GRAVURE
C’est à Nicéphore Niepce que l’on doit les premiers essais de reproduction par la presse des empreintes pho-
tographiques, L’idée mère de Niepce était tombée dans l’oubli , abandonnée par son auteur lui-même; elle a été reprise par plusieurs expérimentateurs.
M. Donné, M. Berres et.M. le due de Luynes ont tenté de convertir en gravures les épreuves daguerriennes : les résultats auxquels ils sont parvenus sont loin d’être parfaits; toutefois ils sont déjà très-curieux, et iis ont démontré la possibilité d’atteindre ce résultat.
M. Fizeau a poussé l’expérience beaucoup plus loin que ses prédécesseurs, et il a établi un système complet de gravure sur plaque qui, selon nous, a été trop vite abandonné et devrait être étudié de nouveau.
Lors de la découverte de la photographie sur papier, la facilité d’obtenir avec un seul négatif un grand nombre d’épreuves positives fit abandonner pendant un certain temps les divers essais de gravure; on pensait alors que ce moyen de multiplier les épreuves positives suffirait aux exigences commerciales, et on ne s’occupa plus que d’améliorer le tirage des positifs.
L’expérience a prouvé qu'on pouvait obtenir avec rapidité des dessins photographiques d’une grande richesse de ton et d’une finesse remarquable, mais qu’il restait un obstacle à surmonter. Les épreuves produites par un même négatif ne sont pas toutes comparables entre elles, d’ailleurs toutes ne présentent pas la même solidité; obtenues par la lumière du jour, dont les variations sont continuelles, elles ne peuvent reproduire, lorsqu’on les examine successivement, cette régularité que donne le tirage de la lithographie et de la gravure. Ces imperfections, et le prix relativement élevé du tirage, étaient pour l’application à la librairie un obstacle réel; c’est pourquoi on en est revenu aux essais primitifs de reproduction par voie d’impression.