‹ Chimie pathologiqueChapitre 89 sur 166 · HÉPATIQUES. — OEDÈME DES MEMBRES INFÉRIEURS. — IIYDRO · texte numérisé non relu

HÉPATIQUES. — OEDÈME DES MEMBRES INFÉRIEURS. — IIYDRO

PHLEGMASIE PLEURALE AYANT NÉCESSITÉ LA THORACENTÈSE.

La nommée H...., Cécile, ménagère, âgée de 32 ans, couchée au litn°37 de la salle Sainte-Marie (Hôtel-Dieu), est entrée à l’hôpita le 25 avril 1879.

Son père, sa mère et sa sœur ont des battements de cœur. Elle a un frère qui est mort d’un anévrisme?

Pas de maladies antérieures. — Réglée à 16 ans, régulièrement. — Pas d’enfants. — N’a jamais eu de rhumatisme. — Elle a toujours souffert du cœur; même dans son enfance, elle avait l’haleine courte et ne pouvait courir comme les enfants de son âge.

Elle ne s’est arrêtée dans son travail qu’au mois de décembre dernier 1878. — A la suite d’un refroidissement, elle fut prise de toux et de point de côté, entra à l’Hôtel-Dieu pour une pleurésie droite, dans le serviee de M. Moutard-Martin, où elle resta un mois.

Il y a huit jours, pour lapremière fois survint un œdème qui aurait commencé par les malléoles, pour de là remonter aux jambes et aux cuisses.

Celte femme est très nerveuse. — D’un caractère irascible, prête à pleurer ou à rire sans motifs ; ses palpitations sont fréquentes et s’accompagnent d’une sensation de boule qui l’étouffe. Elle a eu d’ailleurs à différentes reprises des attaques de nerfs pendant lesquelles elle crie et s’arrache les cheveux, mais sans perle de connaissance.

Aujourd’hui faciès pâle, anémié avec légère cyanose, dyspnée assez vive.

Le cœur bat avec précipitation. — Le pouls est fréquent, petit, irrégulier, inégal. Rien à la base. Souffle systolique en jet de vapeur à la pointe avec irradiation maxima du côté delà ligne axillaire. Dans la région de l’épigastre on entend le souffle plus doux de l’insuffisance tricuspide, se propageant du côté droit. Au cou, pouls veineux à grande amplitude systolique. — Au niveaudu foie, qui est volumineux et douloureux à la pression, on perçoit un battement systolique.

Eh outre elle a une hydrophlegmasie pleurale à droite. En avant, matité à droite jusqu’à la fosse sous-claviculaire. En arrière, matité dans toute l’étendue jusqu’à l’épine de l’omoplate. La sonorité reparaît dans la fosse sus-épineuse. En arrière à droite, souffle pleurétique aigu, superficiel, étalé, diffus, avec maximum d’intensilé à la limite supérieure du liquide. C’est aussi làquese trouve le maximum d’intensité de l’égophonie. A la base droite, dans le tiers inférieur, abolition complète du murmure respiratoire.

A gauche, le cœur est refoulé vers la ligne axillaire. Rien à la pression ni à l’auscultation à droite.

En présence de ces signes, le diagnostic est : lésion mitrale datant probablement de l’enfance, insuffisance tricuspide avec battements hépatiques. — Œdème des membres inférieurs. Épanchement pleural très abondant.

ll’rdosageavantla ponction:

Hémoglobine 98 grammes.

Pouvoir oxydant 190 centimètres cubes.

Matériaux solides 104 grammes.

A partir de là la sérosité augmente dans la'’plèvre; le 7 mai, l’oppression était vive, et le lendemain se déclarait un accès de dyspnée. En présence de ces accès de dyspnée, de cette cyanose et de l’épanchement considérable, nous n’hésitons pas à pratiquer la thoracentèse ; on ne lui retire que 1 300 grammes de liquide, et à dessein. Ce fut très heureux, car deux heures après la ponction elle éprouvait de la dyspnée plus vive, et toute la journée elle expectora de la sérosité albumineuse en assez grande quantité ; en même temps on constatait l’existence de petits râles sous-crépitants de congestion pulmonaire. Les jours suivants, la température vaginale s’élève à 39, 38», 7, 39°, 3.

2e dosage, 3 jours après la ponction :

Hémoglobine 72er,91.

Pouvoir oxydant 140 centimètres cubes.

Matériaux solides . - . 68gr,78.

Pris 5sr, 103 qui donnent résidu sec 0er,351 .

Remarque. — Notons encore ici la diminution assez considérable de l’hémoglobine à la suite de la thoracentèse, quiané-

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