SANG DU FŒTUS
Au reste cette difficulté ne se rencontre que pour le sang des artères ombilicales.
Pour celui de la veine, rien n’est plus simple que de l’obtenir à volonté immédiatement après l’accouchement ou après un temps variable.
Avant d’arriver aux résultats fournis par l’analyse chimique du sang fœtal, disons deux mots des conditions physiologiques dans lesquelles ce sang se trouve par rapport à l’organisme maternel.
Si l’on considère l’ensemble du système circulatoire du fœtus qui est en résumé la seule base de sa nutrition, on envient facilement à reléguera un plan secondaire toute la partie de ce système qui lui appartient en propre, pour accorder en définitive la majeure importance à celle qui lui est extérieure. Le fœtus nous apparaît alors comme un organisme isolé dans lequel domineun phénomène unique, automatique en apparence: le mouvement cardio-vasculaire. Ce phénomène, indispensable sans doute, est la condition sine quâ non de son existence ; mais cette condition qui assure sa vie momentanée est impuissante à l’entretenir sans le concours d’un organisme étranger. (Nous n’attachons ici qu’une importance secondaire à l’action hématopoétique de certains organes, le foie en particulier, qui sont en réalité des appareilsde transformation et non de fabrication. Leur importance, médiocre dans les premiers temps de la gestation, acquerra néanmoins un rôle considérable dans la dernière période de la grossesse.)
Il faut donc à la machine fœtale un magasin extérieur d’où elle puisse tirer les éléments de son alimentation : de là dépendent sa conservation et son accroissement. Ce magasin, c’est l’organisme de la mère représenté par la partie maternelle du placenta. Par la veine ombilicale le sang arrive aux tissus
du fœtus, sert à leur accroissement, et retourne au placenta pour y recueillir de nouveaux matériaux de nutrition. La différence de composition de ces deux sangs indique dans une certaine limite le coefficient de nutrition du fœtus.
Tel doit être l’état des choses jusqu’à ce que le développement de l’enfant est près d’être terminé, c’est-à-dire jusqu’au voisinage du terme. Car, à ce moment, l’apport est certainement moindre et le sang contenu dans les artères est plus net que celui contenu dans la veine.
Quel est le secret de cette différence qui tendrait à prouver qu’à la fin de la gestation l’organisme fœtal suffit déjà à renouveler la composition du liquide nourricier? Doit-on expliquer l’infériorité du sang de la veine par le trouble circulatoire qu’entraînent les phénomènes du travail, et peut-on induire que les contractions fréquentes et énergiques de l’utérus pendant la période d’expulsion interrompent le cours du sang de cet organe, empêchent son renouvellement et partant gênent l’osmose placentaire ?Ilnous faut bien tenir compte de cette circonstance, puisque c’est après l’expulsion que le sang a pu être recueilli pour l’analyse.
Ou bien vaut-il mieux admettre, comme nous le faisions entrevoir tout à l’heure, qu’au terme de la gestation les échanges entre la mère et l’enfant sont inappréciables au point que le fœtus artérialise son sang, seul, au moyen de ses propres organes et presque sans le concours de la mère? Tout semble accréditer cette dernière manière de voir. D’abord, pour ce qui est de l’hypothèse du trouble circulatoire utéro-placentaire occasionné par le travail, nous devons dire que dans un certain nombre de cas nous avons pris le sang de la veine préalableblement liée quelques minutes après l’expulsion, et que même alors sa composition était inférieure à celle du sang artériel de