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COLLODION HUMIDE

§ 86. Le procédé sur collodion est celui que nous décrirons le premier, bien qu’il ait été découvert le dernier; mais la simplicité des préparations, l’extrême sensibilité de la couche obtenue ont rendu son usage général : il a remplacé presque tous les autres procédés, et c’est, dans l’état actuel de la photographie, celui qui a le plus d’importance.

L’idée d’employer le collodion remonte à l’année 1 85 1 , date à laquelle M. Legray a indiqué, le premier, un procédé au collodion pour donner des images rapides développées par le sulfate de protoxyde de fer. MM. Archer et Fry publièrent, la même année en Angleterre, une étude nouvelle de cet agent dont l’usage devint bientôt universel.

§ 87. Le collodion est une solution de pyroxyline (poudre-coton) dans l’éther additionné d'alcool. Cette solution donne un liquide plus ou moins mucilagineux qui, étendu sur une glace ou toute autre surface, laisse après évaporation de l’alcool ou de l’éther une pellicule solide, mince, parfaitement transparente, dans laquelle il suffit d’incorporer de l’iodure d’argent pour avoir une couche sensible d’une extrême finesse.

Antérieurement M. Niepce de Saint-Victor avait rem-

placé les préparations faites sur papier par un procédé sur glace dans lequel l’albumine coagulée et sensibilisée par l’iodure d’argent donnait des images d’une finesse et d’une beauté remarquables; mais cette préparation était relativement assez lente et ne pouvait être employée que pour le paysage ou les reproductions.

Le procédé dit au collodion , par la rapidité avec laquelle il peut être impressionné, permet d’obtenir les images de la chambre noire en quelques secondes, souvent même l’opération peut arriver presque à Y instantanéité.

Pour faciliter l’intelligence de ce procédé nous donnons séparément l’étude des diverses substances employées, puis la description des opérations; le commençant pourra de cette manière suivre avec plus de certitude la marche que nous allons indiquer.

S’il achète les produits nécessaires tout faits, il passera aussitôt aux procédés opératoires (p. i65 ), et peu à peu, se familiarisant avec les divers réactifs, il reviendra sur la préparation de ces produits , pourra remédier aux insuccès qu’ils lui occasionneront et ne tardera pas à les préparer lui-même.

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