Dupuylren. -1/1500 d'hydrogène sulfuré dans l'air suffit * pour tuer un oiseau, 1/800 pour tuer un chien, 1/200 pour taire succomber un cheval. Cependant Parent- Duchâtelet a remarqué que des hommes avaient pu respirer dans un air renfermant 1 à 3 pour 100 d'hydrogène sulfuré.

Ce gaz est absorbé non seulement par les voies respiratoires, mais encore par la peau et les muqueuses; il est très rapidement éliminé pai' l'organisme. Quand i on en iniecte une solution dans le rectum d'un chien, UQ papier imprégné d'acétate de plomb et placé c la gueule de l'animal noircit au bout de soixante-cinq secondes par l'hydrogène sulfuré éliminé pendant l'expiration.

L'acide sulEhydrique agit en faisant subir une altération profonde au sang, qui devient noir chez les animaux empoisonnés. Les phénomènes d'intoxication comprennent des vertiges, de ia perte de sen.ïi\Vi\Vv\.fe,

132 CHIMIE INORGANIQUE ÉLÉMENTAÎRB

de la paralysie; quelquefois les individus tombent comme foudroyés et ne tardent pas à succomber.

Les gaz toxiques des fosses d'aisances sont principalement formés d'hydrogène sulfuré combiné avec l'ammoniaque. (Voy. plus loin, Sels ammoniacaux.)

100. Gaz sulfureux SO*. Préparation, — Le gaz sulfureux se rencontre parmi les émanations gazeuses des volcans; il est le produit de la combustion à l'air du soufre et des sulfures métalliques, et c'est ainsi qu'on le prépare pour le convertir en acide sulfurique (§ 102).

Dans les laboratoires, on se procure le gaz sulfureux en enlevant de l'eau et de l'oxygène à l'acide sulfurique SO*H*. Si l'on veut obtenir du gaz sulfureux pur, on introduit 1 partie de mercure et 6 à 7 parties d'acide sulfurique dans un ballon muni d'un tube de sûreté et d'un tube de dégagement; on chauffe légèrement, et l'on recueille le gaz sur le mercure : dans cette réaction, il se forme de l'eau, du gaz sulfureux et du sulfate mercurique :

2S0*H2 -I- Hg = SO^Hg -f 2H20 + SO»

Acide Mercure. Sulfate Eau. Gaz.

sulfurique. mercurique. sulfureux.

Quand on veut préparer une solution de gaz sulfureux, on peut remplacer le mercure par le charbon; il se forme de l'acide carbonique qui se dégage, et du gaz sulfureux qui reste en solution dans l'eau :

2HÎ0

Acide

Charbon. Acide Gaz

Eau.

sulfuriciue.

carbonique. sulfureux.

M. Raoul Pictet prépare industriellement le gaz sulfureux au moyen d'une réaction indiquée par M. Mel-

sens, n fait tomber un filet d'acide sulfurique sur diï souû-e chauffé à WO" dans une cornue de fonte :

dOI. Propriétés. — Le gaz sulfureux est incolorejl d'une odeur piquante et suffocante. Sa densité ei de 2,234, ce qui nous donne 64 pour le poids de s molécule. On détermine sa composition par synthèse en brûlant un excès de soufre dans un ballon plein d'oxygène et renversé sur le mercure. Apr^s la combustion, ou constate que le volume gazeux n'a pas changé, ce qui prouve que le gaz sulfureux renferme son propre volume d'oxygène. Une molécule ou d volumes de ce gaz, pesant 64. -contient donc deuj volumes ou deux atomes d'oxygène pesant 32, poids de la molécule 64 de gaz sulfureux, retranchoDf 32 pour les deux atomes d'oxygène; il reste 32 dfiËi soufre, c'est-à-dire un atome ou un volume. LacompoT-j sition du gaz sulfureux est donc de deux atomes d'oxy- ' gène et d'im atome de soufre, ce que l'on représente j par la formule SO'.

Le gaz sulfureux se liquéfie lorsqu'on le reçoit dans j un ballon entouré d'un mélange réfrigérant formé del glace et de sel. Liquéfié, il bout à^ — 8"; quand on lofl vaporise rapidement en y dirigeant un courant d'air, il absorbe une teUe quantité de chaleur pour se volatiliser qu'il peut solidifier le mercure.

M. Raoul Pictet a appliqué le froid produit pai' la 'V'Dlatitisation de l'acide sulfureux liquide à la production de la glace. L'acide sulfureux liquide circule dans un J système tubulaire ofi il se volatilise en refroidissant urrl liquide incongelable (l'eau salée) placé dans une cuvef

en tôle où sont immergées les bâches à congélation. Revenu à l'état gazeux, le gaz sulfureux est comprimé par une pompe à double effet, mue au moyen de la vapeur, réduit de nouveau à Tétat liquide et renvoyé au réservoir d'où il était sorti.

Cet appareil permet d'obtenir la glace à un prix de revient très minime.

Le gaz sulfureux se dissout dans l'eau, qui en absorbe à 20° 39,4 volumes, et à 0° près de 80 volumes. Cette solution s'altère au contact de l'air; le gaz absorbe peu à peu l'oxygène de l'air en se transformant en acide sulfurique.

A l'état sec, il ne se combine pas avec l'oxygène, mais les deux gaz dirigés sur de la mousse de platine fortement chauffée s'unissent et donnent de l'anhvdride sulfurique SO''*;

Il s'empare de l'oxygène d'un certain nombre de composés, réduit l'acide iodique à l'état d'iode, transforme l'acide arsénique en acide arsénieux et s'oxyde aux dépens de l'acide azotique ; dans toutes ces réactions, il se convertit en acide sulfurique. La dernière est employée industriellement pour la fabrication de l'acide sulfurique.

Lorsqu'on introduit une solution de gaz sulfureux dans un appareil qui dégage de l'hydrogène au moyen du zinc et de l'acide sulfurique, il y a réduction complète de l'acide sulfureux et production d'hydrogène sulfuré :

S02 + HG = 2H20 + H^S

Gaz Hydrogène. Eau. Hydrogène

sulfureux. sulfuré.

Le gaz sulfureux et sa solution détruisent diverses matières colorantes, soit en s'y combinant pour donner

des composés incolores, soit en leur enlevant de l'o gène. Une rose plongée dans une solution sulfureudî se décolore, mais reprend sa teinte primitive par uij lavage immédiat <i l'eau acidulée d'acide sulfuriquep mais, si le contact de l'acide sulfureux se, prolonge, 1 matière colorante de la rose est entièrement détruiteJ

On se sert du gaz sulfureux pour blanchir les étoffes ■ de laine et de soie, qui seraient attaquées par le chlore J et les hypochorites. On humecte les étoffes d'eau etott, j les suspend dans de grandes chambres où l'on brûle do i soufre; on lave ensuite les étoffes avec une eau alcaline J pour enlever les dernières traces d'acide sulfureux. EnV effet, si les étoffes retenaient un peu d'acide sulfureux,* celui-ci, aous l'influence simultanée de l'eau et de l'a se convertirait en acide sulfurique qui détruirait le \ tissu.

i02. Le gaz sulfureux sec est aussi appelé acide sul- ' fureux, mais c'est là une expression impropre. Nous avons en effet défini les acides des combinaisons de l'hydrogène avec les radicaux ou les éléments électronégatifs, combinaisons dans lesquelles l'hydrogène peut être remplacé par des métaux, ou qui font la double décomposition avec les oxydes métalliques pour former des sels :

SnOH

NaCI

Cblorur

Les corps qui résultent de ces substitutions ou de ces doubles décompositions sont des sels, et comme nous l'avons dit précédemment, étant donné un sel, Qi\

remonte à son acide en remplaçant le métal par de l'hydrogène :

Chlorate

Acide

de potassium.

chlorique.

Le gaz sulfureux, ne renfermant pas d'hydrogène, ne peut être considéré comme un acide ; mais, si à ses solutions on ajoute du sodium ou de la soude, on obtient un sel, le sulfite de sodium SO^Na*. Le véritable acide sulfureux, par conséquent, serait SO'H*; cet acide n'existe qu'en solution ; quand on refroidit à — 6** une solution de gaz sulfureux, on obtient des cristaux SO^H*, 8H*0, fusibles à 4», décomposables à 25o en eau et SO* ; en effet, l'acide SO^H' n'est pas stable et se dédouble facilement en gaz sulfureux SO' et en eau H*0. Quant au gaz SO' qu'on appelle d'ordinaire acide sulfureux, il n'est à proprement parler que l'anhydride du véritable acide sulfureux.

Les anhydrides d'acides sont donc des corps qui, en présence de l'eau, donnent des acides plus ou moins stables, ou se comportent comme des acides.

103. Anhydride sulfurique SO^ — Lorsqu'on dirige un courant d'oxygène et de gaz sulfureux SO' dans un tube de porcelaine renfermant de la mousse de platine et chauffé à 200°, les deux gaz se combinent directement. Le produit de la réaction est une masse blanche à laquelle la densité de vapeur et l'analyse assignent la formule SO'^ et qui, traitée par l'eau, fournit l'acide sulfurique SO*H*; c'est donc l'anhydride sulfurique.

On le prépare d'ordinaire au moyen de l'acide sulfurique de Nordhausen (§ 109), qui est une combinaison d'anhydride sulfurique SO^ et d'acide sulfurique ordinaire SO*H^ Il suffit de chauffer l'acide de Nordhausen

à une température de 80% dans une cornue en communication avec un tube recourbé plongé dans un u réfrigérant (fig. 20). L'aniiydride sulfurique s'y cona; dense à l'élat solide.

C'est une masse cristalline blanche, formée de criataux déliés, soyeux, ressemblant à l'amiante. Sa den- 1 site est de -1,95; il fond à 16" en un liquide oléagineun

qui bout à 46". Projeté dans l'eau, il s'y combine avec i énergie en produisant un sifflement analogue à celui ' que produirait l'immersion d'un fer rouge; dans cette réaction, l'anhydride sulfurique SO' passe à l'état d'acide sulfurique SO*H', Il possède une grande tension de vapeur et fume abondamment h l'air, en se combinant avec l'eau que renferme l'atmosphère.

104. Acide sulfurique SO*H'. — L'acide sulfurique libre n'esiste qu'en petite quantité dans la nature; on a signalé sa présence dans quelques eaux coulant dans des terrains volcaniques, comme la rivière de Ruiz dans la Nouvelle-Grenade, qui en renferme jusqu'à 5 grammes par litre, et dans tes eaux de la Méditerranée, aux environs des Iles volcjmiques de l'Archipel grec, et principalement dans la baie de Santorin.

L'acide sulfurique, connu depuis longteniçs sooî. \e

nom dliuile de vitriol, a été indiqué pour la première fois par Basile Valentin, qui le préparait en distillant le sulfate de fer. Le procédé actuel consiste à oxyder le gaz sulfureux produit par la combustion du soufre ou des sulfures métalliques.

105. Préparation. — Elle est basée sur la série de réactions suivante :

Le soufre et les sulfures métalliques brûlant au contact de Tair donnent du gaz sulfureux SO*.

Le gaz sulfureux est oxydé par l'acide azotique AzO^H, passe à l'état d'acide sulfurique, tandis que l'acide azotique lui-même se convertit en peroxyde d'azote Az*0* (vapeur nitreuse ou acide hypoazotique) :

S02 H- 2Az03H = S0*H2 + AzSQ*

Acide Acide Acide Peroxyde

sulfureux. azotique. sulfurique. d'azote.

Ce sont là lés réactions primordiales; si elles jouaient seules un rôle, il faudrait une quantité considérable d'acide azotique, deux molécules, pour en produire une d'acide sulfurique. Mais les propriétés du peroxyde d'azote entrent en jeu à leur tour. Au contact de Teau, il régénère une partie de l'acide azotique, en même temps qu'il donne un autre composé oxygéné de l'azote, le bioxyde d'azote AzO :

3Az20* H- 2H20 = 4Az03H + 2AzO Peroxyde d'azote. Eau. Acide azotique. Bioxyde d'azote.

Cet acide azotique régénéré agit de nouveau sur le gaz sulfureux. Quant au bioxyde d'azote, il n'est pas perdu, car en présence de l'air il fixe de l'oxygène et donne du peroxyde d'azote :

2AzO + 02 = Az^O*

Bioxyde Oxygi'ne. Peroxyde

d'azote. d'azote.

140 CHIMIE INOR&ÂNIQUE ÉLÉMENTAIRE

et celui-ci par Faction de Feau donnera de nouveau de Tacide azotique et du bioxyde d'azote, qui subissent le même cycle de réactions.

Ainsi l'oxygène qui se fixe sur le gaz sulfureux pour le convertir en acide sulfurique est enlevé à Tair par l'intermédiaire du bioxyde d'azote, celui-ci se transformant en peroxyde d'azote qui, au contact de Feau, donne de Facide azotique.

Pour obtenir l'acide sulfurique, il suffit donc de faire réagir l'acide azotique sur le gaz sulfureux, de fournir au peroxyde d'azote l'eau nécessaire pour le dédoubler en acide azotique et bioxyde d'azote, et enfin de donner à ce dernier Fair qui le convertit en peroxyde. Ce sont ces diverses conditions que l'on réalise dans la production industrielle de l'acide sulfurique.

On se sert de grandes chambres doublées de plomb, d'une capacité totale de 1500 mètres cubes environ, et dans lesquelles la production de l'acide sulfurique est continue. Le gaz sulfureux est obtenu par la combustion du soufre ou de sulfures métalliques, et dirigé dans une chambre où il rencontre de Facide azotique. Les produits de la réaction se rendent dans les autres parties de l'appareil, où l'on injecte en même temps de la vapeur d'eau pour réagir sur le peroxyde d'azote, et de l'air pour transformer le bioxyde d'azote. La figure 21 montre la disposition de ces chambres de plomb.

Avec un appareil de 1500 mètres cubes de capacité, on brûle 1000 kilogrammes de soufre dans les vingtquatre heures, de manière à produire 3000 kilogrammes d'acide sulfurique.

Tel qu'il sort des chambres de plomb, Facide sulfurique n'est pas commercial; il renferme une grande quantité d'eau, dont on le prive par évaporation. On le

chauffe d'abord dans des chaudières plates de plomb jusqu'à ce qu'il marque 59 ou 60' au pèse-acide de Baume; plus concentré, il attaquerait les chaudières de plomb; aussi termine-t-oa la concentration dans des cornues de platine jusqu'à ce que la densité de l'acide soit de 1,84, correspondant à 66' Baume,

On obtient ainsi l'aeide sulfurique ou huile de vitriol du commerce, contenant 95 p. iOO d'acide SO'H' et 5 p. 100 d'eau. S'il est bon pour la plupart des usages industriels, il n'est pas chimiquement pur et renferme du sulfate de plomb, de l'acide azotique, un peu de peroxyde d'azote et souvent de l'acide arsétiique, quand le gaz sulfureux a été produit non par la combustion du soufre, mais par celle de sulfures métalliques contenant de l'arsenic.

On débarrasse l'acide sulfurique de ces substances étrangères en le soumettant à la distillation, rejetant les premières portions distillées qui renferment les composés oxygénés de l'azote; le sulfate de plomb et l'acide arsénique restent dans la cornue.

Comme la distillation de l'acide sulfurique s'accompagne de soubresauts violents, quand on chauffe le fond de la cornue, on doit le distiller en présence de fragments de platine.

106. Propriétés. — L'acide sulfurique purifié par la distillation a une densité de 1,842 à 12", près de deux fois celle de l'eau. Il bout à 325° et se solidifie à — 34°; i! renferme encore une petite quantité d'eau, environ 1,5 p. -100.

En le soumettant plusieurs fois à la congélation et décantant chaque fois les portions liquides, on finit par enlever l'eau mélangée et par obtenir l'acide sulfurique SO'H' rigoureusement pur, solide, cristallisé, fondant à 10-,5 et bouillant à 338' (Marignac). On voit (\\i'\m.e.

petite quantité d'eau suffit pour modifier les propriétés physiques de l'acide sulfurique.

L'acide sulfurique est très hygroscopique; exposé à l'air, il absorbe assez d'eau pour doubler de poids dans l'espace de quelques jours. Aussi est-il employé dans les laboratoires comme agent de dessiccation.

Il est soluble dans l'eau en toutes proportions. Le mélange de l'acide sulfurique avec de l'eau amène un dégagement de chaleur considérable : s'il a lieu dans les proportions de 4 parties d'acide concentré avec une partie d'eau, la température s'élève presque immédiatement à 100^, et l'on observe qu'après le refroidissement le mélange occupe un volume moins considérable que la somme des volumes d'eau et d'acide sulfurique; il y a eu contraction.

Lorsqu'on ajoute à de l'acide sulfurique SO*H* une molécule d'eau H^O, c'est-à-dire 18,3 p. 100 du poids de l'acide, on obtient un hydrate cristallisable en gros prismes à six pans, d'une densité de 1,78 et fondant à 7^5.

L'avidité de l'acide sulfurique pour l'eau est telle qu'il détruit diverses substances organiques, en leur enlevant de l'oxygène et de l'hydrogène dans les rapports nécessaires pour faire de l'eau; aussi noircit-il immédiatement le papier, le bois, le sucre, en leur faisant subir une destruction analogue à la carbonisation.

Lorsqu'on dirige un filet d'acide sulfurique dans une cornue renfermant des fragments de porcelaine et chauiTée au rouge, il se dédouble en eau, oxygène et gaz sulfureux :

SO^Rs =

Acide

Eau.

Oxygène. Acide

sulfurique.

sulfureux.

MM. H, Devîlle et Debray ont appliqué cette décomposition à la production industrielle de l'oxygène.

Un grand nombre de corps avides d'oxygène, cuivre, mercure, cliarLon, chauffés avec l'acide sulfurique, le convertissent en gan sulfureux; le soul're s'oxyde également aux dépens de l'acide sulfurique :

aSO'H» + s = 3S0< + 3H'0

C'est sur cette propriété que sont fondés les divers modes d'obtention du gaz sulfureux.

Divei-s métaux agissent autrement que le mercure et le cuivre; ils déplacent simplement l'hydrogène de l'acide sulfurique et fournissent des sulfates; c'est ainsi qu'agit le zinc. Nous avons vu que cette réaction est appliquée à l'obtention de l'hydrogène,

■107. Usages de l'acide sulfurique. — On consomme d'énormes quantités d'acide sulfurique; il sert en effet à la préparation de l'acide azotique, de l'acide chlorhydrique et, par suite des chlorures décolorants, à la transformation du sel marin en sulfate pour l'obtention de la soude, h la fabrication des superphosphates de chaux, de l'éther, du phtisphore, de l'acide acétique, da sublimé corrosif, etc.

108. Des acides bibastques. — Nous avons re( les acides comme des corps renfermant de l'hydrogène ^ remplaçable par les métaux.

L'acide chlorhydrique HCl, l'acide bromhydrique HBr, l'acide chlorique CIO'H, ne renferment qu'un atome d'hydrogène remplaçable par un métal, et, quand ils font la double décomposition, la réaction a lieu entre une molécule de l'acide et une seule moléeule d'hydrate de sodium :

HCl + NaOlI — NaCI + HîQ.

Ces acides ne forment qu'une série de sels, n'ayant qu'un seul atome d'hydrogène remplaçable.

Il n'en est pas de même de l'acide sulfuriqueSO*H'; tandis qu'un seul atome de sodium se substitue à l'atome d'hydrogène de l'acide chlorhydrique, il peut s'en substituer deux dans l'acide sulfurique.

La substitution partielle donne un sulfate acide de sodium SO*NaH, et la substitution totale donne un sel neutre, le sulfate de sodium SO*Na^.

L'acide sulfurique peut donc former avec le sodium comme avec le potassium, l'argent, deux séries de sels.

Ces mêmes sels se forment par double décomposition. Ainsi avec l'hydrate de sodium nous avons :

S0*H2 + NaOH = SONaH + H20

Acide Hydrate Sulfate acide Eau.

sulfurique. de sodium. de sodium.

S0*H2 + 2NaOH = S0*Na2 + 2H20

Acide Hydrate Sulfate neutre Eau.

sulfurique. de sodium. de sodium.

Tandis que les acides chlorhydrique, bromhydrique, iodhydrique, chlorique, etc., ne font la double décomposition qu'avec une molécule de la base hydrate de sodium^ l'acide sulfurique fait la double décomposition avec deux molécules de cette base. C'est ce fait qu'on indique en disant que les premiers sont des acides monobasiques, tandis que l'acide sulfurique est un acide bibasique.

Le potassium, le sodium, l'argent, sont des métaux dont le poids atomique est bien déterminé, et l'expérience montre que leur atome se substitue à un seul atome d'hydrogène. On les dit métaux monoatomiques.

Il est d'autres métaux dont l'atome ne peut se substituer qu'à deux atomes d'hydrogène : tels sont le zinc,

le baryum, le calcium, etc. Quand ils sont en présenof d'un acide monobasique. comme l'acide chlorhydriqueJ ils se substiluent à deux atomes d'hydrogène de deu3 molécules d'acide, et fixent ainsi deux atomes dfl^ chlore :

Avec les acides bibasiques, comme l'acide sulfuriquaîjl un atome de ces métaux remplace les deux atomes d'hydrogène :

1 dit ces métaux diatomiques, pour rappeler qu'ilaiJ Bplacent deux atomes d'hydrogène. Nous t ps en traitant de la classification des métaux sui^ uails, cpie nous avons dû signaler pour faire t ^dre la dilTérence de constitutiou des sels d'un | EDe acide.

j|(@, ÂCIDB SULFUHIQDE DE NORDHAUSEN. — Appelé^

i acide sutfnrique fumant, acide de Saxe, l'acide^ de Nordhausen est essentiellement formé par un com-"J posé défini S'O'H', mélangé d'un petit excès d'acid( sulfurique ordinaire.

C'est un liquide oléagineux, légèrement coloré en brun, fumant à l'air, se solidifiant à 0". On l'obtient en calcinant du sous-sulfate ferrique ou sulfate basique d'oxyde de fer dans des cornues de grès. Ce sel, parfaitement sec, ne donnerait à la calcination que 1 i'anbydride sulfurique ; mais, comme il renferme tou-i jours un peu d'eau, le produit de la distillation es,\.\iTO&J amuAVX. — eaime isona. ^

combinaison d'anhydride sulfurique et d'acide sulfurique ordinaire, avec un petit excès de ce dernier.

M. Winckler a proposé récemment un mode de préparation de l'acide de Nordhausen au moyen de l'acide sulfurique ordinaire. Ce procédé est fondé sur la décomposition au rouge de l'acide sulfurique ordinaire en eau, gaz sulfureux et l'oxygène en anhydride sulfurique SÔ^ par l'action de la mousse de platine chauffée.

Les produits de la décomposition de l'acide sulfurique par la chaleur, eau, gaz sulfureux et oxygène, sont dirigés dans des serpentins refroidis où la majeure partie de l'eau se condense, puis sur du coke imprégné d acide sulfurique qui retient les dernières traces d'eau. Les deux gaz ainsi desséchés arrivent dans des tubes remplis d'amiante platinée, chauffés au rouge faible, et s'y unissent pour se convertir en anhydride sulfurique S0% que l'on reçoit dans une quantité d'acide sulfurique ordinaire, calculée de manière à avoir à peu près la combinaison S^O^H* avec un très faible excès de SO*H% ce qui constitue l'acide de Nordhausen.

Pour retirer la combinaison définie 8*0*^11* de l'acide de Nordhausen du commerce , on distille et l'on recueille seulement la première moitié du produit. La portion distillée se solidifie en un masse cristalline fusible à 35^ On peut considérer ce corps comme un anhydride de l'acide sulfurique ordinaire, formé par l'union de deux molécules d'acide SO*H* avec élimination d'une molécule d'eau :

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