CHAPITRE XIX
Fer : exlracUon, propriétés. — Fonle et acier. — Corabiaai soas ferreuses : sulfure, chlorure, lodure, sulfale, cnrltonale terreux. — Caraclèrea ilea sels terreux. — Combinaisons ferriqucs ; oxyde terrique, oxyde terroHo-ferrique. — Acide ferrique. — Sulfures, chlorure fcrrique. ~ CaraetÈres lies aela ferriques.
409. — Le fer est très répanda dans la nature, combiné soit au soufre, soit à l'oxygène. Les sulfures, ne fournissant que du métal de qualité inférieure, ne sont guère employés. Les principaux minerais oxydés sont: l'oxyde ferroso- ferrique, oxyde de fer magnétique ou pierre d'aimant naturelle, l'oxyde ferrique anhydre, dont les variétés comprennent le fer oligiste et l'hématite rouge, l'oxyde ferrique hydraté, dont il existe diverses variétés, fer oolilhique, hématite brune, litnonite, etc. , et enfin le fer spathique ou carbonate ferreux, minerai important , car il se trouve ordinairement à cùté des gisements de houille nécessaires à l'industrie du fer.
Ces minerais sont mêlés de parties étrangères, d'une gangue formée de silice, d'argile ou de silicate calcaire.
La méthode d'extraction du fer dite des hauts fourneaux, par laquelle on produit la presque totalité du
Ifer, consiste ù rédoii-e par le charbon les minerais Traxydés; le métal mis en liberté pasae à l'état de fonte, e fer et de charbon, tandis que les ma-
ièrea étrangères se con\ ertiiasent en une scorie plus i (bsible, dans dea opérations ultérieures, on affine la jbnte, c est à-dire qu on la transturme en fer 1, Un haut fourneau (fig J9) est essentiellement formé
p deux troncs île cùne accolés par leur base, et d'une
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hauteur totale de 10 à 20 mètres : par roùverture supérieure {gueulard) j on introduit le mélange de minerai et de coke. La base commune des deux cônes, la partie la plus large marquée B dans la figure, porte le nom de ventre. Au cône supérieur on donne le nom de cuve^ et au cône inférieur, entre B et G, le nom di^étalageH. Au-dessous des étalages se trouve un espace prismatique CD, appelé Vouvrage, puis vient le creuset, formé par le prolongement des parois de l'ouvrage. Une des . parois de l'ouvrage est ouverte entremet o; c'est par cette ouverture, appelée la dame, que s'écoulent les scories fondues. Entre le creuset et l'ouvrage, à la hauteur de la dame, se trouvent en D trois tuyères qui amènent le vent de puissantes machines soufflantes.
Le but que Ton se propose est de réduire l'oxyde de fer en fonte qui, se liquéfiant, descendra dans le creuset, et de convertir la gangue en une scorie très fusible, se séparant de la fonte par différence de densité, et s'écoulant par la dame au fur et à mesure de sa formation. Pour avoir une scorie fusible, si la gangue est argileuse, on ajoute au minerai une certaine quantité de carbonate de chaux {castine) ; si au contraire elle est trop riche en calcaire, on l'additionne d'argile {erhiie); dans les deux cas, on cherche à produire avec la gangue un silicate d'aluminium et de calcium facilement fusible.
Pour réduire le minerai, le haut fourneau étant allumé, on introduit par le gueulard des couches alternatives de minerai et de coke ; au l)out de dix à douze heures, le creuset se remplit de fonte, et la scorie liquide déborde à la partie supérieure et sort par la dame. On enlève alors un tampon d'argile placé à la partie inférieure du creuset, et on laisse la fonte s'écouler dans des rigoles où elle se solidifie. La mar-
che de l'appareil est continue, et, au fur et à mesure que les matières introduites par le gueulard descendent dans le haut fourneau par suite de la combustion du coke et de la réduction du minerai, on charge de nouveau du minerai et du coke. On n'interrompt la marche d'un haut fourneau que pour le réparer.
Quelles réactions se sont opérées dans cette transfonaatioii du minerai en fonte ? D'un cùté, l'air envoyé par les tuyères convertit le charbon en acide carbonique qui, dans la partie supérieure de l'ouvrage et dans les étalages, se trouvant en présence d"un excès de charbon incandescent, passe à l'état d'oxyde de carbone. Celui-ci, à son tour, dans le ventre et jusque dans la cuve, rencontre du minerai oxydé qu'il réduit à cette haute température, et cette réduction conthiue dans la partie inférieure de la cuve. L'oxyde de carbone se convertit en acide carbonique aux dépens de l'oxygène des minerais; il est un des principaux agents de la réduction. Telle est la marche ascendante de l'air envoyé dans le haut fourneau.
D'un autre côté, le minerai se dessèche dans la parlie supérieure, descend dans la cuve, oii il commence il se réduire, et dans le ventre, où la réduction s'achève. Dans les étalages, le fer se carbure et passe à l'état de fonte. En même temps, la gangue se convertit en scorie fusible; fonte et scorie descendent ensemble dans l'ouvrage, oii la température est le plus élevée ; ils y entrent en pleine fusion, se séparent en raison de^ leur différence de densité, la fonte se réunissant dant le creuset, la scorie s'écoulant par la dame.
La conversion de la fonte en fer porte le nom d'affi-
tge. Elle comprend deux opérations. Dans la première, le la fonte en fusion dans un fourneau rectanpHlaire, on la recouvre de coke incandescent, et on
injecte à sa surface un violent courant d'air qui lait passer le silicium de la fonte à l'état de silicate de fer, fondant en une scorie légère qui recouvre le métal fondu ; en même temps, la fonte perd une partie de son carbone, qui s'oxyde à l'étal d'acide carbonique. Après cette première purification, la fonte porte le nom de fine-métal. L'affinage se termine par lepuddlage. On chauffe le fine-métal dans un four à voûte surbaissée avec des oxydes de fer et des scories riches en silicates; sur ce mélange, on dirige la flamme de la houille. A cette haute température, le carlione de la fonte est brûlé par l'oxygène des minerais et des silicates de fer, et le métal devient demi-solide, le fer étant moins fusible que la fonte. L'ouvrier rassemble le métal demisolide en grosses boules {loupes) de 25 ù 30ki!ogrammes et les porte sous un puissant marteau-pilon qui expulse la scorie et réunit le métal. C'est alors du fer commercial, renfermant de petites quantités de matières étranfîères, silicium et carbone.
On peut se procurer du fer cristallisé pur en chauffant au rouge le chlorure ferreux dans un courant d'hydrogène ; il est alors en cristaux cubiques (Péligot). 410. Le fer est gris bleuâtre, doué de l'éclat métallique. Il est ductile et malléable; on donne le nom de tôle au fer réduit en feuilles par le laminoir. Il est le plus tenace de tous les métaux, car un fd de 2 millimètres de diamètre ne se rompt que sous un poids de 249 kilogrammes. Sa cassure est grenue. La densité du fer forgé varie entre 7,4 et 7,9; la densité du fer fondu est de 7,25.
Il ne fond qu'au rouge blanc, c'est-à-dire vers 1600". Il se ramollit avant de fondre et possède la propriété de se souder à lui-même quand il est martelé à chaud et de fournir un tout homogène. Le fer et le platine
sonl les seuls métaux usuels qui possèdent cette propriété précieuse de se souder directement, pi II est attirable à l'aimant et s'aimante lui-même ■ntnis l'influence de celui-ci ou d'un courant électrique. Hi Inaltérable à l'air sec, Ji la température ordinaire, il ■^■ifl'oxyde au rouge en se convertissant en un oxyde Fe'O', constituant les battitures qui se séparent du fer pendant qu'on le forge. Légèrement chauffé et porté en lames minces dans de l'o.ïygène sec, il brûle avec un vif éclat.
Le fer réduit employé en médecine est du fer divisé. préparé par la réduction de l'oxyde de fer dans un courant d'hydrogène, à la température du rouge sombre. A l'air humide, le fer se convertit en oxyde de fer hydraté ou rouille. Dès (jue l'oxydation est commencée, elle marche rapidement ; le métal et la rouille forment un couple voltaique, qui décompose l'eau, l'oxygène se portant sur le fer plus électro-positif. Il se produit en même temps une petite quantité d'ammoniaque, provenant de l'union de l'hydrogène de l'eau et de l'azote atmosphérique.
On préserve de la rouille les objets de fer en les recouvrant d'une couche de peinture, ou les protégeant à l'aide du zinc ou de l'étain. Le fer Manc est du fer étamé.
Le fer se combine directement à un grand nombre de métalloïdes, chlore, brome, iode, soufre. Dans les acides aulfurique et chlorhydrique, étendus d'eau, il se dissout en dégageant de l'hydrogène. Avec l'acida azotique fumant, il présente le phénomène de la passivité (g 15S).Dans l'acide azotique étendu, it se dissout sans dégagement de gaz; l'hydrogène formé réduit une portion de l'acide azotique et produit de l'azotate
458 CHIMIE INORGANIQUE ÉLÉMEKTAIRE
MI, Foute acier — La fonte est une combinaison de fer 1 h b t 1 ilicium, plus fusible qne
le 1er, 1 t 1 5 pour 100 de carbone. La
fonte e t bl h g ivant que le refroidisse-
ment té b 1 ! t On peut transformer la
fonte g 1 t bl n h en l'amenant en pleine
fusion 1 1 tt t à refroidissement brusque.
Invers t 1 f t bl le soumise à la fusion et
refroid I t m d t de la fonte grise. Dans le refroid m nt 1 t n p rtie du charbon de la fonte se sépa p 11 tt n de graphite qui donnent
au mét.1 t nt gr uniforme. Dans la fonte
blanche, le charbon reste disséminé dans la masse et parait être entièrement combiné au fer.
La fonte grise est plus facile h limer, à couper ou ;■! forer; la fonte blanche est plus dure, mais plus cassante.
En outre, la présence de métaux étrangers, chrome, manganèse, nickel, influe sur la quahté des fontes.
L'acier est un fer carburé renfermant de 0,7 à 1,5 pour 100 de charbon. Il devient dur et cassant par un refroidissement brusque opéré sur l'acier chauffé au rouge cerise : c'est ce qu'on appelle la trempe. En le recuisant avec précaution, on le détrempe partiellement; sa dureté diminue, et son élasticité augmente. Le recuit a lieu a des températures variables, suivant Tusage auquel l'acier est.desliné. L'acier est d'autant moins dur et d'autant plus élastique qu'il est recuit à de plus hautes températures.
L'acier le plus élastique, dont on fabrique des ressorts de montre, est chauffé à 235". La température du recuit est indiquée par la couleur que prend l'acier pendant qu'on le chauffe. A 200", il est jaune paille; à 293°, bleu indigo.
^On obtient l'acier soit par une clécarburatiOD par- ^i^le de la fonte, opérée en la maintenant pendant quelques heures à l'état liquide sous une couche de scories riches en oxydes de fer, soit en chauffant des barres de fer avec du charbon (il porte alors le nom d'acier de cémentation). Comme la partie extérieure des barres est plus carbonée que rintérieur, on réunit les barres, on les porte au rouge, et on les forge de manière à donner de l'homogénéité à la masse. C'est Vacier corroyé.
L'acier Bessemer provient de la décarburation partielle de la fonte, maintenue en pleine fusion, et qu'on fait traverser par un violent courant d'air, sous l'iniluence duquel le carbone de la fonte s'oxyde.
412. Le ter métallique est employé en médecine; comme toutes les préparations ferrugineuses, il est prescrit dans la chloro -anémie. On se servait autrefois de la limaille de fer porphyrisée ; on lui préfère aujourd'hui le fer réduit par l'hydrogène.
-413. Formules générales des dérivés du fer. — Le poids atomique du fer déterminé par sa chaleur spécifique et l'examen d'un grand nombre de ses combinaisons est de 56; on représente l'atome par le symbole Fe. Cet atome est diatomique ; les sels qu'il fournit résultent de la substitution d'un atome de fer à deux atomes d'hydrogène des acides : ils sont isomorphes avec les sels de zinc et de magnésium. Par ces caractères, le fer se rapproche donc de ces deux métaux, mais il s'en éloigne complètement, ainsi que tous les métaux précédemment étudiés, par une autre série de combinaisons dont jusqu'à présent nous n'avons f vu les analogues.
X atomes de fer se soudent et donnent un gro it Fe' qui a la propriété de fixer 6 atatasà
460 CHIMIE IN'ORCAMIJUB ÉLËUEN^IRB
chlore ou de se substituer à 6 atomes d'hydrogèn&jl acides; tel il apparaît dans le chlorure (Fe')^'CI', le poid3 moléculaire a été déterminé par la densité de vapeur, dans le sulfate (SO')*{Fe')'", etc.
Les combinaisons dans lesquelles fonctionne le fer diatomique Fe" sont appelées combinaisons au minimum, ferreuses ou de ferrosttm. Celles qui renferment le groupe (Fe') "', hexatomique, sont dites au maxim,um, ferreuses ou de ferricum :
Fe-a» Fe'j'-iae
Cklurure terreux. Cliloiira tvrtiqae.
Fe"0 (Pe«)'iO'
Oiyrla foiTB"i. Oxydo terrique.
Les dérivés ferreux se convertissent facilement en dérivés femques par l'action des oxydants :
+ 03 = 2[{Fe«)"Cl''] + lFeî)vi03
Au fer se rattachent d'autres métaux dont nous indiquerons plus loin les analogies : ce sont le manganèse, le chrome, le nickel, le cobalt, et enfin l'aluminium, qu'on ne pourrait séparer du fer, comme nous le verrons, quoiqu'il ne fonctionne jamais comme élémenl diatomique.
Combinaisons ft
iU. Oxyde ferreux FeO. — C'est une poudre blanche qu'on obtient en réduisant au rouge loxyde femque Fe'O^, par un courant d'oxyde de carbone :
L L'hydrate FeO'H* est hlanc et se précipite par l'ad4 ftitiou de la potasse à une solution de sulfate ferreux-. n s'altère imméiliatement au contact de l'air et se colore en vert, puis en brun, en passant à l'état d'hydrate fërrique.
415. Sulfure ferreux FeS. — Produit par la coraliîoaison direiite du ier et du soufre chauffés au rouge, il est en masses cassantes, brunes, d'un aspect métal-^ Uque. Le fer dit en limaUte et la lleur de souû' mélangés et humectés d'eau se transforment en sut] fure ferreux à la température ordinaire, avec producj iion de clialeur et dégagement de vapeur d'eau.
Le précipité noir fourni par le sulfhydrate d'ammï^ niaque dans la solution des sels ferreux est du sulfun ferreux divisé, qui s'oxyde facilement k l'air en donnai du sulfate ferreux, puis du sullhte fërrique.
Le sulfure de fer obtenu par fusion de ses deux coiv slituants est employé dans les laboratoires pour obteni l'acide sulfhydrique.
Grillé au contact de l'air, 11 se transforme en sulfate^
416. Bisulfure ferreux FeS*. — Ce sulfure, répandu dans la nature, constitue la pjTite de fer, i se présente sous deux formes cristallines différentes,! La pyrite blanche est en prismes rhomboïdaux droits, d'un jaune verdatre; la pyrite jaune est cubique, brillante, d'un éclat métallique d'un jaune d'or. La première s'oxyde à l'air à la tejnpérature oi'dinaire; 1 seconde est inaltérable. L'une et l'autre chauffées e: vases clos donnent du soufre et un sulfure doublta
a'S*. La pyrite de fer chauffée dans un courant d'a.i^
462 CHIMIE INORGANIQUE. ÉLfilfENTÂiRE
donne de Tâcide sulfureux; on obtient ainsi une grande partie de l'acide sulfureux, que l'on transforme en acide sulfurique dans les chambres de plomb.
417. Chlorure ferreux (protochlorure de fer) FeCl*. — Un courant de gaz chlorhydriqpie dirigé sur du fer porté à l'incandescence dans un tube de porcelaine le convertit en chlorure anhydre FeCl*. Ce corps est sous la forme d'écaillés blanches, nacrées, volatiles à une température élevée.
Par dissolution du fer dans l'acide chlorhydrique et concentration de la liqueur, le chlorure ferreux s'obtient en cristaux volumineux, verdâtres, renfermant FeCP + 4H^0. Le chlorure hydraté perd son eau par la chaleur, mais en même temps il s'altère en donnant du chlorure ferrique et de l'oxyde ferrique.
Ce sel est employé en médecine comme les autres ferrugineux.
418. lodure ferreux (proto4odure de fer) FeP. — On chauffe à 80° un mélange d'iode, de limaille de fer et d'eau; l'iode disparaît rapidement en se combinant au fer, et par filtration on obtient une solution verdâtre d'iodure ferreux, très altérable au contact de l'air. Par évaporation dans un courant d'hydrogène, elle donne des cristaux verdâtres, FeP + 4H*0.
On isole d'ordinaire Tiodure ferreux en concentrant la solution, après y avoir ajouté un peu de tournure de fer qui empêche son altération à l'air, et, quand elle est suffisamment concentrée pour se solidifier par le refroidissement, on la coule sur des plaques de faïence. L'iodure ferreux est alors une masse amorphe, d'un blanc verdâtre, déliquescente et s'oxydant rapidement.
Pour l'usage médical, on empêche cette oxydation en associant l'iodure ferreux avec du miel ou du sucre et le façonnant en pilules recouvertes de baume de
Tolu ou d'une couche de sucre; telles sont les pilules tle Dupasquier, de Blancard. On administre aussi l'iodure de fer sous forme de sirop, ea ajoutant une solution d'iodure ferreux à du sirop de sucre bien cuit et chaud, en proportions telles que le sirop renferme, pour 30 grammes, 5 centigrammes d'iodure.
4t9. Sulfata ferreux {sulfate de fei\ couperose verte, vitriol vert) SO'Fe -\- 7H'0. — On le prépare en traitant de la ferraille par de l'acide sulfurique étendu. On eu fabrique de grandes quantités en grillant les pyrites de fer, laissant leur oxydation se terminer à l'air et reprenant la masse par l'eau. Le sel obtenu par concentration est livré au commerce; il renferme souvent du sulfate de cuivre dont on peut le débarrasser en faisant bouillir sa solution avec des lames de fer qui précipitent tout le cuivre à l'état métallique.
Cristallisé à la température ordinaire, le sulfate ferreux est en prismes rhomboidaus obliques, comme le sulfate de magnésium et de zinc, et renfermant comme eux 7 molécules d'eau de cristallisation. Il est vert clair.
Soumis à l'action de la chaleur, il se déshydrate à 3(K)° et se décompose au rouge en acide sulfureux, anhydride sulfurique et oxyde ferrique ou colcothar :
Cristallisé, il se dissout dans 164 parties d'eau à 0° et 30 parties i lOO", Sa solution exposée à l'air absorbe de l'oxygène et donne un mélange de sulfate ferrique neutre et de sulfate ferrique basicpae 6S0'Fe -(- 0' ^ {SO*)'Fe' -f (SOyFe^Fe'0^
est très employé dans l'industrie pour la teio^ 1
4G4 CHl<E IKORGAMQUE ÉLËMEKTAIRE ^^H
ture lies étoffes et la préparation Je l'encre. Il sert ;i désinfecter les matières fécales, en déconnposant le sulfhydrate d'ammoniaque, qu'il transforme en sulfure de fer et sulfate d'ammonium :
(AkHM'S + SO^Fe = FeS -|- SO'(A/Hi)»
420. Carbonate ferreux CO'Fe. — Le fer spathique, un des principaux minerais de fer, est du carbonate ferreux, cristallisé en rhomboèdres, affectant la même forme que le spalii d'Islande.
Une solution de carbonate de sodium, versée dans une solution de sulfate ferreux, donne un précipité blanc verdàtre de carbonate ferreux hydraté, très peu stable, s'altérant rapidement en perdant île l'acide carbonique et donnant de l'hydrate ferrique Fe'0^,yH'0. Récemment précipité, il se dissout facilement dans l'eau saturée d'acide carbonique. Un grand nombre d'eaux minérales ferrugineuses lui doivent leurs propriétés, telles sont les eaux de Spa, de Vais, de Forges. Ces eaux, limpides et incolores à la sortie de la source, se recouvrent promptement d'une pellicule irisée et déposent des flocons d'hydrate ferrique.
Le carbonate ferreux est un bon ferrugineux, qui se dissout facilement dans l'estomac. Il est la base des pilules dites de Blaud ou de Vallet. Pour l'usage médical, on le prépare en triturant le sulfate de fer avec du carbonate de potassium en présence d'une très petite quantité d'eau, incorporant it la masse de la gomme et du sucre qui empêchent son altération, concentrant en consistance pilulaire, et réduisant promptement en pilules, que l'on recouvre d'une couche de sucre ou d'une feuille d'argent.
. Caractères des sels ferreux. — Ils sont
■êolores ou d'un vert clair. Ils s'oxyilent rapidement
à l'air en passant h l'état de sels ferriques jaunes ou
bruns. L'acide azotique et le chlore les colorent en
brun, en agissant comme oxydants et amenant la
me transformation.
a[(so')=(F^>)"]
(Fe'j'TCI»
Avec la potasse, la soude, l'ammoniaque et les carbcfc iltes alcalins, ils donnent un précipité blanc verdâtr^ d'hydrate ou de carbonate ferreux, qui s'oxydent à l'aiB en prenant une couleur rouge brun.
L'hydrogène sulfuré ne les précipite pas; le sulfliy-iJ drate d'ammoniaque y donne un précipité noir de suH fure ferreux FeS, insoluble dans les sulfures alcalinSj très soluble dans l'acide chlorhydrique et l'acide a tique.
Le feiTOcyanure de potassium les précipite en blanofl bleuâtre, passant au bleu à l'air.
Le ferricyanure de potassium y donne immédiate-B ment un précipité d'un beau bleu foncé (bleu Turnbull).
Combinaisons ferriques.
Rappelons i]ue dans les combinaisons ferriquesf J 2 atomes de fer se soudent et donnent un groupement] Fe', se comportant comme hexatomique (Fe' )"'. qu'on appelle souvent ferricum.
423. Oxyde ferrique (Fe')"0'. — L'oxyde anhydre constitue les minéraux connus sous le nom de fer apéciilHi re, hcrnaiite rouge, fer oUgisle; ce dernier] itallise en rhomboèdres aigus. Le résidu delà cal-
^^tall
cinalioii du sulfate de fer dans la préparation de l'acide sulfurique de Nordhausen {% 106) est un oxyde ferrique anhvLlre, le coîcothar ou rouge d'Angleterre, poudre amorphe, d'un rouge brun.
Le coîcothar, chauffé au rouge dans un courant très lent d'acide chlorhydrique, se convertit en rhomboèdres semblables à ceux du fer oligiste (H. Deville).
Par la déshydratation des hydrates ferriques au moyen de la chaleur, on obtient un oxyde ferrique anhydre, moins agrégé que le coîcothar, et que l'on employait autrefois sous le nom de safran de Mars astringent.
L'oxyde ferrique est facilement réduit par le charbon, l'hydrogène et l'oxyde de cai'bone : quand il a été fortement chauffé, il est à peine attaqué par les acides.
Le coîcothar sert à polir le verre et les métaux ; il entre dans la composition de diverses couleurs vitrifiables.
L'ocre rouge est une argile mélangée d'oxyde ferrique.
-424. Hydrates ferriques. — L'hydrate ferrique obtenu par l'addition de l'ammoniaque à une solution de chlorure ferrique renferme 2FeW,3H^O, comme la rouille. C'est un précipité volumineux, d'un jaune d'or, qui, à l'état de gelée, constitue le meilleur contrepoison de l'acide arsénieux.
La rouille est un hydrate ferrique renfermant 2Fe'0', 3H'0. On obtient un hydrate de même composition, et encore prescrit en médecine sous le nom de safran de Mars apéritif ou sous-carbonate de fer, en précipitant une solution de sulfate ferreux par du carbonate de soude et laissant le précipité de carbonate
'ixyder h l'air et perdre son acide carbonique.
A défaut d'hydrate ferrique en gelée, le safran de Mars apéritif peut être employé avec avantage à la dose de 100 grammes comme contrepoison de l'acide arsénieux,
Lorsqu'on soumet à la dialyse ' une solution d'acétate ferrique ou une solution d'hydrate ferrique dansl'acide chlorhydrique, ces solutions perdent tout leur acide qui traverse la memhrane dialysante, et il reste dans le dialyseurun liquide qui renferme environ 1 p. 100 d'hydrate ferrique dissous. Cette modification solubie de l'hydrate ferrique a été découverte par Th. Graham. Elle est précipitée par les alcalis, un grand nombre d'acides et de sels, même par l'eau ordinaire, et il ae sépare alors de l'hydrate ferrique, sous forme de flocons ayant l'apparence de la rouille et insolubles dans l'eau.
C'est elle qu'on vend sous le nom de fer liquide, fer dialyse, et dont l'emploi s'est répandu grâce aux efl'orts d'un charlatanisme effréné. Le fer dialyse ne présente aucun avantage sur le safran de Mars apéritif.
1. Qd (lanne le Dom de dialyse nu passage des solutions â travers les membranes poreuses, aonitne les membranes auimeles, le papier parcbemin. Tb. firaliam a montré que Ips eorps se dialysent différemmenl suivanl leur nature, au moyen d'un appareil, le rfiaJyseMr, qui eal coiislitué par un vase de Terre "lotit la partie iofèrieiiri! usl lerniée par du papier pareliemin. Si l'on met daus ce vase des soUitlous de sels, comme le chlorure d sodium, et qu'on émerge sa partie inférieure dans l'ei constate que le sel IraTerse la membrane et passe dons b liquide extérieur; le passage est assez rapide. Avec C' corps qui n'ont pas In propriété de cnslalliser, ce passage d vase intérieur à l'extérieur est presque nul; c'est f.c qu'on observe uvee la gorame, l'albumine. Graham a distingué les corps en crhtalloJdtt, tacileraent dialysables, et en eoilotilea, non dialysables. L'hydrate de Fur solubie est une substance cot- ■ "iale.
40S CHIMIE iNORGAKJQUE fLÉMEMTAlHE; ^^H
425. Oxyde ferroso-ferrique Fe^O'. — L'oxyde ferroso-terrique se trouve h l'état amorphe ou cristallisé en octaèdres. Il constitue l'aimant naturel et est très abondant en Suède et en Norvège. C'est un oxyde intermédiaire : combinaison d'oxyde ferreux FeO et d'oxyde lerrique Fe'O'. Vœthiops martial, quelquefois prescrit comme tonique, mais peu usité, est un oxyde ferroso-ferrique préparé par la précipitation, au moyen du carbonate de soude, d'un mélange de sulfate ferreux et de sulfate lerrique dissous dans l'eau. L'oxyde artiâciel ne jouit pas du pouvoir magnétique de l'oxyde naturel.
426. Acide ferriqae. — Quand on dirige un courant de chlore dans de la potasse tenant en suspension de l'hydrate ferrique, on obtient un sel rouge de sang, le ferrate de potassium FeO'K^; l'acide correspondant FeO'H' n'est pas stable et n'a pu être isolé.
427. Sulfures ferriqaes. — Aux oxydes ferriques correspondent : le sulfure ferrique Fe*S', qui se forme par l'action de la chaleur rouge sombre sur la pyj-iie FeS', et la pyrite magnétique Fe"S', qui se trouve dans la nature en prismes hexagonau.x, jouissant de la propriété d'attirer le fer, comme l'oxyde correspondant.
428. Chlorure ferrique (perchlorure de fer) (Fe^)»''Cl''. — Un courant de chlore en excès, dirigé sur du fer chauffé au rouge dans un tube de porcelaine terminé par une allonge où se sublime le chlorure ferrique, fournit ce sel à l'étal anhydre, en tables hexagonales, déliquescentes, solubles dans l'eau, l'alcool, l'éther et volatiles. Sa densité de vapeur a permis de prendre son poids moléculaire, et l'analyse a montré que cette molécule renferme 2 atomes de fer et 6 atomes de :;hlore.
La solution aqueuse du chlorure ferrique est j: par concentration, elle dépose du chlorure hydraté e lames rjiomboédriques d'un beau jaune, renfermant 4 ou 6 molécules d'eau.
La solution, marquant 30" à l'aréomètre de Baume et renfermant 26 p. 100 de se! anhydre, est la solution officinale, employée comme hémostatique et appelée perchloi-ure de fer liquide. Le Ciîdex donne le procédé suivant pour la préparer :
On traite de la tournure de fer par l'acide chlorhydrique, de manière que la dissolution soit complète, ce qui fournit du chlorure ferreux. On concentre cette solution jusqu'à ce qu'elle ait atteint une densité de 1,10, et on la traite ensuite par un courant de chlore pour convertir le chlorure ferreux en chlorure ferriquij :
^■iQuand un échantillon de la liqueur ne précipite plua en bleu par le ferricyanure de potassium, ce qui i dique la transformation totale du chlorure ferreux e chlorure ferrique, on chauffe à 50° en faisant travers^ le liquide par un courant d'air qui expulse l'excès d chlore, et l'on amène la solution à une densité de 2,2Ï (30" Baume), soit par évaporation si elle est trop été» du«, soit par addition d'eau distillée si elle e concentrée.
On emploie généralement en médecine des solutio^ plus faibles, marquant '25, 20, ib ou 10 degrés Baum^fi Pour amener la solution officinale à ces divers degrél! il faut y ajouter de l'eau distillée dans les proportio suivantes :
QRCIIAUX, — CHiWIE INORO. 1
^70 CUIMIB INORGANIQUE ÉLÉMENTAIRE
Sdiulion Enu. DcnsiCi. Degrés
orûoinalB, disiillée. Saaiaé.
20 plus S ) i,22 23-
20 10 / ilonnenl des 1,1G 20"
20 2(1 ( aolutions de l.li 18°
20 40 ) 1,0- iO"
La teinture éthérée de chlorure ferrique a joui, au siècle dernier, d'un grand renom sous les appellations Tner veilleuses de teinture d'or, gouttes d'or du général
mothe, teinture île Bestucheff.
429. Pyrophosphate ferrique 3(Ph'0')2(Fe')". — /addition du pyrophosphate de sodium à du chlorure
ferrique donne un précipité de pyrophosphate ferritjue, qui se redissout dans un excès de pyrophosphate de sodium. C'est ce sel double, soluble dans l'eau, qui est usité en médecine. On le prépare en ajoutant, aune solution de 15 grammes de pyrophosphate de sotiium dans 135 grammes d'eau, lOgr. 5 de la solution officinale de chlorure ferrique étendue de 140 grammes d'eau.
430. Caractères des sels ferriques. — Les sels ferriques sont jaunes ou d'un rouge jaunâtre en solution. Traités par l'hydrogène sulfuré, ils ne sont pas précipités, mais ramenés à l'état de sels ferreux, en même temps qu'il se Êtit un dépôt laiteux de soufre ;
FeSCl' + H'S = 2Fea« + 2HC1 -j- S
Chlorure Hydrogène Chlorure A ci la Sourrc.
Le sulfhydrate d'ammoniaque y donne un précipité noir de sulfure ferreux.
La potasse, l'ammoniaque, les carbonates alcalins en séparent un précipité volumineux, rouge brun, d'hy-
ate ferrique.