AM M ON IL M
311. — Théorie de l'ammonium, — Legaz amiiioniac Bire ou en solution s'unit directement aux acides, et s combinaisons qui en résultent présentent les mêmes SilfactèreB et affectent la même forme que les sels de lÔtassiura. Ils sont comparables à ceux-ci, font comme : la double décomposition, se comportent comme î sels et paraissent résulter de la substitution d'un iétal à l'hydrogène des acides.
I La combinaison formée par l'acide chlorhydrique et t gaz ammoniac (chlorhydrate d'ammoniaque) ren- \ AzH^jHCl; le sulfate d'ammoniaque formé par )tinion d'une molécule d'acide sulfurique et de deux loléeulee de gaz ammoniac est SO'H^ (AzH')". De lelles formules diffèrent complètement des formules des sels de potassium. Mais l'analogie reparaît tout entière si l'on suppose qu'un groupe d'éléments, AzH', joue le rôle d'un métal monoatomique, d.'\\a ■roà'mi.
364 CHIMIE INORGANIQUE ÉLÉMENTAIEE
composé, fonctionnant comme le potassium, et se substituant à Thydrogène des acides pour donner les sels ammoniacaux.
Dans cette hypothèse, le groupe AzH^ étant le métal composé ammonium, les sels ammoniacaux sont représentés par des formules analogues aux formules des sels de potassium avec lesquels ils sont isomorphes :
(AzH*)Cl KCl
Chlorure d'ammonium Chlorure
(chlorhydrate d'ammoniaque). de potassium.
S0*(AzH*)« S0*K*
Sulfate Sulfate
d'ammooium . de potassium .
AzH*I Kl
lodure lodure
d'ammonium. de potassium, elc.
Telle est la théorie de Tammonium due à Ampère et développée par Berzelius. Elle se base sur les faits et les raisonnements suivants :
1° Lorsqu'on électrolyse la potasse ou un sel de potassium en prenant pour électrode négative une capsule de platine pleine de mercure dans laquelle est placée la combinaison à électrolyser, on constate que le potassium mis en liberté s'allie au mercure. En opérant de même avec le chlorhydrate d'ammoniaque, on voit le mercure se gonfler, prendre une consistance butyreuse, et donner un amalgame qui paraît renfermer le métal composé ammonium, métal peu stable, car l'amalgame se détruit rapidement en dégageant du gaz ammoniac AzH' et de l'hydrogène H.
!2 ' Les sels d'ammonium sont de véritables sels présentant tous les caractères de cet ordre de composés,
faisant la double dfeomposition el rentrant fl.ins li.'^ lois de Berthollet.
3^ Ils sont isomorphes avec les sels de potassium.
Dans cette théorie, Thydrate d'ammonium, comparable à l'hydrate de potassium KOH, serait AzH'OH.
Cet hydrate n'est pas stable; il n'existe qu'en solution, et, si l'on veut l'isoler, il se scinde en eau et en gaz ammoniac AzH'. Mais ce peu de stabilité de l'hydrate d'ammonium n'est pas un argument contre la Ihéurie de l'ammonium, car il existe des hydrates très stables, doués de réactions aussi énergiques que celles de la potasse, et qui renferment un métal composé analogue à l'ammonium.
On désigne sous le nom d'ammoniaques composées
corps qui résultent du remplacement partiel ou
rtal de l'hydrogène du gaz arurjioniac par des radicaux
drocarbonés ou radicaux alcooliques ; tels sont l'éthy- 'îamine AzH'(C'H=), la diéthylamine AzII(CîH')', la triéthylamine A2{C'H')^, dans lesquelles l'hydrogène de AzH' est remplacé par -1, 2 ou 3 groupes C'H'', ce
lupe appelé èthyle fonctionnant comme mono-ato-
ique. (Voy. Chimie organique êtêmentaire.)
La triéthylamine A7,{C'H')' chaufTée avec de l'iodure 'étliyle G'H'l s'y combine directement, et le produit réaction, sel blanc, cristallisable, est comparable l'iodhydrate d'ammoniaque ou iodure d'ammonium ;
AzH',1
A/.fC'H')',l
' L'hydrate correspondant à cet iodure faction de l'hydrate d'argent :
Az(c=eE)«,i
Ak
Jll
Hy-1
Wlra-dlhylê.
obtient par A/|C>H«)',0H
. Cet hydrate est analogue à l'hydrate d'ammonium AzH*,OH; mais, tandis que nous ne pouvons isoler celui-ci de sa solution, l'hydrate d'ammonium tétraéthylé est stable; il se présente en masses blanches, incolores, caustiques, saponifiant les graisses, précipitant les oxydes métalliques, ressemblant entièrement à la potasse, avec laquelle on pourrait le confondre, n'était Faction de la chaleur, qui le détruit facilement.
L'existence de cet hydrate et d'un grand nombre d'autres hydrates d'ammonium composés est une des preuves les plus importantes sur lesquelles s'étaye la théorie de l'ammonium.
Cette théorie, rendant compte des relations évidentes des sels ammoniacaux et des sels potassiques, représentant les uns et les autres par des formules analogues, présente l'avantage de simplifier l'enseignement et d'amener dans l'exposé des faits une unité précieuse.
Excepté l'hydrate d'ammonium AzH\OH, l'oxyde (AzH*)*0 correspondant à l'oxyde K*0, tous les sels du potassium et du sodium que nous avons étudiés ont leurs correspondants dans la série de l'ammonium.
312. Sulfures d'ammonium. — On en connaît plusieurs; un seul est employé : c'est le monosulfure (Vammonium (AzH*)'S, appelé ordinairement sulfhydrate d'ammoniaque. On prépare sa solution aqueuse en saturant le gaz sulfhydrique par de l'ammoniaque liquide et ajoutant une quantité d'ammoniaque égale à celle qui a été saturée.- Il se forme d'abord du sulfhydrate d'ammonium AzH*HS, qui par l'addition d'ammoniaque se convertit en sulfure (AzH*)"2S.
Le sulfhydrate d'ammoniaque fait la double décomposition avec un grand nombre de sels métalliques en précipitant des sulfures métalliques insolubles; aussi
bbl solution est-elJe d'un fréquent emploi dans l'analyse poui' reconnaître et séparer les métaux.
Ce sulfure d'ammonium (AzH')'S s'obtient en cristaux incolores, brillants, par l'union directe du gaz sulfhydrique sec et d'un excès de gaa ammoniac. Il est très soliible, volatil, d'une odeur piquante, très vénéneux. Il constitue les émanations dangereuses des fosses d'aisances, que les ouvriers désignent sous le nom de plomb.
313. Chlorurs d'ammonium, (chlorhydrate d'ammoniaque, sel ammoniac) AzH'Cl. — Il se trouve à l'état de masses sublimées dans les fentes des laves volcaniques du Vésuve, de l'Etna et dans les solfatares de Naples. Il se produit aussi par la combinaison directe de l'acide chlorhydrique et du gaz ammoniac, soit à l'état Sec, suit en solution.
Pendant longtemps, tout le chlorhydrate d'ammoniaque consommé dans les arts provenait de l'Egypte, où il était préparé par la sublimation de la suie formée dans la combustion de la fiente de chameau. Aujourd'hui, on se le procure en utilisant les eaux ammoniacales fournies par la putréfaction des urines ou par le lavage du ga/. d'éclairage.
Ces eaux ammoniacales sont mélangées avec un lait de chaux et distillées; le gaz ammoniac est recueilli dans l'acide chlorhydrique. La solution est concentrée, puis décolorée en pailie par une liltration â chaud sur le noir animal; par le refroidissement, elle dépose le sel ammoniac. D'ordinaire, le sel est purifié par sublimation dans de grandes chaudières; il \'ient se condenser sur la partie concave des couvercles de fonte et se réunit on gros pains volumineux concavo-coiivexea, C'est sous cette forme qu'il se trouve dans le commerce ,
rm-
368 CHIMIE INORGANIQUE ÉLÉIfENTÂIRB
Le chlorure d'ammonium cristallise en petits octaèdres, quelquefois en cubes groupés en feuilles de fougère. Il présente une certaine flexibilité qui le rend difficile à pulvériser.
Sa saveur est fortement salée. Il est soluble dans l'eau, qui en dissout environ les deux cinquièmes de son poids à la température ordinaire, et cette dissolution est accompagnée d'un abaissement sensible de température. A l'ébullition, l'eau en dissout son propre poids. Il est peu soluble dans l'alcool faible, insoluble dans l'alcool absolu.
Par l'action de la chaleur, il se volatilise sans fondre. Chauffé avec des oxydes métalliques, comme l'oxyde de cuivre, il donne de l'eau, du gaz ammoniac et un chlorure volatil :
CuO + 2AzH*Cl = CuCl* + H^O + 2AzH3
Oxyde Chlorure Chlorure Eau. Gaz
de cuivre. d'ammonium. cuivrique. ammoniac.
Cette propriété le fait employer pour décaper le cuivre, le fer, le laiton, et débarrasser leur surface des oxydes, dans Tétamage, le zincage ou la soudure de ces métaux. C'est là son principal usage.
Dans les laboratoires, on l'emploie pour l'obtention du gaz ammoniac en le chauffant avec de la chaux vive.
En médecine, le chlorure d'ammonium n'est usité qu'à l'extérieur comme stimulant, en gargarismes dans les angines chroniques, et en collyres dans les inflammations de la sclérotique.
314. Carbonate d'ammonium. — Le carbonate neutre CO^(AzH*)* n'existe qu'en solution. Le carbonate d'ammoniaque des pharmacies est constitué par du sesqui'Carhonate d'ammonium^ combinaison de
ïTbonate neutre et de bicarboDate cristallisant i |roolécules d'eau, CO^AzH'V, 2C0'AzH',H -f- 2H'C
I le prépare en chanffant au rouge naissant, dans be cornue de fonte, un mélange de 1 partie de chlo- ^re d'ammonium et de '■2 parties de craie (carbonate
•de calcium) . Le carbonate d'ammoniaque volatil se rend dans les récipients.
Récemment cristallisé par dissolution dans l'ammoniaque, il est en cristaux transparents qui s'altèrent proraptement ;i l'air en dégageant de l'ammoniaque et se transformant en une masse blanche de bicarbonate d'ammonium CO'AzH',H. Aussi son odeur est très am* moniacale et sa réaction fortement alcaline.
II se produit également du carbonate d'ammoniaqnsj a distillation sèche des matières organiques.
r Le bicarbotiale d'ammonium est le plus stable de^ s carbonates; c'est en lui que se transforment le^ c autres. Le bicarbonate se forme aussi dans l*ï iatréËiction des urines, par la transformation de
F L'urée représente du carbonate neutre d' 2 molécules d'eau :
l'Pendant la putréfaction des urines, l'urée assimilff s deux molécules d'eau et passe à l'état de carbonate butre d'ammonium, qui se dédouble immédiatement p gaz ammoniac et bicarbonate d'ammonium :
(XlAï^H* + 2HS0
■ ' -îV:
Un mélange sec de chlorure d'ammonium et de carbonate de potassium dégage lentement du carbonate d'ammoniaque; c'est ce mélange, appelé sel vol-atil anglais, dont on remplit les flacons de poche.
Appliqué à l'extérieur, le carbonate d'ammoniaque agit comme rubéfiant. A l'intérieur, à la dose de 4 à 40 grammes, dans les 24 heures, il est diaphorétique comme l'ammoniaque. Sous le nom de sel volatil de corne de cerf, on prescrivait autrefois le carbonate d'ammoniaque impur, mélangé de produits empyreumatiques, que l'on obtenait par la distillation sèche de la corne de cerf. On emploie le carbonate d'ammoniaque dans la pâtisserie et dans la fabrication du pain d'épice pour faire lever la pâte.
315. Sulfate d'ammonium SO*(AzH*)*. — Les eaux ammoniacales provenant de la préparation du gaz d'éclairage ou de la putréfaction des urines sont distillées avec de la chaux, et le gaz ammoniac est recueilli dans l'acide sulfurique. La solution concentrée donne du sulfate d'ammonium qu'on purifie par de nouvelles cristallisations.
On peut aussi préparer le sulfate d'ammonium en traitant les eaux ammoniacales (qui renferment du carbonate d'ammoniaque) par le sulfate de chaux :
2(C03 1 ^^^\ + SO*Ca = S0HAzHv;2
Bicarbonate
Sulfale
Sulfale
(rainmonium.
(le calcium.
d'ammonium
+ CO'Cii