‹ Chimie pathologiqueChapitre 113 sur 166 · II. Analyse du sang · texte numérisé non relu

II. Analyse du sang

Hémoglobine 106 grammes.

Pouvoir oxydant 204 centimètres cubes.

Matériaux solides 96 grammes.

Pris 5sr, 276 qui donnent résidu sec 0 f?1’, 511.

ke.marque. — Malgré les vomissements alimentaires, malgré les phénomènes d’anurie, le cruor et le sérum ne s’altèrent pas considé-

HYSTÉRIE

rablement: il se passe là quelque chose d’analogue à ce qui arrive chez les animaux hibernants.

HYSTÉRIE

La nommée D..., Marie, âgée de 20 ans, domestique, est entrée le 6 mai 1849 à la salle Sainte-Marie, lit n° 19. Comme antécédents héréditaires, on ne trouve de tempérament nerveux que chez son père; sa mère est morte de la poitrine.

Quant à la malade, elle affirme n’avoir jamais eu aucune maladie dans son enfance. La scrofule ne s’est manifestée chez elle que par des blépharites ciliaires assez intenses.

Elle entre aujourd’hui dans le service pour se faire soigner de vomissements quotidiens se répétant après chaque repas. Interrogée sur sa vie, elle avoue qu’elle n’a pas le caractère égal, qu’elle est irritable, qu’elle pleure ou rit facilement avec ou sans causes, en un mot elle est nerveuse. Elle a passé presque toute son existence au couvènt comme élève; sortie à 19 ans, elle ne put rester que 4 mois sous le toit paternel, n’ayant jamais pu s’accorder avec sa bellemère, avec laquelle elle avait des altercations quotidiennes. Ces émotions pénibles répétées sont une des conditions favorables à l’éclosion de l’hystérie, et de fait c’est à partir de ce moment qu’elle est devenue malade; son caractère avant cette époque n’était pas le même.

Lui demande-t-on si elle a des crises de nerfs, des attaques avec chute, elle répond négativement, mais elle raconte qu’elle « se trouve mal » lorsqu’elle voit une autre en avoir (ce qui lui est arrivé à Ménilmontant, dans le service de M. Gérin-Roze, et au couvent).

Du côté de la sensibilité, on lui trouve une hémianestésie du côté droit qui atteint les membres inférieur et supérieur, le tronc, le cou, la face, la moitié de la langue, la fosse nasale du côté droit, mais qui respecte l’œil et l’ouïe de ce côté.

Elle a été réglée à 19 ans, et depuis très irrégulièrement.

Elle se plaint de l’estomac depuis 3 mois, et jusqu’à ces 15 derniers jours elle aurait vomi du sang, jamais en très grande quantité (ce que nous n’avons jamais vu), matin et soir, et surtout après une crise de contrariétés ou de colère. Une seule fois il lui est arrivé de

CHIMIE PATHOLOGIQUE, rendre jusqu’à une demi-cuvette de sang. Un vomissement que nous avons vu était teinté par une petite quantité de sang.

Elle souffre au creux épigastrique, moins aujourd’hui que les jours précédents; ce sont parfois comme des pointes de feu qui lui traversent le corps au même niveau en arrière ou qui font le tour du corps. Mise au régime lacté, tantôt elle vomissait, tantôt gardait le lait qu’elle avait pris.

Du côté des ovaires, légère hyperesthésie.

En somme, on peut conclure à une hystérie avec troubles gastriques et vomissements.

Dosage des principes du sang :

Hémoglobine 69 S1', 5.

Pouvoir oxydant 135 centimètres cubes.

Matériaux solides 92ër,79.

Pris 3 Sr, 222 qui ont donné résidu sec Os1', 299.

Note. — L’analyse du sang nous permet de reconnaître les supercheries au point de vue de l’alimentation. Certesleshystériques résistent à la dénutrition, c’estvrai; mais cette particularité ne va pas au delà d’une certaine limite, et bientôt se montrent les lésions hématiques de l’inanition incomplète.

Celte fille n’a que 69 gr. 5 d’hémoglobine au lieu de 115 à 120 gr., parce qu’elle éprouve quelques troubles gastriques qui amènent des vomissements alimentaires; à celte cause s’ajoute un peu de chlorose. Mais cette hystérique s’alimente, puisque ses matériaux solides du sérum sont au taux normal de 92 gr. 79, et de fait cette hile prenait des fragments de viande dans ses poches pour les manger en cachette.

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