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PAPIER HUMIDE

§ 176. Dans le procédé dit au papier humide , on emploie le papier au moment même où on le sort du bain d’acétonitrate d’argent sans le laver ni le faire sécher. On se sert de préférence, pour ce procédé, du papier non ciré, ioduré comme le papier ciré selon le § 158 et rendu

PAPIER

sensible selon le § 159. Pendant que la feuille trempe dans le bain d’acétonitrate, on dispose sur la plus grande glace du châssis un papier dit de doublure; c’est un carré de gros buvard blanc que l’on mouille complètement avec de l’eau distillée et que l’on applique d’une manière exacte sur la glace où on le dépose. Cette doublure étant bien humide, on met dessus la feuille de papier sensible ayant soin de ne pas laisser de bulles d’air; et, maintenant le châssis incliné dans le sens où on doit le poser, on le porte ainsi dans la chambre noire, où on l’expose aux rayons lumineux; ce papier humide a presque la sensibilité du collodion, toutefois ses résultats sont moins constants que ceux du papier sec : on fait apparaitre l’image par l’acide gallique seul ( voir% 162); on n’ajoute pas d’acétonitrate d’argent, parce que le papier en est tout imprégné. La réaction du bain est très-rapide, mais il se produit souvent des taches, dues soit à quelques bulles d’air inaperçues, soit au retour du liquide sur lui-même, si on n’a pas eu soin d’incliner le châssis toujours dans le même sens. Les épreuves sont lavées et fixées de la même manière que pour le procédé ciré sec ; seulement, quand elles sont séchées, il faut avoir soin de les cirer pour donner à la fois au papier et plus de force et plus de transparence.

§ 177. Un autre procédé consiste à prendre, pour le procédé humide, une feuille de papier un peu fort, celui dont on se sert généralement pour positif; on marque au crayon le côté non satiné du papier, et l’on applique la partie satinée sur le bain d’iodure, en ayant soin que le liquide ne passe pas sur le verso ; puis on met à sécher : pour rendre ce papier sensible, on dépose la feuille sur le bain d’acétonitrate d’argent, le coté ioduré en contact

avec le liquide, en évitant les bulles d’air, on l’v laisse quelques secondes seulement, puis on la met sur ladoublure de buvard : le reste de l’opération se conduit comme nous l’avons dit ci-dessus.

§ 178. M. Humbert de Molard a indiqué une formule donnant un papier plus rapide, qu’il prépare ainsi qu’il suit.

Premier bain :

Eau distillée 5oorc

Iodure d’ammonium (iodhydrate d’ammoniaque). 2ogr

On laisse sécher le papier; on pose un côté seulement sur le second bain composé de :

On laisse très-peu de temps, on égoutte la feuille, que l’on met sur un buvard, comme il est dit ci-dessus. Pour les vues, on expose au soleil une ou deux secondes, à l’ombre cinq ou six secondes ; pour les portraits , de quinze secondes à une minute; on fait développer l’image en versant sur la surface impressionnée une solution d’acide gallique saturé, contenant, pour 200 grammes de ce liquide, une cinquantaine de gouttes d’une dissolution saturée d’acétate d’ammoniaque : l’image sort subitement, on lave à grande eau et bon fixe par les procédés ordinaires.

§ 179. La formule suivante, du même auteur, donne un papier plus sensible encore, mais d’une difficulté plus grande de manipulation , et exigeant beaucoup d’habitude.

Eau

25osr

Azotate d’argent. .

Azotate de zinc. . .

Acide acétique. . .

i6gr

g ) ou

PAPIER. 297

Prenez :

Cyanure de potassium pur iogr

Iode cristallisé 10

Broyez ces deux réactifs sur une glace à l’aide d’une molette, avec le moins d’eau possible, et faites sécher rapidement. Conservez le mélange en cet état dans un flacon bien bouché.

Dans cette opération, il se fait un mélange d’iodure et de cyanure de potassium et d’iodure de cyanogène. Ce dernier corps étant volatil à une faible température, et très-délétère, on devra toujours préparer le mélange a l’air libre et par un temps froid.

On apprête son papier d’un côté seulement en le mettant à plat sur un bain composé de :

Eau distillée jooRr

Mélange ci-dessus 3

Ammoniaque liquide 5

Après cinq minutes de contact on suspend par un angle, on laisse sécher, et l’on se sert du papier dans les vingt-quatre heures de sa préparation.

Au moment d’employer le papier, on le passe à l’acétonitrate ordinaire (§ 159), mais avec les précautions suivantes : on met sur une glace, bien de niveau, la quantité du bain d’argent nécessaire pour la couvrir ; on pose la feuille sur ce bain, qui 11e doit servir qu’une fois; il se fait une effervescence, due à l’action de l’acide acétique sur le carbonate de potasse provenant de la décomposition du cyanure; après quelques minutes de contact, on relève la feuille et on la met dans le châssis, avec les précautions indiquées plus haut. La pose n’excède pas vingt a vingt-cinq secondes pour portraits, deux ou trois secondes pour vues; on développe l’image en laissant la

feuille adhérente à la glace et versant dessus une solution d’acide gallique à 2 ou 3 pour 1000, a laquelle on ajoute quelques gouttes d’acide acétique; on rejette tout de suite le liquide réducteur : l’image doit apparaître spontanément, sinon on verse quelques gouttes d’acétate d’ammoniaque dans le bain d’acide gallique.

Nous ne pouvons exposer tous les autres procédés pour papier humide; nous engageons les amateurs en photographie qui ont l’habitude des manipulations à recourir aux diverses brochurés où elles sont exposées. Nous devons dire que ces divers procédés de papier humide, inventés avant la découverte du collodion, sont bien plus difficiles dans leurs diverses manipulations que le collodion humide, et qu’ils donnent des résultats de beaucoup inférieurs à ceux que l’on obtient avec ce dernier. Nous les avons mentionnés d’une manière sommaire pour que nos lecteurs puissent en avoir une idée.

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