‹ Chimie photographiqueChapitre 72 sur 109 · GRAVURE SUR PLAQUE D A G U ERRIENNE · texte numérisé non relu

GRAVURE SUR PLAQUE D A G U ERRIENNE

§ 252. Le procédé est dû à M. Fizeau ; non le donnons ici tel qu’il a été communiqué par l’auteur :

« Un acide mixte, composé avec les acides nitrique, nitreux et chlorhydrique (ces deux derniers pouvant être remplacés par du nitrite de potasse et du sel marin), jouit précisément delà propriété désirable, laquelle appartient également à une dissolution de bichlorure de cuivre, mais d’une manière moins parfaite.

» Lorsqu’on soumet une image daguerrienne, dont la surface est bien pure, à Faction de cet acide, surtout à chaud, les parties blanches ne sont pas altérées, tandis que les parties noires sont attaquées avec formation de chlorure d’argent adhérent, dont la couche insoluble arrête bientôt l’action de l’acide.

» Une dissolution d’ammoniaque, employée alors, enlève cette couche de chlorure d’argent et permet de soumettre de nouveau la planche à Faction du même acide, qui, agissant de la même manière, augmente la profondeur des parties noires.

» En opérant ainsi plusieurs fois, on parvient à transformer la planche daguerrienne en une planche gravée d’une grande perfection, mais généralement de peu de profondeur, de sorte que les épreuves imprimées sur papier n’ont pas la vigueur convenable.

» A cette première opération il a donc été nécessaire d’en ajouter une seconde, qui permet de creuser plus profondément les parties noires de l’image. Cette seconde opération consiste à dorer les parties saillantes ou les blancs de la planche gravée, et à laisser l’argent à nu dans les creux, ce qui permet d’en augmenter la profondeur par l’action d’un simple dissolvant de l’argent.

> Pour obtenir ce résultat, la planche gravée peu profonde dont je viens de parler est graissée avec une huile siccative, de l’huile de lin, puis essuyée à la manière des imprimeurs en taille-douce : de cette manière, l’huile reste dans les creux seulement et y forme un vernis qui ne tarde pas à sécher.

» Dorant alors la planche par les procédés électrochimiques, on voit l’or se déposer sur toute la surface de la planche, excepté dans les parties creuses protégées par le vernis d’huile de lin. Après ce dorage, l’huile de lin est enlevée par la potasse caustique.

» Il résulte de là que la planche gravée a toutes ses parties saillantes protégées par une couche d’or; ses parties creuses, au contraire, présentent l’argent à nu.

» Il est dès lors facile, en traitant la planche par l’acide nitrique, d’attaquer ces parties creuses seulement et ainsi d’en augmenter à volonté la profondeur.

» Avant ce traitement par l’acide nitrique, la planche dorée est couverte par ce que les graveurs appellent un grain de résine ; ce qui produit dans le métal attaqué ces nombreuses inégalités que l’on appelle grain de la gravure.

» Il résulte de ces deux opérations principales, que la planche daguerrienne est transformée en une planche gravée tout à fait semblable aux planches gravées à l’aqua-tinta, et dès lors pouvant, comme elles, fournir

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