‹ Chimie. Traité élémentaire de cette science et de ses applications aux arts et aux manufacturesChapitre 119 sur 162 · DE QUELQUES PRINCIPES PARTICULIERS · texte numérisé non relu

DE QUELQUES PRINCIPES PARTICULIERS

Sarcocolle. Substance incristallisable , très fragile, brune , soluble dans l’eau et dans l’alcool , d’une saveur douce-amère. L’acide nitrique la convertit en acide oxalique.

Ulmine. Nom d’une substance très singulière étu-

diée par Klaproth : elle diffère essentiellement de tous les corps connus , et doit par conséquent constituer un principe végétal nouveau : elle exsude spontanément d’une espèce d’orme que le chimiste prussien croit être Yulmus nigra ; elle est solide, dure, noire et d’un beau lustre : l’acide nitrique la convertit en une substance de nature résineuse.

Nicotine. Principe particulier qui se trouve dans le tabac ( nicotiana tabacum ) ; il est incolore , volatil , délétère , et a le goût particulier de la plante.

Asparagine. Cristaux blancs, transparens , qui se déposent du suc d’asperges chauffé, filtré et abandonné à lui-même pendant i5 à 20 jours,

Inuline. Poudre blanche , insoluble dans l’eau froide et dans Falcool , soluble dans l’eau chaude ; qui brûle en répandant une odeur de caramel, et donne de l’acide oxalique lorsqu’on la traite par l’acide nitrique ; on l’extrait de Faufilée ( inula helenium ).

Po llenine. Substance jaune , insipide , inodore , trouvée dans le pollen de plusieurs plantes , telles que le pin maritime, lelicopode, le dattier, etc., etc.

Je répéterai ici ce que j’ai déjà dit sur ces principes particuliers : je n’ai pas eu pour but d’en donner une liste exacte , cette énumération eût dépassé les bornes qui m’étaient imposées ; ces substances doivent être étudiées dans les mémoires originaux qui constatent leur existence comme possédant des propriétés qui les différencient des corps déjà connus.

Les principes alcalins végétaux jouissent des propriétés que nous avons reconnues dans les alcalis du règne minéral : il ramènent au bleu la teinture de tournesol rougie par un acide, sont susceptibles de neutraliser les acides et de former avec ces derniers corps des sels qui cristallisent plus ou moins facilement. La découverte des alcalis végétaux conduira

sans doute à des données importantes qui agrandiront le domaine de la chimie 'végétale ; mais cette partie laisse à désirer, et n’est pas à beaucoup près aussi avancée que celle des acides : les principes alcalins ont été isolés à une époque très rapprochée de nous, puisque le premier alcali connu (morphine ) fut découvert en i8o5 ; tandis que la connaissance de plusieurs acides végétaux date des siècles les plus reculés. Celte différence s’explique facilement : la nature nous offre un grand nombre d’acides végétaux a l’etat libre, tandis que les alcalis sont toujours unis à un acide qui masque leurs propriétés et les dérobe à nos recherches. Le nombre des alcalis végétaux connus est déjà considérable et augmente tous les jours ; mais il est assez probable que plusieurs des composes admis comme alcalis particuliers par leurs auteurs seront rangés dans une autre classe ou même reconnus faire double emploi ; cependant il en est dont l’existence paraît bien prouvée; ce sont : i° la brucine ; 2° la cincho— nine ; 3° l’émétine ; 4° la morphine ; 5° la picrotoxine; 6° la quinine; 70 la strychnine et peut-être la daturine, la delphine et la vératrine.

Brucine. Principe vénéneux de la fausse angusture ; où il est uni à l’acide gallique. Il est peu soluble dans l’eau , insoluble dans l’éther et les huiles grasses, mais très soluble dans l’alcool.

Cinchonine. Alcali que l’on trouve particulièrement dans le quinquina gris ( cinchona ojjieinalis). Il est blanc , très peu soluble dans l’eau chaude, l’éther, les huiles fines , très soluble dans l’alcool , au feu il se décompose et se volatilise en partie.

Emétine. Principe alcalin qui serait en même temps le principe vomitif des ipécacuanha : cet alcali serait combiné à l’acide gallique dans ce végétal. On l’a proposé comme possédant sous un plus petit volume les propriétés de la plante , et par conséquent pouvant la remplacer avec avantage. L’émétine est blanche, peu soluble dans l’eau , insoluble dans l’éther et les huiles;

très soluble dans l’alcool ; la noix de galle est le meilleur antidote contre les empoisonnemens par l’é- Morphine. Principe narcotique de l’opium, il est solide, incolore, cristallise en pyramides tronquées, insoluble dans 1 eau froide , soluble dans l’eau chaude, dans 1 alcool et dans 1 etlier ; il forme avec les acides des sels plus ou moins cristallisables. L ’ acétate de morphine qu un célébré procès fit connaître au public se pitpare directement par 1 union de l’acide acétique et de la morphine ; il n’est pas susceptible de cristallise^; on évaporé a siccité et on obtient une poudre grisâtre d une saveur excessivement amère , et qui agit comme narcotique sur l’économie animale ; les médecins en ont lait usage comme remplaçant l’opium, mais il est moins employé aujourd’hui. M. Sérullas a démontré dans ces derniers temps que l’acide indique était un excellent réactif des sels de morphine, une partie de l’iode est mise à nu.

Picrqtoxine. Principe actil de la coque-du-levant ( coceulus indiens ) ; il est blanc demi transparent , soluble dans 1 eau , dans l’alcool et dans l’huile.

Quinine. Principe analogue à la cinchonine. Ces deux alcalis existent simultanément dans le quinquina rouge (cinchona obîongilolia ) ; mais la quinine se trouve presque seule dans le quinquina jaune (cin— ch on a cordifolia) ; ils sont tous deux combinés avec 1 acide kinique. Le sulfate de quinine est très employé en médecine; il possède, sous un volume bien moins considérable , les propriétés fébrifuges du quinquina ; ses effets sont même plus certains : de telles considérations suffisent pour en étendre l’usage , et sous ce rapport seul il exige un examen particulier.

Le sulfate de quinine est blanc cristallisé en houppes soyeuses, dune saveur très amère, peu soluble dans 1 eau , plus soluble dans l’alcool , surtout à chaud. On peut le préparer de la manière suivante : le quinquina réduit en poudre grossière est traité à chaud par de

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l’eau aiguisée par l’acide sulfurique. La même opération se répète deux ou trois fois : les décodions réunies sont traitées par la chaux qui neutralise l’acide sulfurique et décompose le kinate de quinine : le précipité obtenu paraît formé de chaux en excès , de sulfate de chaux, de kinate de chaux et de quinine : l’alcool bouillant versé sur ce précipité enlève la quinine, et cette solution distillée au 5/6 donne pour résidu une matière brune visqueuse qui est la quinine unie à la matière colorante. Ce résidu est repris par de l’eau acidulée par l’acide sulfurique ; on filtre bouillant et la liqueur refroidie laisse précipiter le sulfate de quinine qui est ordinairement parfaitement blanc : dans le cas contraire une nouvelle cristallisation le purifie complètement. Souvent on ajoute du charbon animal à la dissolution avant de filtrer , et l’on sépare ainsi la matière colorante qui reste sur le filtre.

Strychnine. Principe stupéfiant des strychnos : tels sont la noix vomique , la fève Saint-Ignace , le bois de couleuvre , etc. ; cet alcali paraît uni à un acide particulier que les auteurs ont appelé acide igasurique.

La strychnine , et surtout ses sels solubles sont des poisons très violens,

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