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C. — PÉRITONITE AIGUË

Au début, mêmes variations que dans la pleurésie aiguë.

A la période d’état: — l’hémoglobine, dans les 4 à 5 premiers jours, diminue : de 125 elle tombe à 98 gr. 95;

Le pouvoir absorbant, de 210 cent. cub. descend à 190 cent, cubes;

Les matériaux solides diminuent notablement : de 90 à 92, ils tombent à 82 grammes.

Mais pour peu que la maladie se prolonge en même temps que s’accentue le faciès abdominal classique, les lésions humorales deviennent très nettes :

L’hémoglobine peut descendre à 72 gr.91 pour osciller entre 83 et 78 grammes.

Le pouvoir absorbant varie entre 170 et 140 cent, cubes; parfois même, dans les péritonites traumatiques graves avec exsudât abondant et rapide, ce pouvoir descend à 130 et même

Les matériaux solides du sérum descendent à 78 et 74 gr.

NÉPHRITE PARENCHYMATEUSE

Période d'état. — L’hémoglobine descend jusqu’à 88 gr. 54, oscillant le plus souvent entre 98 et 93 gr. 70. Cependant on voit là une pâleur qui ressemble beaucoup à celle de la chlorose, avec une bouffissure un peu spéciale des tissus. Ainsi, avec des apparences à peu près semblables, les lésions hématiques sont très différentes.

Dans la chlorose, le chiffre de l’hémoglobine descend à 52 ou 46 gr., quelquefois au-dessous.

Ce chiffre n’est jamais atteint dans la néphrite parenchymateuse.

Dans la chlorose non compliquée, le chiffre des matériaux solides reste normal.

Dansl è gros rein blanc, ces matériaux descendent au chiffre de 60 à 55 gr. pour 1 000. Il y a là un parallèle des plus instructifs.

Le pouvoir absorbant, dans la néphrite parenchymateuse, varie entre 170 et 190 cent, cubes.

Cette lésion hématique est bien caractérisée dans la néphrite subaigüe; dans les formes chroniques il se produit des améliorations; alors les nombres varient un peu : dans ces moments, il n’estpasrare de voir l’hémoglobine remonter à 1 0-4 gr. 16, le pouvoir oxydant à 200 cent, cubes, tandis que les matériaux solides sont à 73 gr. 50, et cela à une époque où l’œdème existe encore.

NÉPHRITE PARENCHYMATEUSE

Joseph Sur..., âgé de 32 ans, garçon de café, est entré le 2 ma? 1879 à l’Hôtel-Dieu, salle Saint-Louis, n° 1.

Malade depuis 10 à 12 jours, bien portant avant cette époque.

Excès alcooliques depuis plusieurs années.

Pour combattre un embarras gastrique qui se traduisait par de l’anorexie et des vomissements, il prend un purgatif; — peut-être subit-il un refroidissement. Quoi qu’il en soit, il constate une enflure notable de son ventre, de son visage, particulièrement autour des yeux et aux membres inférieurs.

Céphalalgie continue; une certaine dyspnée; diarrhée depuis le purgatif. Pas de troubles de la vue ni de l’ouïe. Pas de perte des forces. Soif ardente, langue saburrale. T. R. = 38°. Albuminurie considérable.

Hémoglobine. . .

Pouvoir oxydant .

Matériaux solides

Ire analyse du sang :

88sr,54.

170 centimètres cubes.

68 grammes.

NÉPHRITE PARENCHYMATEUSE

5 mai. — Urine = 1500 grammes, brun noirâtre. Urée = 19 gr. 21.

6 mai. — — 1 000 grammes — 9 30.

7 mai. — — 1000 grammes - — 8 92.

Persistance de l’anasarque.

8 mai. — Urine = 1100 grammes, moins foncée. Urée=10 gr.

9 mai. — — 1 700 grammes — 13gr.40

10 mai. — Dyspnée, toux, diminution du murmure vésiculaire plus accentuée à droite, sonorité, râles sonores disséminés. Urine,

1 000 grammes.

12 mai. — Dyspnée croissante.

2e dosage du sang :

Hémoglobine 91 grammes.

Pouvoir oxydant 176 centimètres cubes.

Matériaux solides 69 grammes.

17 mai. — Urine: 2800 grammes, rouge acajou, toujours trouble; dyspnée, toux, crachats muqueux, nausées. A partir decetteépoque, il est traité par mon collègue Hallopeau avec plein succès. Le traitement a consisté en régime lacté, quelques révulsifs à la région lombaire et administration de fuschine.

19 mai. - — Urine : 2200 grammes, sanglante, renfermant toujours beaucoup d’albumine.

21 mai. — Urine : 2 600 grammes

24 mai. — ■ Urine : 3000 grammes, acajou clair; l’anasarque diminue, crachats muqueux abondants, quelques-uns striés de sang.

25 mai. — Urine : 2800 grammes, le malade désenfle à vue d’œil.

26 mai. — Urine : 2 600 grammes; sentiment de bien-être.

28 mai. — Le malade est exposé à un refroidissement, il se sent moins bien ; mal de gorge, céphalalgie. Urine : 2 000 grammes, redevenue brun foncé.

29 mai. — Urine : 1 000 grammes, presque noire. Epistaxis. Rougeur du pharynx, des amygdales et du voile du palais.

30 mai. — Urine : 1200 grammes, très foncée. Vomissement.

31 mai. — Urine : 1000 grammes, même couleur; — dysphagie. 1er juin. — Ganglions sous-maxillaires tuméfiés et douloureux.

Urine foncée : 600 grammes.

2 juin. — Urine : 1 100 grammes.

3 juin. — Urine : 1000 grammes, moins foncée. Urée : 8 gr. 96. 4. — Le mal de gorge est guéri. Urine : 2500 grammes. Urée :

22 gr. 05. La couleur de l’urine est jaune rougeâtre.

7 juin. — Urine : 2000 grammes jaune.

10 juin. — Urine : 1 700 grammes; beaucoup moins d’albumine. Urée : 10 gr. 71.

11 juin. — Urine : 2100 grammes; l’albumine n’existe plus qu’en petite quantité.

12 juin. — Urine : 2 500 grammes. L’appétit et les forces sont revenues.

14 juin. — Urine : 2 600 grammes.

17 juin. — Urine: 1500 grammes. Il sort de l’hôpital presque guéri.

E. — NÉPHRITE INTERSTITIELLE

L’hémoglobine se détruit notablement; à la période d’état on trouve souvent 75 grammes, parfois seulement 6 7 ®r 7 0 ; les variations se tiennent entre 70gr,2 et 75 grammes.

La destruction, moins considérable que dans le cancer, marche beaucoup plus lentement; son évolution dure plusieurs mois, elle est un peu moins forte que dans la tuberculose, bien que néphrite interstitielle et tuberculose marchent de pair pendant la lre et la 2e période ; mais la tuberculose est essentiellement destructive de l’hémoglobine pendant la troisième période, tandis que dans la néphrite insterstitielle, même avec cachexie, le taux reste encore au-dessus du chiffre observé dans la cachexie tuberculeuse.

Le pouvoir absorbant oscille entre 145 et 130 cent, cubes, atteignant en moyenne 135, descendant parfois à 125 cent, cubes.

Les matériaux solides du sérum se chiffrent par 80 grammes

NÉPHRITE INTERSTITIELLE.

pour 1 000 ; vers la fin de la période d’état, ces matières descendent parfois jusqu’à 74 grammes, de telle socle que le diagnostic est, dans certains cas, douteux. On rencontre, en effet, des malades qui présentent une bronchite secondaire d’origine rénale, et l’on se demande s’il s’agit de tuberculose simple ou bien d’une néphrite interstitielle avec bronchite, ou d’une tuberculose avec tuberculisation des organes génitaux, lésion qui expliquerait la petite quantité d’albumine.

Indépendamment des signes cliniques ordinaires, que je ne rappelle pas ici, on peut se fier au chiffre de l’hémoglobine; si le malade est cachectique avec 52 grammes d’hémoglobine, il faut conclure à une tuberculose.

Au contraire, dans le 1er et le 2° degré, comme la tuberculose détruit peu, et l’interstitielle beaucoup, si le chiffre de l’hémoglobine est au-dessus de 80 grammes, il indique la phtisie. S’il approche de 70 grammes, ce sera de la néphrite interstitielle.

Si l’on compare les matériaux solides de la néphrite interstitielle et de la tuberculose, on trouve à la phase cachectique que la dernière affection est plus destructive que la première des matériaux du sérum, de telle sorte que, dans certains cas douteux, si ces matières s’abaissent à 70 grammes, on se prononcerapourla phtisie; si, au contraire, le chiffre se maintient audessus de 74 grammes, on admettra la sclérose rénale.

C’est tout l’opposé pour le cancer comparé à la néphrite interstitielle. La diathèse cancéreuse est destructrice de l’hémoglobine, comparable en cela à la chlorose, mais respectant la composition du sérum, comme cette dernière, bien que toutefois le chiffre des matériaux solides s’abaisse un peu dans le cancer et descende vers 78 grammes.

On peut encore établir un parallèle entre les lésions héma-

tiques du petit rein et celles du gros rein blanc. Dans le premier, les matières solides ne descendent pas au-dessous de 74 grammes, tandis que dans le second cas ces mêmes matières se chiffrent par 60 et même 56 grammes pour 1 000 grammes.

En raison de l’aspect cachectique des malades on peut parfois, en clinique, hésiter entre un cancer latent viscéral et une néphrite; la lésion du sang peut alors éclairer le diagnostic : dans le carcinome, l’hémoglobine descend à 57 grammes; tandis que, dans la néphrite, elle reste à 67 grammes ou au-dessus.

De plus, l’albumine, les sels, les matières extractives restent au-dessus de 78 grammes dans les cas de cancer, tandis que dans la néphrite interstitielle ces matières descendent à 74 grammes.

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