SANG DU FŒTUS
Étudier le sang du fœtus avec l’intention d’en déduire les principaux rapports de nutrition qui existent entre la mère et l’ enfant , tel est le problème que nous nous sommes proposé. Quant à l’étude analytique du nouveau-né, de l’être libéré des attaches maternelles, vivant d’une nouvelle vie tout individuelle, c’est là un travail presque impossible à réaliser avec les les données fournies par la physiologie humaine : soustraire une quantité de sang, si minime soit-elle, par la saignée ou par tout autre moyen, à un organisme aussi frêle qu’est celui du nouveau-né, est un procédé impraticable et d’un intérêt moins immédiat quant aux résultats que nous cherchons.
Les difficultés se présentent nombreuses aussi lorsqu’il s’agit de l’analyse du sang fœtal. Il faut, en effet pour que l’expérimentation soit faite dans des conditions irréprochables, que le sang soit recueilli tel qu’il est avant que sa composition ait été modifiée par l’établissement de la fonction respiratoire, et cependant il est impossiblede l’obtenir avant la sortie del’enfant. Mais si l’on considère que ce n’est environ que vingt à trente secondes après la première inspiration que la masse totale du sang a subi un commencement d’hématose dans le poumon, on conçoit que l’expérience est encore praticable dans quelques cas, c’est-à-dire lorsque le sang qui s’écoule par les artères ombilicales aura été pris dans les dix premières secondes, ce qui est possible.
Ensuite, il faut bien le dire, l’enfant eût-il respiré une, deux ou même trois fois, que ceci ne changerait pas notablement la constitution du liquide sanguin.