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MERCURE

(Hg2)"0 + 2HC1 = (Hg2)/»rC12 + H20 Oxyde Acide Chlorure Eau.

mercureux. chlorhydrique. mercureux.

Autrefois on employait en médecine sous le nom d'eau phagédénique noire une eau tenant en suspension de Toxyde mercureux. On la préparait en agitant du calomel avec de Teau de chaux.

397. Azotate mercureux {kz0^y(Eg^y + H'O. — On fait dissoudre à froid deux parties de mercure dans une partie d'acide azotique. Au bout de vingtquatre heures, le métal en excès est recouvert d'une couche de cristaux prismatiques, transparents, incolores, d'azotate mercureux.

Soumis à Taction de la chaleur, ce sel se décompose en peroxyde d'azote et oxyde mercurique ou oxyde rouge de mercure :

(Az03)2(Hg2)" = Az20^ + 2HgO

Azotate Peroxyde Oxyde

mercureux. d'azote. mercurique.

398. Chlorure mercureux [calomel, calomelaSy souschlorure de mercure^ 'protochlorure de mercure, précipité blanc) Hg^GP. — Le chlorure mercureux se produit sous forme d'un précipité blanc et dense par l'addition d'une solution de chlorure de sodium à une solution d'azotate mercureux.

On le prépare d'ordinaire par voie sèche, en chauffant au bain de sable, dans de grands matras en verre, à fond plat, un mélange de sulfate mercureux * et de chlorure de sodium :

1. On obtient le sulfate mercureux en triturant le sulfate mercurique avec du mercure :

SO*Hg + Hg = S0*Hg2

Sulfate Mercure. Sulfate

mercurique. TaeTCVJit^vKR..

CHIMIE INORGANlQdE ËLÉMEMTAlU

On pulvérise le calomel sublimé, puis on le lave avec soin pour lui enlever de petites quantités de chlorure mercurique, provenant de ce que le sulfate naercureus est mélangé d'un peu de sulfate mercurique. On continue les lavages jusqu'à ce que les eaiix ne donnent plus les réactions des sels mercuriques.

Pour avoir le calomel dans un plus grand état de ilivision, on le soumet à la distillation, en recevant sa vapeur dans de grands récipients froids où elle passe subitement à l'état solide, sans s'agglomérer, et se condense alors en une poudre impalpable. C'est le chlorure mercureus ainsi divisé qui porte le nom de calomel à la vapeur.

Le chlorure mercureux préparé par sublimation est en masses cristallines, compactes, fibreuses, formées de prismes à base carrée, terminés par un pointement octaédrique. Le calomel à la vapeur est une poudre blanche.

Il se sublime sans fondre entre 420 et 450".

Le chlorure mercureux est complètement insoluble dans l'eau. La lumière le jaunit par suite d'une décomposition partielle ; aussi est-il bon de le conserver dans des vases opaques.

li se dédouble en mercure et en chlorure mercurique sous l'influence de l'acide chlorhydrique et des chlorures alcalins; cette transformation est plus rapide en présence des matières organiques. Quand on administre du calomel, on doit éviter de l'associer aux chlorures alcalins. Avec l'acide cyanhydrique ou les cyanures alcalins, il donne du cyanure mercurique.

poison violent: aussi ne faut-il jamais le prescrire dans desloochs otiilse trouverait associé àresaenced'aman-

s amères, qui renferme de l'acide cyanhydrique.

I Arrosé d'ammoniaque, de potasse ou de soude, il se

dore en noir, en se transformant en oxyde mercu-

la I

Le calorael est très usité comme purgatif et comme fuge à la dose de 1 décigramme ù 1 gramme. On le prescrit avec avantage dans la dysenterie des pays chauds, n agit comme altérant, à doses fractionnées de 1 à 5 centigrammes; sous son iniluence, le sang devient plus limpide et" donne un caillot mou. C'est pouniooi on l'a employé contre un grand nombre de phlegmasies,méningite, péritonite puerpérale, etc., etc. A l'extérieur, sous l'orme de pommade ou pulvérulent, il est usité dans le traitement de diverses maladies de la peau et de manifestations d'origine syphilitique.

luvent, pour l'usage externe, on lui préfère le chlo- ■e mercureux obtenu par précipitation et désigné

ms le nom de prikipité blanc.

lodure mercureux Hg'P. — On mélange le mercure et l'iode dans les rapports des poids atomiques, et l'on triture avec un peu d'alcool destiné à modérer la violence de la réaction jusqu'à ce que le mercure ait disparu et que le tout soit converti en une pâle verte. Celle-ci est broyée sur un porphyre et lavée avec de l'alcool bouillant pour enlever une petite quantité d'iodure mercurique formé en même temps.

L'iodure mercureux est une poudre d'un vert jaune, insoluble dans l'eau et dans l'alcool. Traité par une solution d'iodure de potassium, il se dédouble en mercure et en iodure mercurique qui se dissout dans l'iodui-e de potassium. Les chlorures alcalins donnent la même décomposition.

CHIMIE IKOILGAMQUE ELEllENTAJRE ' '

Ce sel se prescrit dans les affections scrofuleuses et syphitititiues, à la dose de 1 à 5 centigrammes par jour environ. Il amène rapidement la salivation mercurielle.

400. Caractères des sels mehgltreux. — Ils sont précipités en noir par l'hydrogène sulfuré et le suifhydrate d'ammoniaque. L'ammoriiaque en sépare de l'oxyde mercureus noir. Avec l'acide chlorhydrique, les sels mercureux solubles donnent un précipité blanc de calomel, qui noircit par l'addition de l'ammoniaque, ce qui le distingue du précipité blanc formé par l'acide chlorhydrique dans les sels d'argent.

Comme les sels mercuriques, les sels mercureux sont précipités par une lame de cuivre; celle-ci se recouvre d'un dépôt hrun de mercure qui devient blanc et brillant par le frottement.

Combinaisons mercuriques.

401. Oxyde mercurique {oxyde rouge de mercure) HgO. — Il se forme par l'oxydation du mercure chauffé à l'air, à une température voisine de son point d'ébuUition ; de là le nom de précipité per se que lui donnaient les anciens chimistes.

On le prépare par la décomposition de l'azotate mercureux soumis à l'action de la chaleur (| 394). Il est pulvérulent, rouge brique, cristallin. Par l'addition d'une solution de potasse à une solution de chlorure mercurique, il se précipite de l'oxyde nnercurique également anhydre, mais d'une couleur jaune.

Quelle que soit son origine, il est décomposé ù 400 , en oxygène et en mercure. C'est cette propriété de l'oxyde de mercure, de prendre naissance à 350' par l'oxydation du mercure et de se détruire à 400>, que

Lavoisier a mise k profit pour l'analyse de l'air otmo-B sphéri(jue. Ê

L'oxyde raei'curique est employé comme eschai'o-J tique et stimulant, pour amener la cicatrisation desw ulcères syphilitiques et combattre les ophthalmies chro'fl niques entretenues par l'ulcération du bord libre dea-l paupières. Il est la base d'un grand nombre de pom-« mades antiophthalmiques, pommades de Lyon, defl Desault, de Régent, etc. ■

402. Sulfure mercurique HgS. — Le sulfure mer-^ curique ou cinabre est le principal minerai de merJ cure. Il est en masses compactes, d'un rouge brun,l donnant une poudre écarlate. On le produit par voie^ sèche en soumettant à la sublimation un mélange dal soufre et de mercure. Il se volatilise sans fondretj Chauffé au contact de l'air, il se détruitavec production.^ de mercure et de gaz sulfureux. I

L'acide azotique est sans action sur le sulfure merrj curique, même à l'ébuUition. ■

En triturant du soufre avec du mercure, on obtientS un sulfure noir, appelé autrefois letbiops minéral, etj qui se forme aussi par l'action de l'hydrogène sulfurâ-J et des sulfures alcalins sur les sels mercuriques. Cal sulfure noirse transforme en cinabre par la sublimation. ■

Si on le fait digérer avec un sulfure alcalin, il prend une belle couleur rouge et constitue alors le verrnillo», qu'on prépare de la manière suivante : on broie lOtl parties de mercure avec ;ï8 parties de soufre pendant quelques heures, on ajoute 25 parties de potasse et 150 parties d'eau, en triturant d'abord d'une luanière continue, puis de temps en temps à une lempèraturfiJ de 45". Après huit heures, le produit commence îM ^^ugir, el, quand il a atteint une belle nuance écarlate^fl ^Mle décante et on le lave. M

446 CBIMIE INOHGANIQOB ÉLÉMENTAIRE "

Le cinabre artificiel bien pulvérisé et le vermillon sont employés dans la peinture à l'huile.

403. Azotata morourique. — On connaît le sel Pleutre {AzO^)'Hg 4" 8H'0 cristallisé en grandes lames rhomboïdales, et un azotate basique (AzO^)'Hg,HgO 4- 2H'0. On n'emploie que le sel neutre en solution dans un excès d'acide azotique .sous le nom d'azotate ou nitrate acide de mercure. Cette solution, dont on se sert pour cautériser les dartres rongeantes et les ulcères cancéreux de la peau, est obtenue par la dissolution à chaud de 100 parties de mercure dans 200 parties d'acide azotique et l'évaporation de la liqueur aux trois quarts.

La solution de mercure dans l'acide azotique est employée dans la fabrication des chapeaux de feutre. On imprègne de cette solution les peaux de lapin pour donner aux poils la propriété de se feutrer. Cette opération, appelée secrétage, est très dangereuse pour les ouvriers qui présentent promptement les symptômes de l'intoxication mercurielie.

404. Sulfate mercurique SO'Hg. — C'est une masse blanche, cristalline, qui se produit par l'action à chaud de 1 partie 1/2 d'acide sulfurique sur i partie de mercure, et qui sert à préparer le chlorure mercurique. Trituré avec du mercure, le sulfate mercurique se transforme en sulfate mercureux destiné à l'obtention du calomel.

405. Chlorure mercurique (bichlorare de mercure; sublimé corrosif) ' HgCl*. — II se prépare par double

lelqiics chimistes, appelant le calomel ?oiis-clilorure de rc, donnent au sublimé corrosir le nom de pruloctilorure, réservé ordinairement au calomel. Ces différences de nomenclature pouvant amener des erreurs, il vaut mieux désigner les

[écomposition entre le suJfate mercurique et le chloire de sodium :

SO'Hg + 2NaCl

So'Na" + HgClî

On mélange intimement les deux sels, et on les Introduit dans des matras de verre h fond plat qui sont jiauffês au bain de sable et à la partie supérieure els se condense le sublimé. Comme le sulfete inercurique peut renfermer du sulfate mercureux, on iditionne d'un dixième de peroxyde de manganèse, [Ui, oxydant le sel mercureux, le fait passer à l'état de Ml mercurique et d'oxyde rouge de mercure :

SO*Hgî

SO'Hg -j- HgO

On fabrique aussi le chlorure mercurique en dïS

feant un courant de chlore sur du mercure chauffé ; t^

j^rocédé est suivi en Angleterre.

Le chlorure mercurique sublimé esl

compactes, translucides, cristallines, friable^ "^ formées d'octaèdres à base rectangulaire. Par cristallî^ sation dans l'eau, il est en prismes rhomboïdaux droits, anhydres comme Je sel sublimé.

400 parties d'eau en dissolvent 6 parties 57 à 10«, 7 parties 39 à 20', et 53 parties m à iOOo. On voit que la Holubilité augmente beaucoup avec la température. Il 38t soluble dans l'éther et dans l'alcool; ce dernier en ^issout 40 pour 100 de son poids h froid.

,-iiltrflL

u par les non

Sa saveur est Scre et styptique : il est très vénéneux : à la dose de 10 à 20 centigrammes, c'est un poison des plus violents. Sa solution est précipitée en blanc par l'albumine, qui forme avec lui un coagulura insoluble. L'albumine est le contrepoison le plus certain du sublimé corrosif. Le précipité qu'elle fournit se dissout dans un grand excès d'albumine et dans les solutions des chlorures alcalins. Aussi, dans les cas d'empoisonnement, faut-il donner l'aibumine !i doses répétées et provoquer le vomissement après chaque ingestion.

On administre quelquefois le sublimé corrosif à rintérieur, après l'avoir associé h des matières alburainoides, kit, blanc d'œuf, gluten, farine, de manière h avoir une combinaison insoluble, mais se dissolvant lentement b. la faveur des chlorures du suc gastrique.

On prescrit le sublimé corrosif, k la dose de i centigramme, pour combattre les maladies vénériennes. La liqueur de Van Su'ieten est une solution au millième de sublimé dans un mélange d'eau et d'alcool. Le sublimé entre également dans la composition des pilules antisyphilitiques dites de Dupuytren. Il est le principe actif de diverses liqueurs destinées à détruire les taches de rousseur, à combattre les démangeaisons cutanées, les dartres, etc. ; tels sont les cosmétiques appelés lotion de Gowland, lotion de Henry, lait antéphélique.

C est un puissant agent antiseptique; il est employé pour conserver les pièces anatomiques.

Il donne, avec les chlorures alcalins, des sels doubles, solubles dans l'eau. Le chlorure d'ammonium et de mercure (sei alembrotk), étant plus soluble que le sublimé, est préféré pour les bains mercuriels. Au lieu de préparer ce chlorure double à l'avance, on se con-

tente de dissoudre dans 500 grammes d'eau le sublimé et le sel ammoniac et d'ajouter cette solution au bain.

406. lodure mercurîque Hgl'. — Par le mélange d'une molécule de chlorure mercurîque et de deux molécules d'iodure de potassium, il se précipite de l'iodure mercurîque sous l'aspect d'une poudre cristalline d'un rouge magnifique.

Ce sel se dissout à chaud dans une solution de chlorure de Kodium et s'en sépare, par le refroidissement, sous la l'orme d'octaèdres aigus h base rhombe.

Il fond par la chalem', puis se volatilise en cristaux jaunes. Il suffit de comprimer les cristaux jaunes pour qu'ils redeviennent rouges.

L'eau en dissout j!,| à froid; il est soluble à chaud dans l'alcool, peu soluble dans l'éther. Il forme, avec les iodures alcalins, des iodures doubles, solubles dans l'eau.

Il sert, dans les arts, pour la peinture à l'aquarelle et à l'huile. Incorporé à l'huile d'olive et à l'axonge, il est usité comme caustique contre le lupus; l'application de ce caustique est très douloureuse.

407. Caractères DES sels mehcubiques. — Ils sont précipités par l'hydrogène sulfuré et le suli'hydrate d'ammoniaque et donnent du sulfure mercurîque noir, que l'acide azotique, même bouillant, ne dissout pas,

La potasse y forme un précipité jaune d'oxyde mercurique insoluble dans un excès de réactif. L'iodure de potassium en sépare de l'iodure mercurîque rouge- Dans les solutions acidulées des sels mercuriques, le cuivTo se recouvre d'une couche de mercure qui blanchit et devient brillante par le frottement. 408. Action du mercure sur l'organisme. — Les J Çmposés mefcuriauK sont to-tiques ; l'empoisonne- J

JSO CHIMIE INO&C&KIQL'E ËLÉHBXTJ

ment affecte la forme suraiguë, la forme aiguë ou la forme lente Tardieu),

Dans la forme suraiguê, on observe des vomissements et des évacuations biliaires répétés, de violentes douleui^ avec tension du ventre ; le malade accuse une saveur métallique et une sensation de brûlure dans la gorge et l'œsophage, s'étendaDt jusqu'au creux épigastrique; les urines sont rares, l'haleine fétide, le pouls petit, la peau froide, la salivation abondante. Les lèvres et les joues sont gonflées, d'un rouge luisant; l'abattement est extrême, et la mort arrive habitueUemenI «lans les vingt-quatre heures.

Dans la (orme aigué, les accidents sont les mêmes, mais moins violents ; il y a souvent une réaction temporaire, et la mort n'arrive qu'après 8, 12 ou 10 jours. Dans les empoisonnements par les mercuriaux, les cas de guérison sont fréquents, lorsqu'on a pu administrer l'eau albumineuse peu de temps après l'ingestion du poison, qui est presque toujours du sublimé corrosif.

A l'autopsie, on trouve la membrane muqueuse de la bouche gonflée, ramollie, revêtue d'un enduit pultacé très épais; l'estomac est couvert de petites ecchymoses, le sang est noir et fluide, les reins présentent la dégénérescence graisseuse.

La forme lente de l'empoisonnement s'observe chez les individus qui sont soumis à l'absorption répétée de très petites doses de mercure ou de préparations mercurielles: tels sont les doreurs, les étameurs de glaces, les fabricants de baromètres et de thermomètres, les ouvriers chapeliers qui fabriquent les chapeaux de feutre et détachent les poils à l'aide lie brosses trempées dans l'azotate acide de mercure.

Cet empoisonnement se révèle par de nombreux symptômes. Au début, les gencives se gonflent, devien-

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