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ANÉMIE GRAVE D’ORIGINE PUERPÉRALE. AMÉLIORATION NOTABLE

Julie, couturière, âgée de 26 ans, entre le 19 avril 1879 à l’Hôtel— Dieu, salle Sainte-Marie, n° 22 (service de M. le Dr Quinquaud, suppléant le Dp Fremy).

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La malade étai! d’une santé parfaite pendant son enfance. Jamais aucun malaise, pas de fièvre typhoïde, pas d’antécédents syphilitiques, règles normales et régulières à partir de 15 ans.

Mariée à l’âge de 18 ans, Julie Brug a eu quatre grossesses

dans un espace de 7 années, les trois premières n’ont rien présenté de particulier. Les forces n’étaient pas affaiblies. Toutefois, après la troisième grossesse, elle a eu un peu de diarrhée pendant 15 jours, et une sorte de gingivite rendant la mastication douloureuse. Dans le cours de sa quatrième grossesse, qui s’est terminée le 17 février 1879, notre malade, obligée de vaquer à des travaux relativement excessifs, a vu, à partir du mois de décembre 1878, ses forces s’affaiblir. Elle a été prise à la même époque de vomissements alimentaires fréquents. Elle a eu aussi quelques épistaxis.

Après l’accouchement qui en lui-même a été parfaitement normal et s’est très rapidement terminé, l’état général n’a fait que s’aggraver. Les vomissements sont revenus abondants et fréquents, une diarrhée incoercible s’est déclarée, et les traitements dont elle a essayé ne l’ayant pas soulagée, Julie Brug s’est décidée à entrer

à l’Hôtel-Dieu le. 1er avril.

Faisant remonter les premières atteintes de son mal au mois de décembre 1878 et son aggravation cà la dernière quinzaine de février 1879, époque de ses couches, la malade, à son entrée dans les salles, présente une pâleur ressemblant à la teinte des femmes qu ont eu de grandes hémorragies. La langue est blanche avec sensation d’amertume’dans la bouche, inappétence très marquée; elle a des nausées en mangeant et rend souvent les aliments dès qu’elle les a déglutis. Quelques douleurs épigastriques vagues, plutôt un sentiment de malaise, de pesanteur, qu’un vrai point douloureux. Diarrhée abondante, jaunâtre, 7 ou 8 selles par jour. L foie, insensible à la percussion, paraît de volume normal ; il n’y a pas de traces d’ictère. La rate est à peu près normale.

Pas de fièvre. Le cœur n’est pas hypertrophié. Quelques palpitations. On trouve à l’auscultation un souffie systolique à la base, mais beaucoup plus léger à la pointe; un double souffle d’une certaine intensité s’entend dans les vaisseaux du cou. On ne découvre pas le plus léger œdème.

La respiration se fait bien et ni l’auscultation ni la percussion pulmonaires ne révèlent l’existence d’aucun bruit pathologique.

L’urine est claire, pâle, de quantité normale; on n’y constate ni albumine, ni sucre.

Depuis l’accouchement les règles sont supprimées. Un peu de bouffissure de la face; les téguments sont pâles, un peu transparents; les muqueuses (lèvres, gencives, conjonctives) sont décolorées; ses cheveux sont tombés en partie.

Les muscles sont basques, sans tonicité. La malade est sans force et sans énergie quoique l’embonpoint général soit conservé, ce qui contraste avec la perte des forces. Elle serre faiblement avec les mains.

On ne constate nulle part ni anesthésie, ni hyperesthésie. Point de douleurs intercostales, de névralgies violentes; depuis l’accouchement cependant, la malade se plaint d’une douleur de tête très violente, douleur localisée surtout à gauche, au niveau de l’oreille et de la tempe, et revenant par instants; de temps en temps aussi bourdonnements d’oreilles assez forts.

La vue est normale; les pupilles ne sont pas dilatées; la malade se plaint, quand elle est couchée, de voir parfois une série de petits éclairs lui passer devant les yeux.

1er dosage à son entrée.

Hémoglobine 74 grammes.

Pouvoir oxydant 142 centimètres cubes.

Matériaux solides 60 grammes.

Tels sont les symptômes que l’on constate le jour de l’entrée de la malade à l’hôpital. Les troubles gastriques sont d’abord traités par des frictions, des bains, un vésicatoire à l’épigastre. Quelques jours après, onia soumet au régime lacté exclusif:

Dès le lendemain les vomissements s’arrêtent.

Traitement. — Lavements d’amidon, deux bains sulfureux par semaine.

'1er mai.

2e dosage des matériaux du sang:

Hémoglobine 76 grammes.

Pouvoir oxydant 147 centimètres cubes.

Matériaux solides 62 grammes.

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10 mai.

3e dosage par le procédé à l’hydrosullite 1 :

Hémoglobine 78 gr. 12.

Pouvoir oxydant 150 centimètres cubes.

Matériaux solides. ... 63 gr. 80, pris 4gr.274

qui ont donné résidu sec Ogr.273.

Observation. — On remarquera que le traitement a consisté simplement en révulsifs sur l’épigastre et en régime lacté sans toniquesproprement dits, sans ferrugineux, sous l’influence d’une alimentation appropriée, nous voyons l’hémoglobine s’accroître. Le 20 avril, l’hémoglobine était à 74 grammes pour 1 000 gr. de sang (chiffre normal 125 gr. d’hémoglobine pour 1 000 gr. de sang), le 1er mai à 76 grammes, et le 10 mai à 78 gr. 12.

Le pouvoir oxydant s’accroît dans les mêmes proportions. Le 20 avril, il était de 142 centimètres cubes; le 1er mai, de 147 centimètres cubes, le 10 mai, de 150 centimètres cubes.

Les matériaux solides du sérum, qui étaient le 20 avril de 60 grammes pour 1 000 grammes de sérum (au lieu de 90, chiffre moyen normal) , sont de 62 grammes le 1er mai , de 63 gr. 80 le 10 mai 1879.

Cette atténuation de la lésion hématique coïncide avec une amélioration des signes cliniques. La malade ne vomit plus et n’a plus de diarrhée; ses forces reviennent, sa face se colore. Elle dort mieux et sans agitation, son urée augmente avec l’alimentation.

11 est incontestable que le traitement a eu ici une influence, vu que son action a été immédiate et que les médications les plus variées, ferrugineux, quinquina, avaient été employés sans succès depuis le mois de février dernier.

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