B'. — ACTION DELA THORACENTÈSE SUR LES ÉLÉMENTS DU SANG
La thoracentèse fait subir, du moins momentanément, au sang des altérations manifestes:
1° Elle est destructive de l’hémoglobine. Voici des chiffres:
Analyse chimique du sang :
Avant la thoracentèse : hémoglobine, 98sr,95.
3e jour après la thoracentèse : — 72 91,
Autre cas :
Avant la thoracentèse: hémoglobine, G7sr, 70.
Le lendemain : — 60.
2° Elle diminue le pouvoir oxydant du sang. En voici la preuve :
Avant la thoracentèse : pouvoir oxydant, 130 centimètres cubes.
Le lendemain : — 116 —
Autre cas:
Avant la ponction; pouvoir oxydant, 190 centimètres cubes.
3 jours après : — 140 —
3° Elle altère la constitution chimique du sérum du sang:
Avant la thoracentèse : substances solides, 114 grammes.
3 jours après — 68s1', 78.
Autre cas :
15 jours avant la ponction: substances solides, 98 grammes. Lelendemain: — — 82er,40.
Cette altération du sang par la thoracentèse cesse bientôt, si la maladie doit guérir; dans les pleurésies simples, l’hémoglobine, les matériaux solides, le pouvoir oxydant ont atteint, vers le 15° ou 20e jour, parfois plus tôt, les chiffres présentés au moment de la thoracentèse.
A partir de là, si l’épanchement ne se reproduit pas, ces sub-
ACTION DE LA THORACENTÈSE SUR LES ÉLÉMENTS DU SANG. 105 stances augmentent graduellement en quantité ; si l’épanchement se reproduit, l’état stationnaire persiste. Si, au contraire, l’épanchement se transforme en pus, on voit l’hémoglobine diminuer, arriver à 65, 60, 55, 50, 45 grammes pour 1 000 gr. Le pouvoir oxydant est à 125, 115, 106, 86 cent, cubes, parfois même le chiffre s’abaisse encore; de même pour le pouvoir oxydant; les matériaux solides du sérum diminuent également, mais dans de moindres proportions; le chiffre minimum, dans ce cas, est aux environs de 55 grammes.
Lorsque l’épanchement est sanguin , et que les malades son affaiblis, l’hémoglobine arrive à 72 gr. 91, 67 gi'.70, 62 gr. 50? 57 gr. 29, 52 gr. 08, 46 gr. 87 etmcmedl gr. 70, et cette diminution s’opère dans les 7 à 8 jours qui suivent l’évacuation de la plèvre, surtout si on enlève 4 à 5 litres de liquide.
Le pouvoir oxydant est à 140 cent, cubes, 130, 120, 110, 90, et même 80 cent, cubes d’oxygène.
Les matériaux solides du sérum diminuent également; on les voit de 80 gr. descendre à 76, 75, 72, 65, 60, et même 52 grammes; c’est là une limite extrême.
En même temps se produit un affaissement, une perle des forces, un mouvement fébrile plus ou moins intense, le liquide se reproduit peu à peu ou rapidement, et la durée de la vie est souvent en rapport avec la rapidité de l’épanchement; bientôt se manifeste la somnolence, et le malade succombe dans un espacede temps qui varieentrelS et 30 jours. Certes, danscescas, la ponction a abrégé les jours du malade.
On se rend facilement compte des lésions du sang consécutives à ces ponctions, en songeant à la quantité parfois énorme d’albumine que le sang est obligé de déverser dans la cavité séreuse, et cela quelquefois dans l’espace de peu de jours.
Néanmoins, dans certaines circonstances, le résultat est plus
favorable, les malades guérissent; c’estce qui a lieu souvent dans les cas de pleurésie hémorragique enkystée, ou de kystes sanguins, assez fréquemment d’origine traumatique, qui se développent dans la cavité péritonéale; l’hémoglobine descend vers 60 grammes, le pouvoir oxydant à 115 cent, cubes, les matériaux solidesà 74 grammes; mais, dès le troisième jour après la ponction évacualrice, parfois dès le deuxième, l’hémoglobine, le pouvoir oxydant, les matériaux solides sont en voie d’augmentation pour atteindre la quantité du point de départ vers le 8° au '10' jour, en même temps le poids des malades s’accroît également ; nous avons vu deux hommes atteints de ces affections : l’un, qui avait un kyste hématique de la région épigastrique, revint à la santé en augmentant de 5kilog. en 10 jours; l’hémoglobine présenta aussi une courbe ascendante.
Si l’on examine chimiquement les parenchymes par la chaux sodée avec analyse consécutive de l’ammoniaque, on peut s’assurer que le protoplasma contient du cinquième à la moitié moins de substances albuminoïdes qu’à l’état normal. Dans ces cas, la quantité d’hémoglobine est trop faible, ainsi que le le pouvoir absorbant et les matériaux solides du sérum, pour que la nutrition puisse se faire, sinon pendant plusieurs jours, aux dépens des substances albuminoïdes des tissus, et une fois quecclles-ci ontatteint elles-mêmes un chiffre inférieur, le malade tombedans un état de torpeur, ils’éteintpeuàpeucommele mouvement nutritif lui-même ; c’est là un genre de mort toulà fait spécial, que l’on reconnaît même en clinique, quand on y regarde de près. De là le précepte d’examiner avec soin l’état du sang et des forces, ainsi que l’état de la circulation, avant d’enlever le liquide épanché; et, si l’on n’avait pas reconnu la nature du liquide avant la ponction, il faudrait n’évacuer qu’une petite quantité de liquide, une fois la ponction faite.
NÉPHRITE PARENCHYMATEUSE.