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PRÉPARATION DES RÉACTIFS EMPLOYÉS

§ 88. Les diverses substances que l’on emploie pour obtenir les épreuves sur collodion sont de deux sortes. Les unes sont d’une préparation difficile et coûteuse si on les fait en petit dans le laboratoire : tels sont l’alcool, l’éther et la pyroxyline; il est donc préférable de les acheter toutes prêtes, et on les trouve le plus souvent convenablement pures dans le commerce : pour l’étude de ces produits nous renvoyons au Vocabulaire. Les autres substances résultent généralement d’un mélange conve-

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nable des premières (collodion, bains d’azotate d’argent, bains réducteurs, etc., etc.), leur confection fait en quelque sorte partie du procédé au collodion : aussi le photographe doit-il s’habituer a les préparer lui-même, encore bien qu’il puisse les trouver prêtes à servir et parfaitement préparées dans les maisons spéciales de produits chimiques pour la photographie.

L’alcool et l’éther doivent être purs et bien rectifiés, exempts de toute odeur étrangère et ne laissant sur les mains, lorsqu’on en a fait évaporer une petite quantité, que Lodeur franche qui est propre a l’un ou à l’autre de ces produits.

La pyroxyline, qu’on appelle indifféremment fulrnicoton ou coton-poudre, est une substance d’une préparation délicate, non sans inconvénients à cause de l’emploi des acides concentrés et de la présence des vapeurs que ces acides répandent : entre des mains exercées la réussite n’est pas toujours la même, il est plus simple d’acheter la pyroxyline toute prête : on trouvera néanmoins au Vocabulaire les diverses méthodes proposées pour la préparation de ce corps.

Ce coton-poudre , lorsqu’on le divise , ne doit pas se briser en poussière, ni se ramasser en petits pelotons trop serrés : il a l’aspect du coton ordinaire; seulement il* est quelquefois un peu plus jaune et plus rude au toucher; il doit se dissoudre en totalité dans un mélange d’alcool ou d’éther ou du moins ne laisser qu’un résidu insignifiant ( 1 )-

(1) D’après la manière dont se comporte la pyroxyline dans le mélange d’alcool et d’éther, on doit croire qu’il ne se fait pas une dissolution réelle, mais bien un gonjlemejit clés fibres analogue au gonflement des granules d’amidon ou de la colle de poisson dans l’eau.

En effet, s’il y avait dissolution, un même poids de coton-poudre don-

§ 89. Préparation du collodion photographique . — Nous devons dire qu’il y a, pour faire le collodion, à peu près autant de formules qu’il y a d’opérateurs : le grand nombre de recettes diverses et si peu différentes qui ont été proposées pour obtenir un même résultat, prouve qu’il n’en est pas une qui soit absolument bonne. Il arrive que telle formule réussit parfaitement avec certains produits et donne une préparation détestable avec d’autres; cela tient évidemment à la qualité des réactifs : aussi doit-on s’attacher a n’employer que des vêMhfe préparés spécialement pour la photographie ( i ). Quant aux inconstances que l’on reproche, à juste titre, au procédé du collodion, elles sont dues d’abord à L’impureté des produits, puis aussi à l’instabilité de cette préparation. Si l’on rencontre des collodions qui se conservent quelquefois pendant plusieurs mois, il arrive plus souvent encore que la préparation s’altère rapidement.

On doit employer de préférence l’alcool à 4°°; comme il contient moins d’eau que l’alcool dit f, il donne une couche de collodion plus adhérente à la glace, moins susceptible de se fendiller par la dessiccation. La proportion d’alcool est généralement d’un tiers pour deux

nerait toujours un liquide de même consistance, la couche formée sur une surface lisse serait lisse elle-même comme un vernis, tandis que les collodions pour un même poids de pyroxyline sont toujours plus ou moins mucilagineux suivant le degré de gonflement que peuvent prendre les fibres du coton, et même pour des collodions filtrés au papier, on retrouve toujours dans la couche qui se forme un réseau indiquant la direction des fibres.

(i) Les personnes habituées aux manipulations chimiques pourront rectifier elles-mêmes l’alcool et l’éther, faire cristalliser de nouveau ou préparer les iodures alcalins; mais nous n’oserions conseiller aux amateurs de faire ces opérations, les deux premières du moins, à cause des dangers qu’elles pourraient présenter si les précautions simples d’ailleurs, recommandées par la pratique, n’étaient pas rigoureusement observées.

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tiers d’éther. Cette proportion peut être modifiée sans grand inconvénient : si on ajoute plus d’alcool, on obtient un collodion moins fluide; si, au contraire, on augmente la proportion d’éther, le collodion est plus liquide, plus adhérent sur la glace : mais la dessiccation se faisant plus rapidement, on a moins de régularité et il se produit des taches dans toutes les parties qui présentent la plus légère différence de température. En été, dans les pays chauds ou secs, il est nécessaire d’augmenter la dose d’alcool, que l’on peut porter jusqu’à 5o et même 60 pour 100.

Il est impossible de fixer la quantité de coton-poudre nécessaire: elle est approximativement de i gramme pour ioo centimètres cubes du mélange d’alcool et d’éther; mais la solubilité du coton et la consistance du liquide après la solution sont tellement variables, que tantôt il suffira de o§r, y5, et tantôt il faudra aller jusqu’à igr, 25 pour obtenir une préparation convenable. On devra donc essayer le coton et le mettre en telle proportion, que le collodion versé sur une glace s’étende facilement comme le ferait l’huile d’olive. Dans ces conditions, lorsqu’on fait osciller plusieurs fois la glace dans un sens vertical, la couche est unie et ne présente pas de réseau qui soit trop apparent dans le sens d’écoulement du liquide.

Il a été fait de longs et consciencieux travaux pour savoir quels iodures et bromures solubles on devait employer de préférence pour iodurer le collodion. Mais jusqu’ici le choix n’est pas encore fait.

Tous les iodures et bromures capables de se dissoudre dans le mélange d’alcool et d’éther ont été successivement proposés, mais aucun n’a semblé donner des résultats supérieurs aux iodures alcalins ou métalliques que l’on trouve ordinairement dans le commerce et qui sont

iZp DEUXIÈME PARTIE.

les iodures de potassium, d’ammonium et de cadmium; on peut y joindre les iodures de sodium et de zinc. Nous laisserons donc complètement de côté les iodures de magnésium, de lithium, de fer, de nickel, de tétréthylammonium, car aucune expérience rigoureuse n’a démontré leur supériorité.

L’iodure de potassium est trop peu soluble dans le mélange d’alcool et d’éther; il faudrait, pour l’employer, ajouter une petite quantité d’eau qui altère le collodion; l’iodure d’ammonium est bien plus soluble et donne en même temps un composé beaucoup plus fluide : il conviendrait pour cette raison de le préférer. Mais un collodion fait avec l’un ou l’autre de ces iodures devient rouge et se décompose en très-peu de temps, tandis qu’avec l’iodure de cadmium on obtient une préparation qui paraît beaucoup plus stable; elle a l’inconvénient, toutefois, d’être moins fluide pour une même quantité de coton. Le collodion préparé avec l’iodure de cadmium reste incolore pendant des mois; mais il arrive bien souvent qu’il ne donne pas de bons résultats s’il est employé isolé, et les formules de collodion que l’expérience nous a démontrées les meilleures comme stabilité et comme résultats photographiques sont celles qui comprennent un mélange des divers iodures et bromures solubles. Le bromure d’argent, ainsi que nous l’avons indiqué § 78, étant sensible à certains rayons colorés qui agissent moins sur l’iodure, il est bon de mélanger les iodures et les bromures solubles dans le collodion. Ce mélange se fait ordinairement dans la proportion d’un quart de bromure pour trois quarts d’iodure ; on peut augmenter cette proportion, s’il est nécessaire, suivant les objets a reproduire, comme les tableaux, les fleurs, etc. La somme totale d’iodures et bromures solubles ajoutés est en

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moyenne de igr,25 à igr,35 pour 100 centimètres cubes du mélange d’éther et d’alcool.

Les altérations principales qui se produisent dans le collodion ioduré sont de deux sortes. Tantôt le collodion rougit dans un temps assez court; sa teinte, d’abord jaunâtre, peut passer en quelques heures, ou en quelques jours au rouge foncé; tantôt, au contraire, un collodion qui avait commencé par prendre une teinte légère, même quelquefois une teinte rouge par l’addition de l’iode libre, se décolore progressivement et devient tout à fait incolore.

Dans le premier cas, on peut admettre qu’il existe dans l’alcool, l’éther ou le coton-poudre, servant à confectionner le collodion, un acide libre qui réagit sur les iodures et les décompose; l’iode étant mis en liberté communique cette teinte rouge à la masse; or il y a tout lieu de croire que c’est surtout à l’acidité du coton qu’est due cette réaction. Pourtant M. Gaillard a remarqué que toutes les fois que l’alcool ou l’éther mis en contact avec l’iodure de potassium blanc et pur prenaient une légère coloration dans l’espace de quelques heures, le collodion fait avec ces mêmes produits devenait d’un rouge foncé. Il y a donc une action complexe encore mal étudiée de l’alcool, de l’éther et de la pyroxyline sur les iodures. Séparément ces corps n’ont pas ou n’ont que très-peu d’action, si on vient à les mélanger, l’action devient beaucoup plus rapide. De là l’habitude prise par certains photographes de faire d’une part un collodion non ioduré qu’ils appellent collodion normal , et d’autre part une solution alcoolique des iodures et bromures employés, pour ne mélanger ces substances que peu de temps avant de s’en servir. On peut ainsi avoir des liqueurs toutes prêtes assez longtemps à l’avance. Toutefois ce serait une erreur

de croire que le collodion non ioduré peut se conserver indéfiniment; sous l’influence soit de la lumière diffuse, soit des éléments qui entrent dans sa composition, nous avons vu du collodion non ioduré, préparé depuis quinze à dixhuit mois, ne plus donner que de très-mauvais produits.

On peut, par différents procédés, faire disparaître la coloration rouge des collodions. 11 suffit de mettre dans le flacon des lames de cadmium ou de zinc, ou de l’argent très-divisé : ces métaux s’emparent de l’iode et décolorent le collodion; cette décoloration ne doit pas être complète, car souvent alors le liquide prend une réaction alcaline, la glace préparée devient complètement noire ou enfumée sous les réactifs révélateurs, et quelquefois même le bain d’argent est gâté. On peut également employer dans le même but quelques gouttes d’ammoniaque très- diluée , mais on ne doit l’ajouter qu’avec précaution pour ne pas tomber dans l’excès; si le collodion renferme des sels de cadmium , l’ammoniaque produira un léger précipité blanc qui se redissoudra par l’agitation, l’oxyde de cadmium étant soluble dans l’iodure du même métal. Le contact un peu prolongé du bicarbonate de soude avec le collodion produit le même résultat.

Nous ne connaissons pas encore d’explication du fait de la décoloration spontanée des collodions; on peut remarquer que ces collodions deviennent plus fluides, la couche qu’ils forment est plus mince, généralement irisée après dessiccation, plus perméable dans les endroits qui correspondent aux ombres du modèle, «et l’argent se réduit avec un aspect métallique sur ia glace même; le plus léger défaut de nettoyage devient alors une tache; enfin il arrive souvent qu’en séchant le collodion se casse, se déchire seul, et quelquefois suit dans ces déchirures le contour exact du dessin.

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On doit croire, d’après ces observations, que la pyroxyline subit une action de décomposition, et on peut, en effet, remédier en partie à ces défauts, en ajoutant peu à peu à ces collodions de l’iode libre jusqu’à ce qu’il n’y ait plus décoloration, et en mettant à ce moment une dose nouvelle de coton-poudre en quantité convenable pour rendre a la couche de collodion l’épaisseur qu’elle doit avoir. On remédie aussi en partie aux défauts ci-dessus en laissant la glace collodionnée sécher un peu plus longtemps avant de l’immerger dans le bain d’argent.

On peut voir, d’après ces généralités, qu’il n’est pas possible de donner une formule rigoureuse pour faire de bons collodions. Cependant, d’après le grand nombre de recettes qui ont été publiées ou qui nous ont été communiquées, nous avons relevé une sorte de formule générale présentant un rapport très-simple entre ses divers éléments, et d’après laquelle un photographe pourra préparer toutes les formules particulières ou nouvelles qu’il voudrait essayer.

Prenez : éther sulfurique rectifié, 66 centimètrescubes;

Ajoutez: coton-poudre, 1 gramme;

Le coton ne se dissout pas si l’éther est convenablement pur, seulement les fibres s’écartent, les pelotons se distendent.

Ajoutez : alcool de vin rectifié à l\o degrés, 33 centimètres cubes.

Le coton-poudre se dissout alors rapidement.

Pour avoir le collodion ioduré, il suffit de mettre dans le mélange ci-dessus t gramme d’iodures solubles (le plus souvent additionnés d’un quart de bromures).

La préparation est prête à employer après douze à vingt-quatre heures de repos pour l’éclaircir.

4e éil.

l46 DEUXIEME PARTIE.

Cette formule est très-simple, elle se résume ainsi : deux tiers d’étlier, un tiers d’alcool (quelquefois la dose d’alcool est à 4° et même 5o pour ioo), et pour 100 centimètres cubes de ce mélange, i gramme de coton-poudre, i gramme d’iodures et o,^5 à o,35 de bromures. Toutefois elle admet toutes les modifications nécessitées par les circonstances dans lesquelles on se trouve.

Nous ferons suivre cette formule générale des recettes particulières suivantes, qui nous ont été communiquées et qui donnent le plus souvent de très-bons résultats. Nous ferons toutefois observer que pour le travail d’atelier on doit iodurer plus fortement le collodion que pour la reproduction des paysages, par conséquent c’est au photographe à faire varier ses préparations suivant le travail qu’il doit faire. Nous recommanderons de préférence à un commençant l’emploi des deux premières formules* avec lesquelles il doit obtenir de bons résultats, et nous ne lui conseillons l’essai des autres que lorsqu’il sera bien au courant des manipulations photographiques.

i° (i) Alcool à 4°° • • .

Éther sulfurique rectifié.

Iodure de potassium.. . .

Iodure d’ammonium . . .

Iodure de cadmium ....

Bromure de cadmium. . .

Coton-poudre de.. . 8 à

4oocc

6oo

2gr

io suivant la solubilité.

2° (2) Éther sulfurique rectifié... 3oocc

Alcool à 4°° 200

Coton-poudre. 5gr

Iodure de potassium 1

Iodure d’ammonium 1,75

(1) Formule de M. Bayard.

(2) Formule communiquée parM. le comte Aguado.

COLLODION

lodure de cadmium 1,75

Bromure de potassium.. . . 0,25

Bromure d’ammonium o,5o

Bromure de cadmium o,5o

Mettez séparément les iodures et les bromures dans un petit mortier de porcelaine, pulvérisez-les finement avec un peu de collodion préparé, et versez-les dans les 5oo centimètres cubes de collodion, en ajoutant un peu d’iode en paillettes de manière à donner au liquide une couleur d’eau-de-vie ordinaire. Après avoir bien agité, laissez décanter le tout jusqu’à parfaite limpidité, ou filtrez sur du papier ou sur du coton; lorsqu’on emploie le coton, il faut recommencer plusieurs fois la filtration.

3° (i) Faites, d’une part, le collodion normal suivant :

Éther rectifié. .... i6occ

Alcool à 4o° 4°

Coton-poudre 2gr,25

Faites, d’autre part, la liqueur pour iodurer :

Alcool rectifié à 36°. ..... i2occ

lodure de potassium 2gr

lodure d’ammonium 2

lodure de cadmium 6

Bromure de cadmium 3

On pulvérise les substances solides avant de les verser

dans l’alcool et on agite; après dissolution, on ajoute 10 centimètres cubes de cette liqueur sensibilisatrice pour 100 centimètres cubes de collodion normal.

4° (2) Préparez les deux solutions suivantes :

N° 1. Alcool à 4o° i oocc

lodure de cadmium . 7,50

Bromure de cadmium 3,75

(1) Formule communiquée par M. Joüet.

(2) Autre comiîiuni cation.

î48 DEUXIÈME PARTIE.

N° 2. Alcool à 4o° i oocc

Iodure d’ammonium 7,50

Bromure d’ammonium. ... 3,75

Après avoir préparé un collodion normal d’après la formule

Éther sulfurique rectifié à 62° 67e*

Coton-poudre igl

Alcool à 4°°'* 33

iodurez-le avec les solutions précédentes d’après le travail que vous avez à faire dans les conditions suivantes :

Pour V atelier et de portrait , ajoutez à 100 centimètres cubes de collodion normal 7 centimètres cubes de la soution n° 1, et 3 centimètres cubes de la solution n° 2.

Pour faire le paysage , il suffit d’ajouter à 100 centimètres cubes de collodion normal, 3 centimètres cubes de la solution n° 1, et 2 centimètres cubes de la solution n° 2.

Nota. — Dans le cas où l’on emploie ce collodion pour le paysage, il faut que le bain d’argent et le bain révélateur d’acide pyrogallique soient affaiblis de moitié.

Cette formule pour le paysage permet d’obtenir de très-jolis clichés, remplis de détails, dans lesquels on obtient même les ciels avec les nuages; mais ils manquent un peu de vigueur.

5° (1) Collodion normal.

Éther rectifié à 62° ioocc

Pyroxyline (faite avec du papier pur ;

voir au Vocabulaire) 0,75

Agitez, puis ajoutez peu à peu de l’alcool absolu jusqu’à solution de la pyroxyline.

(1) Formule de M. Maxwell Lyte.

COLLODION

Après le repos nécessaire pour arriver à l’éclaircissement complet du liquide, décantez la partie claire, que vous conservez dans un endroit frais et obscur; pour iodurer ce collodion, ajoutez à ioo centimètres cubes de ce collodion normal, 33 centimètres cubes delà solution iodurée suivante :

Alcool à 4o° 2--5cc

Iodure de sodium 2gr,75

Iodure de cadmium 5

Bromure de cadmium .... i , 75

Après avoir bien agité le mélange, laissez reposer douze heures ou plus avant de vous servir de ce collodion.

6° On peut encore préparer l’iodure de cadmium dans le collodion même. Il suffit pour cela d’introduire de l’iode pur, du cadmium laminé très-mince dans le collodion normal, et d’abandonner la préparation a l’abri de la lumière.

Soit : Éther rectifié à 62° 67™

Coton-poudre - . . . igr

Alcool à 4°° 33cc

Iode pur en paillettes. 0,6

Cadmium laminé un excès.

On retire le cadmium lorsque le collodion n’a plus qu’une teinte légère.

On peut varier à l’infini ces diverses formules, mélanger les unes avec les autres les préparations qui en résultent; on arrive ainsi souvent à améliorer des collodions qui donnaient de mauvais résultats. Le succès, nous le répétons, dépend beaucoup moins de la formule employée que de la pureté des produits.

Nous avons cru cependant devoir indiquer un assez

l5o DEUXIÈME PARTIE.

grand nombre de formules pour montrer en même temps les différentes manières de préparer le collodion.

M. Jeanrenaud a bien voulu nous communiquer la recette suivante qu’il emploie de préférence, et avec laquelle il obtient un collodion que le temps ne fait qu’améliorer :

7° Éther 'j5occ

Alcool... s5o

Coton-poudre . . . 9

Iodure de cadmium 10

Lorsque tout est dissous, on ajoute dans le flacon du brome pur, goutte à goutte, en agitant jusqu’à ce que tout le liquide ait pris une coloration rouge vin de Bordeaux.

On prélève alors 200 centimètres cubes de ce mélange et on verse dans le liquide prélevé 10 à 12, gouttes d’ammoniaque liquide pure ; il doit se faire un précipité boueux très-abondant. On ajoute sur ce précipité de l’acide acétique cristallisable goutte à goutte, jusqu’à dissolution complète. On remet ces 200 centimètres cubes dans le grand flacon, on mêle tout ensemble et on abandonne huit ou quinze jours. Tout le collodion doit après ce temps être revenu à une coloration jaune ambré ; s’il se décolore complètement, on y ajoute quelques gouttes de brome ; si, au contraire, il reste rouge, on y verse quelques gouttes d’ammoniaque. Si on a mis trop d’ammoniaque et d’acide acétique, l’emploi de ce collodion donne dans le bain d’argent de petits cristaux aiguillés d’acétate d’argent qu’il faut fréquemment enlever par filtration.

Toutes ces formules sont et resteront empiriques, et leur réussite dépendra de phénomènes accessoires inconnus, jusqu’à ce que l’on ait étudié dans tous leurs détails

COLLODION. 1 5 I

le mode et les conditions de formation des épreuves négatives.

Nota . — i° Quand on prépare chaque fois les mêmes quantités de collodion, il est commode de se servir toujours du même flacon; on mesure, lors du premier dosage, la quantité d’éther nécessaire, on marque d’un trait, soit à la lime, soit au diamant, le point d’affleurement du liquide. Quand on a ajouté l’alcool, on marque de même le second point et, dans toutes les préparations suivantes, on mesure les liquides directement dans le flacon d’après les points d’affleurement tracés.

Nous conseillons de préparer le collodion douze heures au moins à l’avance pour qu’il puisse s’éclaircir de lui-même; mais il arrive souvent qu’on veut l’employer tout de suite, il est alors nécessaire de le flltrer. Cette opération se fait sur un filtre en papier ou sur un tampon de coton tassé au fond d’un entonnoir; et ia filtration, qui marche d’abord rapidement, s’arrête et bientôt ne se fait plus que goutte a goutte; l’éther et l’alcool se vaporisant inégalement, les proportions de la formule primitive sont alors changées et le produit se trouve ainsi altéré ; il faut avoir le soin de couvrir l’entonnoir avec une glace fermant presque hermétiquement.

§ 90. Préparation du bain dé argent. — Le collodion ioduré, que l’on a le tort d’appeler souvent collodion sensibilisé, n’est pas sensible à la lumière dans le sens photographique de ce mot; pour devenir sensible, il faut que les iodures solubles qui entrent dans sa composition soient transformés en iodure d’argent; il suffit pour cela d’immerger là glace recouverte de la couche de collodion dans un bain d’azotate d’argent. Les photographes peuvent préparer eux-mêmes l’azotate d’argent ( voir au

i52 deuxième partie.

Vocabulaire), mais on le trouve pur dans le commerce des produits chimiques à un prix qui excède de bien peu le prix de revient du laboratoire.

Le bain se compose d’une solution d’azotate d’argent dans l’eau distillée. Si on employait l’eau ordinaire, on aurait un précipité plus ou moins abondant, dû a la présence des chlorures et carbonates en solution qui se transforment alors en chlorure et carbonate d’argent insolubles. L’eau de pluie convenablement recueillie peut toujours en photographie remplacer l’eau distillée, il en est de même de l’eau de glace fondue; enfin, à défaut d’eau de pluie ou d’eau distillée, on emploie l’eau ordinaire lorsqu’elle ne donne pas un pi'écipitè trop abondant , les parties insolubles qui troublent le liquide sont éliminées par filtration et mises aux résidus. On doit surtout éviter les eaux qui contiennent des matières organiques en dissolution, comme uela arrive fréquemment après leur passage dans les grandes villes ou au débouché des usines, ainsi que l’a démontré M. Peligot.

La dose de l’azotate d’argent peut varier de 5 à io grammes pour ioo centimètres cubes d’eau. La formule moyenne est de 7 à 8 grammes.

Pour les reproductions de paysages elle peut tomber jusqu’à 3 grammes seulement, mais il arrive souvent alors que l’épreuve n’est pas assez vigoureuse.

Lorsque le temps est froid, les réactions sont plus lentes; on doit alors augmenter la dose d’azotate d’argent, qu’il faut au contraire diminuer dans les temps de chaleur.

Une solution d’azotate d’argent a la propriété de dissoudre l’iodure d’argent en quantité d’autant plus considérable qu’elle est elle-même plus concentrée. Aussi les premières glaces collodionnées que l’on sensibilise dans le bain peuvent être altérées par cette action dis-

COLLODION. 1 53

solvante. On remédie facilement a cet inconvénient, en saturant à l’avance le bain avec l’iodure d’argent. Il suffit pour cela, soit d’y ajouter directement quelques centimètres cubes de collodion, d’agiter et de filtrer, ou encore de dissoudre la quantité d’azotate d’argent nécessaire dans la moitié de la quantité d’eau voulue ; on ajoute à cet azotate d’argent un peu d’un iodure soluble (potassium, ammonium ou cadmium), et après avoir agité on complète le volume d’eau. Il se fait un précipité abondant que l’on sépare en filtrant. On peut encore mettre ensemble dans un tlacon l’eau, l’azotate d’argent et les cristaux d’iodure. On fait tourner le liquide dans le vase de manière que les substances solides se dissolvent en restant à la partie inférieure; la solution d’argent devient ainsi très-concentrée : elle dissout lin excès d’iodure. Lorsque la solution de l’azotate d’argent est complète, on secoue en tous sens; il se fait aussitôt un précipité jaune abondant d’iodure d’argent que l’on sépare par filtration, et le bain est prêt à servir.

Un bain d’azotate d’argent neuf présente, suivant le produit employé, une réaction acide, neutre, ou alcaline; avec l’azotate d’argent cristallisé , le plus souvent la réaction est légèrement acide, à moins que le sel parfaitement séché au-dessus de i3o degrés n’ait été ensuite redissous et cristallisé dans l’eau distillée. Il pourra alors être neutre au papier de tournesol; il en sera de même s’il a été fondu avec beaucoup de soin ; mais lorsque la température de fusion a été un peu dépassée, il se fait un commencement de décomposition, l’azotate d’argent prend la réaction alcaline et ramène au bleu le tournesol rougi.

Avec un bain légèrement acide, on obtient plus facilement des épreuves propres et nettes; c’est une condition

première pour les épreuves positives directes, mais en général la sensibilité de la préparation et l’intensité de l’image sont moins grandes. La neutralité du bain est l’état le plus favorable; avec un bain qui est devenu alcalin, soit spontanément, soit par des causes accidentelles, la surface sensible noircit complètement sous l’influence des agents réducteurs.

Selon M. Hardwich, l’azotate d’argent pourrait renfermer des matières organiques très-nuisibles aux opérations photographiques; en admettant que cela soit possible pour le sel cristallisé, ce ne le serait en aucun cas pour l’azotate d’argent fondu.

Lorsquele bain a servi pendantquelque temps, sesqualités peuvent changer, soit qu’il s’améliore, soit qu’il s’altère .

D’abord il se charge d’une petite quantité d’iodure d’argent s’il n’en a pas été préalablement saturé, puisque ce sel, insoluble dans l’eau, est soluble dans une solution d’azotate d’argent et en quantité d’autant plus considérable que cette solution est plus concentrée ; en effet, si on ajoute de l’eau distillée à un bain d’argent qui a servi à quelques préparations iodurées, il se fait immédiatement un trouble dû à l’iodure d’argent insoluble dans une solution moins concentrée, mais qui se redissout aussitôt si on ajoute au liquide une nouvelle dose d'azotate d’argent.

De plus, chaque glace apporte son contingent d’alcool et d’éther, mais ces substances ne semblent pas avoir d’action n uisible tant qu’elles ne sont pas en quantité trop considérable.

Si le collodion que l’on emploie est alcalin, comme cela arrive quelquefois par suite de l’addition de quelques gouttes d’une solution ammoniacale, il peut altérer le bain et celui-ci donnera des surfaces sensibles qui noir-

COLLODION

ciront immédiatement sous les agents révélateurs, même sans avoir vu le jour. Si, au contraire, le collodion renferme de l’iode libre, ce dernier mettra en liberté un peu d’acide nitrique dans le bain.

Quelques gouttes d’une solution d’acide gallique ou pyrogallique, ou de sulfate de protoxyde de fer, qui tomberaient dans le bain d’argent, l’altéreraient immédiatement et on n'obtiendrait plus que des images très-faibles et voilées. En conséquence on doit toujours avoir le soin de couvrir la cuvette dans laquelle est le bain, pour éviter qu’il ne reçoive des éclaboussures au moment du développement. Cependant, lorsque le bain d’argent a été ainsi altéré, on peut le ramener à un état convenable en le faisant bouillir dans une capsule de porcelaine ou dans un rnatras à fond plat (dit fiole à médecine), en ayant le soin d’ajouter quelques gouttes d’acide nitrique. O11 sature ensuite l’acide par un peu de craie en poudre et on filtre. Après refroidissement ce bain peut servir de nouveau. S’il ne donnait pas des épreuves parfaitement nettes, on y ajouterait avec beaucoup de ménagement et goutte à goutte, en essayant chaque fois, de l’acide nitrique, préalablement étendu de son volume d’eau distillée.

On a proposé d’additionner le bain d’argent d’un peu d’acétate de soude, mais en minime proportion, sans cela il se ferait immédiatement un précipité ^d’acétate d’argent (ce dernier corps étant peu soluble) ; les acides plus énergiques que l’acide acétique qui viendraient accidentellement à être mélangés au bain se trouvent ainsi saturés et remplacés par l’acide acétique.

Enfin quelques photographes ont eu l’idée de composer divers mélanges pour augmenter la sensibilité du bain; et bien que nous préférions le bain d’azotate d’ar-

gent ordinaire, nous donnons ici, pour ne rien omettre, une formule qui nous a été communiquée il y a quelques années :

faites dissoudre d’une part.

faites dissoudre d’autre part.

Ajoutez quatre gouttes d’acide nitrique, mélangez les deux liquides, faites bouillir et filtrez après refroidissement.

§ 91 . Préparation des bains réducteurs ou révélateurs . — Après l’exposition à la chambre noire, l’image est invisible ; elle apparait sous l’influence de réactifs qui ont la propriété de réagir sur l’azotate d’argent, comme nous l’avons expliqué §§ 72 et suivants. Les réactifs de cet ordre les plus employés pour le collodion humide sont le sulfate de protoxyde de fer, que l’on remplace souvent par le sulfate double de fer et d’ammoniaque, l’acide pyrogallique, et, plus rarement, l’acide gallique.

Le sulfate de protoxyde de fer est employé à l’état de solution plus ou moins étendue. Si l’on se sert d’une dissolution saturée, l’image apparaît d’un coup, la réduction se fait aussitôt, et l’épreuve n’a pas le temps de se développer assez pour donner des parties noires vigoureuses; si on emploie la même solution, très-étendue et additionnée d’acide ^acétique, l’épreuve se produit d’une manière beaucoup plus lente, l’image apparaît successivement avec plus d’opposition entre les blancs et les noirs.

On prépare cette solution de la manière suivante :

Solution saturée de sulfate de protoxyde de fer. ioo'c

Eau ordinaire 8oo à iooo

Acide acétique cristallisable . . 20

Alcool à 35°

Eau distillée

I 25tc

Azotate d’argent

25gr

Eau distillée

I 25cc

Sous-acétate de plomb.

2Ôgr

COLLODION. :5n

On remplace souvent l’acide acétique cristallisable par l’acide pyroligneux épuré du commerce, mais on doit alors doubler la proportion du réactif, l’acide pyroligneux étant de l’acide acétique non concentré. On peut préparer à l’avance une assez grande quantité de cette solution, qui semble s’améliorer avec le temps. L’addition de l’alcool est nécessaire pour répandre régulièrement le liquide sur la couche du collodion. En effet,, celle-ci en sortant du bain d’argent est imprégnée d’un mélange d’eau, d’alcool et d’éther, et elle repousse soit l’eau pure, soit les solutions non additionnées d’alcool, et si on ne prenait la précaution d’ajouter de l’alcool, on aurait des marbrures et des taches nombreuses.

Avec ce liquide, l’image doit se développer rapidement, mais non d’un seul coup : souvent le développement est complet en quelques secondes et assez vigoureux pour qu’il ne soit pas nécessaire de renforcer l’épreuve; mais souvent aussi l’image apparaît trop faible par transparence, et il est nécessaire de la remonter par un des procédés indiqués plus loin.

M. Meynier a proposé de substituer au sulfate de protoxyde de fer le sulfate double de fer et d’ammoniaque que l’on emploie de la même manière dans les proportions suivantes :

Eau i litre iooocc

Acide pyroligneux ioocc

Alcool à 36° 5o

Sulfate double de fer et d’ammoniaque 5o

la proportion de sulfate double peut varier de 3 à 5 pour ioo suivant la force que l’on veut donner au révélateur.

L’avantage du sulfate double sur le sulfate de fer ordinaire est de mieux se conserver, et en agissant moins

rapidement sur l’azotate d’argent, de permettre un développement que l’opérateur conduit plus à son gré.

L’acide pyrogallique en solution très-étendue est employé également bien pour développer les épreuves : il fait apparaître l’image moins rapidement, mais il permet

souvent de lui donner plus de vigueur. Les proportions du mélange employé sont les suivantes :

Eau 25occ

Acide pyrogallique igr

Acide acétique cristallisable. . 2occ

On peut remplacer l’acide acétique par

Acide citrique. igr

Alcool » 2occ

L’emploi de l’acide citrique proposé par M. Gaillard est excellent : avec cet acide on obtient des clichés noir-

bleu d’une très-grande pureté et d’une très-grande transparence. On doit cependant se méfier un peu de cette coloration bleue perméable à la lumière, et les clichés développés avec addition d’acide citrique doivent être plus poussés que ceux que l’on développe avec addition d’acide acétique; l’acide citrique présente encore cet avantage d’être un corps solide, d’un transport facile et absolument sans odeur. Il faut avoir soin, pour que le liquide se répande uniformément sur la glace, d’ajouter une certaine quantité d’alcool; cette addition n’est pas nécessaire lorsqu’on se sert d’acide acétique, parce que celui-ci, ajouté en quantité assez considérable, joue le double rôle de l’acide et de l’alcool.

On a proposé, comme puissant accélérateur, l’emploi de l’acide formique. M. Ferrier, le premier, en a conseillé l’usage, MM. Worthley et Claudet ont indiqué les dosages qui leur ont donné les meilleurs résultats.

COLLODÎON. 1Ô9

Formule de M. Claudet:

Eau 2oocc

Acide formique 25

Acide pyrogallique 1,22

Alcool 20

le bain d’argent doit être légèrement acide.

M. Worthley fait usage ainsi que M. Ferrier de l’acide formique avec le bain de fer, et il a indiqué les propor-

tions suivantes :

Eau 55occ

Sulfate de fer 12, 5o

Acide formique. n,5o

Acide acétique i5

Mais ces dosages n’ont rien de fixe, parce que l’acide formique du commerce est encore un produit dont la pureté est excessivement variable; il y a même tout lieu de croire, d’après les résultats contradictoires qui ont été obtenus par divers expérimentateurs, que l’accélération peut être due à des agents étrangers. Il y a dans cette voie une série d’essais très-intéressants à tenter pour ceux de nos lecteurs qui ont déjà une habitude suffisante des manipulations et quelques connaissances en chimie (1).

(1) Les divers procédés de développement indiqués ci-dessus sont ceux qui sont le plus généralement employés et dont nous conseillons l’usage; mais nous devons ajouter ici différentes formules qui ont été également proposées et ont donné de bons résultats :

M. Franck de Yillecholes conseille comme permettant plus de rapidité l’emploi d’une solution saturée d’acide gallique ; sous ce réactif l’épreuve sort immédiatement, mais ne prend pas d’intensité; on fait écouler le liquide qui est sur la glace dans un verre, et on ajoute quelques gouttes d’une solution étendue de sous-acétate de plomb. Il se fait un précipité caséeux de gallate de plomb, un peu d’acide acétique est mis en liberté, et en reversant le mélange sur la glace on finit par obtenir des épreuves très-vigoureuses avec un temps de pose relativement très-court.

M. Adolphe Martin, pour donner à l’acide pyrogallique les qualités de

j6o deuxième partie.

§ 92. Bains de fixage . — Les agents fixateurs, c’està-dire les corps employés pour dissoudre les iodure et bromure d’argent sans attaquer sensiblement l’argent réduit qui forme l’image, sont : l’hyposulfite de soude, les sulfocyanures d’ammonium ou de potassium et le cyanure de potassium.

Les propriétés toxiques du cyanure de potassium devraient suffire pour le faire rejeter du laboratoire : c’est un des plus violents poisons que l’on connaisse. L’odeur qu’il répand est déjà suffisante pour agir sur certains tempéraments et occasionner de graves malaises; en solution même très-étendue, il ronge rapidement lés demiteintes des épreuves : mais la facilité avec laquelle il fixe les négatifs, son usage commode en ont malgré tout propagé l’usage. Si on veut s’en servir, ce ne doit être qu’à la dose de 2 grammes pour 100 grammes d’eau.

L’hyposulfite de soude n’attaque pas les demi-teintes

rapidité qui caractérisent les développements au sulfate de fer, propose l’emploi de l’alun pour remplacer l’acide acétique; il donne la formule suivante.

On prépare à l’avance une solution de a5 grammes d’alun dans 5oo grammes d’eau. Pour développer on mélange :

2occ de cette solution ,

38occ d’eau ordinaire non calcaire, iocc d’alcool, i5r d’acide pyrogallique.

M. l’abbé Laborde, essayant dans le même but d’autres sels d’alumine,

a proposé cette autre formule :

gr

Eau 3oo,oo

Nitrate d’alumine 1 , 5o

Acide pyrogallique 1,00

M. Kaiser propose de dissoudre le sulfate de fer dans une solution de sucre de lait qui, remplaçant l’acide acétique, empêche une réduction trop rapide de l’argent, tout en permettant une exposition plus courte.

( Ces procédés sont extraits de communications faites à la Société française de Photogj'aphie.)

COLLODION

comme le cyanure de potassium ; son emploi ne présente aucun danger au point de vue hygiénique. Pour le fixage des négatifs on se sert d’une solution concentrée formée

de :

Eau filtrée ordinaire ioosr

Hyposullite de soude . . 2.5 à 3o

Nota. — On doit avoir la précaution chaque fois que les mains ont touché de rhyposulfite de soude soit en cristaux, soit en solution, de les laver avec le plus grand soin ; car les moindres’traces de ce sel donnent avec l’azotate d’argent en excès, des taches brunes ou noires, et on risquerait de perdre ainsi toutes les épreuves qui suivraient un premier fixage.

Les sulfocyanures d’ammonium ou de potassium, encore peu répandus dans la pratique a cause du prix assez élevé auquel revient un bain qu’il faut employer à la concentration de

Sulfocyanure d’ammonium ou de potassium . . 60 à 7581'

Eau ioo

seraient peut-être les meilleurs fixateurs, parce qu’ils n’ont pas les propriétés toxiques du cyanure de potassium et ne donnent pas de taches comme l’hyposulfite de soude; leur emploi ne s’est pas encore généralisé, et. c’est seulement par une étude suivie qu’on pourra savoir si le. s services qu’ils peuvent rendre ne sont pas accompagnés de quelques inconvénients encore inconnus. Nous croyons, toutefois, que ces sels seront d’une grande commodité pour faire le collodion en campagne.

§ 93. Vernis — Lorsque le cliché est sec, on peut s’en servir immédiatement pour tirer des épreuves positives; mais la couche de collodion peu adhérente à la glace

4 e <:iL I I

s’altère et s’éraille avec la plus grande facilité. Il est donc nécessaire, toutes les fois que l’on tient à un cliché, de le recouvrir d’un vernis qui puisse le mettre à l’abri des frottements.

Si l’on ne doit tirer que quelques épreuves et détruire l’image ensuite, une solution de io parties de gomme arabique dans ioo parties d’eau sera suffisante; l’avantage que présente ce vernis est de pouvoir être enlevé par un simple lavage à l’eau. Si l’on désire une solidité plus grande et un vernis qui puisse résister à un tirage multiplié, il faudra prendre une des formules suivantes (i) :

N° 1 . — Vernis à la gomme laque (2)

Gomme laque en grains, ou en écailles si l’on ne peut trouver la sorte en

Agitez plusieurs fois, et après 2 ou 3 jours filtrez.

N° 2. — Vernis au benjoin.

Benjoin 10 j ^-tes dissou(jre el filtrez.

Alcool a 4o° 1 oocc )

N° 3. — Un mélange par parties égales des deux vernis ci- dessus réussit aussi parfaitement.

N° 4. — Vernis au copal.

Vernis au copal du commerce 1 partie.

Benzine 2

(1) On trouve dans le commerce différents vernis, notamment le vernis de Sœhnée, qui sont d’un bon emploi.

(2) Formule de M. Mailand.

grains

Elémi

Alcool à 4°°

COLLODION

Vernis à V ambre. — Prenez de l’ambre jaune préalablement fondu à un feu vif, dans un vase couvert, et dissolvez ensuite dans la benzine. Les proportions ne peuvent être précisées, il faut essayer les quantités, car l’ambre fondu est pins ou moins soluble dans la benzine.

Nous employons de préférence le vernis à la gomme laque (n° 1); il doit être appliqué à chaud; il donne une couche brillante, assez résistante pour qu’un cliché ainsi vernis ait pu entre nos mains tirer plus de 600 épreuves sans laisser voir la plus petite altération.

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