‹ Chimie photographique (volume 2)Chapitre 30 sur 96 · PROCÉDÉ DE M. PORTIER · texte numérisé non relu

PROCÉDÉ DE M. PORTIER

§ 138. Préparation de l albumine. — Versez vos blancs d’œufs, sortant de la coquille, dans une éprouvette, et ajoutez par loo centimètres cubes du volume i gramme d’iodure de potassium ordinaire, pris dans un flacon dans lequel on aura projeté quelques grains d’iode, assez pour que celui-ci soit resté en excès. (On évite ainsi les points noirs si désespérants pour les photographes.)

Transvasez ensuite vos blancs d’œufs dans une capsule et battez-les en neige; au bout de vingt-.quatre heures la liqueur bonne a employer se sera déposée au fond de la capsule.

§ 139. Nettoyage des glaces. — Ayez du blanc d’Espagne délayé dans l’eau ordinaire en pâte assez épaisse pour qu’elle ne coule pas; lorsqu’il sera étendu sur la glace, laissez sécher; puis, avec un linge propre ou du papier de soie, nettoyez jusqu’à ce que tout le blanc ait disparu.

§ 140. /a —Disposez quatre petits

instruments : deux pipettes [fig. 2^), un agitateur en verre et un petit poinçon fait d’une aiguille fixée par la tête dans un morceau de bois gros comme un crayon or-

2oG deuxième PAP.TIE.

dinaire. Mettez votre glace sur un plan incliné de lo degrés au plus, déposez-la sur un papier blanc, afin de

(Fig. 29.)

mieux voir ce que vous ferez. Enlevez ensuite avec un blaireau les légères poussières qui restent après le nettoyage; puis prenez la pipette n"" i (l’ouverture de cette pipette devra être grande au plus comme le trou que ferait une épingle ordinaire), plongez-en l’extrémité dans l’albumine, et aspirez de manière a la remplir jusqu’aux deux tiers du tube de votre albumine préparée. Vous n’aurez pas une seule bulle. Promenez votre pipette sur la glace, comme si vous vouliez faire une teinte plate, en commençant parle haut, de gauche à droite; revenez de droite à gauche, pour recommencer de gauche à droite, et ainsi de suite, jusqu’aux trois quarts de la glace. Le papier

ALBIJMllNi:.

blanc placé dessous vous permettra de suivre parfaitement l’opération, c’est-à-dire de voir ce qui est couvert et ce qui ne l’est pas. Ensuite, au moyen de l’agitateur en verre, achevez de couvrir la glace avec l’albumine déjà étendue. Enfin si vous remarquiez soit une bulle presque imperceptible, soit une impureté, enlevez-les avec le poinçon. A la fin de l’opération, l’albumine aura formé un bourrelet au bas de la glace. Prenez alors la pipette n® 2 (gardez-vous de reprendre la pipette n^ 1, vous auriez inévitablement des bulles), aspirez l’excédant d’albumine qui forme ce bourrelet, et votre opération sera terminée. Il ne s’agit plus maintenant que de placer la glace sur un plan parfaitement horizontal et de la laisser sécher dans une armoire ou tout autre endroit à l’abri de la poussière.

Les boîtes fermées que l’on a construites jusqu’ ici pour faire sécher les glaces albuminées sont vicieuses, en ce qu’elles interceptent l’air qui est indispensable. On peut superposer dans un cadre disposé à cet effet plusieurs glaces les unes sur les autres, en ayant soin de les distancer suivant leur grandeur ifig. 3o). La distance d’une

^Fig. 3o )

2o8 deuxième partie.

glace à l’autre doit être au moins de 5 centimètres pour les glaces de 27 sur 21; elle doit être de lo centimètres pour celles d’une grandeur double. Le maximum de la température du lieu où sèchent les glaces ne doit pas excéder ! 8 degrés centigrades. A cette température, elles sont sèches au bout de douze heures. On peut les préparer le soir et les employer le lendemain.

§ 14Î. Sensibilisation. — Les glaces sont sensibilisées sur le bain d’argent suivant :

Eau disliliée. loo^*’

Azotate d’argent ro

Acide acétique.. .... to

On procède comme pour le collodion, § 101. La glace albuminée doit rester une minute dans le bain; on la met ensuite dans une cuvette pleine d’eau distillée ou d’eau de pluie, où on la laisse jusqu’à ce que l’on ait ni~ traté une autre glace, deux ou trois minutes environ; on la place ensuite sur un pied, et on la lave avec de l’eau distillée ou de l’eau de pluie; on la laisse sécher sur un angle.

Les glaces nitratées peuvent se conserver quinze jours en été. Pour les conserver plus longtemps, on les applique les unes sur les autres, les faces albuminées se touchant, et l’on colle une feuille de papier sur les côtés pour empêcher l’action de l’air.

Le bain d’acétonitrate d’argent sert très-longtemps; . quand il a servi, il semble être meilleur qu’un bain neuf; on le filtre s’il est trouble, et l’on y ajoute une partie de bain neuf quand la quantité en est trop diminuée.

§ 142, Exposition à la chambre noire. — L’exposition doit être calculée, au soleil, sur la longueur du foyer de

Page 1