NOM
des carbones de plomb, 72 parties.
Carbonate de plomb réel.
Carbonate de chaux (craie).
Alumine. | Oxide de fer.
Silice.
blanc d’are.
— de plomb
Céruse.
Le blanc d’argent est donc supérieur aux deux autres carbonates de plomb : ces deux derniers paraissent être sur la même ligne, mais la céruse est en général d’un blanc moins pur que le carbonate de plomb , aussi est-
elle exclusivement employée par les peintres en bâtira en s.
I)e l'Acide tartarique.
La plupart des vins déposent sur les parois des tonneaux qui les contiennent une substance dure cbaroée de la matière colorante du vin , et qui a été connue pendant long-temps sous les noms de grwelle ou de tartre ; cette matière purifiée porte le nom de crème de tartre; elle est employée en médecine comme léger purgatd, et est composée d’un acide particulier et de potasse
fprrnp SUpP°sé <Iu'el,e se Prisait pendant la
fermentation : cette opinion fut réfutée par Boërrhave
et ?UtreS qVi firent voir cp,’elle existait toute rmce dans le suc de raisin ; d’autres fruits en contiennent surtout avant la maturité : ce sel existe aussi dans quelques plantes , telles que le tamarin , le sumac,
- chardons, les racines d’arrête-bœuf, de germandrée ( e sauge , etc. Le procédé par lequel on extrait l’acide
292 ACIDE TARTARIQUE.
tartarique est dû à Scheèle : c’est la première découverte de ce chimiste qui soit connue, et le procédé qu’il donna est encore celui que l’on suit actuellement.
La crème de tartre est mise dans l’eau portée à l’ébullition ; on sature avec de la craie l’acide tartarique surabondant, et l’on recueille le précipité de tartrate calcaire : la liqueur surnageante qui est du tartrate de potasse neutre est traitée par une solution d’hydrochlorate de chaux ; il y a double décomposition ; le tartrate de chaux se précipite, on le réunit au premier. Ce sel est ensuite lavé, puis décomposé par l’acide sulfurique que l’on étend de trois ou quatre parties d’eau.
Les dissolutions d’acide tartarique ne cristallisent que lorsqu’elles marquent 36 à 38° à 1 aréomètre ; elles sont alors si visqueuses que les molécules ont de la
. • * 1 (O PPl
i «Jde peut conserver un peu de üuidite. LTaciae qu obtient ainsi n’est pas pur ; il contient encore um quantité notable d’acide sulfurique , et il est meme ordinairement trop coloré pour pouvoir être emp oye dans cet état : on le purifie en lui faisant subir une deuxième et même une troisième cristallisation : 1 audition d’une petite quantité de charbon animal lui donne une blancheur plus éclatante. Si l’on veut obtenir cet acide parfaitement pur, c’est-à-dire debarrassé de tout acide sulfurique , on doit réitérer les cristallisations jusqu’à ce que la solution de ces cristaux donne, avec un sel soluble de barite , un précipité entièrement soluble dans 1 acide nitrique. ,
On a proposé un deuxième procédé pour la préparation de l’acide tartarique ; on traite la crème de tartre par l’acétate de plomb : le précipité (tartrate de plomb) est traité par un courant d’acide hydrosu üu rique ; le précipité formé de sulfure de plomb est sépare, et la liqueur évaporée donne l’acide tartarique : ce moyen réussit moins bien que celui expose precedem ment. L’acide tartarique cristallisé est une masse plane
TARTRATES. 293
assez confuse et offrant des pointes tétraédriques : sa saveur acide est très forte, mais elle est franche et n a rien de désagréable : lorsqu’on le place sur des charbons ardens , il se boursoufle , se décompose et répand une odeur de caramel ; chauffé à vases clos, il donne les produits que fournissent toutes les matières végétales et un acide auquel on a donne le nom d acide pyrotartarique. L’acide tartarique est très soluble dans l’eau ; il l’est moins dans l’alcool. L’acide nitrique le convertit en acide oxalique.
Les usages de l’acide tartarique sont assez multipliés : i° il forme avec les bases des sels employés en médecine et dans les arts ; 2° pur, on le substitue à raison de sa moindre valeur aux acides citrique et oxalique; c’est sous ce rapport qu’on l’emploie dans la fabrication des toiles peintes ; en médecine il est donné comme rafraîchissant.
Tartrates. Ces sels , excepté ceux à base de potasse, de soude, d’ammoniaque, de magnésie, de fer et de deutoxide de cuivre, sont insolubles ou peu solubles dans l’eau : ils sont décomposés par la chaleur en répandant une odeur de caramel. LTnc propriété remarquable de ce genre de sels, est que les tartrates neutres solubles forment, si l’on ajoute de l’acide tartarique, des tartrates acides peu solubles ; tandis qu’au contraire les tartrates neutres insolubles peuvent se dissoudre dans un excès d’acide : dans les tartrates l’oxigène de la base est à l’acide comme i : 8,36 selon M. Berzélius.
Taiitrate de chaux (éch. syn. 4^ de chaux , 67 d’acide tartarique). Sel blanc pulvérulent et insoluble. Se trouve dans la nature.
Tartrate de potasse (éch. syn. 4& de potasse , et 67 d’acide tartarique), appelé aussi sel végétal, était autrefois désigné par la dénomination de sel soluble , parce qu’il l’était beaucoup plus que le sur-tartrate. 11 cristallise en carrés oblongs terminés en biseau , sa saveur est amère ; il se décompose à la chaleur , et s’tm-
294 TARTRATES.
ploie en médecine comme purgatif doux ; on le prépare en saturant par le carbonate de potasse l’acide libre de la crème de tartre.
SCR-TARTRATE DE POTASSE, TARTRATE ACIDE ( écll .
syn. 48 de potasse, 67 et 33 ou 100 d’acide tartarique). Appelé aussi tartre , et lorsqu’il est purifié creme de ta; tre : Ce sel , dont on a fait mention au commencement de cet article , se purifie en grand à Marseille et à Montpellier par un procédé très simple. O11 traitele tartre pula ense par i5 lois son poids d’eau en ébulition, on ajoute 3 p. 0/0 d’argile bien pure et surtout exempte de carbonate de chaux : on laisse refroidir , puis 011 enlève les eaux au bout de 2 à 3 jours avec un siphon : on recueille les cristaux que l’on lave , et si on les veut plus purs, on fait cristalliser de nouveau. O11 doit éviter d employer des eaux calcaires qui détermineraient la formation de tartrate de chaux. Le tartre est employé comme rafraîchissant et apéritif. U11 mélange de parties égales de ce tartrate et de nitre projeté dans un creuset rouge de feu, fuse et forme le flux blanc; en traitant de même le mélange de ce tartrate avec la moitié de son poids de nitre , le résidu de la déflagration est 1 e flux noir. On appelle flux cru , le simple mélangé du tartrate et du nitre. On fait également usage du tartrate acide de potasse dans la chapellerie pour le feutrage, dans la teinture comme mordant, dans la dorure et autres arts. Le tartre peu soluble dans l’eau est insoluble dans l’alcool ; en dissolution dans l’eau il se décompose spontanément en se couvrant de moisissure.
Sür-tartrate de potasse soluble. La crème de tartre est très peu soluble dans l’eau, ce qui la rend d’un usage désagréable en médecine. Si l’on fait une solution d’une partie d’acide borique , et si on y ajoute 8 parties de crème de tartre , le mélange évaporé à siccité est blanc, pulvérulent, conserve toutes ses propriétés apéritives et se dissout dans l’eau bouillante.
TARTRATES. 295
Ou n’a pas encore expliqué d’une manière satisfaisante la réaction qui a lieu entre la crème de tartre et l’acide borique.
Tartrate de potasse et de soude (composition incertaine). En saturant avec de la soude l’exccs d’aeide de la crème de tartre , on forme un sel double qui cristallise en gros prismes réguliers, à huit pans à peu près égaux , d’une saveur amère , et solubles dans environ cinq parties d’eau froide. Ce sel est composé, suivant Yauquelin ,de54 parties de tartrate de potasse et de 46 de tartrate de soude. Il jouissait autrefois d’une grande réputation, comme purgatif, sous le nom de sel de La Rochelle ou de sel de Seignettc.
Tartrate de potasse et d’ammoniaque. L’ammoniaque forme aussi avec le tartrate de potasse un sel double, dont la dissolution donne, par le refroidissement, des cristaux prismatiques ou pyramidaux qui sont déliquescens ; quoique les sels neutres dont il se compose soient d’une saveur amère , il en a une franche et sans amertume.
Tartrate de potasse et de fer. Appelé aussi tartre martial , tartre chaljbé . Ou peut l’obtenir de deux manières i° en faisant bouillir jusqu’à dissolution complète trois parties de crème de tartre, deux de rognures de fer et quarante-six d’eau , évaporant et filtrant ; les cristaux se déposent par le refroidissement ; 20 en faisant une pâte composée de crème de tartre en poudre, de limaille de fer et d’un peu d’eau ; ce mélange est abandonné à lui-même pendant quinze jours, le fer s’oxide et sature l’acide libre de la crème de tartre : on peut alors pétrir la masse et en former des houles dites de Nanci . Ces boules dissoutes dans l’eau , constituent l’eau de boule que les médecins emploient comme tonique et vulnéraire.
Tartrate de potasse et d’antimoine (composition incertaine). Appelé aussi tartre émétique, émétique , tartre stibié. Ce sel est un médicament héroïque ; il est incolore, sous forme de tétraèdres ou d’octaèdres
*9G TARTRATES.
transparens; il rougit la teinture de tournesol ; sa saveur est nauséabonde ; exposé à l’air , il s’effleurit lentement : l’eau bouillante en dissout la moitié de son poids, et l’eau froide un quinzième. La décoction de plusieurs variétés de plantes amères et astringentes décomposé le tartre emetique et détermine un précipité plus ou moins jaunâtre, qui se compose toujours d oxide d antimoine combiné avec la matière végétale et la creme de tartre. Lorsque le tartre émétique est exposé à une chaleur rouge , il noircit d’abord, se décompose et donne un résidu d’antimoine métallique et de sous-carbonate de potasse : on peut aisément le reconnaître à ce caractère ainsi cju’au précipité rougeâtre qu’il produit avec les hydrosulfates sulfurés; ce précipité séché sur un hltre et calciné avec du flux noir donne un bouton d’antimoine métallique. Ce sel, pris a petites doses, agit comme vomitif, mais si on augmente la quantité il devient un véritable poison : les meilleurs antidotes sont les boissons émollientes , 1 infusion de quinquina, de thé , l’eau imprégnée d’acide hydrosulfurique ; ce dernier convertit ce sel si actif en un hydrosulfate qui l’est beaucoup moins; on administre ensuite des remèdes anodins.
Le meilleur procédé pour préparer l’émétique est sans contredit celui qu’indique le Codex français : on commence avant tout par former du sous-sulfate d’antimoine ; on le met en digestion avec partie égale de crème de tartre, tous deux réduits en poudre, dans do uze fois son poids d’eau bouillante : on évapore jusqu’à ce que le liquide ait acquis une densité de i,ior , on le filtre à chaud ; il refroidit bientôt et dépose des cristaux de tartre double. On pourrait craindre d’obtenir par ce procédé un mélange de sulfate de potasse et peut-être de sulfate de potasse et d’antimoine , mais cela n’a pas lieu , car les cristaux sont parfaitement blancs et purs.