Acides hydrosulfui^eux et hyposulfureux
Série thionique. — Il existe plusieurs autres (lomposés oxygénés du soufre, constituant des acides peu stables, et qui pour la plupart n'ont pu être obtenus à l'état de liberté, mais dont on a préparé les sels. Ils comprennent :
L'acide hydrosulfureux SO»H'
L'acide hyposulfureux S^O'H'
L'acide hyposulfuriqueou ifilliionlijue. S'O'Il'
L'acide trilhiooique B=0'Hî
L'acide lÉtrnlh ionique S'O'H'
. série des quatre derniers est désignée sous Iw
a de série thionique.
!H3. L'adde hydrositlfureiix SO'H' a été découvert
t M. Schûtzenberger. Il n'a pas été isolé à l'état de
13 solution aqueuse se décomposant rapide-
e sel acide de sodium SO'HNa est cristalliaable ; il ztroduit par l'action du zinc en lames sur le bisulflte
K)dium, il se forme en même temps du sulfite de c et du sulfite de sodium :
î*HNa + Zn
SO'Na^ +
SO'HNa + H"0
■î-'acide hydrosullureux et ses sels sont de puissants Sducteurs, l'acide hydrosulfureux se décomposant en Z sulfureux SO' et en hydrogène H'.
B sel neutre de sodium est employé comme réducrdans la teinture en indigo. (Voy. Sels de sodium.) ttl4. L'acide hyposulfureux S'O'H' n'existe pas à e liberté; lorsqu'on ajoute un acide à un hypojHte, il se dégage du gaz sulfureux SO' et il se dépose ■soufre :
S203Na2 -f- 2HCI = 2NaCl + SO» + S + H«0
Hyposulfite Acide Chlorure Gaz Soufre. Eau,
de sodium. chlorhydrique. de sodium. sulfureux.
(Voy. Sels de sodium.)
115. Acide dithionique {hyposulfurique) S-0®H*. — On l'obtient à l'état de sel de manganèse par Taction d'un courant de gaz sujfureux sur le bioxyde de manganèse finement pulvérisé, en suspension dans l'eau :
Mn02 + 2S02 = S«06Mii
Bioxyde Gaz Dithionate
de manganèse. sulfureux . de manganèse.
La solution de l'acide dithionique peut être concentrée dans le vide jusqu'à la densité de 1,347. Si l'on veut la concentrer plus fortement, l'acide dithionique se décompose en acide sulfurique et gaz sulfureux :
Acide Acide Gaz
dithionique. sulfurique. sulfureux.
Les autres acides thioniques ont été obtenus à l'état de solution étendue, mais ils se décomposent également par la concentration de la liqueur.
Excepté r hyposulfite et l'hydrosulfite de sodium, tous ces acides et leurs sels sont sans emploi.
116. Chlorure, iodure de soufre. — Lorsqu'on fait passer un courant de chlore sec sur un excès de soufre maintenu en fusion, il distille un hquide mobile, jaune rougeàtre, d'une odeur infecte, bouillant à 136°, d'une densité de 1,68 : c'est le chlorure de soufre S'GP. Ce corps en dissolution avec un excès de soufre dans la benzine sert à la vulcanisation du caoutchouc.
Viodure de soufre employé en médecine contre les
SNiUM, TELLURE
iSies cutanées se prépare, d'après ie Codex, en fon-
3 uue cornue de verre quatre parties d'iode et
e soufre. C'est un mélange et non une combinai-
n définie, car l'alcool et l'étlierlui enlèvent de l'iode.
SÉLÉNIUM, TELLl!ltE
. Sélénium. — Le sélénium, représenté par le jDOle ye, est un élément peu répandu; on ne le trouve que dans certaines pyrites de Suède, où il a été découvert par Berzélius. Il est solide, cristallisé en prismes quadranguiairea d'un brun foncé, d'une densité de 4,5 à 4,8, Il peut se présenter comme le soufre sous divers états allotropiques. Son poids atomique est 79.
L'acide sélénliydrique ou hydrogène sélénié, constitué comme l'acide sulfhydrique, renferme H'Se. Le sélénium fournit aussi des combinaisons oxygénées.
118. Tellure. — Le tellure, représenté par le symbole Te, se trouve à l'état natif en Hongrie et en Transylvanie. Il est d'un aspect métallique, brillant, cristallin, d'une couleur pâle. Sa densité est de 6,25. Son poids atomique est 126.
Il forme une combinaison hydrogénée, l'acide tel-
fhydrique H'Te, et des acides oxygénés,
XelaHons des éléments de la famille de l'oxygène.
M.9, Les quatre éléments de la famille de l'oxygène,
i^ëne, soufre, sélénimn, tellure, ont pour propriété
ictéristique, et qui les distingue des éléments de
t&mille du chlore, de se combiner avec deux atomes
[hydrogène pour donner des composés gazeux ou
Ktatils, neutres ou acides. Un volume de ces corps ji j
l'état gazeux s'unit à deux volumes d'hydrogène et fournit deux volumes du composé à l'état de gaz, de sorte que la condensation est d'un tiers ; ce sont H*0, H*S, H*Se, H*Te. On exprime ce fait de la combinaison d'un atome de ces corps avec deux atomes d'hydrogène, en disant qu'ils sont diatomiques ; leurs atomes ont vis-à-vis de l'hydrogène une puissance de combinaison double de celle du chlore, du brome, de l'iode, qui s'unissent à l'hydrogène atome pour atome.
Les poids atomiques de ces quatre éléments offrent des relations intéressantes; ainsi celui de l'oxygène 16 est moitié de celui du soufre 32.
Malgré ces relations, l'oxygène est un peu en dehors des autres éléments ; il est, comme le soufre, le sélénium, le tellure, un élément diatomique, mais c'est surtout entre les trois derniers que les rapports sont étroits.
En effet, le poids atomique du sélénium est à peu près la moyenne entre celui du soufre et du tellure. Entre le poids atomique du soufre 32 et celui du sélénium 79, d'une part, celui du sélénium 80 et du tellure 126, d'autre part, il y a une différence de 47, et cette différence est à peu près la somme des poids atomiques du soufre et de l'oxygène.
Les densités de ces trois éléments à l'état de cristaux présentent des relations analogues. La densité du sélénium 4,6 est la moyenne entre celle du soufre 2,05 et celle du tellure 6,25.
Les trois dérivés hydrogénés, acides sulfhydrique, sélénhydrique et tellurhydrique, sont gazeux, vénéneux, inflammables, peu solubles dans l'eau, produits par des réactions du même ordre et présentant le même ensemble de propriétés.