RECHERCHES DIVERSES
§ 250. Procédé à l’ azotate dé urane. — Cette méthode est due a M. N-iepce- de Saint-Victor, et voici l’exposé sommaire d’un procédé décrit par fauteur. Le papier que l’on emploie ne doit avoir subi aucune préparation antérieure, il faut le soustraire pendant plusieurs jours à l’action de la lumière, et ne le toucher qu’avec de grandes précautions.
On pose la feuille sur un bain d’azotate d’urane, com-
posé de :
Eau distillée ioogr
Azotate d’urane. 20
On la laisse pendant quelques minutes à la surface de ce bain ; on la prend, on la met à sécher dans l’obscurité. Le papier peut se conserver ainsi très-longtemps.
Pour tirer une épreuve, on expose la feuille sous un négatif d’une à dix minutes au soleil, un quart d’heure à une heure à l’ombre. 11 se fait une apparence d’image qu’il est nécessaire de développer au moyen d’un des bains suivants :
i° Bain d’azotate d’argent .
Eau ioogr
Azotate d’argent cristallisé 6
Acide acétique. traces.
Lorsqu’on plonge la feuille dans ce bain, l’image apparaît immédiatement, elle est terminée en trente à quarante secondes. Aussitôt qu’elle est au point voulu, il suffit de la laver à plusieurs eaux successives pour la fixer complètement.
2° Bain de chlorure d’or acide.
Eau distillée ioosr
Chlorure d’or ordinaire. ........ 2
Acide chlorhydrique.. 2 à 3 gouttes.
L’épreuve plongée dans ce bain au sortir du châssis positif apparaît plus rapidement encore que dans le bain d’azotate d’argent n° 1. On la lave a plusieurs eaux, on la laisse sécher; elle est suffisamment fixée : elle prend une vigueur beaucoup plus grande si on la sèche au feu. Ce bain de chlorure d’or acidulé sera surtout employé pour faire virer les épreuves qui auront été préalablement développées dans la solution d’azotate d’argent n° 1.
On peut également employer un bain de bichlorure de mercure auquel on fait succéder un bain d’azotate d’argent, mais il faut dans ce cas tripler le temps d’exposition à la lumière. Lorsque la durée est jugée convenable, on retire l’épreuve du châssis, et on la plonge dans une solution de bichlorure de mercure, saturée à la température de io degrés. On laisse dans cette solution jusqu’à décoloration du papier; on lave avec soin et on met l’épreuve dans le bain d’azotate d’argent indiqué n° 1 ; elle se développe plus lentement ; on l’arrête au point voulu et on la lave à plusieurs eaux pour la fixer.
On peut encore employer une solution de nitrate d’urane à 10 pour 100, laisser le papier d’une à deux minutes sur ce bain; après dessiccation, exposer à la
lumière sous un négatif, passer l’épreuve dans une solution contenant i gramme de bichlorure de mercure pour ioo grammes d’eau, la laver avec grand soin à l’eau distillée et l’immerger ensuite dans une solution de nitrate d’argent à 2 ou 3 grammes pour 100 grammes d’eau. Lorsque l’épreuve est suffisamment développée, on la lave à plusieurs eaux et on la laisse sécher (1).
M. Niepce a indiqué également divers procédés pour obtenir des épreuves monochromes, mais de couleurs différentes.
En préparant le papier sur une solution d’azotate d’urane à 20 pour 100 d’eau, puis en lavant l’épreuve à l’eau après l’exposition, et la passant dans une solution de prussiate rouge de potasse à 2 pour 100 d’eau, on obtient une belle couleur rouge, imitant la sanguine.
Cette épreuve rouge peut être transformée en une épreuve verte en la plongeant pendant une minute dans une dissolution d’azotate de cobalt, et faisant sécher au feu sans lavage; on fixe par une solution de sulfate de fer additionné d’acide sulfurique, puis on lave à l’eau et sèche au feu.
Si, au sortir du châssis, on lave à l’eau chaude la feuille préparée à l’azotate d’urane, comme il est dit ci-dessus, et qu’on la plonge dans une solution de chlorure d’or à \ pour 100 d’eau, elle prend une belle couleur violette. On lave et laisse sécher.
Les épreuves bleues se font en préparant le papier sur une solution de cyanoferride de potassium (prussiate rouge de potasse) à 20 pour 100 d’eau; après exposition au châssis sous un négatif, on passe l’épreuve dans une
(1) Nous devons rappeler ici que des lavages même très-abondants et longtemps prolongés ne peuvent enlever tout l’argent de la feuille de papier.
solation de bichlorure de mercure saturée à froid, on lave dans l’eau, puis on verse sur l’image une solution d’eau à 60 degrés saturée à froid d’acide oxalique. On lave à trois eaux et on laisse sécher.
§ 251. Emploi du tannin par M. Poitevin. — Ce procédé diffère complètement de celui indiqué par le major Russell, car ici la dissolution de tannin sert non pas à conserver mais bien à donner les sensibilités à un iodure qui en est dépourvu.
Nous avons vu que si on verse une solution d’un iodure alcalin sur de l’iodure d’argent, la sensibilité de ce corps se trouve anéantie et on peut conserver la préparation indéfiniment, même en pleine lumière.
La couche lavée à l’eau reste incapable de provoquer la réduction des liqueurs révélatrices, mais si après ce lavage on verse sur la glace une solution de tannin à 5 pour joo (dans l’obscurité bien entendu), la couche d’iodure d’argent devient aussitôt sensible et elle peut donner des épreuves aussi bien à l’état humide qu’à l’état sec, soit à la chambre noire, soit par superposition. Selon M. Poitevin, les autres réducteurs ou substances trèsoxydables pourraient avoir le même effet, et les surfaces ainsi préparées seraient parfaitement nettes et exemptes de toutes ces taches qui n’accompagnent que trop souvent les autres préparations. Ce procédé si simple dans son application n’est pas encore consacré par la pratique.