RECETTE DE 31. LAPORTE
4° On fait un mélange de 3io grammes d’acide sulfurique, à 66 degrés Baumé, et de ioo grammes d’azotate de potasse en poudre; on ajoute après refroidissement ioo grammes d’acide azotique à 4° degrés. On agite et on met dans le mélange, par petites portions, 10 à 1 5 grammes de coton cardé: on laisse trois heures en contact et on lave ensuite avec le plus grand soin, comme il est dit ci-dessus.
RECETTE DE 31. 3IAXWELL LYTE.
5° M. Lyte préfère à toute autre matière le papier à cigarettes de purs chiffons pour préparer la pyroxyline. On mélange :
Nitrate de potasse sec en poudre. . . . i5sr,5o Acide nitrique ( 1) = i , 38 = 4°°®6 )• •• 2oorc Acide sulfurique (Dr: 1,84 = 66° B* ) . 5oo
Lorsque le mélange marque au thermomètre 54 degrés.
5io
ajoutez le papier feuille à feuille; après une demi-heure à une heure de contact, on décante l’excès d’acide, puis on jette la masse dans une grande quantité d’eau et on lave sous un courant d’eau pendant huit à dix heures, puis on fait sécher (i).
Créosote •
La créosote est un liquide que l’on extrait principalement du produit de la distillation du goudron végétal; les opérations pour obtenir la créosote pure sont assez multipliées : c’est un corps huileux, d’une saveur âcre et brûlante et dont l’odeur rappelle la fumée. Elle coagule l’albumine; elle est surtout remarquable comme antiseptique, c’est-à-dire s’opposant à la décomposition spontanée des matières organiques : c’est dans ce but qu’on l’emploie quelquefois en photographie.
Cuivre.
(Gu = 395,60 par O ou 3?. par H.)
Les composés de cuivre ne sont pas employés dans les manipulations ordinaires de la photographie; les essais ont montré que leur présence 11’était pas absolument nuisible dans l’azotate d’argent : toutefois il vaut mieux employer ce réactif pur de tout sel de cuivre. (Voir Azotate cl’ argent.) On se sert de sulfate de cuivre pour la reproduction galvanique des épreuves sur plaque.
Cyanogène*
( G1 2 Az ou Gy = 325 par O ou 26 par H.)
(1) On prépare le collodion en prenant:
Éther rectifié iUtre,i5
Papier 7 à 8gr
On agite et verse peu à peu de l’alcool absolu, jusqu’à dissolution du papier. Puis à 3 parties de ce collodion normal ajoutez 1 partie de la solution
iodurée suivante :
pr
îodure de sodium 5,5o
Iodure de cadmium 9,75
Bromure de cadmium 3,5o
Alcool à 4o° 55occ
VOCABULAIRE
Gaz composé de 2 équivalents de carbone et de 1 équivalent d’azote, se comportant dans la plupart des réactions comme un corps simple analogue au brome, au chlore ou à l’iode. Plusieurs composés du cyanogène sont utilisés en photographie : tels sont le cyanure de potassium, Je cyanure d’ar^ gent, l’iodure de cyanogène.
Cyanure d’argent*
( Ag Cy ou Ag C2, Az = 1674? o> par O ou 1 34 par H.)
Ce sel renferme 1 équivalent de cyanogène et 1 équivalent d’argent; il est blanc, insoluble dans l’eau, soluble dans le cyanure de potassium, facilement attaquable par la lumière, et, par conséquent, propre à la photographie. On le prépare en mettant en contact un cyanure soluble (cyanure de potassium) avec une dissolution d’azotate d’argent en excès; c’est ce qui arrive dans la préparation de certains papiers, §§ 158, 179. Ces propriétés du cyanure d’argent, d’être sensible à la lumière, insoluble dans l’eau et soluble dans le cyanure de potassium, expliquent facilement ces faits incompatibles à priori , que le cyanure de potassium puisse donner de la sensibilité à une préparation et servir comme un excellent fixatif pour anéantir toute sensibilité. Dans le premier cas, le cyanure de potassium en petite quantité trouve un excès d’azotate d’argent, et il se produit du cyanure d’argent insoluble ; dans le second cas, au contraire, le cyanure de potassium en excès dissout le cyanure d’argent et tous les sels d’argent encore sensibles, et par conséquent fixe l’épreuve.
Cyanure de potassium*
(K Cy ou KC2Az = 8i4,3o par O ou 65 par II.)
Composé de 1 équivalent de potassium et de 1 équivalent de cyanogène, ce sel est un des poisons les plus actifs que l’on connaisse; on ne doit donc s’en servir qu’avec les plus grandes précautions. Il répand à l’air, sous l’influence de l’acide carbonique, une odeur qui rappelle celle des amandes amères et qu’il doit à un dégagement lent d’acide prussique; on peut le préparer en calcinant à une forte chaleur, dans une cornue
ou dans un creuset de grès ou de porcelaine, le cyanoferrure de potassium, soit seul, soit additionné de carbonate de potasse. On trouve maintenant ce sel dans le commerce, mais il est rarement pur, et contient souvent jusqu’à 60 pour ioo de matières étrangères; aussi fera-t-on bien d’acheter toujours du cyanure de potassium cristallisé. Dans ce cas, on peut diminuer de moitié les dosages indiqués par les différents auteurs, à moins qu’ils n’aient spécialement indiqué le cyanure de potassium pur.
MM. Fordos et Gélis ont donné, pour évaluer la richesse réelle d’un cyanure, un procédé commercial fondé sur ce principe, queosr,8i4 de cyanure pur décolorent complètement une dissolution alcoolique contenant 3gr, 172 d’iode (1 équivalent de cyanure se combinant à 2 équivalents d’iode). Voici comment on opère. On pèse 5 grammes de cyanure de potassium que l’on dissout dans l’eau de manière à ce que le liquide occupe exactement le volume d’un demi-litre. On prend de cette dissolution 5o centimètres cubes ou ^ représentant ogr,5 de cyanure à analyser, on les introduit dans un ballon de verre de 2 litres environ, et par-dessus on verse à peu près 1 v litre d’eau et 1 décilitre d’eau de Seltz. Cela fait, tenant le ballon d’une main, on le place au-dessus d’une feuille de papier, et de l’autre main on verse peu à peu, au moyen d’une burette graduée, une dissolution d’iode d’un titre connu, liqueur normale d’iode , jusqu’au moment où celle-ci communique au liquide une teinte jaune permanente, indice que le dosage est terminé. La richesse du produit en cyanure de potassium pur est proportionnelle à la quantité d’iode employée. L’expérience a appris que 3gr, 172 d’iode dissous sont décolorés par ogr,8i4 de cyanure de potassium pur.
La liqueur normale est une dissolution d’iode dans l’alcool à 33 degrés contenant 49 grammes d’iode pour 1 litre, soit ogl',o4 d’iode par centimètre cube. Le calcul est dès lors bien simple à faire : connaissant le nombre de centimètres cubes, on connaît le poids de l 'iode employé; on pose ensuite cette proportion :
Si 3sr, 172 d’iode correspondent à 0,814 de cyanure de potassium pur, le poids de l’iode employé accuse x de cyanure
VOCABULAIRE
de potassium, ou
3,172:0,814 IC poids d’iode employé : x poids du cyanure.
Comme on a fait l’essai sur ogr,5o de cyanure de potassium réel, le poids trouvé est la valeur du cyanure pour 5o; il faut le doubler pour avoir la valeur pour 100.
La facilité avec laquelle le cyanure de potassium dissout les sels d’argent insolubles dans l’eau, iodure, chlorure, bromure, cyanure, etc., l’a fait employer avec un grand succès pour fixer les épreuves négatives, surtout les épreuves sur collodion; il réduit et blanchit en même temps l’image négative obtenue, et change ainsi les négatifs en positifs. La dissolution de cyanure de potassium et les lessives alcalines concentrées pénètrent sous les couches d’albumine étendues sur les glaces et permettent ainsi de les détacher avec facilité. On se sert souvent du cyanure de potassium en dissolution dans l’eau, pour enlever les taches que l’azotate d’argent fait sur la peau; on peut le remplacer avantageusement pour cet emploi par une solution d’iode dans l’iodure de potassium. Nous ne saurions trop répéter ici que le cyanure de potassium est vénéneux , qu’il faut se garder de l’employer lorsqu’on a quelques coupures, et qu’on doit en tout cas, lorsqu’on s’en est servi, se laver aussitôt les mains avec le plus grand soin.
Cyanure d’iode, ou Iodure de cyanogène .
(ICy=igi 1 par O ou par H.)
Ce sel, composé de 1 équivalent d’iode uni à 1 équivalent de cyanogène, semble avoir toutes les qualités chimiques désirables pour donner une grande rapidité aux préparations photographiques : on le prépare en mélangeant dans un mortier 2 parties de cyanure de mercure sec et 1 partie d’iode, et chauffant doucement le mélange dans une cornue; l’iodure de cyanogène se sublime en belles aiguilles blanches et soyeuses. Il faut prendre les plus grandes précautions dans la préparation de ce corps, car il est très-délétère ; jusqu’ici il a été peu étudié en photographie, et on ne le fait pas entrer à l’état d’iodure de cyanogène dans les préparations connues. Cependant, lorsqu’on décolore peu à peu une dissolution d’iode par /,« rd. 33
une dissolution de cyanure de potassium, et qu’on s’arrête juste sur la limite de la saturation, on obtient un liquide contenant à la fois de l’iodure de cyanogène et de l’iodure de potassium; c’est ce qui arrive toujours lorsque dans un bain contenant du cyanure de potassium, on ajoute de l’iode libre* Le cyanure iodeux de M. Humbert de Motard employé par lui pour faire virer les épreuves positives, ou pour faire les épreuves négatives rapides sur papier, est précisément ce mélange d’iodure de potassium et d’iodure de cyanogène.
Dextrine»
On a donné ce nom, ainsi que nous l’avons indiqué § 36, à une substance dérivée de l’amidon. On l’obtient en chauffant la matière amylacée à 200 degrés. Elle subit alors un changement profond, devient soluble et peut remplacer la gomme. La dextrine ainsi préparée est jaunâtre, et dans les arts elle a reçu le nom de leiocomme. On peut l’obtenir blanche en aidant par l’action d’une minime quantité d’acide (azotique, sulfurique, chlorhydrique) à l’action de la chaleur qui peut alors être moins élevée. La solution de dextrine convenablement préparée peut remplacer la gomme arabique dans presque tous ses usages : par exemple, pour coller les épreuves positives, pour vernir les épreuves sur collodion, etc.; on l’emploie également dans les préparations d’albumine iodurée pour opérer à sec.
Eau.
(HO= 1 i2,5o par O ou 9 par H.)
Voir § 18, où nous avons insisté sur la nature et sur toutes les propriétés de l’eau. Nous répéterons ici qu’en photographie il vaut mieux se servir de l’eau distillée que de l’eau commune pour tous les bains contenant des sels d’argent. y^On reconnaîtra, par l’emploi de l’azotate d’argent, les matières étrangères que l’on rencontre le plus souvent.
Dans les eaux sulfureuses déjà caractérisées par leur odeur,
VOCABULAIRE. 5 I 5
eaux de Baréges, d’Enghien, etc., il produira une coloration et un précipité noirs.
Dans les eaux salées, eaux de mer et autres, il produira un précipité blanc insoluble dans les acides acétique et azotique, soluble dans l’ammoniaque.
Enfin, avec les eaux renfermant des carbonates il formera un précipité blanc légèrement jaunâtre, soluble dans les acides azotique et acétique, et également soluble dans l’ammoniaque.
Les sulfates ne seront pas décelés par ce réactif, mais ils le sont par l’azotate de baryte, qui donne un précipité blanc insoluble dans l’eau et l’acide azotique pur et faible.
L’influence de l’eau en photographie, surtout pour la préparation des diverses variétés de collodions secs, paraît être considérable, jusqu’ici elle n’a pas été suffisamment étudiée.
Eau régale.
On donne ce nom à un mélange (en volume) de i partie d’acide azotique et de 2 parties ou plus d’acide chlorhydrique; ces acides, séparément, n’ont aucune action sur certains métaux, tels que l’or ou le platine; mélangés, il les attaquent avec énergie : de là cette dénomination ancienne d’eau régale ( royale ) attaquant l’or, le roi des métaux.
On peut dire que ie produit final de la réaction de l’acide azotique sur l’acide chlorhydrique est de l’eau, de l’acide hypo-azotique, et du chlore; dans ces circonstances, ce dernier agit énergiquement, soit pour chlorurer, soit pour produire l’oxydation des métaux. L’eau régale est employée pour préparer le perchlorure d’or. Les acides azotique et chlorhydrique ordinaires du commerce ont une pureté suffisante pour la confection de l’eau régale.
Essence de lavande.
On retire l’essence de lavande par distillation de l’eau sur la plante. On s’est servi et l’on se sert encore de l’essence de lavande (Lavendula vera) ou plutôt de l’essence d’aspic (Lavande spic , Lavandula spica ) pour donner aux plaques le premier poli ; elle a la même action que la benzine ou l’essence de pétroléum; on peut également mettre une petite quantité
5l6 TROISIÈME PARTIE.
de cette essence dans l’encaustique dont on se sert pour lustrer les épreuves positives : on se sert dans ce même but de l’essence de térébenthine rectifiée, de l’huile légère de schiste, de l’essence de pétrole. Tous ces corps ont malheureusement une odeur plus ou moins forte qui rend leur emploi désagréable.
Essence fie térébenthine.
(Voir Essence de lavande.)
C’est l’essence qu’on emploie généralement pour la peinture à l’huile; on l’extrait de la térébenthine du Pinus maritima de Bordeaux par l’action de la chaleur sans intermédiaire ; on la rectifie par distillation. Elle est employée pour faire avec la cire l’encaustique à lustrer les épreuves.
Étain.
(St, du latin S tannum = 7 35,29 par O ou 5g par H.)
Corps simple, métallique, blanc, très-fusible, laissant aux doigts une odeur désagréable; il peut être réduit en feuilles minces comme le papier. L’étain sert à de nombreux usages; il entre dans la composition de plusieurs alliages importants, tels que le bronze (alliage de cuivre et d’étain) : avec le bismuth et le plomb, il forme Y alliage fusible (voir Bismuth) ; avec le mercure, le tain des glaces.
Ether sulfurique ( Éther ordinaire ).
L’éther est un corps composé liquide, très-fluide, se vaporisant avec la plus grande facilité, bouillant à 35°, 6, pesant au densimètre 0,7?.. La vapeur d’éther est excessivement lourde; elle coule comme l’eau et s’enflamme très-facilement : elle forme avec l’air un mélange détonant qui, en prenant feu, peut occasionner de graves accidents. On doit donc avoir grand soin, toutes les fois qu’on aura à se servir de quantités d’éther un peu considérables (pour préparer des liqueurs de collodion par exemple), de faire les transvasements dans une pièc bsans
VOCABULAIRE
feu, et si l’on a une provision de ce liquide, de la tenir en dehors du laboratoire. L’éther, en se volatilisant, produit un froid considérable; c’est pour cette raison que l’envers des glaces que l’on prépare au collodion se recouvre aussitôt d’une buée provenant de la vapeur d’eau atmosphérique qui s’est condensée.
On prépare l’éther en faisant arriver lentement, d’une manière continue, un courant d’alcool dans l’acide sulfurique concentré ( fig . 66), en chauffant d’une manière régulière et
Fig. 66.
maintenant le mélange à la température de i\o degrés centigrades; les proportions doivent être 70 d’alcool, 100 d’acide sulfurique. En présence de l’acide sulfurique, l’alcool C4H602 perd 1 équivalent d’hydrogène et 1 d’oxygène; il se transforme en éther C’H O, et en eau HO :