G’H’OM
Le nom d! acide formique a été donné à ce corps parce qu’on le préparait autrefois en distillant les fourmis rouges avec de l’eau; aujourd’hui on le produit par l’oxydation d’un grand nombre de matières organiques, comme le sucre, l’amidon, la gomme, etc., que l’on traite par un mélange d’acide sulfurique et de peroxyde de manganèse, et mieux encore en faisant réagir la glycérine sur l’acide oxalique : ce procédé, dû à M. Berthelot, peut donner des quantités considérables d’acide formique. Cet acide rappelle l’odeur des fourmis rouges. Il est liquide, très-corrosif; une goutte sur la peau ne larde pas à déterminer une ampoule : c’est un réducteur énergique, et quelques essais faits par M. Maxwell Lyte ont prouvé qu’il pouvait être employé utilement en photographie. MM. Ferrier, en ajoutant une petite quantité d’acide formique dans le bain de sulfate de fer, ont obtenu une telle rapidité, qu’ils ont pu faire des épreuves parfaitement nettes d’objets en mouvement. Cependant l’acide formique n’a pas toujours donné de semblables résultats entre les mains des mêmes opérateurs, et sa puissance accélératrice se trouve aujourd’hui contestée. Ces différences doivent tenir à la pureté et à la concentration de l’acide employé.
(Acide).
( C7IIÜ3, 3 HO.)
Acide organique blanc, légèrement jaunâtre ou grisâtre, trèsléger; il cristallise en aiguilles fines; il est assez peu soluble
dans l'eau froide : ioo parties d’eau à la température ordinaire n’en dissolvent que i partie, tandis que l’eau bouillante en peut dissoudre 3 parties; il est beaucoup plus soluble dans l’alcool. La dissolution d’acide gallique réduit facilement les sels d’argent solubles, surtout sous l’action de la lumière, ou lorsqu’une première modification a été apportée par l’influence des rayons lumineux, ce qui le rend un agent précieux pour le développement des images photographiques. L’acide gallique pur doit être presque blanc, entièrement soluble dans l’alcool, ce qui prouve qu’il ne contient pas de sulfate de chaux cristallisé dans l’acide chlorhydrique; le sulfate de chaux, qui serait ajouté par fraude, tomberait au fond du verre, et refuserait de se dissoudre, quelle que soit la quantité d’alcool ajoutée. L’acide gallique ne doit pas laisser de résidu sur la lame de platine. Sa dissolution aqueuse ne doit pas se troubler quand on y ajoute de l’azotate de baryte. On prépare l’acide gallique par une fermentation particulière des substances végétales riches en tannin. Ce sont toujours les noix de galle que l’industrie emploie pour obtenir cette substance. Après avoir choisi, concassé et pulvérisé les noix de galle, on porte la poudre dans une chambre spéciale de fermentation, toujours maintenue à une température de a5 à 3o degrés. On les humecte et on les maintient humides pendant trois mois. On soumet le produit fermenté à la presse, qui fait écouler un liquide noir, épais, contenant des matières gommeuses qui eussent gêné la cristallisation de l’acide gallique. Les tourteaux sont ensuite traités par l’eau chaude acidulée, qui dissout l’acide gallique, et par la concentration des liquides on obtient un acide gallique impur que l’on purifie par trois ou quatre cristallisations successives et que l’on décolore par le noir animal (i). On peut aussi préparer cet acide en épuisant la noix de galle en poudre par l’eau froide. On met cette eau dans une terrine, et on l’abandonne à la cave jusqu’à ce qu’elle ait subi une sorte de pourriture. L’acide tannique contenu dans la noix de galle se change par cette fermentation en acide gallique. On re-
(i) Extrait du Dictionnaire de Chimie industrielle , par MM. Barreswil et Girard.
prend alors toutes les matières contenues dans la terrine, on les traite par l’alcool, qui dissout l’acide gallique ; on fait cristalliser à diverses reprises, en ayant soin de décolorer avec un peu de noir animal lavé (voir Noir animal).
On peut encore préparer l’acide gallique d’après un procédé de M. de Liebig, qui consiste à précipiter à froid par l’acide sulfurique une dissolution d’acide tannique; le précipité, lavé à l’acide sulfurique étendu, est chauffé à l’ébullition pendant quelques minutes avec un mélange de i partie d’acide sulfurique et 2 d’eau : les cristaux d’acide gallique qui se déposent par le refroidissement sont purifiés comme nous avons dit cidessus.
Gélatine.
La gélatine est une matière animale; elle est soluble dans l’eau bouillante, et la dissolution concentrée et chaude se prend en gelée par le refroidissement. Desséchée, elle est excessivement dure et cohérente, ce qui la fait employer comme colle à bouche, colle pour apprêts, colle forte, etc. On la prépare, soit avec des rognures de peaux, de cornes, des cartilages, soit avec des os concassés dont on a primitivement extrait les parties grasses par l’eau bouillante et la partie calcaire par l’acide chlorhydrique. Ces matières animales sont chauffées dans de grandes chaudières avec de l’eau qui se charge de gélatine; on obtient par le refroidissement une gelée qu’on coupe par tranches et qu’on fait sécher sur des filets.
Les belles gélatines de Dieuze sont préparées exclusivement avec des os. La colle de poisson est fabriquée avec les membranes intérieures de la vessie natatoire de l’esturgeon ; elle diffère de la gélatine.
La gélatine et la colle de poisson ont été plusieurs fois indiquées dans la préparation des papiers positifs et négatifs, pour obtenir plus de finesse dans les épreuves; elles colorent les bains d’argent.
La gélatine est précipitée à l’état insoluble par le tannin et par la solution de noix de galle; on s’est servi de cette propriété pour la préparation des positifs que l’on peut recouvrir ainsi d’une espèce de vernis très-solide.
Elle est aussi employée en mélange avec le bichromate de potasse, qui a la propriété de la rendre insoluble sous l’influence de la lumière, pour faire des épreuves positives avec des poudres insolubles, ainsi que nous l’avons expliqué en donnant les procédés Talbot, Poitevin, Fargier, etc.
GliacimiBfliia.
Métal rare, formant avec l’oxygène l’oxyde de glucinium ou glucine, l’un des principes constituants des émeraudes.
Glaacose ou G-lyeose»
On donne ce nom au sucre de fécule que l’on obtient facilement par la réaction de l’eau bouillante, légèrement acidulée par l’acide sulfurique, sur la matière amylacée (fécule ou amidon ) délayée dans l’eau. On sature l’acide par du carbonate de chaux, et la liqueur, convenablement évaporée, se prend en une masse solide, ou se granule en petits cristaux suivant le degré de concentration. On peut l’obtenir aussi par la réaction de l’orge germée (diastase)^ur le principe amylacé. Ce corps réduit les sels d’argent, et quoiqu’il soit peu employé jusqu’ici en photographie, nous avons cru devoir, à cause de cette propriété, appeler sur lui l’attention des photographes. Le sucre des raisins, le sucre de diabète (extrait de l’urine des diabétiques) et le miel se comporteraient de la même manière.
Gflyecirme.
(CMP Oc.)
La glycérine est le principe doux et sucré découvert par Scheele en traitant les huiles par la litharge pour les transformer en savon ou emplâtre simple . On l’obtient chaque fois que l’on saponilie un corps gras neutre animal ou végétal par un alcali ou un oxyde métallique. Gay-Lussac a découvert qu’une distillation effectuée à une température élevée et en vases clos produisait la même réaction que la sponification, c’est-à-dire l’opération qui consiste à opérer le dédoublement du corps gras neutre en un acide gras, et en un autre corps qui, fixant immédiatement i équivalent d’eau, devient la glycérine.
VOCABULAIRE
Sous l’influence d’une chaleur élevée la glycérine se décompose en se charbonnant et donnant le produit connu sous le nom d 'acroléine. On est pourtant parvenu, en opérant à l’abri de l’air dans la vapeur d’eau, à distiller la glycérine sans lui faire subir de décomposition.
La glycérine que l’on rencontre dans le commerce a deux origines : l’une provient de la fabrication des bougies par la saponification calcaire, elle est presque toujours impure et renferme au moins i à 2 pour 100 de sels de chaux; elle doit donc, autant que possible, être rejetée par le photographe : l’autre provient de la fabrication des bougies par distillation; celle-ci, produite sans l’intermédiaire d’agents minéraux, est plus pure. La glycérine, quelle que soit son origine, si elle a été distillée, peut donner des résultats constants qu’on ne saurait garantir avec la matière brute.
Le produit brut est un liquide sirupeux, d’une saveur franchement sucrée, miscible en toutes proportions avec l’eau et l’alcool, presque insoluble dans l’éther, et complètement insoluble dans la benzine et les huiles essentielles, incolore et inodore, volatile sans résidu sur la lame de platine ; sa densité est de 2,28.
La glycérine ne présente avec les agents qu’emploie la photographie aucune réaction bien remarquable, mais cependant elle dissout à peu près toutes les substances que dissout l’eau elle-même, Tiodure de potassium, le nitrate d’argent, etc. Sous l’influence de la lumière, et même de l’air atmosphérique seul, elle active la décomposition des différents sels d’argent; l’iode s’y dissout légèrement, et le brome l’attaque en donnant de l’acide bromhydrique. Comme elle 11e sèche pas, on l’a employée pour conserver le collodion.
Gomme.
Les gommes sont des sécrétions végétales produites par les cicatrices de certains arbres, comme les arbres fruitiers de nos climats et divers acacias des pays chauds.
On distingue la gomme arabique soluble dans l’eau, la gomme adragante qui forme avec ce liquide des mucilages épais ; 011 peut également en extraire des pépins de coings, de la
graine du psillium, du lin, de la mauve, de la guimauve et des substances qui forment avec l’eau des mucilages épais et collants. Ces diverses matières, la gomme arabique surtout, peuvent être employées en photographie, soit dans la composition des enduits destinés à recouvrir le collodion pour opérer à sec, soit pour coller les épreuves ou les recouvrir d’un vernis. Souvent la gomme arabique peut être remplacée par la dextrine.
(«oiiuiieBaieiniai1. (Voir Résine de Dammara.)
Gutta-perclaa (€»ettania ).
Cette substance n’est connue dans le commerce européen que depuis le retour de la Commission française envoyée en Chine. On la reçoit de Bornéo et de Syngapore; elle découle abondamment d’un arbre, Y Isonandra gutta, de la famille des Sapotées. La gutta a beaucoup de rapport avec le caoutchouc et présente à peu près les mêmes propriétés chimiques, mais elle en diffère par ses propriétés physiques : elle n’a pas la même élasticité, et la chaleur la ramollit. En la pétrissant dans l’eau bouillante, on peut lui donner toutes les formes que l’on veut; par le refroidissement, elle reprend la dureté du cuir. Elle est inattaquable à froid parla plupart des agents chimiques : les acides, le chlore en dissolution sont à peu près sans action sur elle ; mais les huiles essentielles, les huiles de houille et de schiste rectifiées, et surtout le sulfure de carbone la dissolvent. Elle s’altère avec le temps, surtout lorsqu’elle est à l’abri de l’humidité; elle devient alors cassante au point de se réduire en poussière. On peut la conserver indéfiniment dans l’eau. f
Eli e est devenue précieuse pour les manipulations chimiques, et principalement pour la photographie en voyage. On peut, en effet, remplacer la plupart des instruments les plus fragiles, soit en verre, soit en porcelaine, par des instruments de gutla-percha, tels sont les entonnoirs, les cuvettes horizontales ou verticales, les flacons, etc. Nous avons indiqué les cuvettes de carton durci de M. Dufournet comme pouvant remplacer celles en gutta.
VOCABULAIRE
Huiles ou mieux Essences de pétrole et de naplite.
Ces essences proviennent, par distillation, de bitumes liquides portant les noms de pétrole et de naphte ; elles sont incolores, d’une odeur persistante assez forte ; elles peuvent servir à nettoyer les plaques de daguerréotype : il est bon d’y ajouter quelques gouttes d’acide azotique quand on veut s’en servir pour aviver complètement une plaque qui a été fixée au chlorure d’or. On peut aussi employer pour ce décapage de l’huile d’olive et du tripoli ; mais il faut ensuite beaucoup de soin pour enlever le corps gras.
L’essence de pétrole sert de dissolvant dans le procédé de gravure de Niepce.
Hytlraeides. ( Voir § 19. )
On a donné ce nom aux combinaisons des corps simples avec l’hydrogène, ayant les caractères des acides.
Hydrogène*
( H = i2,5o par O ou i s’il sert de point de comparaison.)
Voir p. 18.
Hypo-azotitfiBe (Acide).
(AzO’, = 5'j5 par O ou 46 par II.)
Cet acide, composé de 1 équivalent d’azote et d^ 4 équivalents d’oxygène, est liquide à une basse température, mais éminemment volatil; dans les manipulations, on le voit surtout à l’état de vapeur; il se produit lorsqu’on attaque par l’acide azotique un métal ou un autre corps capable de s’oxyder : ainsi, par exemple, dans la préparation de l’azotate d’argent, l’acide hypo-azotique apparaît immédiatement sous forme d’un nuage roux, d’une odeur nauséabonde. On doit éviter ses émanations, attendu qu’il est très-délétère et qu’il rouille les métaux, c’est un oxydant énergique: dissous dans l’acide azotique, il sert pour la gravure à l’eau-forte.
SlypoelalOFBte de elimsx.
Le chlore, en s’unissant aux éléments de la chaux, donne naissance à ce produit que l’on appelle improprement chlorure de chaux, et qui est un mélange intime de chlorure de calcium et d’hypochlorite de chaux ; il détruit la plupart des substances colorées. On l’emploie pour le blanchiment des toiles et du papier; il est également employé comme désinfectant. Il peut servir, mélangé au chlorure d’or, pour faire virer les épreuves positives.
L’emploi de l’hypochlorite de chaux mélangé au chlorure d’or est surtout précieux en photographie, lorsque l’on veut faire virer des épreuves positives dont le papier a jauni, soit par suite d’une préparation déjà ancienne, soit par l’influence fâcheuse d’un mauvais encollage. On doit employer ce corps à la dose de 2 à 3 grammes pour 1 gramme de chlorure d’or dissous dans 1 litre d’eau. On peut obtenir ainsi des images d’un ton très-riche; mais une immersion trop prolongée dans ce bain donne à l’épreuve un ton gris et froid que l’on évite facilement avec un peu d’habitude de ce mode de virage.
ïffypodilorite sle potasse [Eau de Javel).
On a donné originairement le nom d 'eau de Javel à un liquide que l’on préparait en faisant absorber le chlore gazeux par une dissolution de carbonate de potasse. Ce liquide a un très-grand pouvoir décolorant, l’hypochlorite de soude (originairement liqueur Labarraque et aujourd’hui la véritable eau de Javel) a des propriétés semblables. On a indiqué ce corps pour faire virer les épreuves sur papier ; il peut remplacer l’hypochlorite de chaux.
Ilypaclilorite «le soude ( Chlorure de soude),
(Liqueur de Labarraque.)
Voir Hypochlorite de potasse .
Sïyposulfite «B© soude.
(Na0,S202,5HQ == 1549,67 par O ou 124 par H.)
Ce sel, composé de soude et d’acide hyposulfureux, s’obtient
VOCABULAIRE
5ac>
par l’action du soufre sur le sulfite de soude ; on le trouve put dans le commerce. Ajoutons qu’il faut opérer sur des quantités assez considérables pour le produire avec économie. Il cristallise en gros cristaux incolores et transparents ; on peut l’exiger tel du commerce, il doit donner avec l’eau distillée une dissolution totale sans résidu ni trouble qui ne précipite pas l’azotate de baryte : il est alors convenablement pur pour les opérations photographiques. Il est tout à fait pur, lorsque i gramme d’hyposulfite, dissous dans l’eau, décolore osr,5io d’iode dissous dans l’alcool. L’hyposulfite dissout avec la plus grande facilité les sels d’argent insolubles dans l’eau, tels que les iodure, bromure, chlorure, cyanure, tandis qu’il n’attaque que très-lentement les sels d’argent noircis ou l’argent métallique : aussi, l’hyposulfite de soude représente-t-il en photographie le fixatif par excellence. On se sert de sa dissolution aqueuse pour fixer les épreuves sur plaques, après l’exposition au mercure, celles sur papiers secs ou humides et sur glaces albuminées ou collodionnées après le développement de l’image : pour les épreuves sur glaces on peut se servir d’une dissolution saturée.
Nous avons expliqué dans le chapitre qui a pour titre Théorie du tirage , du fixage et du virage des épreuves positives, § 198, le mode d’action de l’hyposulfite de soude dans le fixage des épreuves. Il se forme dans ces circonstances un sel double contenant 2 équivalents d’hyposulfite de soude pour 1 d’hyposulfite d’argent. Ce sel double, très-soluble dans l’eau, est éliminé par les lavages.
Le sulfite et l’hyposulfite de soude sont employés pour neutraliser le chlore dans la pâte de papier mal lavé. On donne à ces réactifs employés dans ce but le nom d 'antichlore.
Le tableau suivant, que nous avons emprunté à l’ouvrage deM. G. Sella, indique, d’après le degré que marque une dissolution d’hyposulfite de soude à l’aréomètre de Baumé, la quantité de ce réactif contenu dans un litre de dissolution.
4e ea.
DEGRÉS
de
l’aréomètre.
QUANTITÉ
d’hyposulfite de soucie dans 1 litre.
DEGRÉS
de
l’aréomètre.
QUANTITÉ
d’hyposulfite de soude dans 1 litre.
iB
Hyposulfite d’or et de s©u«le ( &?/ d’or de MM. Fordos
et Gélis.)
Le sel que l’on employait fréquemment dans le virage des épreuves sous le nom de sel d’or est un hyposulfite double d’or et de sodium ayant la formule Au20,S202,3Na0S202,4ïï0: il se forme toutes les fois que l’on verse une solution de chlorure d’or dans une solution d’hyposulfite de soude en excès, mais il se produit en même temps, ainsi que MM. Fordos et Gélis l’ont prouvé dès 1843, de l’acide sulfureux, du soufre, des acides pentathionique , tétrathionique , trithionique, qui tous sont éminemment sulfurants. On peut séparer le sel double des composés qui l’accompagnent en versant de l’éther dans une dissolution alcoolisée du mélange; devenu moins soluble, il se sépare en cristaux définis. Dans toutes les formules où Ton indique l’emploi du chlorure d’or mélangé à l’hyposulfite
VOCABULAIRE
de soude, on peut remplacer ce mélange par le sel d’or pur; on n’a plus à craindre alors aucune des décompositions compliquées ci-dessus mentionnées : mais comme ce sel contient moins d’or que les chlorures, il faut augmenter la proportion de moitié, c’est-à-dire au lieu de i gramme de chlorure d’or mettre i } gramme de sel d’or.
Iode.
(I — i586 par O ou 126 par H.)
Voir p. 2 5.
Iodliydrate d'ammoniaque, ou Iodure d'ammonium .
(AzH3, HI ou AzH4I= 181 1 par O ou i44 par H.)
Ce sel est composé de 1 équivalent d’acide iodhydrique et de 1 équivalent d’ammoniaque, ou de 1 équivalent d’iode I et de 1 équivalent du métal hypothétique l’ammonium AzH4; il est blanc, légèrement jaunâtre, facilement décomposable, ce qui lui fait prendre, en vieillissant, une teinte rouge due à ce qu’une partie de l’iode est mise en liberté. On le prépare, soit directement en saturant l’ammoniaque par l’acide iodhydrique, soit en précipitant de l’iodure de fer par du carbonate d’ammoniaque, soit en saturant d’iode une dissolution de sulfhydrate d’ammoniaque, filtrant et évaporant la liqueur obtenue jusqu’à cristallisation. Ce sel sert, en photographie, à préparer les bains iodurés ; on obtient, dit-on, par son emploi une rapidité plus grande qu’avec l’iodure de potassium, ce qui tient peut-être à la présence d’une petite quantité d’iode libre, attendu que ce corps se décompose facilement. C’est probablement aussi pour cette dernière raison que les papiers préparés dans une dissolution d’iodhydrate d’ammoniaque se conservent moins longtemps aptes à recevoir le bain d’azotate d’argent que ceux préparés à l’iodure de potassium, parce que les deux produits de la décomposition, l’iode et l’ammoniaque, étant volatils, le papier s’appauvrit bientôt au point de perdre
la propriété de pouvoir être sensibilisé, tandis que les papiers à l’iodure de potassium sont encore excellents au bout de trois mois.
ïodtflFe «l’ai'cjesit.
( Agi == 2935 , o 1 par O ou 234 par H.)
Composé de 1 équivalent d’iode et de 1 équivalent d’argent; il est jaunâtre, complètement insoluble dans l’eau, dans les acides et l’ammoniaque.
11 est facile d’obtenir l’iodure d’argent par double décomposition : il suffit de mélanger une solution d’iodure de potassium (ou autre iodure soluble) avec une solution d’azotate d’argent. Si on laisse l’iodure soluble en excès, la lumière n’a aucune action sur lui. Si, au contraire, on met un excès d’azotate d’argent, l’iodure est sensible, même après des lavages répétés, et il peut noircir soit par l’action de la lumière seule, comme le chlorure d’argent, mais avec beaucoup plus de lenteur, ou bien en présence de corps réducteurs énergiques, tels que les acides gallique ou pyrogallique, le sulfate de protoxyde de fer mélangés à un excès d’azotate d’argent, etc. L’iodure d’argent qui a subi l’impression des rayons lumineux, se recouvre d’une couche d’argent réduit; le développement des images photographiques est dû à cette réaction, ainsi que nous l’avons expliqué §§ 72 et suivants.
Pour avoir une couche d’iodure d’argent, il suffit d’incorporer un iodure soluble dans une substance insoluble, mais perméable à l’eau, comme le papier, l’albumine coagulée et le collodion, puis de passer cette préparation dans le bain d’azotate d’argent : immédiatement la décomposition s’opère, l’iodure d’argent formé est retenu par la préparation, et l’on a une surface sensible.
L’iodure d’argent est soluble dans un excès d’iodure de potassium et dans un excès de nitrate d’argent ; sa solubilité dans l’un ou l’autre de ces corps est d’autant plus considérable, que les solutions sont plus concentrées. Si l’on vient à les étendre d’eau, l’iodure d’argent produit immédiatement un trouble dans le liquide et se précipite en poudre fine.
VOCABULAIRE. 533
lodiiee de eadmiiim.
(Cdl = 2292,77 par 0 ou 182 par H.)
L’iodure de cadmium est employé très-fréquemment dans la composition du collodion ; il lui donne beaucoup plus de stabilité que tous les autres iodures. Il suffit, pour le préparer, de mettre dans un flacon avec de l’eau un poids d’iode égal aux trois quarts environ de la quantité d’iodure que l’on désire. On ajoute du cadmium laminé mince, et on laisse réagir ces deux corps l’un sur l’autre, en agitant de temps en temps jusqu’à décoloration complète du liquide; on décante dans une capsule; on concentre le produit par évaporation, et il se dépose, à mesure du refroidissement, de belles écailles nacrées qui sont l'iodure de cadmium. On peut encore préparer directement l’iodure de cadmium dans le collodion [voir p. 1 49 ou opérer la réaction dans l’alcool, et garder la solution pour iodurer directement le collodion. Il se forme souvent de l’oxyde de cadmium qui s’unit à l’iodure, l’oxy-iodure qui en résulte est décomposable par l’alcool : il sera donc bon de faire préalablement les solutions d’iodure de cadmium dans l’alcool, et de les filtrer avant de les employer, car la présence de l’oxyde serait funeste pour le collodion.
Icslaare tle fer.
(Fel= ig36 par O ou 1 54 par II.)
Sel formé de 1 équivalent d’iode et de 1 équivalent de fer; on le prépare en chauffant 5 parties d’iode, 25 parties d’eau dans laquelle on ajoute peu à peu 2,5 de limaille de fer : la liqueur qui baigne le métal en excès est une solution d’iodure de fer. Quelques personnes recommandent ce sel en photographie pour obtenir plus de rapidité; il sert généralement à préparer l’iodhydrate d’ammoniaque.
lodure de potassium.
(Kl = 2075,30 par O ou 1 65 par H.)
Composé de 1 équivalent d’iode uni à 1 équivalent de potassium. Ce sel est blanc, cristallisé en gros cubes comme le
sel marin, très-soluble dans l’eau, beaucoup moins dans F alcool. Il attire l’humidité : on doit en conséquence le conserver dans des flacons bouchés. Il a la propriété de dissoudre Fiode en formant un iodure ioduré de potassium rouge-brun. On le prépare en ajoutant Fiode à une dissolution de potasse caustique, jusqu’à ce que celle-ci prenne une teinte jaunâtre persistante; il se forme de l’iodwrc de potassium et de Yïo&ate de potasse : on évapore à sec et on calcine le résidu au rouge sombre ; tout Fiodate de potasse est décomposé en iodure de potassium et oxygène, et la masse, reprise par l’eau, laisse cristalliser l’iodure de potassium pur. On voit, par ce mode de préparation, que l’iodure de potassium peut contenir de la potasse caustique, du carbonate de potasse, du carbonate double de potasse et de soude; quelquefois, frauduleusement, on y ajoute même du chlorure de potassium. Ces trois impuretés peuvent se reconnaître de la manière suivante : la présence de la potasse caustique se constate facilement par l’addition, dans la liqueur, de quelques gouttes d’eau iodée ou de teinture d’iode ( dissolution d’iode dans l’alcool ) ; s’il y a excès de potasse, on remarque une décoloration immédiate ; au contraire, si la liqueur à essayer est exempte de potasse, elle prend aussitôt une teinte jaune. Le carbonate de potasse se reconnaît en ajoutant dans la dissolution d’iodure une goutte ou deux de chlorure de calcium qui donne immédiatement un précipité blanc de carbonate de chaux. Enfin, la présence du chlorure de potassium est constatée en traitant la liqueur par une dissolution d’azotate d’argent, Fiode et le chlore sont précipités à l’état d’iodure et de chlorure d’argent ; on ajoute aussitôt un léger excès d’ammoniaque qui dissout le chlorure d’argent. On filtre la liqueur, Fiodure reste sur le filtre, et en saturant l’ammoniaque de la liqueur filtrée par l’acide azotique, on fait réapparaître pour la plus grande partie le précipité de chlorure d’argent dont le poids permet de déduire approximativement la proportion de chlorure de potassium mélangée à Fiodure.
L’iodure de potassium est très-utile à la photographie; de quelque manière qu’on l’emploie, son rôle, dans toutes les préparations photographiques les plus employées jusqu’ici, est
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de donner, au contact de l’azotate d’argent, de l’iodure d’argent insoluble qui forme la couche impressionnable.
Kaolin*
Le kaolin est un composé de silice et d’alumine, c’est cette argile très-blanche et très-pure qui constitue la base de la porcelaine ; elle provient de la décomposition de certaines roches appelées feldspaths, qui sont des silicates doubles d’alumine et de potasse. Le kaolin est employé avec beaucoup de succès en photographie pour décolorer les bains salis par des matières organiques, tels sont ceux qui servent aux préparations albuminées ou gélatinées. Il se fait alors, entre la matière colorante et l’alumine de cette argile, une combinaison de la nature des laques.
Le kaolin a été également employé à l’imprimerie photographique de Vienne pour préparer, soit avec la gélatine, soit avec l’albumine, des papiers glacés analogues à ceux que nous appelons cartes-porcelaines, sur lesquels on peut obtenir par transport des collodions des épreuves excessivement fines. On pourrait employer de tels papiers préparés au sulfate de plomb, au sulfate de baryte artificiel ou blanc fixe, ou mieux au blanc de zinc.
Lait*
Le lait est un liquide blanc sécrété par les glandes mammaires des femelles des animaux. Ce liquide est très-complexe, il renferme une multitude de globules graisseux qui sont en suspension, et montent à la surface après un repos de quelques heures; ils constituent alors ce qu’on appelle la crème. Le lait contient en outre une matière azotée nommée caséum, que l’on peut en séparer en faisant bouillir le lait et y ajoutant quelques gouttes d’acide ( acide acétique, sulfurique ou autre); le caséum se prend alors en une masse solide, se coagule, et il reste une liqueur verdâtre à peine teintée, que l’on appelle sérum ou petit-lait. Le sérum est composé princi-
paiement d’eau, qui tient en dissolution du sucre de lait et des matières albuminoïdes. Les proportions des divers éléments du lait varient continuellement suivant les animaux, et pour un meme animal suivant l’alimentation ou l’époque de la traite. Le sérum ou petit-lait est seul employé en photographie comme dissolvant des iodures solubles; les substances albuminoïdes qu’il renferme et le sucre de lait en font un excellent encollage : ce liquide est par cela même difficile à filtrer sur les papiers ordinaires, on est obligé soit de le passer à travers un linge, soit de le filtrer sur du coton.
MagnésitsBfia.
(Mg ~ 1 58, t 4 par O ou 12 par H.)
Métal qui, uni à l’oxygène, forme l’oxyde de magnésium ou magnésie. Un fil de ce métal produit en brûlant à l’air une lumière tellement intense, qu’il est possible d’obtenir des épreuves photographiques en cinquante secondes au moyen de cet éclairage artificiel.
Manganèse.
(Mn = 344>68 par O ou 28 par H.)
Métal sans application en photographie. Le bioxyde de manganèse naturel (improprement manganèse) est très-employé dans l’industrie pour extraire le chlore de l’acide chlorhydrique et du sel marin, l’iode et le brome des iodures et bromures de potassium, etc.
Mercure.
(Hg = i25o par O ou 100 par H.)
Métal liquide, blanc, brillant, qu’on peut congeler à — 4° degrés dans un mélange réfrigérant; il bout à 36o degrés : à la température ordinaire, il émet des vapeurs appréciables; aussi une feuille d’or placée dans un flacon, au-dessus du mercure maintenu à i5 degrés, ne tarde-t-elle pas à blanchir. Le développement de l’image sur plaque nous donne une preuve nouvelle de cette volatilisation à une basse température. En effet, le mercure, chauffé de 5o à 70 degrés, est encore loin
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bCt'j
de son point d’ébullition, il émet cependant des vapeurs assez sensibles pour faire apparaître une image en deux ou trois minutes (i); à la loupe, on distingue facilement des globules de mercure sur la plaque, et au bout de peu de temps l’intérieur de la boîte à mercure est garni d’une poussière blanche qui n’est autre chose que du mercure très-divisé. La présence des métaux étrangers, tels que le plomb, le zinc, le cuivre, l’étain, retarde beaucoup l’émission des vapeurs mercurielles, et il nous est arrivé, en employant du mercure impur, de ne plus pouvoir faire apparaître l’image ; cette propriété est due à la formation d’une pellicule d’oxyde du métal étranger qui vient se former à la surface du mercure, et qui s’oppose à la volatilisation. On purifie facilement le mercure soit en le distillant dans une petite cornue de verre, il passe seul à la distillation et les impuretés restent pour la plus grande partie dans la cornue; soit en l’agitant avec de l’acide azotique ou de l’acide sulfurique étendus, et le laissant en contact avec ces acides pendant vingt-quatre heures. Le mercure pur se reconnaît aux caractères suivants : quand on le met dans un tube, sa surface est brillante et convexe (autrement elle est terne et plane); agité avec l’eau distillée, il n’en trouble pas la transparence. Lorsqu’on fait courir des globules dans une cuvette, ils restent toujours ronds, ne s’attachent pas, ne font pas la queue : un globule chauffé dans une petite capsule de porcelaine doit pouvoir être réduit en vapeur sans laisser de résidu. Si le mercure ne présentait pas ces caractères de pureté, on le purifierait comme nous avons dit plus haut.
Métacfélœtme ( Colle liquide).
On donne ce nom à la gélatine que l’on a fait bouillir avec un acide étendu et qui a perdu la propriété de se coaguler.
M. Baland, de Toul, la prépare en mettant des feuilles de gélatine à macérer dans l’acide acétique.
M. Maxwell Lyte en a proposé l’emploi pour conserver sensibles les glaces collodionnées.
(i) M. Claudet a pu produire des épreuves par le mercure a la température ordinaire en opérant dans le vide.
JHeliel.
(Ni = 369,33 par O ou 29 par H.)
Métal blanc, que l’on unit au cuivre pour faire ces alliages auxquels on donne les noms de maillée ho rt, pack fong, etc.; ces composés sont peu usités jusqu’ici en photographie; cependant on a obtenu de bons résultats en employant l’iodure et le bromure de nickel dans le collodion.
Nitrate d’ammoniaque 9 d’argent , de potasse ? Acide nitrique*
Voir Azotate cV ammoniaque , d’argent, de potasse. Acide azotique .
Nous avons en général adopté les mots azote, acide azotique, azotate, au lieu de nitrogène, acide nitrique, nitrate; les uns et les autres s’emploient et se retrouvent indistinctement dans tous les ouvrages.
Moii° animal ( Charbon animal ).
C’est le produit de la carbonisation des os à l’abri du contact de l’air. Ce charbon est excessivement poreux, il est apte à retenir dans ses pores un grand nombre de substances chimiques, notamment les matières colorées. A cause de cette propriété, on l’emploie en photographie pour décolorer les dissolutions d’argent qui ont servi à la préparation de papiers albuminés ou gélatinés; il suffit, pour obtenir ce résultat, de mélanger la solution que l’on veut décolorer avec une petite quantité de noir en poudre, et de la filtrer. Toutefois cette addition modifie toujours le bain d’argent, car si on emploie le noir tel que le livrent les fabriques, comme il contient du phosphate et du carbonate de chaux, ces sels de chaux entreront en solution dans le bain, s’il est acidulé, et neutraliseront l’acide; si Ton emploie ce que l’on appelle le noir lavé , c’està-dire débarrassé par des lavages à l’acide chlorhydrique faible des phosphate et carbonate qu’il contient, ce produit, quoique épuré par de grandes quantités d’eau pure, retient encore assez
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d’acide chlorhydrique pour précipiter une partie de l’argent à l’état de chlorure, et abaisser sensiblement le titre du bain. Nous préférons les moyens de décoloration que nous avons indiqués, parle kaolin ou le chlorure de sodium.
ObjedifM.
Nous avons donné, p. 118, les renseignements nécessaires sur les divers objectifs qui sont le plus généralement employés en photographie. Nous avons transporté ici , au sujet des objectifs pour paysage, quelques remarques qui nous ont été communiquées parM. Secretan, opticien de S. M. l’Empereur et fournisseur de l’Observatoire, lesquelles sont extraites par lui d’une théorie mathématique des objectifs simples pour la photographie,
Dans ces appareils il faudrait qu’on pût réaliser simultanément les conditions suivantes :
i° Le foyer chimique et le foyer visuel réunis en un seul;
20 L’aberration de sphéricité suivant l’axe devrait être détruite;
3° 11 en devrait être de même de l’aberration sphérique pour les faisceaux obliques;
4° Ces deux dernières conditions devraient avoir lieu nonseulement pour les rayons moyens, mais encore pour les rayons extrêmes du spectre ;
5° La surface focale, pour des objectifs suffisamment éloignés, devrait être plane ;
6° Enfin, il faudrait que l’image fut la représentation parfaite de l’objet sans déformation aucune.
Les conditions i et 2, 5 et 6 sont plus importantes que celles 3 et 4 ; ces dernières sont négligées même pour les objectifs des grandes lunettes, qui doivent pourtant supporter une trèsforte amplification ; il est vrai qu’à leur égard cette circonstance est compensée, relativement à la condition 3, parle fait qu’on n’y utilise jamais que des faisceaux peu obliques à l’axe.
Quant aux conditions 5 et 6, elles sont particulières aux objectifs pour la photographie, parce qu’on y emploie une
partie considérable de la surface focale, ce qui nécessite qu’on tienne aussi bien compte des faisceaux optiques que du faisceau suivant l’axe. Or l’analyse fait voir que la première condition étant remplie, on ne peut réaliser théoriquement les deux dernières qu’autant qu’on suppose, à une certaine distance au devant de l’objectif, distance dont le calcul assigne la valeur, un diaphragme plus ou moins petit qui a pour résultat de faire travailler les bords du verre seulement pour les faisceaux obliques, tandis que le centre n’agit que sur les faisceaux sensiblement parallèles à l’axe. Les courbures à donner aux deux lentilles sont liées avec cette distance et dès lors calculables. Par cet artifice, les foyers des faisceaux obliques viennent se faire sur le même plan que ceux des faisceaux à peu près parallèles, et les aberrations obliques, qui ne peuvent point être détruites entièrement, deviennent presque insensibles.
Relativement à l’ouverture du diaphragme et au diamètre de l’objectif comparé à sa longueur focale, nous dirons seulement que leur détermination repose plus sur la pratique que sur la théorie. A cet égard on peut prendre comme règle les résultats suivants : un objectif pour paysage de 8 centimètres d’ouverture, avec un foyer de 4° centimètres et un diaphragme de i centimètre, donne des images suffisamment nettes et éclairées sur une étendue de 24 centimètres. C’est dire que l’ouverture du verre doit être j, celle du diaphragme et celle de l’image -f de la distance focale. Quant à la distance du diaphragme à l’objectif, dans les appareils contruits jusqu’ici d’après les données de Daguerre, on l’a faite beaucoup trop petite, à peu près ÿ de la longueur focale; il en résulte que pour l’objectif mentionné plus haut il n’y a guère que la moitié de l’ouverture qui travaille.
Pour que l’ouverture entière servît, l'image ayant toujours l’étendue indiquée ci-dessus, cette distance devrait être de 1 1 y centimètres ou un peu moins du tiers de la distance focale. L’analyse fait voir que pour satisfaire aux équations qui expriment que les conditions 5 et 6 sont remplies tout en ne laissant que des aberrations de sphéricité fort petites, il faudrait que la distance du diaphragme fût bien plus grande
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encore que le tiers; elle donne les — , ce qui, toujours pour la même étendue d’image, suppose l’ouverture de l’objectif égale à plus de la moitié de sa distance focale. Or, pour plusieurs raisons, on ne peut lui donner une ouverture aussi considérable. On est donc ainsi conduit à la faire aussi grande que la pratique le permet, puis à déterminer les courbures des verres de manière à réaliser le mieux possible les conditions 5 et 6, tout en maintenant très-petites les aberrations sur l’axe et hors l’axe.
Ces. observations, qui s’adressent plutôt aux opticiens constructeurs qu’aux artistes photographes, sont néanmoins utiles à ces derniers, en ce qu’elles leur apprennent ce qu’ils peuvent exiger de leurs appareils. Il est aussi intéressant pour eux de savoir à quelle distance de l’objectif ils doivent placer leur chambre noire pour obtenir une réduction voulue. Or la règle à suivre est aisée : voulez-vous réduire au tiers, prenez quatre fois la distance focale de V objectif ; voulez-vous le quart, prenez-la cinq fois ; le cinquième, prenez-la six fois, et ainsi de suite. Pour connaître à quelle réduction répond une grandeur donnée de l’image, il suffit de se souvenir que la taille moyenne cle V homme est de 1 y5 centimètres et la hauteur de sa tête de 21 centimètres. Ainsi, voulez-vous que sur l’épreuve les personnages aient 3 \ centimètres de hauteur ou 35 millimètres; comme 35 millimètres entre cinquante fois dans iy5 centimètres (ou 1750 millimètres), vous en conclurez que la réduction est au Si donc votre objectif a 4° centimètres de distance focale, multipliant 4o par5i vous aurez 2om,4pour la distance à laquelle il faudra mettre votre chambre noire.
De même, voulez-vous un portrait dont la tête ait 3 centimètres de grandeur; comme 21 (grandeur réelle de la tête) contient sept fois le nombre 3, vous en concluez d’abord que la réduction est au {. L’objectif double dont vous faites usage ayant par supposition i5 centimètres de distance focale, multipliez i5 centimètres par 8, vous aurez im,2o pour la distance du milieu du tube objectif au modèle. Nous rappellerons ici que nous entendons par la longueur focale d’un objectif double la distance focale absolue , c’est-à-dire celle du milieu de l’intervalle des deux objectifs à la glace dépolie, lorsqu’on a mis
au foyer les objets éloignés. En faisant usage des règles et remarques ci-dessus, on pourra souvent résoudre des problèmes utiles, et éviter le transport sur le terrain de chambres noires embarrassantes lorsqu’on se propose seulement de voir comment la vue qu’on veut prendre se produit sur la glace dépolie. On trouvera plus de détails à cet égard dans le Mémoire publié et édité en i855 par M. Secretan et ayant pour titre : De la distance focale des systèmes optiques convergents .
Or.
( Au == 1227, 75 par O ou 98 par H.)
Ce métal n’est jamais employé à l’état métallique en photographie ; mais le mélange de chlorure d’or et d’hyposulfite de soude, liqueur de Fizeau, ou l’hyposulfite double d’or et de soude, sel d’or de Fordos et Gélis, sont fréquemment employés soit pour le fixage des épreuves sur plaques, soit pour le fixage des épreuves positives sur papier. Le perchlorure d’or est également usité dans la photographie sur papier pour les épreuves positives. Les sels d’or sont très-facilement décomposables, surtout sous l’influence de la lumière.
La nomenclature chimique donne ce nom aux acides minéraux dans la composition desquels il entre de l’oxygène ; tels sont l’acide azotique AzO5, l’acide sulfurique SO3, etc., par opposition aux hydracides ou acides dans la composition desquels il entre de l’hydrogène, comme l’acide chlorhydrique HCl, etc.
©xaliqtse (Acid©),
( C2 O3 HO — 562, 5o par O ou /\5 par H. )
Cet acide se trouve en quantité assez considérable, dans le suc de l’oseille, à l’état de bioxalate de potasse (seljd’oseille); dans les lichens, à l’état d’oxalate de chaux; il est blanc, solide, d’une saveur piquante, soluble dans l’eau et l’alcool. On le prépare artificiellement en faisant réagir l’acide azotique sur le sucre, l’amidon, la cellulose, etc.; sa dissolution réduit
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les sels d’or avec la plus-grande facilité. Peut-être ce corps, inutile jusqu’ici en photographie, pourrait-il être employé à cause de ses propriétés réductrices : on le trouve cristallisé et pur dans le commerce. Il donne, avec les alcalis, des sels solubles; tels sont les oxalate et bioxalate de potasse, de soude et d’ammoniaque ; il nous servira, à l’état d’oxalate d’ammoniaque, pour reconnaître dans les liquides la présence de la chaux avec laquelle il forme l’oxalate de chaux, composé insoluble dans l’eau, même en présence de l’acide acétique en excès.
On l’utilise souvent à l’état de bioxalate de potasse pour enlever les taches de noir d’encre et les taches de rouille, auxquelles les photographes sur collodion sont plus exposés que tous les autres par l’emploi de l’acide gallique et des bains de sulfate de protoxyde de fer.
Oxygèsie.
(O = 100 ou 8 comparé à H.)
Voir p. 20.
Papier.
Le papier, nous l’avons déjà dit, retient entre ses fibres les diverses substances photographiques ; le bon papier peut être considéré comme de la cellulose (§36) presque pure, car il est composé seulement de fibres végétales, chanvre, lin ou coton. La première condition des papiers photographiques, pour négatifs, est de présenter une texture aussi fine, aussi régulière que possible, d’être exempts de taches et fortement encollés, afin de résister mieux à l’action prolongée des divers bains qu’ils doivent subir; quelques fabriques de France, d’Angleterre et d’ Allemagne produisent du papier excellent.
Dans les laboratoires de chimie, 011 purifie le papier en le mettant pendant quelques heures dans un bain d’eau acidulé par ~ au plus d’acide chlorhydrique qui dissout les traces de sels de chaux et de fer; on le lave ensuite longtemps en le laissant tremper dans une bassine, dont on change fréquemment l’eau, que l’on a soin d’employer filtrée et même dis-
tillée pour les derniers lavages. Toutefois ce traitement altère beaucoup l’encollage.
Les moindres traces d’acide restées dans la pâte du papier suffisent pour exercer, dans un temps plus ou moins long, les effets les plus désastreux : le papier devient cassant, au point de pouvoir être réduit en poussière. Pour se mettre complètement à l’abri de cet inconvénient, il suffît de faire les premiers lavages avec une eau légèrement ammoniacale qui, neutralisant l’excès d’acide chlorhydrique, en annihile également l’action destructive.
Les papiers pour positifs doivent être bien lisses, mais la régularité de leur texture, vue par transparence, est beaucoup moins importante que pour les papiers négatifs. Les différents modes de préparation des papiers ont été indiqués aux paragraphes spéciaux.
Paraffine.
Matière dont on fait les nouvelles bougies transparentes, s’extrait des produits de distillation des schistes dont on a séparé les carbures volatils destinés à l’éclairage. La paraffine a toutes les propriétés physiques des corps gras, de plus elle présente une résistance presque absolue aux réactifs, ce qui en-, gagera dans le plus grand nombre des cas à la substituer à la cire.
f®eïata§saSf®M#e «Hé potassiissBa.
Lorsqu’on chauffe un mélange de carbonate de potasse et de soufre, on obtient une masse brune qui, dissoute dans l’eau, représente un mélange de pentasulfure de potassium, hyposulfite et sulfate de potasse; on a donné à cette substance le nom de foie cle soufre. Ce mélange peut servir à précipiter l’argent qui se trouve dans les solutions d’hyposulfite de soude ou de cyanure de potassium ; l’argent passe à l’état de sulfure insoluble et est précipité sous forme de poudre noire que l’on recueille pour la traiter comme nous avons dit § 234, au chapitre Traitement des résidus ; il se fait en même temps un abondant précipité de soufre libre.
Pliospliore.
(Ph = 4°° Par 0 ou 32 par H.)
Voir p. 29.
Plaqué.
On a réservé plus particulièrement le nom de plaqué à une feuille d’argent recouvrant une feuille épaisse de cuivre. Pour le daguerréotype, on a fait un très-grand usage de plaqué, ce qui nous a engagés à faire connaître le mode de fabrication. On prend une planche de cuivre convenablement laminée et planée, on la nettoie à vif et on Y amorce en étendant dessus une dissolution concentrée d’azotate d’argent (argenture superficielle), puis on pose sur le cuivre une plaque d’argent de môme grandeur, pesant soit le dixième, le vingtième ou le trentième du poids du cuivre, selon le titre que l’on veut donner au plaqué; pour empêcher l’oxydation, on enveloppe le tout dans une feuille mince de cuivre jaune, et l’on chauffe au rouge dans un four spécial. On facilite l’adhérence en passant sur le couple un rabot en fer qui, pressant la surface, chasse l’air interposé entre les deux métaux. Le plaqué ainsi préparé est laminé et recuit au besoin jusqu’à ce qu’il ait acquis l’épaisseur nécessaire pour l’usage auquel on le destine; les deux feuilles métalliques adhèrent parfaitement l’une à l’autre, et semblent former un même corps. Lorsqu’on veut préparer des plaques de daguerréotype, on coupe le plaqué de grandeur, et on le plane, soit à la main, soit à la mécanique. On se sert également, pour le daguerréotype, de plaques de cuivre argentées par le procédé électrochimique, ou d’une sorte de plaqué préparé de toutes pièces par la galvanoplastie : ces plaques donnent d’excellents résultats. ( Voir , pour l’analyse du plaqué, le chapitre des essais, p. 4°r, où nous avons réuni tous les modes de dosage de l’argent.)
Platine.
(Pt = 1282,08 par O ou 98 par H.)
Métal blanc, tirant un peu sur le gris, infusible au feu de forge, facilement fusible au fourneau à gaz de M. H. Sainte- /,« cd. ; 35
Claire Deville, dont le dard intense fond et soude la porcelaine, inattaquable, comme l’or, par la plupart des agents chimiques, mais attaquable, comme lui, par l’eau régale, et donnant un sel brun-rouge, cristallisé ( bichlorure de platine). Ce sel, que nous avions déjà signalé dans notre première édition comme pouvant remplacer le chlorure d’or en photographie, a été appliqué par M. Caranza au virage des épreuves positives. On le prépare de la même manière que le perchlorure d’or.
PIOBllI).
(Pb = i264,5o par O ou 104 par H.)
Métal connu dès la plus haute antiquité, remarquable par sa mollesse ; il fond à 334 degrés, s’oxyde facilement en donnant du massicot, de la litharge ou du minium : l’acide azotique, même étendu, l’attaque rapidement. Certaines eaux de source et l’eau distillée surtout, au contact de l’air, provoquent l’oxydation du plomb.
Poids et mesures ( comparaison des poids et mesures de France et d’Angleterre).
Nous pensons que ce tableau comparatif pourra être utile aux photographes. On reçoit souvent d’Angleterre et d’Amérique des recettes avec les poids et mesures du système anglais; on pourra, par un calcul simple, les ramener au système français.
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