AIR ATMOSPHÉRIQUE
422. L'atmosphère est un mélange d'azote et d'oxygène libres, en proportions à peu près constantes, contenant en outre des quantités notables de gaz carbonique, de vapeur d'eau, de différents composés gazeux, et tenant en suspension des particules diverses d'origine minérale ou organique.
L'air fut considéré comme un élément jusqu'à la fin du xvii^ siècle. En 1667, un médecin anglais, John Mayow, à la suite d'expériences remarquables interprétées avec une admirable puissance de raisonnement, annonça que l'air n'est pas un corps simple, et qu'il renferme une partie plus active, un principe, V esprit igno-aérien^ auquel sont dues les propriétés de l'air. C'est à la fixation de ce principe sur les métaux que Mayow attribua leur augmentation de poids pendant la calcination; c'est lui qu'il regarda comme l'agent actif de l'air dans l'acte de la respiration.
« Le principe igno-aérien, dit-il, n'est pas tout l'air « lui-même; il n'en constitue qu'une partie, mais la « partie la plus active... Les particules aériennes absor- « bées pendant la respiration sont destinées à changer « le sang veineux en sang artériel. »
AIH ATMOSPHÉRIQUE
Enfin il attribua à ce principe les phénomènes de \tM fermentation du raoùt de vin, de la bière, la transfor-f^ mation du vin en vinaigre.
Remplacez dans le livre de Mayow le nom de prinr cipe igno-aérien par celui d'oxygène, et après deuxj siècles nous n'avons rien à retrancher de ce qu'écri-'T vait cet homme illustre. Mais Mayow,
pt le rôle de l'oxygène, n'eut pas le bonheur de 1 X)ler et de mettre hors de doute ses hardies concep- 1 18. Il n'avait que viogt-neuf ans lorsqu'il les énoa- ;, et il mourait à trente-quatre ans, laissant inachevé I jï édifice qu'un homme de génie comme lui, que | roisier seul réussit à élever.
^est Lavoisier, en elîet, qui, après de nombreuses lerches sur la cause de l'augmentation de poids des lux durant leur calcinalion, parvint à donner d'une bn rigoureuse la démonstration expérimentale de la
Kisition de l'air. Rdîcî la mémorable expérience du grand chimiste 1
L introduisit 120 grammes de mercure dat\a \j.fta 1
cornue dont le col recourbé s'engageait sous une cloche renversée sous le mercure (fig. 22), après avoir pris soin de mesurer exactement le volume d'air contenu dans tout l'appareil, et il chauffa le mercure à une température voisine de l'ébuilition pendant douze jours et douze nuits. Le mercure se recouvrit de pellicules rouges dès le deuxième jour. Voyant après douze jours que la transformation ne faisait plus de progrès, Lavoisier éteignit le feu, et, une fois l'appareil refroidi, il mesura l'air restant, qui avait perdu toutes ses propriétés habituelles et constituait un gaz également impropre à la respiration et à la combustion. Le gaz (azote) n'occupait plus environ que les cinq sixièmes du volume de l'air primitif; l'air dans lequel le mercure avait été calciné avait donc perdu à peu près un sixième de son volume.
D'autre part, Lavoisier recueillit et pesa les grains rouges obtenus par la calcination du mercure ; il les chauffa dans une très petite cornue et recueillit un fluide élastique, rallumant les corps en ignition, éminemment propre à la combustion, dont le volume était environ le sixième de l'air primitivement contenu dans l'appareil où s'était opérée la calcination du mercure.
Cette expérience prouva que l'air est un mélange d'un gaz irrespirable, l'azote, et d'un gaz servant à la respiration, l'oxygène, dans les rapports de 5/6 environ du premier et de 4/6 du second. Ainsi fut mise hors de doute l'existence dans l'air de deux fluides aériformes différents. Mais l'expérience de Lavoisier ne permettait pas, ainsi qu'il le reconnaît lui-même, de déterminer rigoureusement les proportions d'oxygène et d'azote, et ne donnait qu'une approximation. Différents procédés permettent d'analyser l'air plus exacte-
AIR ATUOSPHËRIQUE 131
mâDt, soiL par la mesure des volumes, soit au moyei des pesées.
123. Méthodes volumélrigues. — 1° Par le phosphore à froid. — Dans une éprouvette graduée, renversée sur l'euu (fig. 23), on introduit un volume détenniné d'air, puis un bâton de phosphore ; au bout de quelques heures, le phosphore s'est oxydé lentement en absor-
bant tout l'oxygène de l'air; il ne reste plus que de l'azote, dont on note le volume. Du volume d'air ^mitif, retranchons le volume de l'azote, nous obtenons. levoluine d'oxygène.
ft* Pai- le phosphore à chaud. — On détermine immédiatement l'absorption de l'oxygène par le phosphore en chauffant des fragments de celui-ci dans une petite do^e courbe, oii l'on a introduit sur le mercure un volume il'air connu, et en mesurant après la combustion le volume d'azote existant.
-160 CHIMIE INORGANIQUE ÉLÉUEMTAIRE
3" Par l'acide pyrogallique. — L'acide pyrogallique est une substance blanche, cristallisée, obtenue dans les arts par la distillation sèche de l'extrait de noix de galle, et dont les solutions ont la propriété d'ab&oii>er l'oxygène de l'air en présence de la potasse. Oa introduit dans un tube gradué, rgjiyersé sur le mercure, un volume déterminé d'air, puis A l'aide d'une pipette où
y fait arriver successivement une solution d'acide pyrogallique et de potasse ; au bout de quelques instants, tout l'oxygène de l'air est absorbé.
On se sert aussi pour cette démonstration d'un petit appareil représenté par la figure 24. II se compose d'un tube en U, fermé ù une extrémité; on y verse une solution d'acide pyrogallique, de manière à garder ■un certain volume d'air dans la branche fermée ; on achève de remplir le tube ouvert avec de la potasse,
on touclie l'extrémité ouverteavec le pouce, et l'on retourne l'appareil de manière à mettre l'air en contact avec la solution alcaline d'acide pyrogallique.
Après avoir suffisamment agité, on réunit l'air dans le tube fermé, on débouche la portion ouverte, et l'on établit l'équilibre en enlevant l'excès du liquide au moyen d'une pipette.
On constate alors que le volume de l'air a diminué par suite de l'absorption de l'oxygène.
4° Par Veudiomètre. — Une méthode volumétrique plus exacte est celle de t'eudiomètre.
Dans un tube bien gradué, divisé en millimètres ■ et d'une capacité totale de 160 centimètres cubes environ, plein de mercure et renvei'sé sur la cuve h mercure, on introduit 100 volumes d'air et 100 volumes d'hydrogène. A la partie supérieure du tube sont soudés deux fds de platine qui sont mis en communication avec une
bobine. Par Faction de l'étincelle électrique, l'hydrogène se combine avec Toxygène de Tair pour former de Teau, le volume diminue et le mercure remonte dans le tube. Il reste de l'azote et l'excès d'hydrogène employé; on constate que les 200 volumes primitife sont réduits à 437,24 volumes. Il a donc disparu 62,79 volumes qui ont fourni de l'eau, et, comme l'eau est constituée par deux volumes d'hydrogène pour un volume d'oxygène, les 62,79 volumes de gaz disparus renfermaient 44,86 volumes d'hydrogène et 20,93 volumes d'oxygène, qui existaient dans les 400 volumes d'air.
424. Méthode des pesées, — MM. Dumas et Boussingault ont analysé l'air par la méthode des pesées au moyen de l'appareil ci-dessus (fig. 25).
On remplit de cuivre très divisé un tube de verre B peu fusible, muni à chacune de ses extrémités d'un robinet de cuivre, et l'on pèse ce tube après y avoir fait le vide. A l'une des extrémités de ce tube se trouve un ballon de verre A, d'une capacité de 46 à 20 litres, dont on détermine le poids après y avoir fait le vide. A l'autre extrémité du tube B s'adaptent une série de tubes en U et de tubes à boules de Liebig, G, D, E, F, G, H, I, J, les uns renfermant de la pierre ponce imbibée d'acide sulfurique, et destinés à retenir la vapeur d'eau, les autres contenant de la potasse pour fixer le gaz carbonique. L'appareil étant disposé comme le montre la figure, le vide étant fait dans le ballon A et dans le tube B, on chauffe au rouge le cuivre du tube B, puis on ouvre les robinets du tube et du ballon, de manière à déterminer un courant lent d'air qui vient remplir les espaces vides. L'air passe à travers les tubes, où il se débarrasse des matières étrangères, de l'eau, de l'acide carbonique, puis, arrivant sur le
cuivre chauffé au rouge du tube B, lui abandonne son osygèae, de telle sorte que dans le tube et le ballon il ne reste que de l'azote pur. On pèse le ballon et le tube pleins d'azote: l'augRieutation de poids du tube indique tout à la l'ois le poids de l'oxygène lixé sur le cuivre, plus le poids de l'azote qui y est contenu. En faisant le vide dans le tube, la différence de poids donne la quantité d'azote qu'il renfermait, on ajoute celte quantité à celle qu'on a obtenue par l'augmentalion de poids du ballon. On a donc ainsi l'azote total. La différence de la dernière pesée (du tube vide d'azote, mais dont Je cuivre est oxydé) sur la première pesée (tube ville d'air renfermant de la tournure de cuivre) lâdt connaître la quantité d'oxygène lîxée par le cuivre. On arrive ainsi aux résultats suivants :
Oxygèije n 20,fl3
125. L'air atmosphérique est incolore, inodore, sans saveur appréciable; sa densité est ordinairement prise pour unité h. laquelle on rapporte la densité des gaz. Comparée à celle de l'hydrogène prise pour unité, elle est de 'l-i,4i; comparée Ji celle de l'eau, elle est 770 fois moindre. Un litre d'air sous une pression de 760 millimètres et à la température de 0" pèse 1 gr. 293. Pour cditenir le poids d'un litre d'un gaz quelconque, on multiplie sa densité par 1 gr. 293.
Les propriétés de l'air atmosphérique, comme agent d'oxydation, sont dues à l'oxygène ; c'est par lui qu'il entretient la combustion et la respiraliou. (Voy. p. 20.)
La composition de l'air pris dans différentes localités, à différentes époques, à diverses hauteurs, est iblement la même; aussi a-t-on pu croire que l'air
^st une combinaison définie d'oxygène et d*azote. Il est néanmoins facile de prouver que ces deux gaz sont seulement à Tétat de mélange.
En effet, un mélange d'azote et d'oxygène, fait dans les proportions où se trouvent ces deux gaz dans l'air, aies mêmes propriétés que celui-ci; de plus, en opérant ce mélange, on n'observe rien de ce qui caractérise une combinaison chimique, ni contraction, ni dégagement de chaleur, ni rapports simples dans les proportions des gaz constituants. La densité de l'air est la moyenne des densités d'un mélange de 4/5 d'azote et de 1/5 d'oxygène ; en outre, il se dissout dans l'eau, non comme une combinaison ayant son coefficient de solubilité propre, mais comme un mélange de deux gaz, ayant chacun son coefficient de solubilité. Ainsi l'oxygène est plus soluble dans l'eau que l'azote, et l'air dissous dans l'eau est plus riche en oxygène que l'air atmosphérique; il renferme 64,27 d'azote, 33,76 d'oxygène et 1,77 d'acide carbonique (en volumes).
Enfin l'acide pyrogallique et les autres réactifs s'emparent de l'oxygène mélangé à l'hydrogène ou à l'acide carbonique, comme de l'oxygène de l'air.
Si la composition de l'air ne varie pas malgré les altérations que lui font subir chaque jour les phénomènes de la respiration et de la combustion, cela tient à ce que ces causes agissent peu sur la masse considérable de l'atmosphère, dans laquelle les courants, les vents, ramènent sans cesse l'équihbre de composition. <iuand bien même la respiration des végétaux ne viendrait pas, comme nous le verrons tout à l'heure, purifier l'atmosphère en s'emparant de son acide carbonique et en restituant de l'oxygène, l'air, au bout de cent ans, n'aurait perdu que 1/7200 d'oxygène, quantité que ne pourraient apprécier nos moyens d'analyse.
i26. Acide carbonique de l'air. — L'acide carbonique de l'air lui est fourni : par les volcans en activité qui e dégagent des masses énormes; par la combustion des. matières employées à l'éclairage et lu chauffage (on extrait annuellement du sol une quantité de houille dont la combustion fournit plus de 80 miUiaids de mètres cubes d acide carbumque) par la dccomposition
spontanée des substances organiques, et enfin par la respiration des hommes et des animaux, qui est une source abondante de gaz carbonique. Un homme adulte émet en vingt-quatre heures 445 litres d'acide carbo- ■ nique (Andral et Gavarrel). M. lîoussingault a calculé approximativement qu'il se produit dans vingt-quatre heures, à Paris, 2974644 mètres cubes de gaz carbonique, fournis par la respiration de l'homme, des animaux domestiques et par la combustion de la houille, du gaz, etc.
On constate la présence du gaz carbonique dans l'air eu abandonnant pendant une journée une capsule
remplie d'eau de chaux. La surface du liquide se recouvre d'une pellicule cristalline de carbonate de chaux, d'où Ton peut retirer l'acide carbonique.
Pour doser l'acide carbonique de l'air, M. Boussingault s'est servi d'un appareil qui permet en même temps de doser la vapeur d'eau.
Cet appareil se compose (fig. 26) d'un aspirateur H, rempli d'eau, dont la capacité est déterminée et dans lequel est plongé un thermomètre e pour indiquer la température. Cet aspirateur est en communication avec une série de tubes, dont les uns A, A', remplis de ponce imbibée d'acide sulfurique, sont destinés à retenir la vapeur d'eau et dont les autres B, B', C, contenant de la potasse caustique-, doivçnt fixer Tacide carbonique. On pèse avant l'expérience ces deux séries de tubes, on fait fonctionner l'aspirateur, et, quand celui-ci est presque vide, on pèse de nouveau les deux séries de tubes. Les uns indiquent la quantité d'eau fournie par l'air, les autres doivent leur augmentation de poids à l'acide carbonique; d'autre part, la capacité de l'aspirateur ayant été déterminée, on connaît le volume d'air qui a passé dans les tubes et qui leur a abandonné son eau et son acide carbonique.
De nombreuse analyses de l'air ont fait admettre que la quantité d'acide carbonique varie de 4 à 6 dix-millièmes du volume de l'air.
MM. Mùntz et Aubin ont repris l'étude de cette question et, à l'aide d'une méthode beaucoup plus rigoureuse, sont arrivés à d'autres résultats. Leur méthode consiste à faire passer un volume d'air mesuré, au moyen d'un gazomètre portatif, dans un tube en verre étiré aux deux bouts et contenant de la pierre ponce imprégnée d'une solution de potasse exempte de toute trace de carbonate. Après le passage de l'air, ce
tube est scellé aux deux bouts et peut être conservd indéfîninie-ot jusqu'au moment où l'on veut déterminer h quantité d'acide carbonique qu'il a Fixé.
Celte détermination se fait en dégageant par l'acide sulfurique l'acide carbonique qui avait été absorbé et en recevant ce dernier dans une cloclie graduée oti il est mesuré en volume. On extrait donc et on mesure en nature l'acide carbonique qui était contenu dans le yoliime d'air sur lequel on a opéré. Le dispositif des appareils permet de préparer les tubes longtemps à l'avance, de les emporter en voyage et de les rapporter au bout d'un temps plus ou moins long, après les avoir lait Iraver.ser par l'air du lieu qu'on veut examiner. Les résultais de ces expériences ont conduit aux conclusions suivantes.
1" Les proportions d'acide carbonique contenu dans l'air sont bien inférieures à ce qu'on avait cru jusque-là. et en général comprises entre 2,7 et 3 pour 10 000 ■d'air en volume. Cette proportion ne varie qu'entre des limites très faibles dans des diverses régions du globe.
2" L'acide carbonique est plus abondant la nuit que le jour dans les régions couvertes de végétation.
3° Ce gaz se trouve en mêmes proportions dans les d liautes régions de l'atmosphère qu'au niveau du sol. ■
•4° Il augmente dans les endroits habités. I
5" n est un peu plus abondant dans l'hémisphère ^ boréal que dans l'hémisphère austral, ce qui est attribuable au développement de l'océan Glacial antarctique, les eaux marines plus froides dissolvant de plus grandes quantités de ce gaz.
127, Si l'acide carbonique produit par la respiration des animaux et l'oxydation des conibu-stibles s'accumulait indéfiniment dans l'atmosphère, on pourrait çcé-
voir presque à coup sûr l'époque à laquelle la vie cesserait sur notre globe, par manque d'oxygène. Mais cet acide carbonique est détruit à son tour, dédoublé en ses éléments, en carbone qui est fixé, et en oxygène qui est restitué à Tair; les végétaux sont les agents de cette décomposition. Sous l'influence des rayons solaires, les parties vertes des plantes absorbent l'acide carbonique, le respirent pour ainsi dire, s'assimilent le carbone et renvoient l'oxygène.
Cette admirable fonction des plantes a été démontrée par les travaux successifs de Priestley, Ingenhouz, Senebier et Th. de Saussure. Les plantes réduisent l'acide carbonique seulement sous l'influence de la lumière solaire directe ou diffuse. Dans l'obscurité, pendant la nuit, les plantes respirent à la façon des animaux et expirent de l'acide carbonique. Cette quantité de gaz carbonique est très faible auprès de celle que les végétaux décomposent; il suffit aune plante d'une exposition d'une demi -heure au soleil pour réduire autant d'acide carbonique qu'elle en a émis pendant toute la nuit (Corenwinder).
128. Vapeur d'eau, — La vapeur d'eau contenue dans l'air est indispensable à l'acte de la respiration; quand nous respirons un air trop sec, il se charge dans les voies respiratoires d'une plus grande quantité d'eau et détermine une sensation pénible à l'organisme. C'est pour remédier à cet inconvénient que, dans les appartements fortement chauffés à l'aide de poêles, on place sur ceux-ci une petite soucoupe pleine d'eau, pour que l'évaporation de cette eau fournisse à Tair l'humidité nécessaire.
La quantité d'eau contenue dans l'air est variable et augmente avec la température. L'air est saturé d'humidité, à une température donnée, lorsqu'il ne peut
pîoé en dissoudre à celte température. Si celle-ci viei^ à baisser au-iiessous du point de saturation, une por!< lion de ia vapeur se condense et se dépose en fine»' gouttelettes; c'est ainsi qu'un vase rempli de glace se recouvre rap lement ■» i extérieur d'une couche d'eau provenant de 1 r in bn t qui se trouve refroidi ; de même c'est à l aba ssement de la température de l'air aa-deasous de SOI p t de saturation qu'est due la forloation des brou llards
L'air renferme plus d eau en été qu'en hiver, puisque sa température est plus élevée; néanmoins, l'air nous parait plus humide l'hiver, parce qu'étant à une basetempérature il est plus voisin de son point de satura- J tion. fl
Il est l'acile de constater la présence de l'eau danan l'atmosphère; l'acide sulfurique, si bygroscopiqueJ absorbe à l'air, en quelques jours, une quantité d'eauM telle qu'il double de poids; divers sels, comme l'azotataj elle chlorure de calcium, tombent en déliquescence JH l'air, en s'eniparant de son humidité. fl
Pour doser la vapeur d'eau, un se sert de l'appareilM que nous avons décrit plus haut et à l'aido duquel onJI dose en même temps l'acide carbonique. 1
Il est bien évident que la vapeur d'eau existe eml quantité très variable; suivant DaUon, elle formeraiçj en moyenne environ les 242/10000 du volunie de l'air. J
129. Principes divers contenus dann l'air. — QuaniJ un rayon de soleil pénètre dans un appartement obscunl par une ouverture étroite, on y voit s'agiter en tous I Sens de flnes poussières brillantes. Ces corpusculeï.l solides sont formés par les débris des objets dont nous- 1 sommes environnés, fragments de bois, de tissus, par- fl ticules minérales, ou par des germes de moisis9ure3.-« et d'infusoires, 1
aniHAux. — cinuiE ikohc. K^ I
Outre ces substances solides, il existe dans Tair des principes volatils, organiques, mal connus, mal définis, désignés sous le nom de miasmes, d'émanations, et qui se rencontrent dans les pays marécageux. Leur présence a été démontrée par Moscati. Il abandonnait à quelques pieds du sol, dans les marais de la Toscane, des ballons pleins de glace, à la surface desquels venait se condenser la vapeur d'eau atmosphérique; cette eau s'écoulait ensuite dans des vases, où elle était recueillie, ■et Ton constatait que, limpide d'abord, elle ne tardait pas à se remplir d'une matière floconneuse, qui bientôt entrait en putréfaction.
Ces principes volatils qui sont dissous et retenus par l'eau, dans l'expérience précédente, ne peuvent être •confondus avec les germes organisés, ainsi que le prouve une expérience de M. Boussingault. Il expose à l'air d'une contrée marécageuse deux verres de montre, l'un rempli d'eau chaude, l'autre froid et vide, jusqu'à ce que ce dernier soit couvert de rosée. En ajoutant à chacun quelques gouttes d'acide sulfurique et évaporant, le premier verre de montre ne laisse aucun résidu, tandis que le second renferme de petites quantités de matière charbonneuse, preuve de la présence d'une substance organique. Celle-ci provient donc de principes dissous dans l'atmosphère des marais et entraînés par l'eau condensée, et non des germes organisés, car ceux-ci se déposeraient égalelement dans les deux verres de montre.
Quant aux germes organisés de l'atmosphère, leur existence a été prouvée par les belles expériences de M. Pasteur. Un tampon de coton au travers duquel on filtre de l'air se recouvre de corpuscules globuleux visibles au microscope, et dans de l'eau récemment bouillie, mise en contact avec cet air filtré, il ne se
développe aucun organisme. Mais si l'on vient à ajoutera à cette eau le tampon de coton chargé de ces corpuM cules gloiiuleus, qui paraissent être des spores, apparaît hient-ot des moisissures, des infuaoires, tout u monde d'organismes inférieurs.
La présence des germes dans l'air est de la plw haute importance pour la discussion des phénomène* de la fermentation et des génémtions dites spontanées,^ Les poussières minérales de l'atmosphère jouent ' également un rôle important dans la cristallisation des sels et leur sursaturation, ainsi que l'ont montré M. Gh. Violette et M, Gernez. (Voyez Sets.)
130. Ozoïie. — L'ozone ou oxygène modifié (voy.l page 82) n'existe qu'en très petite quantité dans l'aiïJ en moyenne ■1/450 000 du poids de l'air. Il se produltjj soit par l'électricité atmosphérique, soit par les oxydi lions qui se passent h la surface du globe. On e trouve plus au printenps que dans toute autre s On a cherché à attribuer une grande importance h ItA . présence ou à l'absence de j'onone dans la production'B 3 épidémies, mais nous ne savons rien de précis à " ^ujet.
in a signalé dans l'air la présence d'un peu famoQÎaque, d'azotate et d'azotite d'ammoniaque^, ;s marais produit par la putréfaction. Accideiii^ feraent, on y trouve de l'hydrogène sulfuré, et autoQ) P grandes usines, toute espèce de corps, tels que g forhydrique, vapeurs nitreuses, essences, etc. [dSl- Air CONFINÉ. — Quand l'air est soumis à des is d'altération et qu'il se renouvelle imparfaitement, 1 constitue l'air confiné. Cette viciation de l'air peut p due ù plusieurs causes, soit à la putréfaction des Etières organiques, soit h la respiration animale, soit ''.^l'oxydation des coudjustibles.
On l'observe surtout dans les endroits où un grand nombre d'individus sont réunis et où les appareils d'éclairage comburent une portion de l'air, comme dans les salles de spectacles, les amphithéâtres, les cafés, etc. Au bout de peu de temps, l'oxygène diminue, l'acide carbonique augmente, l'air devient difficiiement respirable, et l'on ressent des phénomènes de chaleur, de pesanteur à la tête, d'ëtouffements pénibles. A l'amphithéâtre de la Sorbonne, M. F. Leblanc a observé que l'air qui, avant une leçon, renfermait ■65 dix-millièmes d'acide carbonique, en renferme, une heure après, 403 dix-millièmes, c'est-à-dire 4 p. 400, et, au lieu de 23 parties d'oxygène, il n'en contenait plus <iue 24,9 parties.
On comprend facilement cette rapide altération de l'air en se rappelant que l'air rendu par la respiration contient en moyenne 4,87 p. 400 d'oxygène en moins que l'air inspiré, et que, d'autre part, il renferme à. peu près 4,26 en plus d'acide carbonique; il est donc complètement irrespirable. L'homme, exhalant environ 20 litres d'acide carbonique par heure, altère dans le même laps de temps 8 à 40 mètres cubes d'air.
Les appareils d'éclairage et de chauffage contribuent puissamment à vicier Tair, car un seul bec de gaz brûlant 458 litres de gaz par heure consomme 234 litres d'air et produit 428 htres d'acide carbonique.
432. La production d'acide carbonique n'est pas la seule cause de viciation de l'air par le fait de la respiration. L'air expiré renferme une quantité de vapeur d'eau évaluée à 500 grammes environ pour les vingtquatre heures ; cette vapeur d'eau est chargée de matières organiques qui entrent facilement en putréfaction et contribuent, avec les substances fournies par la transpiration cutanée, à altérer l'air des espaces clos