‹ Chimie photographiqueChapitre 2 sur 109 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

lui ce concours actif et intelligent qui ne nous a jamais fait défaut depuis la première impression de cet ouvrage ; c’est pour nous un plaisir de le remercier .ici des soins qu’il a donnés à cette nouvelle édition, qui, plus compacte que les précédentes et enrichie de nombreuses figures pour faciliter l’intelligence du texte, sera, nous l’espérons, accueillie avec la même faveur par les personnes qui s’occupent de Photographie.

INTRODUCTION

La brochure de Daguerre est le premier document publié sur la Photographie. Elle est aussi l’un des plus précieux, parce qu’elle est un souvenir de trois hommes éminents dans les sciences et dans les arts, morts tous trois depuis la découverte du daguerréotype :

Gay-Lussac, Arago, Daguerre.

Le Rapport fait à la Chambre des Députés par l’illustre Arago a rappelé les noms de Charles, de Wedgwood et de Davy, dont les expériences ont précédé celles de Niepce et de Daguerre (2).

Les recherches photographiques de Niepce remontent a 1814. Il résulte des pièces recueillies dans l’ouvrage de Daguerre, que Niepce a, le premier, obtenu une image durable; que, le premier, il a imaginé un fixatif; que, le premier, il a employé l’argent, et que, le premier enfin, il a utilisé l’iode réduit en vapeur. Dans les images de Niepce, les blancs étaient produits par une

(1) L’Introduction de cette édition nouvelle a été mise à la suite de celles des éditions précédentes; elle leur fait suite et complète jusqu’à ce jour l’histoire de la Photographie.

(2) Wedgwood, manufacturier anglais, né en 1730, mort en 1795. — Charles, physicien, né à Beaugency en 1746, mort en 1823. — Niepce ( Joseph-Nicéphore), né à Châlons-sur-Saône, mort en 1 833. — Davy, chimiste anglais, né à Penzance dans le Cornouailles en 1778, mort en 1829. — Gay-Lussac, né en 1778, à Saint-Léonard (Haute-Vienne), mort à Paris en i85o. — Arago, né en 1786 à Estagel (Pyrénées-Orientales), mort à Paris en i853. Daguerre, né à Cormeilles en 1787, mort en 1 85 1 .

légère couche de bitume de Judée ; les noirs, par le brillant de l’argent.

L’association de Niepce avec Daguerre date de 1829.

Déjà, depuis 182/1, Daguerre faisait des expériences, mais il n’a pas été dit que ses essais eussent produit quelques résultats utiles avant 1829. Daguerre, imbu des idées neuves et hardies de Niepce, les développa, les modifia, et parvint, après un long travail, à les métamorphoser à un tel point, qu’en employant pour ainsi dire les mêmes réactifs, il arriva à un moyen complètement différent, et substitua, au procédé alors délicat et incertain de Niepce, un procédé facile et infaillible.

Niepce et Daguerre ont une même part de gloire et les mêmes titres à la reconnaissance publique ; Niepce a inventé, Daguerre a réalisé.

Dans le procédé de Daguerre, l’iodure d’argent remplace le bitume, le mercure se substitue à l’iode et l’hy— posulfite de soude à l’huile de lavande ; mais la marche de l’opération est la même : création de l’image par l’action de la lumière, développement de l’image par un réactif et fixage par un dissolvant approprié.

Ce rapprochement permet de penser que sans Niepce, Daguerre n’eût pas produit le daguerréotype, mais aussi que sans Daguerre la précieuse découverte de Niepce eût été stérile; aussi les deux noms doivent-ils être étroitement unis comme les deux procédés.

La découverte si inattendue du daguerréotype, alors surtout qu’elle avait pour interprètes Gay-Lussac, Arago; comme pair de France et député, Thénard (1), et MM. Dumas, Pelouze, Babinet, etc., comme membres de lTnsti—

(1) Louis-Jacques Thénard, né le 4 mai » 777 à la Louptière (Aube), mort à Paris le : >\ juin t85'7.

tut, devait éveiller l’attention du monde entier et stimuler le zèle des savants. Il était donné à M. Fizeau, jeune et habile physicien, d’apporter au daguerréotype les perfectionnements les plus utiles.

Deux conditions manquaient au procédé de Daguerre. Le temps de pose était relativement trop long et les épreuves étaient trop fragiles. M. Fizeau fut assez heureux pour remédier à la fois à ces deux inconvénients graves. Il eut l’idée d’employer, comme adjuvant de l’iode, le brome, qui communique a la plaque une sensibilité extrême, et il imagina, pour fixer ce dessin si fugitif, le moyen le plus hardi, le plus élégant et le plus savant au point de vue des données de la Chimie. De ces découvertes de M. Fizeau date réellement l’essor du daguerréotype.

Des physiciens habiles, des praticiens expérimentés ont continué, complété le travail de M. Fizeau ; MM. Claudet, Gaudin (i), etc., ont publié sur les méthodes d’accélération des Mémoires très-importants au double point de vue de la science et de la pratique. Grâce à leurs travaux, le daguerréotype est arrivé au plus haut point de perfection.

On a cité les vues de MM. le baron Gros, Thierry, etc.: les magnifiques portraits de MM. Claudet, Yaillat, Andrieux, Thomson, etc., et les épreuves instantanées de MM. Gaudin, Mackaire, etc.

G’est à M. Talbot que la Photographie doit ses premiers essais importants. M. Talbot a repris l’étude des sels d’argent, et, appliquant l’idée de Niepce et les travaux

(i) Le chlorure et le bromure d’iode ont été proposés vers la même époque que l’eau bromée de M. Fizeau, le premier par M. Claudet, le second par M. Gaudin.

INTRODUCTION

de Daguerre, il est arrivé à faire paraître une image existante, quoique invisible. Les premières épreuves produites par ee procédé ont été présentées à l’Académie des Sciences par Biot (i), dont le nom se lie d’une manière intime aux progrès de -la Photographie, comme ceux de MM. Chevreul, Pouillet, Régnault et Séguier. Disons toutefois que M. Bayard, dès le 1 3 mars r 839, présentait à Biot des épreuves directes sur papier, obtenues à la chambre noire, et, en juillet de la même année, montrait, dans une exposition publique, trente épreuves préparées par lui.

Les travaux de M. Blanquart-Évrard, ceux de M. Legray, de M. Bayard ont apporté à la Photographie les améliorations les plus importantes. Les épreuves de M. Legray, de M. Lesecq et de M. Baldus ont prouvé ce qu’on peut obtenir sur le papier, sans autre intermédiaire, et ce n’était pas encore le dernier mot de la perfection. Le papier, à cause de sa texture, ne devait pas donner toute la finesse qu’on pouvait désirer; M. Niepce de Saint-Victor, neveu de Nicéphore Niepce, a répondu a cette dernière objection en proposant l’emploi de la glace recouverte d’un vernis ou plutôt d’un papier, pour ainsi dire, sans épaisseur. L’albumine de Niepce et plus tard le collodion de Legray, qui rappelle aussi les noms de MM. Archer et Bingham, ont produit, entre les mains de Photographes exercés, des prodiges de pureté et de rapidité. Les épreuves de M. Bertsch témoignent de la perfection à laquelle 011 peut arriver en ce genre sans faire oublier pourtant les magnifiques spécimens de MM. Aguado, Delessert, Vigier, etc. En présence de ces admirables résultats de la Photographie (daguerréotype,

(1) Biot, né à Paris le 21 avril 1774; mort à Paris le 3 février i86'2.

INTRODUCTION

talbotype ou autres procédés), il peut sembler téméraire d’attendre de nouveaux succès. Pourtant il y a encore tout un monde à découvrir. Depuis les ingénieuses recherches de M. Becquerel fils et l’application si heureuse qu’en a faite M. Niepce de Saint-Victor, on sait qu’il est possible d’obtenir, non-seulement le dessin, mais aussi les couleurs.

Si la Photographie a fait de si grands, de si rapides progrès, le mérite en revient incontestablement aux Photographes intelligents qui nous ont donné les procédés que nous allons développer ; mais nous devons aussi accorder une part aux Chimistes, aux Opticiens habiles qui les ont aidés et leur ont aplani les difficultés matérielles.

A côté des noms de Vauquelin, de Pelletier, de Gay- Lussac, de Courtois (i), de M. Balard, qui rappellent l’hyposulfite de soude, les sels d’or, les cyanures, l’iode et le brome, nous sommes heureux de citer MM. Fordos et Gélis, à la fois chimistes et fabricants, qui ont expliqué et réalisé d’une manière si intelligente les bains à fixer de M. Fizeau, et nous pensons être justes en nommant entre autres, à la suite de Porta, qui nous a dotés de la chambre noire, et de Dollond (2), à qui l’on doit les premiers objectifs achromatiques : en Angleterre, M. Ross; en Allemagne, M. Voigtlander ; en France, MM. Lerebours et Secretan, Chevalier, Duboscq, Jamin, Hermagis, qui ont rendu a la Photographie des services réels, soit en

(1) Pelletier, né à Rayonne en 1761, mort en 1797. — Vauquelin, né à Saint- André-d’Hébertot (Calvados) en 1763, mort en 1829. — Courtois, né à Dijon en 1777, mort en 1 838.

(2) Porta, né à Naples en i54o, mort en i6i5. — Dollond, né à Londres en 1706, mort en 1761.

interprétant les inventions si ingénieuses de MM. Wheatstone, Ciaudet, Ziégler, Martens, etc., soit en coordonnant, simplifiant et condensant le matériel photographique.

On s’étonne que des phénomènes si remarquables et qui ont autant préoccupé les savants n’aient pas encore reçuune explication complétementsatisfaisante. M. Donné est le premier qui ait hasardé une théorie : MM. Choiselat, Ratel, en ont donné une autre pour le daguerréotype ; mais ces essais de théorie si séduisants, qui admettent l’intervention du mercure, ont été fortement ébranlés par la découverte si intéressante de l’effet des verres continuateurs qui produisent une image sans mercure.

Si la théorie est encore obscure, les moindres détails de la pratique ont été mis en lumière, et l’on peut dire qu’il n’est pas un art qui ait été aussi bien étudié que la Photographie. Nous avons déjà cité la brochure de Daguerre; nous devons mentionner entre autres les Traités de MM. Legray, Lerebours et Secretan, de M. de Valicourt, de M. Chevalier, et les brochures spéciales ou les Mémoires importants publiés sur chacun des procédés particuliers par MM. Talbot, Blanquart-Évrard, Gaudin, Niepce de Saint-Victor, le baron Gros, Ciaudet, Brebisson, Laborde, Thierry, Couppier, Vaillat, etc.; les articles intéressants que nous donnent périodiquement la Lumière , la Revue photographique et le Cosmos du savant abbé Moigno (i).

Dans son Rapport à la Chambre des Députés, Arago a

(i) M. Fabbé Moigno est aujourd’hui propriétaire-directeur de l’excellent journal les Mondes. Citons aussi comme donnant souvent de bons articles sur la Photographie le Moniteur scientifique du D1’ Quesneville.

INTRODUCTION

cherché à établir que la Photographie était appelée à étendre le domaine des sciences, que loin de nuire aux beaux-arts elle leur viendrait en aide, et que loin de paralyser le travail des artistes elle lui donnerait au contraire une nouvelle impulsion. Les prévisions de l’illustre Académicien ont été de beaucoup dépassées; le Daguerréotype, ou plutôt la Photographie, a tenu plus encore qu’elle ne semblait promettre : les sciences physiques et naturelles se sont emparées des procédés de Daguerre et de M. Talbot, et en ont fait de nombreux moyens d’étude et de vulgarisation.

Les artistes sont aujourd’hui en possession de magnifiques cartons qui, avant cette découverte, étaient l’apanage d’un petit nombre de riches amateurs, et là ne s’arrêteront pas les services rendus aux sciences et aux arts !

Le procédé auto-photographique, les différents calques sur bois et sur ivoire, les admirables reliefs du stéréoscope, la gravure et la lithophotographie, permettent de multiplier à l’infini la reproduction des œuvres artistiques !

Depuis que ces lignes ont été écrites, disions-nous à l’occasion de la deuxième édition, des progrès sérieux ont été accomplis, et de nouveaux noms sont venus se recommander à l’attention du public et à la reconnaissance des Photographes.

Le portefeuille photographique s’est enrichi des belles épreuves de Ml\l. Bisson frères, Fenton, Ferrier, Gaillard, Jeanrenaud, P. Périer; des portraits historiques signés Legray et Nadar, des reproductions de MM. Bingham, Fierlants, Richebourg, etc., etc. Un véritable savant, enlevé à la science et aux arts avant qu’il eût pu jouir de

son succès, Taupenol (i), a doté la Photographie de l’ingénieux procédé qui porte son nom.

De nouveaux ouvrages, réunissant les recettes éparses, commentant les résultats, ouvrant des idées nouvelles, ont apporté leur contingent au progrès. Nous citerons entre autres les Traités de M. Van Monckhoven, deM. Stéphane Geoffray, de M. Belloc, celui de M. G. Sella, de Turin (traduit par M. de Valicourt). . . . . . . . .

Tels sont les travaux; et les résultats prouvent déjà qu’Arago, le jour où il demandait à la France d’acquérir le secret de Daguerre, prévoyait toute l’importance du mouvement qu’il allait communiquer aux sciences, aux arts et à l’industrie.

La Photographie a pris dans notre société actuelle une place tellement importante, que les honneurs et la fortune sont venus souvent récompenser ceux qui lui consacraient leurs études et leur temps; et s’il en est dont le travail, utile à tous, soit pour eux infructueux, qu’ils pensent, dans les mauvais jours, qu’ils n’ont pas été oubliés et qu’ils trouveront leurs collègues réunis pour leur tendre la main et relever leur courage (2).

Trois années ne se sont pas écoulées, et nous avons à

(1) Professeur au Prytanée impérial de la Flèche, mort à Paris en 1 856.

(2) La Société française de Photographie a institué une réserve spéciale pour fonds de secours.

La Société des Amis des Sciences, fondée par M. le baron Thénard, donne droit à ses secours à tout savant malheureux, secours qui peuvent être revendiqués non-seulement par lui, mais encore par sa veuve, ses enfants, son père et sa mère. La Société d’Encouragement pour l’industrie nationale a pour chaque industrie une caisse de secours en faveur de ceux qui ont fait faire un pas à leur industrie. Cette fondation, dont l’idée première appartient à M. Dumas, est due au concours des industriels euxmèmes.

INTRODUCTION

XVÎI

constater que la Photographie a fait de nouveaux progrès et rendu de nouveaux services.

Les questions théoriques que nos devanciers avaient laissées encore assez obscures vont chaque jour s’étendant, et si elles ne sont pas complètes encore, elles ont fait de grands pas dans ces dernières années; et nous devons citer à ce sujet les travaux de MM. Hardwich, Crookes, Spiller, Maxwell Lyte en Angleterre, Van Monckhoven en Belgique, Schnauss en Allemagne, Davanne, Girard, Ad. Martin en France, et il y a lieu d’espérer qu’avant peu la théorie photographique sera complètement établie.

La pratique a fait des progrès plus grands encore : aux noms que nous avons déjà cités, nous devons ajouter ceux de MM,. Adam Salomon, Alophe, Petit pour le portrait, de M. Michelez pour les reproductions.

Une idée heureuse, féconde dans ses résultats, a permis de mettre le portrait à la portée de toutes les bourses; nous voulons parler de l’invention du portrait-carte (i); maintenant on retrouve dans tous les salons quelquesuns des charmants spécimens de MM. Bayard et Bertall, Bilordeaux, Disderi, Ken, Lewitsky, Pesme et Varin, etc.

La réduction pour carte de visite a conduit à ces épreuves délicates qui, invisibles à l’œil nu, s’animent sous le microscope; les premières épreuves nous sont venues d’Angleterre , mais les petites chambres spéciales de M. Bertsch et les épreuves microscopiques artistement montées de M. Dagron nous ont bientôt rendus égaux, sinon supérieurs aux Anglais.

(i) Plusieurs personnes réclament l’initiative pour le portrait- carie ; nous croyons que le premier spécimen a été produit par M. Disderi.

4e cd. b

XVI I l

INTRODUCTION

La question des agrandissements a été abordée avec non moins de bonheur; l’apparition d’un système de chambre solaire dû à M. Woodward lui a donné une nouvelle impulsion , et les remarquables épreuves produites par MM. Aguado, Delessert, Mayer et Pierson, celles que M. Bertsch a exécutées avec les procédés d’amplification et les perfectionnements qui lui sont propres, prouvent que la solution du problème ne tardera pas à être complète.

La science astronomique est déjà redevable à la Photographie d’essais importants; on avait étudié les phases de l’éclipse du i5 mars 1 858, celle de juillet 1860 a été reproduite avec succès en Espagne par M. Léon Foucault, spécialement attaché a l’Observatoire de Paris, et en Algérie par M. Girard, membre de la Commission envoyée par l’École Polytechnique.

L’activité dans la production des images photographiques suit le progrès incessant de cet art; elle prend de telles proportions, que les photographes, à défaut du soleil et de la lumière du jour, emploient la lumière artificielle qu’ils peuvent obtenir, soit par l’électricité, soit par des actions chimiques, et produisent ainsi des épreuves convenables à toute heure et par tous les temps; enfin de nouveaux et ingénieux moyens semblent promettre pour le tirage des positifs une rapidité qui surpasse même celle des presses typographiques.

Les essais déjà tentés pour obtenir par la Photographie des planches gravées en relief ou en creux, des pierres ou des feuilles de zinc pouvant servir au tirage par l’encre grasse, ont été continués avec succès par MM. Ch. Nègre, Poitevin, Asser, James, et ont donné comme la lithophotographie des épreuves remarquables et inaltérables; mais ces procédés, qui sont un retour définitif aux pre-

INTRODUCTION

mières recherches de Nicéphore Niepce, ne sont applicables qu’à un tirage important; il fallait trouver de nouveaux moyens qui réunissent à l’inaltérabilité d’un tirage au charbon la facilité des manipulations photographiques ordinaires pour quelques épreuves isolées. MM. Poitevin, Fargier, Salmon et Garnier, Pouncy, ont prouvé que la solution du problème était possible.

Ces progrès, dont nous citons seulement les principaux, sont d’autant plus rapides qu’ils ne sont plus dus à des efforts isolés; des sociétés spéciales sont constituées; elles correspondent entre elles, dirigent les travaux, indiquent les difficultés, constatent par des expositions fréquentes les résultats acquis; une part importante leur est due dans le mouvement immense que nous signalons, et nous sommes heureux de dire que la Société française de Photographie est au premier rang.

La période qui nous sépare de l’édition précédente ne s’est pas signalée par des faits particulièrement nouveaux ; nous n’avons pas à enregistrer de grandes découvertes; mais nous constatons un progrès général dans toutes les branches de la Photographie.

Aujourd’hui les épreuves médiocres ne sont plus acceptables, et les excellentes épreuves ne sont plus rares; en même temps que le sentiment artistique s’épure, les manipulations atteignent un haut degré de perfection, et le Photographe ne se contente plus du métier de la Photographie, il en veut connaître l’art et la science.

Un seul procédé nouveau mérite une attention spéciale, celui du major Russell, dit procédé au tannin , il a le grand avantage de laisser aux surfaces une sensibilité durable, de simplifier les manipulations et d’alléger le bagage du Photographe voyageur.

JSTRODUCTIOV.

Ce bagage, dont chaque partie a été calculée et soignée, est à la veille d’une réforme complète; le moment n’est pas éloigné où, grâce à la perfection des appareils d’agrandissement, on pourra le réduire au plus petit volume, comme il est déjà ramené à la plus grande simplicité.

La question des couleurs en Photographie, si difficile, si ingrate, a fait un nouveau pas, grâce à la ténacité de M. Niepce de Saint-Victor ; cet infatigable chercheur est parvenu à donner à ses images coloriées une solidité relative.

De nouvelles épreuves par l’application des poudres insolubles ont été produites par M. Swann ; elles présentent la finesse de dégradation de teintes et l’éclat des photographies au sel d’argent. Enfin, en substituant aux poudres de peinture des poudres de vitrification, M. Poitevin et M. Lafon de Camarsac obtiennent des dessins sur émail de la plus grande pureté et d’une durée assurée.

Le nouvel art étend chaque jour son domaine : les tribunaux avaient leur Photographe. L’année, l’École Polytechnique, l’École Normale ont maintenant leurs cours de Photographie.

Les beaux-arts ont trouvé dans cette branche nouvelle un concours important, un moyen de vulgarisation rapide et fidèle. Chaque jour signale de nouveaux services rendus à la science et de nouveaux secours apportés à l’industrie.

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