A. — IMPALUDISME CHRONIQUE AVEC ACCÈS AIGUS
L’hémoglobine diminue notablement. Elle descend à 57 gr. 29 au minimum et se tient aux environs de 60 gr. en pleine période d’état. Chez un de nos malades, après avoir fait cesser les accès à l’aide du sulfate quinique, nous avons vu l’hémoglobine s’élever de 57 gr. à 78 gr. 12 dans l’espace de 14 jours; en même temps les forces et la sensation de bien-être reparaissaient parallèlément.
Le pouvoir absorbant arrive à 110 cent, cubes, en moyenne à 120 cent, cubes; parfois cependant, dans les cas graves, un chiffre inférieur peut être atteint.
Les matériaux solides ne diminuent pas dans les proportions de l’hémoglobine, bien qu’ils atteignent le chiffre de 79 gr. 6 assez fréquemment.
INTOXICATION PALUSTRE DATANT D’UN AN, AVEC ACCÈS AIGUS DE FIÈVRE QUARTE. — PALEUR IMPALUDIQUE TYPE.
Mère morte aliénée. — A la naissance du malade elle avait été atteinte d’aliénation mentale. — Il n’a pas connu son père. Il a un frère bien portant.
Peintre jusqu’en 1862, il se portaitbien quand il eut à cette époque, à la suite d’une chute , des côtes enfoncées et les poignets cassés.
Après cet accident, apparition de phénomènes gastriques, vomissements d’aliments, avec matière bleuâtre, suivis de soulagement. Ges accidents gastriques ont guéri.
Depuis 5 ans, rhumatisme articulaire tous les hivers. — Voyages fréquents, mauvaise alimentation. — Pas d’excès alcooliques ni vénériens.
A Rochefort, il a été pris, le 25 août 1878, d’accès fébriles. Il y demeurait depuis le 1er juin 1878). Les accès le prirent d’abord tous les jours (fièvre quotidienne), mais depuis qu’il est à Paris la fièvre est devenue quarte. La température a été prise à l’aide du thermomètre, et le type quarte est parfaitement accusé. Les frissons sont intenses avec claquement de dents, tremblement de tout le corps. — Bouche sèche, appétit nul, soif assez vive, souffle systolique anémique à la pointe du cœur, et double souffle avec redoublement dans les vaisseaux du cou. Les jours d’apyrexie, il se sent moins fatigué. Après un peu de calme, il se réchauffe, et a des sueurs pendant son sommeil.
Dosage des principes du sang :
Hémoglobine 57g>',29.
Pouvoir oxydant 110 eentimètrescubes.
Matériaux solides 78 grammes.
20 jours après la guérison des accès par le sulfate de quinine, le malade augmente de poids, reprend des couleurs et n’éprouve plus aucun malaise.
2° analyse du sang :
Hémoglobine 67sr,70.
Pouvoir oxydant 130 centimètres cubes.
Matériaux solides 81 grammes.
Note. — - On remarque avec quelle facilité l’hémoglobine se reforme après la cessation des accès, et cela sans ferrugineux.
B. — PARALLÈLE ENTRE LA LÉSION DU SANG DANS L’ANÉMIE PALUSTRE ET CELLE QUI ACCOMPAGNE LA CHLOROSE.
Partout où existe l’intoxication palustre, on voit se produire des anémies impaludiques, dans le cours desquelles se mani-
INTOXICATION SATURNINE.
festent. 2 à 4 accès intermittents, qu’on ne retrouve pas toujours, soit parce que les malades ne s’en sont pas préoccupés, soit parce qu’ils n’ont pas existé. Eh bien! dans ces conditions, surtout chez les jeunes filles, on a intérêt à connaître la cause de cette anémie.
La lésion hématique nous révèle la cause, l’origine de ces anémies :
Si les matériaux du sérum présentent leur taux physiologique, concluez à l’existence delà chlorose.
Si, au contraire, ces mêmes substances descendent à 78 gr. pour 1000 gr. de sérum etmême au-dessous de 85 gr., inclinez vers l’intoxication paludéenne.
De plus, dans la chlorose, le chiffre de l’hémoglobine descend ordinairement, à la période d’état, au-dessous de 57 gr.
Dans l’anémie impaludique, le chiffre n’est guère inférieur à 60 gr.
G. — INTOXICATION SATURNINE.
L’hémoglobine est détruite peu à peu et faiblement dans les premiers temps de la maladie professionnelle, elle descend jusqu’à 68 gr. 95.
Un peu plus tard, lorsque se manifestent les coliques de plomb, l’hémoglobine se chiffre par 88 gr. 54 pour 1000 gr. de sang.
Lorsque survient la paralysie, la quantité de la substance oxydable se réduit à 78gr. 12 environ. Enfin, dans les cas d’empoisonnement chronique ayant une grande intensité, avec décoloration des muqueuses, l’hémoglobine peut descendre à 72gr. 91, mais rarement au-dessous.
Le pouvoir oxydant est de 190 cent, cubes dans les premiers temps de l’intoxication.
A mesure qu’elle progresse, on trouve 170 cent, cubesenviron.
Avec la paralysie, le pouvoir se réduit à 150 cent, cubes; et avec la cachexie, on trouve 140 cent, cubes seulement.
Les matières solides du sérum ne descendent guère au-dessous de 80 grammes.
En clinique, on se trouve parfois embarrassé pour savoir s’il s’agit d’une intoxication saturnine avancée ou d’une néphrite interstitielle, et surtout s’il y a combinaison de ces deux affections, ou encore si chez le saturnin il n’y aurait pas quelque maladie diathésique.
1° Diagnostic différentiel entre l’intoxication saturnine simple et la néphrite interstitielle. ■ — Dans le premier cas, l’hémoglobine ne descend pas au-dessous de 80 gr., et si on la trouve parfois plus réduite, c’est qu’il existe quelque complication, une néphrite ou de l’alcoolisme ; dans le second cas, l’hémoglobine descend au-dessous de 80 grammes.
Dans la néphrite interstitielle, les matériaux solides descendent à 79 gr. ou au-dessous; tandis que, dans l’intoxication saturnine seule, ces mêmes substances restent au-dessous de 80 gr. pour 1000 gr. de sérum.
2° Saturnisme et néphrite interstitielle. — On reconnaît cette association par la lésion hématique, qui nous montre l’hémoglobine descendant au-dessous de 78 gr.; et les substances solides suivent la même décroissance, 78, 76, 75 gr. au lieu de 90 gr., chiffre normal.
3° Le carcinome latent viscéral se différencie surtout de la néphrite interstitielle par l’examen des matières solides : dans le 1er cas, elles restent au-dessous de 80 gr., excepté dans les derniers temps de la maladie; tandis que, dans la néphrite interstitielle, elles restent au-dessous de 80 gr., même au moment des accidents urémiques.