ACIDE BE3NZ0IQUE
sels neutres , acidulés, acides, et que les quantités d’acide nécessaires pour former ces combinaisons sont dans les rapports i, 2, /j, 8 pour une quantité constante de base, de manière que l’oxalate acidulé contient deux fois autant d’acide oxalique que l’oxalate neutre , et l’oxalate acide en contient le quadruple : de là les expressions de bi et de quadroxaiales . Le sel d’oseille est dans ce dernier cas. On l’extrait en Suisse de Yoxalis , du rumex aceiosella , plantes qui croissent en abondance dans ce pays, et qui, depuis plusieurs années, sont l’objet d’une exploitation particulière : on pile ces végétaux ; le suc est mêlé à l’argile, se clarifie , est évaporé et donne immédiatement des cristaux verdâtres aiguillés ou en lames que l’on purifie par de nouvelles cristallisations. Dix livres d’oseille sauvage en donnent deux de suc , qui fournissent environ neuf gros de sel cristallisé. Ce sel est presque entièrement composé de quadroxalate ; on en fait usage dans 1 économie domestique pour enlever les taches d’encre : il opère par son acide libre qui dissout le gaîlate de fer. O11 en isole l’acide oxalique par un procédé analogue à celui que nous avons donné pour la préparation de 1 acide tarta— rique.
Oxalate d’ammoniaque. En saturant l’acide oxalique avec l’ammoniaque, on obtient un oxalate neutre soluble qui cristallise par l’évaporation en prismes tétraèdres, à sommets dièdres, dont un des plans coupe trois côtés du prisme. Ce sel est , comme nous l’avons dit , employé dans les laboratoires comme réactif.
De l’Acide benzoïque.
Cet acide fut décrit pour la première fois en 1608 par Blaize de Vigenère dans son Traite sur le feu et sur le sel : on lui a donné le nom d 'acide benzoïque , de fleurs de benjoin , parce qu’il se préparait en sublimant la résine de ce nom. Il est bien démontré qu il constitue un acide particulier qui peut s’obtenir de di-
ACIDE BENZOÏQUE. 3o3
vers baumes végétaux , de la vanille , de la cannelle , de 1 ambre gris, de l’urine d’enfant, assez souvent de celle d’adulte , et toujours , suivant Fourcroy et Vauquel i il , quoique Giese nie le fait , de celle des animaux herbivores , du chameau , du cheval et de la vache ; ou a également découvert cet acide dans quelques plantes.
L’acide benzoïque obtenu par sublimation est en belles aiguilles satinées , d’une odeur aromatique , peu soluble : parties de ce liquide à froid ne peuvent
en dissoudre , suivant Wcnzel et Lichtenstein , qu’une paitie ; la meme quantité d’eau bouillante en dissout vingt , dont dix-neuf se séparent parle refroidissement : il est beaucoup plus soluble dans l’alcool ; soumis à l’action de la chaleur , il entre en fusion , une partie se décompose , le reste se sublime. Ou prépare cet acide en étendant une couche mince de benjoin sur le fond d’un pot de terre vernissé que l’on recouvre d’un cône de papier: on chauffe, le benjoin se fond en exhalant une odeur agréable; l’acide se dégage , se dépose sur les parois du cône , sous (orme de longues aiguilles , ou de fllainens droits se croisant dans tous les sens : lorsque la volatilisation cesse ou devient moins abondante , on substitue un autre cône de papier, on élève la température et on obtient alors une nouvelle quantité de flocons jaunâtres qu’une seconde sublimation purifie. La quantité d’acide varie suivant le soin qu’on apporte dans la manipulation , et probablement aussi suivant le degré de pureté de la résine elle -même : cette quantité peut aller jusqu’au huitième du poids total , Scheele 11e 1 évalué pas au-delà de 1/10 ou 1/12 : en en obtient davantage en traitant la. résine par la Aoie humide. Suivant le procède de ce chimiste, on verse 12 onces d’eau sur 4 de chaux éteinte, on fait bouillir et on ajoute 96 onces d’eau ; on met dans un vase une livre de benjoin réduit en poudre fine ; on verse 6 onces de l’eau de chaux qu’on mêle bien avec la résine ; on ajoute le reste peu à peu : on fait bouillir doucement ce mélange pendant une demi-heure , en
3o4 ACIDE GALLIQUE.
l’agitant continuellement , puis on le laisse refroidir et déposer. Le résidu est traité de nouveau par l’eau de chaux , et cette opération se répète deux fois : les liqueurs réunies sont composées de l’acide du benjoin combiné avec la chaux. On y ajoute une certaine quantité d’acide hydrochlorique , on remue continuellement jusqu’à ce que le liquide ait une saveur un peu acide ; il se précipite un composé pulvérulent qui est l’acide du benjoin. Lorsqu’on veut lui donner la forme cristalline , on le dissout dans une petite quantité d’eau bouillante dont il se sépare en filamens soyeux à mesure que la température baisse.
Benzoates. Ces sels sont peu remarquables. Chauffés , tous laissent dégager une partie de leur acide: leurs dissolutions forment, sur les parois des vases où elles sont évaporées , des cristallisations en dendrites : les acides puissans les décomposent en précipitant l’acide benzoïque. On ne trouve dans la nature que les benzoates de potasse ou de soude. Le Lenzoate d’ammoniaque est employé comme réactif pour séparer le fer du manganèse ; il se forme un benzoate de fer insoluble , tandis que celui de manganèse est soluble : si l’on chauffe le benzoate de fer, l’acide se volatilise, et l’on obtient l’oxide de fer pour résidu.
De l’Acide gallique.
Cet acide existe dans plusieurs substances végétales astringentes, mais surtout dans les excroissances appelées galles ou noix cle galles , d’où il tire son nom. On l’obtient en faisant macérer dans l’eau les noix de galles pulvérisées , filtrant la liqueur et la laissant exposée à l’air : elle se moisit , se recouvre d’une pellicule gélatineuse épaisse ; des flocons gélatineux se déposent , et , dans l’espace de deux ou trois mois, les parois du xase sont tapissés de petits cristaux jaunâtres qu’on purifie en les faisant dissoudre dans l’alcool et en évaporant la dissolution à siccité. M. Deyeux recommande
ACIDE GAELIQUE.
(1 employer de suite le procédé de la sublimation : pour cela on met les noix de galles pulvérisées dans une cornue de verre , que l’on chauffe lentement à un feu ménagé ; l’acide s’élève et se condense dans le col de la cornue : ce procédé exige de grandes précautions , car il faut éviter avec soin que la chaleur ne dégage 1 huile des noix de galles : les cristaux obtenus sont en lames brillantes assez larges. Cet acide cristallise aussi en aiguilles soyeuses ; sa saveur est faible ; il est décomposable par le feu , n’attire pas l’humidité de l’air, se dissout mal dans l’eau Iroide , mais est très soluble dans l’alcool.
Le caractère distinctif de l’acide gallique est sa grande affinité pour les oxides métalliques ; elle est telle que, combiné avec le tannin, il les enlève aux acides les plus puissans : plus les oxides métalliques cèdent facilement leur oxigène , plus ils sont altérables par l acide gallique. Cet acide donne une nuance verte a une solution d or ; il se forme un précipité brun qui passe a 1 état métallique et recouvre la dissolution d’une pellicule éclatante : un effet analogue e^t produit dans la solution de nitrate d’argent : le mercure est précipité en jaune-orange , le cuivre en brun, le bismuth en citron, le plomb en blanc , le fer en bleu-noir. Cette dernière reaction produit l’encre ordinaire. Le meilleur procédé pour obtenir l’encre paraît être le suivant : on fait bouillir ensemble 25o grammes de noix de galles, 96 grammes de gomme arabique concassée , 96 grammes de sulfate de fer, et 2 kilogrammes d’eau ; la liqueur passée est d’une belle couleur bleue qui paraît noire. On conçoit facilement que dans cette opération 1 acide gallique précipite en noir le sulfate de fer; la gomme a pour objet de tenir le précipité en suspension.
L acide gallique est d un très grand emploi dans la teinture ; il constitue 1 un des principaux ingrédiens des noirs , et 1 on en fait usage pour fixer ou perfectionner plusieurs autres couleurs.
Gallates. L acide gallique forme, par son union
3u6 PRINCIPES NEUTRES.
avec les bases salifiables , des sels insolubles excepté avec la potasse , la soude , l’ammoniaque et les bases végétales. Ces sels exposés à l’air éprouvent une altération et changent de couleur : l’oxigène est absorbé et l’acide gallique détruit. Le gallatc de fer se dissout dans l’acide oxalique et même dans le sel d’oseille. Ce sel impur est employé pour faire l’encre. L’on n’a trouvé dans la nature que les gallates de chaux , de brueine et de vératrine.
Des autres Acides végétaux.
Ces acides doivent être étudiés dans les ouvrages spéciaux ou dans les mémoires particuliers qui ont démontré leur existence. Je donnerai les noms des végétaux qui renferment ceux qui offrent quelque intérêt.
Acide maliqae. Se trouve dans les pommes , l’épinevinette , le prunier des jardins , le sureau ; X acide sorbique que l’on trouve dans le sorbier des oiseleurs paraît être identique avec l’acide malique. L ’ acide margarique et V acide olêique s’obtiennent des graisses , des huiles végétales ; ils ne contiennent pas d’azote et peuvent cependant être regardés comme appartenant au règne animal. L 'acide kinique se trouve uni à la chaux dans les quinquina ; X acide méconique dans le suc des pavots ; X acide ménispermique dans la eoquedu— levant ; X acide subérique dans le liège ; X acide succiniqiie dans le sucein ; X acide rheumique dans les rhubarbes ; X acide igasurique dans les strychnos , etc.