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ÉPÎŒUVES POSITIVES DIRECTES SUR COLLODION

§ 136. Si l’exposition à la chambre noire est rapide et que la préparation ne soit pas d’une sensibilité telle, qu’elle ne puisse supporter la plus légère lumière diffuse, l’impression lumineuse n’est pour ainsi dire que locale, et lorsqu’on développe l’image, l’argent se dépose principalement sur les parties qui correspondent aux lumières, beaucoup moins sur les demi- teintes et nullement sur les ombres. Si, avec un dissolvant, on enlève la couche jaunâtre 'd’iodure d’argent, le collodion reprend toute sa transparence dans les noirs; les clairs et les demi-teintes sont accusés par l’argent réduit, et la glace placée sur un fond noir présente par réflexion l’aspect d’un positif ayant toutes les finesses d’une bonne épreuve sur plaque sans

en avoir le miroitage, tandis que par transparence l’image est à peine visible.

On voit que la première condition dans ce procédé, pour obtenir des noirs bien transparents, est de ne pas avoir de voile général sur l’épreuve, comme- cela a presque toujours lieu dans les négatifs ordinaires. Il faut des glaces d’une propreté absolue, la plus légère tacbe invisible par transparence devenant très-visible par réflexion ; il faut enfin un temps de pose rigoureusement exact, assez long pour que tous les details puissent sortir, assez court pour qu’ils ne soient pas noyés dans les vigueurs.

Les procédés de préparation du collodion (sensibilisation, développement et fixage)' sont les mêmes que pour le collodion ordinaire; seulement les dosages sont un peu différents et dépendent de l’objet que l’on se propose.

Si l’on veut obtenir des épreuves positives destinées à rester sur le verre, on doit se servir d’un collodion trèsfluide, très-transparent; il suffit pour l’obtenir d’augmenter la dose d’éther. Si l’on doit au contraire transporter ces épreuves sur fond noir, sur toile cirée par exemple, comme il faut pour ce transport un collodion plus corsé, on augmente un peu la dose du coton-poudre et de l’alcool.

M. Adolphe Martin, dès les premiers temps de la découverte du collodion, a publié une brochure sur les épreuves positives directes, dans laquelle il a donné les formules suivantes :

Éther

Alcool • 125

Colon

Ajoutez a cette solution la suivante :

Alcool

lodure d’ammoniinn ou de polassiurn.

Vzotate d’argent

Le précipité qui se forme au premier moment se dissout par l’agitation.

On sensibilise dans un bain d’azotate d’argent à 5 pour loo d’eau, acidulé par 2 ou 3 grammes d’acide nitrique.

On développe par une solution de sulfate de fer à saturation additionnée de quelques gouttes d’acide sulfurique, et on fixe après lavage par une solution de cyanure double d’argent et de potassium formée de

Eau I oü

Cyanure de potassium ...... 2,5

Azotate d’argent 0,4

Autres formules pour épreuves positives directes :

1“ Éther 67*^% O

Coton-poudre o®‘’,5

Alcool

lodure de potassium os^,5

2^^ Aieme composition en remplaçant Tiodure de potassium par Tiodure d’ammonium sec (Lg collodion se voile plus

facilement.)

Les formules que nous avons données pour le collodion bumide ordinaire, sont également bonnes pour obtenir des épreuves directes, surtout si l’on ajoute à ce collodion quelques parcelles d’iode.

Bdin (J’arge/it,

Nitrate d’argent cristallisé. . Ss*"

Eau J 00

Acide nitri(|Lie . 2 à 3

• L’<‘xposition est beaucoup plus courte que pour les éjireuves négatives, la venue est très-souvent instantanée. L’image peut être développée par l’acide pyrogallique.

COLLODION. ^201

mais le plus souvent on se sert du sulfate de protoxyde de fer.

Dans le cas où l’on emploie l’acide pyrogallique, on doit doubler la quantité d’eau des formules ordinaires pour avoir une solution moins énergique :

Acide pyrogallique

Eau 5oo

Acide acéti(iue 2.0

Alcool • • • 5o

L’acide acétique paraît préférable a l’acide citrique, qui donne des blancs moins brillants. L’addition de l’alcool a pour but de faire étendre le liquide uniformément sur la glace sans qu’il se forme de tacbes.

Le sulfate de protoxyde de fer fait paraître l’épreuve plus rapidement après un temps de pose plus court. On

prend :

Solution saturée de sullate de fer. . . 100^'=

^ Eau • 600

Acide acétique 20^^

Alcool 20

Nous ajoutons ordinairement à ce bain de fer, destiné a faire paraître les images positives directes, 2 à 3 centimètres cubes d’acide sulfurique ordinaire; on obtient ainsi des blancs d’argent métallisé excessivement brillants et d’un très-bel effet, au lieu du ton gris-jaunàtre que donnent le plus souvent les épreuves développées sans acide sulfurique ( i ; .

(1) La théorie demande en elfet cette adjonction de l’acide sulfurique, sans cela il se dépose sur l’épreuve en même temps que Targent réduit un sulfate de peroxyde de fer basique insoluble, qui donne à l’image un ton ocreux désagréable. La présence de l’acide sulfurique em|)êche la formation de ce sulfate basique, et permet à l’argent de se déposer dans un grand état de i)urete et parfaitement brillanL.

On verse cette solution sur la glace, et on l’y maintient jusqu’à ce que l’image soit complètement développée.

On lave l’épreuve à grande eau, et on la fixe avec une solution de cyanure de potassium à 2 pour 100. On examine l’image par réflexion en la plaçant sur un fond noir; elle doit offrir tous les détails du modèle.

Si l’on fixait avec l’hyposulfile de soude, on pourrait avoir également de bons résultats, mais à la condition de laver l’épreuve longtemps pour enlever l’acide provenant soit du bain de nitrate d’argent, soit du bain réducteur; sinon, par suite de la décomposition de l’hyposulfite de soude au contact de l’acide, l’argent qui forme les blancs de l’épreuve se sulfurerait et deviendrait noir ou plus ou moins gris.

On peut faire blanchir les épreuves positives directes au moyen du bichlorure de mercure, d’après le procédé suivant : l’épreuve bien lavée est couverte d’une solution de bichlorure de mercure à saturation; l’image noircit d’abord, puis elle blanchit graduellement et prend un grand éclat, mais elle conserve un aspect général froid qui ne plaît qu’à peu de personnes. On recouvre l’épreuve d’un vernis incolore et l’envers est placé sur un fond noir. On peut aussi employer un vernis noir au bitume de Judée, composé d’après la formule suivante :

Essence de térébenthine - . . loo^'’ Jîitünie de Judée pulvérisé. 20

(Jire blanche 4

Noir de bougie • à 2

On fait fondre ce mélange à une douce chaleur en remuant continuellement, on le passe à travers une étoffe de laine, et on l’étend ensuite avec un blaireau sur le côté collodionné de l’épreuve. Le vernis fait toujours perdre

ALBUMINE. 2o3

à l’épreuve une partie de son brillant métallique : il serait préférable de ne pas vernir.

§ 137. Transport de l’épreuve positive sur toile cirée. — Nous avons vu qu’on pouvait transporter facilement sur papier soit un négatif, soit un positif indirect sur collodion; on peut de même transporter sur un fond noir les épreuves positives directes, et on prend ordinairement comme fond de la belle toile cirée. On commence par préparer un collodion plus riche eii alcool et en coton que les collodions ordinaires, afin qu’il soit possible de le détacher facilement de la glace; l’épreuve étant encore humide, on nettoie la toile cirée, on la recouvre d’une couche de gomme, on l’applique lentement sur le collodion humide, on facilite l’adhérence par un frottement fait avec soin, et on détache la couche en la soulevant légèrement par un angle, et en s’aidant d’un filet d’eau. Si le collodion ne se détachait pas régulièrement, on faciliterait cette opération en l’immergeant quelques minutes dans un bain acidulé par l’acide sulfurique, avant d’appliquer la toile cirée. Les résultats obtenus sont d’une grande finesse, mais d’un effet artistique douteux.

SECTION IJi.

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