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NOTIONS PRÉLIMINAIRES

§ 1 . Corps simples et composés. Molécules . — En chimie nous appelons corps tout ce qui présente un poids appréciable à la balance : le fer, l’eau, l’air lui-même, etc., etc., sont des corps, on peut les peser.

Tout corps est simple ou composé : l’iode, l’argent, le brome, le potassium, qui ne peuvent être dédoublés (décomposés), sont des corps simples. L’iodure d’argent, dont on peut retirer l’iode et l’argent, le bromure de potassium, produit de l’union du brome avec le potassium, sont des corps composés.

Les chimistes reconnaissent soixante-cinq corps simples qu’ils appellent aussi éléments.

Chaque corps, simple ou composé, est un assemblage de particules infiniment petites auxquelles on a donné le

PR'EMÏÏrltE: PARTIE »

nom. de molécules :(i , qui jouissent des mêmes proprié- - tés que le corps entier ... .

§ 2.; Cohésion. — La force qui tient unies entre elles les molécules de même;na t ür e:- (ho m ogèn es) simples ou composées s’appelle là CQhësioriyLü-iffkeÛQn varie' suivant la nature ou, l’étaUde.s corps; si les molécules, sont adhérentes les unes aux, autres, elles eoristitueht un corps solide dont la cohésion est évidente ; si elles roulent pour ainsi dire les unes Sur les autres, , et se séparent avec la plus grande facilité , elles- forment les corps liquides ; enfin dans 1 es 1 corps- 'gazeux les molécules tendent toujours a se séparer, à s’écarter et à remplir tout l’espace qui leur est laissé. Un grand nombre dë corps, suivant la température à laquelle ils sont soumis, peuvent prendre ces trois états ; l’eau nous en offre un exemple : elle peut être un solide (la glace), un liquide ( l’eau), un gaz (la vapeur).

§3. Combinaison. — Nous disons, en chimie, qu’il y a combinaison , toutes les fois que deux corps, jouissant de propriétés différentes , s’unissent suivant des lois rigoureuses et dans des proportions déterminées pour former un troisième corps doué lui-même à®, propriétés spéciales. Ainsi l’iode est inaltérable à la lumière, l’argent métallique l’est également. Unissons l’iode et l’argent, nous avons un corps nouveau, Yiodure d’argent, qui s’altère à la lumière : il s’est fait une combinaison.

g 4. Mélange. Dissolution. — îl faut bien se garder de confondre la combinaison avec le mélange ou avec la

(i) On admet un terme extrême à la division de la matière : la dernière particule indivisible, insécable , a reçu le nom éé atome.

dissolution (i)« Los propriétés des corps mélangés ou dissous restent distinctes, et les proportions des divers éléments du mélange sont indéterminées; c’est ainsi que le sucre avec le sable fait uïi 'mélange, le sucre dissous dans l’eau constitue a la fois un mélange et une dissolution.

§ 5. Affinité . — La force qui tend a unir ou qui retient unies les molécules de nature différente (hétérogènes), pour faire des deux corps simples un corps composé, ou de plusieurs corps composés un corps plus composé, s’appelle affinité. Nous ne saurions confondre la cohésion et l’affinité : dans l’iodure de potassium cristallisé, les cristaux conservent leur forme, leur dureté, en vertu de la cohésion ; dans l’iodure de potassium dissous, la cohésion devient nulle, néanmoins l’iode reste, mais uni au potassium en vertu de l’affinité.

§ 6. Combinaison chimique. — L’union des corps en vertu de l’affinité constitue la combinaison chimique, laquelle s’effectue sous des poids définis. La combinaison chimique a lieu souvent spontanément, surtout si l’un des corps ou tous les deux sont liquides, dissous ou à l’état de vapeur; le plus souvent il faut, pour combiner les corps, emprunter le secours de la chaleur, de la lumière, de l’électricité , etc.

Sous l’influence de ces agents impondérables , le calo-

(i) Relevons ici en même temps une confusion de langage assez commune dans laquelle on confond la dissolution et la fusion. Dissoudre un corps, c’est séparer ses molécules au moyen d’un liquide quelconque : l’eau dissout le sel, le nitrate d’argent, etc. Fondre un corps, c’est le rendre liquide par la seule action du feu : le sel et le nitrate d'argent secs, le plomb , l’argent, etc., exposés à un feu plus ou moins vif, fondent pour revenir à l’état solide par le refroidissement.

rique, la lumière, l’électricité, etc., un petit nombre d’éléments ou corps simples peuvent, en se combinant, former non-seulement tous les corps composés reconnus dans la nature, mais aussi cette innombrable quantité de produits divers dont la chimie a doté les arts et l’industrie.

§7. Acides , alcalis [bases), neutralisation, sels. — Certains corps ont la propriété de virer au rouge la teinture bleue de tournesol, ils ont une saveur piquante qui rappelle le vinaigre : nous les appelons acides ; tels sont l’acide sulfurique (huile de vitriol), l’acide nitrique ou azotique (eau-forte) ; d’autres, au contraire, ramènent au bleu la teinture de tournesol rougie; tels sont la potasse (pierre a cautère), la soude caustique, l’ammoniaque; nous les appelons alcalis . Si nous mêlons avec précaution l’un de ces acides à l’un de ces alcalis, nous pouvons les neutraliser l’un par l’autre et arriver à faire une nouvelle substance qui peut ne pas rougir le tournesol bleu, ne pas ramener au bleu le tournesol rougi. Cette substance, résultat de la neutralisation de l’acide par l’alcali, est appelée sel; tels sont le sulfate de soude (ou sel de Glauber, composé d’acide sulfurique et de soude), le nitrate de potasse (ou sel de nitre, salpêtre, composé d’acide nitrique et de potasse).

L’expérience a démontré que certains corps qui ne rougissent pas le tournesol ont pourtant la propriété de s’unir aux alcalis, et que certains autres, qui n’ont pas la propriété de ramener au bleu le tournesol rougi, s’unissent néanmoins aux acides. On a réuni les premiers aux acides, les seconds aux alcalis. Sans s’arrêter désormais au caractère tiré de l’action sur le tournesol, on ne s’est plus attaché qu’à la formation du sel, et réservant le nom

d 'alcali a la potasse, à la soude, a l’ammoniaque (cette dernière est l’alcali volatil), on a groupé avec les alcalis, sous le nom de bases , tous les corps qui s’unissent aux acides pour former des sels, tandis que l’on a appelé acides tous les corps qui s’unissent aux bases également pour former des sels.

Par conséquent, un sel est un composé dont on peut retirer un acide ou une base .

C’est ainsi que le sulfate de soude et le nitrate de potasse sont des sels. En effet, du sulfate de soude on peut retirer l’acide sulfurique et la base soude; et du nitrate de potasse on peut extraire l’acide nitrique et la base potasse.

§ 8. Poids proportionnels. Équivalents. — L’acide sulfurique, nous venons de le voir, peut être neutralisé par la potasse. L’expérience nous apprend que 589gr, 3o de potasse sont nécessaires pour neutraliser 5oo grammes d’acide sulfurique (ces deux corps supposés purs et sans eau ) .

Si à la potasse nous substituons la soude, la chaux, l’oxyde d’argent, ces bases neutraliseront également l’acide sulfurique; seulement alors il nous faudra, non plus 589§r, 3o, mais pour chacune d’elles des poids différents. Ainsi, au lieu de

589sr, 3o de potasse, nous devrons prendre exactement

gr

35o ,oo de chaux ;

387 , 17 de soude; i449 >01 d’oxyde d’argent.

Si a la place de l’acide sulfurique nous prenons de l’acide azotique pour arriver a la saturation de 589gr, 3o

de potasse, i* nous faudra, non pas 5oo grammes d’acide azotique, poids sous lequel on a pris l’acide sulfurique, mais 67 5 grammes. Alors ces 67$ grammes d’acide azotique qui peuvent être saturés par

5<c>9!?r,3o de potasse, le seront également par

gr

35o ,oo de chaux;

387,17 de soude;

1449 d’oxyde d’argent;

en un mot par ces mêmes poids des hases qui saturaient 5oo grammes d’acide sulfurique.

Au lieu d’acide sulfurique et azotique, si’ nous prenons l’acide acétique, nous obtiendrons un résultat semblable : pour 637gr, 5o, poids de cet acide, qui peut neutraliser

58ggr,3o de potasse,

il nous faudra toujours

gr

35o ,00 de chaux;

387 ,17 de soude ;

1449,01 d’oxyde d’argent;

et nous constaterons avec ces mêmes bases une semblable neutralisation (1).

Que conclure de ces faits? C’est que : i° les combinaisons chimiques se font sous des poids rigoureusement définis; 2° les poids ci-dessus : 589gr, 3o de potasse, 35o grammes de chaux, 387sr, 1 7 de soude, i449sij01 d’oxyde d’argent, peuvent être remplacés l’un par l’autre pour neutraliser ou 5oo grammes d’acide sulfurique, ou 675 grammes d’acide azotique, ou 63 7gr, 5o d’acide acé-

(1) Ces nombres ne s’appliquent qu’à des produits rigoureusement purs.

tique; qu’ils valent autant l’un que Feutre dans la combinaison, qu’ils sont équivalents.

On pourra également obtenir la neutralisation en prenant un poids quelconque des acides indiqués, pourvu que le poids de la base soit au poids de l’acide dans la même proportion que les poids précédents; la même remarque s’applique aux bases.

Ainsi, soient 35o grammes de chaux vive saturant 5oo grammes d’acide sulfurique anhydre; si l’on veut savoir combien 100 grammes de chaux vive exigeraient d’acide sulfurique anhydre pour arriver, à la saturation, il suffira de poser la proportion suivante ;

35o : 5oo *: 100 : æ;

(poidsd’acide sulfurique qui salure soo grammes de chaux).

Si nous faisons l’analyse de la potasse,- déjà chaux, de la soude, de l’oxyde d’argent sous les poids indiqués plus haut, nous trouverons que

589,80 de potasse — 489,80 de potassium -h 100 d’oxygène;

35o, 00 de chaux ■= 25o, 00 de calcium -h 100 d’oxygène;

887,17 de soude =287,17 de sodium -f- 100 d’oxygène ;

1449,01 d’oxyde d’arg. = 1849,01 d’argent H- 100 d’oxygène.

Nous remarquerons de même que le poids ïoo cI’oxygène peut s’unir indifféremment a chacun de ces poids de potassium, calcium, sodium et argent, et nous en concluons que ces derniers sont proportionnels entre eux.

Nous aurions pu prendre, au lieu de potassium, tout, autre corps simple, et chercher, par l’analyse, sous quel poids il s’unit à 100 d’oxygène. Le tableau suivant indique les poids proportionnels des divers corps ou leurs équivalents chimiques.

Tableau des corps simples , de leurs symboles et de leurs équivalents

chimiques.

SYM-

BOLES.

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