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CHAPITRE III

COLLODIO.\ ALDUMïi\K. PROCÉDÉ TAUPENOT.

§ 117. Le procédé Taupenot [Bulletin de la Société française de Photographie, U® année, page 233) est, selon nous, celui qui réalise le mieux les conditions que l’on recherche dans le collodion sec; par une alliance heureuse de l’albumine et du collodion, on obtient une préparation qui participe des propriétés photographiques de ces deux corps et réunit la rapidité du collodion, la finesse de l’albumine, une dessiccation si complète de la couche photographique, que l’ongle n’entame celle-ci que difficilement, et une sensibilité qui se conserve encore un an et demi après l’immersion dans le bain d’azotate d’argent.

Nous n’avons changé que très-peu les indications données par fauteur; toutes les modifications proposées par divers opérateurs peuvent simplifier peut-être les manipulations, mais le jilns scmvent elles donnent des résultats qui nous ont paru nioins certains et moins

COLLODIOIN.

bons. On l'oprocbo a ce procédé le temps considérable que demandent les préparations premières; elles sont, il est vrai, moins simples que les précédentes, mais on oublie trop souvent que ces préparations peuvent être faites, si on le veut, bien des mois a l’avance, et que l’on peut ainsi mettre à profit les plus mauvaises journées de l’année.,

§ 118. Nettoyage de la glace. — Pour le procédé Taupenot, de même que pour l’albumine, le nettoyage de la glace est le point le plus important duquel dépend le plus souvent le succès ou l’insuccès; les soulèvements, les cloches, dont le nombre va toujours en augmentant à mesure que les préparations se succèdent et qui font le désespoir de ceux qui essayent ce procédé, ont rarement d’autres causes qu’un mauvais nettoyage.

On commence par passer sur la glace un tampon de coton imbibé d’une forte solution de potasse caustique (i5 grammes de potasse caustique, pour 20 centimètres cubes d’eau environ) ; on doit maintenir ce tampon avec une pince en fer, car cette solution serait assez forte pour altérer la peau; ce premier nettoyage alcalin a pour but d’enlever toutes les matières grasses. La glace, posée ensuite sur le cadre à vis (§ 99, 2 1 ), est nettoyée avec le plus grand soin d’après la marche indiquée au § 99.

La première face étant propre, on répète l’opération pour l’autre face que l’on se propose de sensibiliser; puis on passe la paume de la main sur les quatre bords rodés de la glace, pour en faire tomber toutes les poussières; en dernier lieu on essuye légèrement les deux surfaces avec un moucfioir de soie, et on met la glace dans une l)oiie a rainures, ou mieux encore on la dresse sur un angle en l’appuyant contre le mur.

Au luomeut d’étendre le collodion, eoninie eette opération doit se faire peu de temps après le nettoyage de la glace, il ne faut guère en nettoyer plus d’une douzaine à l’avance, on passe seulement un blaireau (brosse de doreur) sur la surface pour enlever toute la poussière qui aurait pu s’y déposer. La glace est ainsi bien nette, et on évite un frottement répété qui pourrait y développer de l’électricité et par conséquent attirer les poussières.

§ 119. Collodion. — 11 est nécessaire que la couche de collodion soit très-adhérente a la glace. Aussi faut-il ne pas mettre un excès d’alcool dans le collodion qui doit être très-fluide. Voici la formule indiquée :

Éther à 62” loo^’’

Alcool à 4o". . . 25

Coton-poudre î

lodure d’ammonium. ....... 1

Bromure d’ammoniinn o,25

Cependant tout bon collodion peut être employé indifféremment en ayant le soin d’y ajouter le quart environ de son volume d’éther rectifié. On ne doit pas, comme Font conseillé quelques auteurs, garder pour ce procédé les collodions qui marchent mal à l’état humide; on obtiendrait ainsi de moins bons résultats : il faut avant tout rechercher un collodion très-sensible.

Ce collodion étant très-fluide, et contenant beaucoup d’éther qui s’évapore facilement, on doit couvrir assez rapidement la glace si l’on veut avoir une belle couche uniforme. Le meilleur moyen est de verser le collodion -au milieu; il s’étend en rond. On lui fait gagner doucement jusqu’aux angles du haut d’abord, et on le reverse par l’angle droit du bas dans un entonnoir fermé par un léger tampon de coton et dont la douille est entrée dans

COLLODION

un flacon. Le coilodioii ainsi flUré, est de nouveau bon à servir; on peut ajouter un peu d’étber pour lui rendre sa fluidité première, que l’évaporation lui a fait perdre.

La glace collodionnée est placée immédiatement, d’après la marche indiquée § 101 , dans le bain d’argent suivant :

Nitrate d’argent cristallisé ou fondu. 7^’

Eau distillée 100

On laisse la glace pendant cinq minutes dans ce bain, et, après l’avoir égouttée, on la met dans une cuvette pleine d’eau filtrée avec soin; on l’agite dans cette eau, on la passe de la même manière dans une seconde cuvette, on la rince, si l’on peut, sous le robinet d’une fontaine filtrante, on y verse à deux ou trois reprises de l’eau distillée, et, plaçant l’angle sur plusieurs doubles de buvard, on la met égoutter pendant une minute environ; la reprenant ensuite comme pour verser le collodion, on la recouvre d’une couche d’albumine préparée (§ 120). Cette opération et la suivante peuvent être faites au jour sans inconvénient.

§ 120. Préparation de l albumine. — Dans un vase gradué mettez un certain nombre de blancs d’œufs, suivant la quantité d’albumine que vous voulez préparer (comptez par œuf énviron 3o centimètres cubes de blanc, soit huit oeufs moyens pour avoir 240 centimètres cubes d’albumine), versez-les dans un plat creux, séparez avec soin les germes que vous rejetez, et pour :

Albumine

Ajoutez :

Eau distillée 5o

lodure d’ammonium (iodhydrate d’amnioniaque) 2S'‘,5o

DEUXIÈME PxVRTlE.

Bromure d’aiumonium ( bromhydrale

d’ammoniaque) (i)

Ammoniaque liquide pure Sucre blanc

M. de Brebisson a remplacé le sucre par la dextrine : il en fait dissoudre à chaud 3o grammes dans les 5o centimètres cubes d’eau, y ajoute les iodures et bromures solubles et (après refroidissement) l’ammoniaque; puis il verse le tout dans Falbumine.

Cette préparation, qui donne des résultats excellents,, altère les bains d’argent un peu plus vite que la précédente, parce qu’elle peut y provoquer la formation d’une petite quantité d’acide formique.

L’addition du sucre ou de la dextrine a pour but de donner plus de souplesse a la couche d’albumine.

On bat le tout en neige, avec une fourchette de bois ou d’argent, jusqu’à ce que la mousse soit assez épaisse pour que la fourchette la coupe, pour ainsi dire, en morceaux résistants. On laisse reposer vingt-quatre heures, on décante doucement les quatre cinquièmes de la partie redevenue liquide dans un flacon à l’émeri bien propre, et on la conserve pour s’en servir au moment. Ainsi préparée, l’albumine se garde très-longtemps; il faut seulement avoir soin qu’elle sente toujours l’ammoniaque (2).

(1) On peut se servir également bien de l’iodure et du bromure de potassium; il faut avoir soin de mettre dans le flacon qui renferme l’iodure de potassium solide, quelques cristaux d’iode qui ne tardent pas à donner à l’iodure de potassium une forte coloration jaune-orangé. On évite ainsi, dit-on, une infinité de petites taches qui se forment sur les épreuves.

(2) On se sert souvent de l’albumine fermentée; quelques personnes préfèrent cette préparation, que l’on obtient de la manière suivante ;

Dans une terrine de terre vernie parfaitement propre , mettez tout de suite une assez forte proportion de blancs d’œufs, 20 ou 40. par exemple,

§ 121. Application de T albumine. — Pour verser l’albiimine sur la glace, on prend celle-ci par l’angle opposé à celui que l’on tenait lorsqu’on a étendu le collodion ; on verse sur l’angle droit supérieur ralbumine, que l’on fait couler vers î’angle gauche; puis, relevant doucement la glace, on fait arriver la couche d’albumine, en nappe uniforme autant que possible, vers les angles du bas; on laisse écouler quelques gouttes, qui entraînent avec elles l’excès d’eau ; on incline la glace dans le sens inverse, de manière que l’albumine retourne en couche vers les angles supérieurs; on la fait revenir une dernière fois vers la main; on reçoit dans un nouveau flacon l’excédant du liquide, qui peut encore servir, mais seulement après filtration: il faut bien se garder de remettre l’albumine dans le même flacon. L’albïimine étant égouttée, on pose la glace sur des doubles de buvard, en la faisant porter sur l’angle par lequel l’albumine s’est écoulée, et on laisse sécher complètement.

qui donneront 5oo ou 1000 centimètres cubes d’albumine; ajoutez pour

T 00 centimètres cubes :

Miel blanc.. îo^*'

îodure de potassium i

Bromure de potassium o,3o

Levure de bière. 2 à 3

Battez le tout pour bien mélanger, et, sans couvrir le vase que l’on met, seulement à l’abri de la poussière, abandonnez le mélange pendant quelques jours à une température de 18 à 25*^. Il s’établit bientôt une fermentationquidétruitles celluleset décompose le miel, en donnant une mousse abondante. Le produit prend uneodeurdebière caractéristique; au bout de quelque temps la mousse tombe, l’opération est terminée. On fdtre cette albumine, qui passe limpide comme de l’eau, et est prête à .servir. On peut, la fermentation terminée, ajouter au liquide ainsi obtenu une petite quantité d’ammoniaque caustique pure; la filtration se fait alors mieux et l’albumine se conserve sans s’altérer, même dans les flacons entamés. On partage cette albumine dans une série de petits flacons de 100 grammes bien bouchés, pour s’en servir au besoin.

l8o DEUXIÈME PARTIE.

Nous recommandons de faire sécher les glaces dans une pièce qui ne soit pas humide, comme le serait un rez-dechaussée par exemple : dans ces conditions nous ii'avons jamais pu obtenir une couche qui ne se soulevât pas, tandis que des glaces préparées de la même manière, abandonnées dans une pièce parfaitement sèche, ne présentaient pas le moindre soulèvement.

En cet état la glace n’est pas sensible, elle peut se conserver indéliniment; l’iodure de potassium ou d’ammonium contenu dans l’albumine anéantit la sensibilité que le bain d’argent avait donnée au collodion.

§ 122. Sensibilisation. — Pour sensibiliser la glace, on la plonge d’un coup dans le bain d’acétonitrate suivant :

Eau distillée

Nitrate d’argent 8®''

Acide acétique 8 (0

Il est nécessaire que la couche albuminée reçoive l’impression de ce bain sans le moindre temps d’arrêt, car chaque arrêt serait marqué par un fil traversant toute la glace. Les cuvettes a recouvrement nous paraissent les plus commodes pour cette opération. Avec un peu d’habitude, on parvient tout aussi bien avec la cuvette inclinée [fig- 23), en abaissant la glace avec le crochet d’argent. La glace, relevée au bout d’une demi-minute, est lavée d’abord dans deux cuvettes d’eau filtrée, puis égouttée, et l’on fait couler a la surface, avec la fiole à laver [fig> 27 et 28), deux couches successives d’eau distillée. L’eau distillée est excellente; toutefois nous

(1) On peut se servir de ce bain ])Our nitrater la couche de collodion (§ 119); on obtient à très-peu près les memes résultats qu’avec le bain sans acide acétique.

COLLODION

avons cru remarquer qu’une eau Irès-légèrenient chlorurée ( 5o centigrammes de chlorure de sodium pour looo d’eau), employée comme dernier Image ^ donnait des couches qui se conservaient peut-être mieux encore qu’avec l’eau distillée.

La glace est ensuite dressée sjir un angle et abandonnée à sécher dans l’obscurité la plus complète, e‘àv elle est alors très-sensible. Bien préparée selon cette méthode, cette glace est bien plus sensible qu’apprêtée a l’albumine ordinaire, cinq à six fois moins sensible qu’au collodion humide. Avec l’objectif double on peut prendre en quelques secondes des vues bien éclairées; avec l’objectif simple, l’exposition doit être prolongée suivant les diaphragmes, la lumière, etc., etc. La sensibilité diminue un peu lorsque les glaces sont préparées depuis quelque temps, néanmoins elles peuvent se conserver sensibles pendant plusieurs mois.

§ 123. Développement de r image. — L’épreuve est ensuite développée par la solution suivante :

Eau

Acide gallique 3

Acide pyrogallique. . i

Alcool 20

Acide acétique. ..... 5

Pour le voyage nous avons modifié cette formule d’une manière très-commode, en substituant l’acide citrique à l’acide acétique. On prend :

Acide gallique

Acide pyrogallique. ... 5 Acide citrique. 5

On broie le tout dans un mortier de manière à en faire un mélange intime que l’on renferme dans un petit

Üacoü. On a ainsi tout prêt sous un pelit volume un mélange dont on dissout ugramme environ dans un grand verre d’eau, etlasoiulion est toute prête pour développer l’épreuve.

Le meilleur moyen pour le développement eonsiste à j)rendre une cuvette de verre encadrée de bois, la retourner pour se servir du dessous au lieu du dessus, la relever un peu d’un côté de manière à ce que le fond devienne un plan légèrement incliné ( Jig. 23); c’est sur cet envers ({u’on verse la solution gallique, et avec le crochet d’argent on abaisse la glace sur la solution, le côté impressionné en dessous. On doit éviter les temps d’arrêt et les bulles d’air, qui donneraient des taches. Pour éviter ces accidents, il est bon de passer d’abord l’eau distillée sur la glace et de la renverser humide; le liquide monte ainsi d’un bout à l’autre avec une grande régularité. On relève aussitôt la glace, et pour une dimension de 21 x 27, on ajoute dans la cuvette, en ayant le soin d’agiter, 2 04 centimètres cubes d’une solution d’argent a 2 grammes d’azotate d’argent pour 100 d’eau, on abaisse de nouveau l’épreuve et, après l’avoir remontée plusieurs fois pour l)ien faire le mélange, on la laisse sur son crochet,, afin qu’elle ne touclie pas le fond de la cuvette; on la soulève de temps en temps, et on la surveille.

Cette formule est loin d’étre absolue; elle peut être, au contraire, modifiée de la manière la plus large. Une proportion j)lus considérable d’acide pyrogallique et d’azotate d’argent donnera des noirs plus intenses. Pour les sujets heurtés il faut au contraire étendre beaucoup les solutions et diminuer la dose d’azotate d’argent; c’est à l’opérateur à faire varier ses réactifs selon les effets qu’il veut obtenir. Nous avons donné ici des dosages moyens.

(fhsefvalùms. — S’il se lorme un dépôt, il tombe au

COLLODION

fond et ne peut pas venir couvrir l’épreuve. — Si le liquide devient trop noir, trop boueux, on le renouvelle, en ayant le soin auparavant de bien laver, bien essuyer la cuvette et de rincer la glace a l’eau distillée. — S’il se forme à la surface de l’épreuve un dépôt d’argent faisant tache, ce qui provient soit de ce que la glace a été touchée, soit de ce que la dessiccation a été mal faite ou de ce quele lavage a étéopéréavec une eau très-impure, il faut, aussitôt qu’on l’aperçoit, retourner la glace, la mettre horizontale, la couvrir soit d’eau distillée, soit de la solution gallique, et, avec un léger tampon de coton dont le liquide adoucit le frottement, chercher a enlever ce dépôt. On sauve ainsi très-souvent des éj)reuves, qui sortent ensuite très-helles, et auraient été perdues sans ce petit tour de main.

Le temps nécessaire au développement peut varier dans des proportions considérahles, de dix minutes a vingtquatre heures; si par des circonstances accidentelles il faut interrompre le développement d’une image, on lave la glace a l’eau distillée, on la dresse sur l’angle, onia laisse dans une obscurité complète, et avec une solution fraîche on reprend de nouveau le développement aussitôt qu’il est possible, deux ou trois jours après si l’on ne peut faire autrement. Ce procédé, on le voit, rachète amplement par de grandes qualités ce que la préparation un peu longue des glaces peut présenter d’ennui. Lorsqu’on se sert de verres au lieu de glaces, il arrive souvent que, le verre n’étant pas parfaiteinent plan, on a, par le fait même de la courbure, des couches inégales de liquide révélateur, ce qui amène dans le développement de l’image des inégalités de teintes très- fâcheuses; on doit dans ce cas ou donner plus de profondeur à la couche de liquide, ou immerger la glace complètement dans le bain, en mettant l’épreuve

en dessus; il faut alors agiter fréquemment le liquide dans la euvette pour empêcher la formation de marbrures qui perdraient l’épreuve.

§ 124. Fixage. — Lorsque Timage est arrivée au point que l’on désire, on la lave avec soin et on l’examine avant de la fixer. Si elle est bien vigoureuse, on la fixe dans une solution d’hyposulfite de soude à lo pour loo jusqu’à ce que tout l’iodure d’argent soit dissous. Si l’on craint qu’elle ne perde trop sous l’influence de l’hyposulfite de soude concentré, on peut ne la iaisser que quelques minutes dans l’hyposulfite à 3 pour loo : on examine de nouveau et on arrête le fixage aussitôt qu’on aperçoit que la couche d’iodure devient un peu plus transparente. Il faut que l’épreuve ne reste pas assez longtemps dans l’hyposulfite de soude pour que la couche d’iodure soit enlevée inégalement : il se produirait des marbrures qui seraient visibles sur le positif.

On peut encore ne pas fixer du tout, mais il faut alors un lavage très-soigné; l’épreuve ne s’altère plus sensiblement : néanmoins il est encore préférable de passer dessus une solution de bromure de potassium à :2,5 pourioo, et de laver ensuite.

Le fixage peut ne pas être fait immédiatement : en voyage nous n’emportons jamais d’hyposulfite de soude dans nos caisses; après le lavage, la glace est enfermée et fixée seulement au retour.

§ 125. Vends. — L’image ainsi obtenue sur verre est très-solide et le plus souvent n’a pas besoin d’être vernie; mais dans les cas où elle est sortie avec difficulté, où la majeure partie de l’argent réduit s’est déposée à la surface de l’épreuve, le négatif ne pourrait pas résister au

tirage de nombreux positifs, parce qu’il serait altéré par ie moindre frottement : dans ce cas il faut le vernir. Une couche d’albumine non iodurée et séchée forme un excellent vernis qui donne moins de transparence que les vernis résineux précédemment indiqués. Ceux-ci néanmoins peuvent s’appliquer avec succès dans une foule de circonstantes: on peut employer également bien la solution d’ambre dans le chloroforme contenant 5o pour loo d’éther, ou l’ambre jaune fondu dissous dans la benzine.

§ 126. Manière de conserver les glaces. — La manière de conserver les glaces préparées est très-simple; quelques personnes les gardent dans des boîtes à rainures, mais le moyen suivant est préférable: on prend un ruî)an de soie large de 2 centimètres environ ; on colle sur chaque côté une bande de carton mince dont la largeur est le tiers du ruban, de sorte que le milieu du ruban n’est pas couvert; on met de ces rubans a cheval sur chacun des grands côtés de la glace, et on place ensuite les glaces les unes sur les autres, les deux côtés sensibilisés se regardant; on les assortit en paquets de six a douze glaces; sur les deux côtés du paquet 011 met un papier noir, puis une planchette de bois; on assemble le tout avec un ruban, on envelope dans une feuille de papier, puis dans une toile noire, et on les place au sec pour s’en servir au besoin. Ce procédé est également le meilleur pour emporter les glaces en voyage : lorsque celles-ci sont un peu grandes, elles sont infailliblement brisées par les chocs des voitures ou chemins de fer, si on les laisse dans des boîtes à rainures.

MOI)iFICATIO.\S AU UKOCÉUÉ TAUl‘ENOr.

§ 127. li résulte des travaux laits par i\i. ilayard, M. Gaiitné et par Lelireton, (pi’il esl possible de sim-

plifier le procédé Taupenot, et d’obtenir d’excellentes épreuves.

M. Gaunié emploie un collodion non ioduré qu’il étend sur la glace à la manière ordinaire; il lave immédiatement dans l’eau jusqu’à ce que celle-ci coule en nappe continue, au lieu de mettre dans le bain d’acétonitrate d’argent; il égoutte et verse l’albumine préparée, comme nous avons indiqué ci-dessus; il laisse sécher et fait tout le reste des opérations comme l’indique Taupenot : on n’a plus ainsi qu’une seule immersion dans le bain d’acétonitrate d’argent, celui qui donne définitivement la sensibilité à la glace.

Le procédé de madame Lebreton consiste à verser une couche d’albumine pure sur une glace préparée au collodion humide et bien lavée. On expose sans qu’il y ait besoin d’une nouvelle sensibilisation, on développe et on fixe comme il est dit plus haut.

§ 128. Modification du collodion albuminé par MM , P estchier et Mann. glaces sont préparées parles moyens

ordinaires; seulement, au lieu de les recouvrir d’albumine indurée, on les recouvre d’albumine chlorurée contenant de 2 à 4 grammes de chlorure de sodium par litre. On laisse sécher; la glace est alors insensible à la lumière: pour lui rendre sa sensibilité, il suffit de la laver abondamment dans l’eau de pluie ou l’eau distillée; le chlorure de sodHim étant ainsi éliminé, on laisse sécher dans l’obscurité, et la glace est prête à servir: elle peut rester très-longtemps sensible. On développe et fixe comme à l’ordinaire.

S 128 \)\^. Collodion albuminé. Procédé de M .Fotherghdl. — Ce [)rocédé diffère notablement des précédents, bien que

COLLODlOiN.

Fon emploie également l’albumine comme moyen préservateur. Lorsque la glace a été sensibilisée, puis lavée à l’eau (le pluie filtrée, 011 la laisse égoutter une demi-minute, et on verse àla surface de l’albumine simple étendue de 25 pour loo d’eau distillée battue en neige et décantée après repos. On laisse cette albumine une minute sur la glace, on déverse l’excédant, et on fait passer sur la glace un courant d’eau distillée qui la lave parfaitement; on doit observer de faire tomber cette eau avec précaution. H reste seulement un peu d’albumine emprisonnée dans les pores du collodion; cette petite quantité est suffisante pour conserver la sensibilité. On laisse sécher à l’abri de la lumière, et la glace est prête a être employée; elle se conserve sensible pendant très-longtemps.

§ 129. M. Bayard a proposé de remplacer ralbumine par un bain de gélatine, ce qui simplifie encore plus l’opération; il prépare le bain de gélatine de la manière suivante :

Eau filtrée

(iélatine épurée

il fait dissoudre au bain-marie et ajoute :

lodure de potassium 1 2^'

Bromure de potassium.. . 3

Il filtre et lave ensuite largement dans ce bain, maintenu a une température tiède,^ la glace préalablement recouverte de collodion non ioduré.

Après avoir laissé sécher la glace à l’abri des poussières et nettoyé l’envers avec un linge mouillé, il sensibilise, lave, laisse sécher, puis expose comme avec une glace préparée d’après le procédé Taupenot.

L’épreuve est développée d’après les indications données au § 123.

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