‹ Chimie photographique (volume 2)Chapitre 54 sur 96 · V EUS · texte numérisé non relu

V EUS

4° Un verre à précipité, que l’on peut remplacer a la rigueur par un verre à boire ;

5" Un petit flacon de verre bouché a l’émeri de 3o centimètres cubes environ de capacité (i) ;

Une solution saturée de bichromate de potasse.

• § 207. Premier procédé convenant à toutes les solutions d’argent, acides ou non. — Prenez avec la pipette graduée ( fîg. c), io centimètres cubes de la liqueur salée normale, que vous laissez tomber dans le petit flacon à l’émeri ; ajoutez quelques gouttes d’acide azotique et î O centimètres cubes environ d’eau distillée. Remplissez la burette graduée { Jig. Z>) jusqu’au zéro avec la solution d’argent à analyser, et versez goutte a goutte cette solution dans le flacon a l’émeri. Il se fait immédiatement un trouble; quand la totalité du liquide est troublée, bouchez le flacon et agitez vivement : laissez reposer quelques secondes, le précfpité tombe au fond, la liqueur reste claire au-dessus; ajoutez de nouveau le liquide de la burette, en versant de plus en plus doucement, en secouant le flacon pour éclaircir le liquide, et mettez tous vos soins

( i) On trouve ces instruments chez les fournisseurs si)éciaux d’articles ])hotogra|)hiques.

à saisir le moment où la dernière goutte ajoutée ayant encore produit un léger trouble dans laliqueur du flacon, une nouvelle goutte n’en produit plus. L’essai est alors terminé. Lisez sur la burette la quantité du liquide employé, soit par exemple 7'''' 7, cette quantité contient juste o^LSo d’azotate d’argent. Pour connaître la valeur pour 100, il suffit de calculer la proportion suivante :

Le bain est à ()^'^49 d’azotate d’argent pour 100 d’eau.

Ce qui revient dans toutes les circonstances a diviser 5o par la quantité du liquide versé.

§ 208. Deuxième procédé convenant à V analyse des bains non acides. Bains pour positifs et pour collodion. — Si les bains sont acides, on peut également bien employer ce procédé, plus commode que le précédent, en ayant soin de saturer préalablement, sur une portion du liquide, l’acide par un peu de craie, et de filtrer avant de verser dans la burette. Dans le procédé qui précède, la seule difficulté consiste à bien saisir le moment où une goutte d’azotate d’argent qui tombe dans la liqueur salée ne [iroduit plus de précipité ; cette difficulté se trouve complètement levée dans ce deuxième mode d’opérer. On ajoute à 10 centimètres cubes de liqueur normale salée, ([u’on laisse tomber, non plus dans un flacon, mais dans un verre d), une goutte ou deux de la solution de

bicbromate de potasse, le liquide est teinté en jaune clair, baisant alors tonrnei’ continuellement le liquide par un mouvement régulier de la main gauche, on verse goutte à gnnUe avec la droite la solution d’argent au moyen de

DIVERS

la burette; il se fait d’abord iiii précipité blanc ; vers la fin de l’opération, chaque goutte d’azotate d’argent fait en tombant une large tache rouge qui disparaît immédiatement; enfin une seule et dernière goutte donne tout à coup à ce liquide une teinte rouge- cramoisi permanente, alors r opération est terminée (i). On lit sur la burette la quantité de liquide employée. Cette quantité contient o^cSo d’argent. îl suffit de diviser 5o par le nombre de centimètres cubes employés, et on a la valeur pour loo.

Au lieu d’ajouter chaque fois le bichromate de potasse, on peut teinter immédiatement toute la liqueur normale en y ajoutant la quantité voulue de ce sel pour lui donner la coloration jaune d’or.

ANALYSE PAR LA PïLSEE.

Les modes d’analyse que nous venons de voir ne sont applicables ni aux bains contenant du cyanure de potassium ou de l’hyposulfite de soude, ni aux liquides trop pauvres en argent: dans le premier cas, le précipité ne se fait pas ; dans le second, il n’est pas assez considérable pour qu’il puisse se rassembler facilement et pour que la liqueur s’éclaircisse. Lorsque les liquides contiennent moins de o§‘',5o d’azotate d’argent par décilitre, il vaut mieux peser directement le chlorure obtenu et en déduire la quantité de métal. Ce mode d’analyse directe est applicable à tous les essais d argent.

§ 209. On prend loo centimètres cubes de la liqueur

(i) Cette teinte ronge est due à la formation d’im peu de cliromate d’argent qui se produit au moment précis où tout le cùlore du chlorure de sodium est complètement passé à l’état de chlorure d’argent.

33/t DEUXIÈME PAKTiE,

filtrée, on précipite Tiirgeiit par le sulfhydrale (fammo- Iliaque, versé lenteiiient jusqu’à ce que l’odeur de ce réactif reste permaneiite; on laisse le précipité se ramasser, on décante la liqueur qui surnage, et on rassemble dans une petite capsule de porcelaine, dont on a pris la tare à l’avance, tout ce précipité de sulfure d’argent ; on se sert d’eau distillée pour enlever les dernières parcelles attachées au vase et on réunit le tout dans la capsule, on ajoute un peu d’eau régale et onsoumet à l’action d’une douce chaleur, en ayant soin de ne pas atteindre l’ébullition : le précipité doit devenir très-blanc, sinon on ajoute encore quelques gouttes d’eau régale. On lave avec un peu d’eau distillée, on évapore complètement à sec, et on chauffe la capsule jusqu’à fusion de chlorure d’argent. On pèse de nouveau la capsule après refroidissement, et la différence entre les deux pesées donne le poids du chlorure dont on déduit soit l’azotate, soit le métal, par le' calcul ou à l’aide du tableau ci-dessous. On détermine ainsi très-vite combien les résidus peuvent rendre d’argent pur.

Tableau des poids équivaieuts de cblomre d’argent, azotate d’argent et

argent pur.

! CHLORURE d’argent.

AZOTATE d’argent.

ARGENT PUR

9,/,8io

lO

GO

iGn

DIVERS

Au uioyeu (l’un simple (l(^plaeemenl de la virgule, on [)eut se servir de ce lahleau pour tous les noml)res Irouvés.

Supposons, par exemple, qu’un essai ait donné de eliîornre d’argent. Nous ne trouvons pas immédiatement ee nombre dans le tableau, il est vrai, mais nous l’en faisons sortir en le décomposant de la manière suivante :

2 , 98 = 2 + O ,9 + O J o8 ou

2 unités,

9 dixièmes 8 centièmes

Or nous voyons sur le tableau :

Ol-

2 == 2§'’, 37 d’azotate d’argent, soit. 2,37

9 = 10^*', 66; mais ce nombre est dix fois trop fort, car r.oiis chercSions la valeur de 9 dixièmes:

on divise par 10 1,06

8 — 9®b43, nombre cent fois trop fort, on divise

par 100, soit . . 0,09

2,98 de chlorure d’argent égalent en azotate d’argent. . 3,52

Nota. Le chlorure qui s’est attaché au fond de la capsule est très-adhérent ; on verse dessus quelques gouttes d’eau acidulée par l’acide sulfurique et on le touche avec une lame de zinc, ou on laisse tomber dans la capsule un petit fragment de ee métal; bientôt il est possible de détacher d’une seule pièce le petit culot de chlorure d’argent.

§ 2t0. Essai du plaqué (1). — L’essai du plaqué se fait d’une manière très-simple : on pèse un morceau de la

(i) Applicable en daguerréotype.

feuille dont on veut faire Fessai, lo grammes environ, on le dissout entièrement dans un excès d’acide azotique, et après dissolution on ajoute soit de l’eau salée, soit de l’acide chlorhydrique : l’argent se précipite immédiatement à l’état de chlorure, le cuivre reste en dissolution; on lave avec soin le chlorure formé soit par décantation, soit sur un filtre, et quand l’eau qui a servi au lavage ne prend plusde teinte bleue par l’addition de quelques gouttes d’ammoniaque, ou de teinte rosâtre par quelques gouttes de cyanoferrure de potassium , on recueille tout le chlorure dans une petite capsule de porcelaine dont on connaît le poids à l’avance, on évapore complètement à sec, on chauffe jusqu’à fusion, et on pèse de nouveau pour avoir le poids du chlorure d’argent, dont on déduit le poids de l’argent pur, au moyen du tableau ci-dessus, page 334.

Si on a lavé sur un filtre, il faut laisser égoutter complètement, et sécher à l’étuve; ensuite on fait tomber exactement le précipité dans la petite capsule, on brûle le filtre au-dessus en le tenant avec un fil de platine tourné en spirale, on joint les cendres du filtre, aussi bien brûlées que possible, au précipité sur lequel on laisse tomber une goutte d’eau régale, puis on calcine. On pèse pour connaître le poids du chlorure d’argent, et par le calcul celui de l’argent pur.

La relation entre le poids de l’argent et celui du cuivre doit, pour un commerce loyal, être conforme au titre annoncé; ainsi les plaques au trentième doivent contenir 29 de cuivre et i d’argent: au vingtième, 19 de cuivre et i d’argent.

§ 211. Nous croyons utile de donner un second tableau à l’aide duquel on pourra déterminer tout de suite ce qu’un

DIVERS

poids (l’argent produirait d’azotate, et réciproquement ce qu’un poids d’azotate donnerait d’argent. (On se servira de ce tableau comme nous venons d’indiquer pour le précédent.)

Tableau de réduction d’un poids d’argent pur en azotate d’argent et vice versa.

ARGENT PUR

AZOTATE d’argent.

AZOTATE d’aRG.

ARGENT PUR

3,in56

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