‹ Chimie. Traité élémentaire de cette science et de ses applications aux arts et aux manufacturesChapitre 138 sur 162 · LAIT · texte numérisé non relu

LAIT

Le sérum purifié est transparent, verdâtre , et renferme une matière saline cristallisable appelée sucre de Jmt, que 1 on peut obtenir par l’évapora lion du petitlait , et dont on prépare une grande quantité en Suisse. Le sérum contient en outre un acide particulier appelé acide lactique .

Le caséum est une matière très animalisée, qui est la base de tous les fromages ; la chimie donne peu de lumières sur ce dernier produit : suivant Proust, les vieux fromages offrent un caséum altéré et transformé en deux corps : en oxide caséeux et en un acide que le même chimiste appelle acide caséique , et qui est alors neutralisé par l’ammoniaque.

L’analyse de M. Berzéiius démontre que la crème est composée de /£,5 de beurre, de 3.5 de fromage , de 9,2 de petit-lait, et que iooo parties de lait dépouillées de crème sont formées de :

Eau . . . . .

Matière caséeuse avec un peu de crème

Sucre de lait ...»

Hydrochlorate de potasse..

Phosphate de potasse ,

Acide lactique , acétate de potasse avec traces de

lactate de fer

Phosphate terreux

fi,

On a comparé la composition de plusieurs espèces de lait et on a constaté les faits suivans :

Par rapport à la quantité de sucre de lait qu’ils renferment, les diverses espèces de lait suivent l’ordre suivant : lait de jument, de femme, d’ânessc , de chevre, de brebis et de vache.

Si on les considère par rapport au petit-lait, ils se présentent dans l’ordre suivant : lait d’ànesse, de jument, de femme , de vache, de chèvre et de brebis, ils forment , par rapport à la crème , celte série : lait

de brebis , de femme, de chèvre, de vache, d’ânesse, et de jument.

Pour le fromage on a : lait de brebis, de chèvre, de vache , d’ânesse , de femme et de jument.

De l’Urine.

Ce Huide que la saison , la santé et mille autres causes modifient, est dans son état naturel transparent, jaune, d’une odeur particulière et d’un goût salin ; il rougit les couleurs bleues végétales et contient par conséquent un excès d’acide. L’urine subit des altérations spontanées qui sont plus ou moins promptes , selon son état et la température de l’air : nouvelle et saine, elle est légèrement odoriférante, mais elle cesse bientôt de l’ètre et exhale ensuite l’odeur connue sous le nom d’urineuse. Quand elle commence à se putréfier elle en répand une qui est analogue à celle du lait aigre, mais qui devient bientôt fétide, ammoniacale, et que la térébenthine , l’asperge , et plusieurs autres substances végétales exaltent beaucoup.

Les principes immédiats de burine sont : i° la matière visqueuse; 20 l’acide urique ; 3° l’urée. Ce liquide renferme en outre plusieurs matières salines, et quelques observations pathologiques démontrent que dans certaines maladies elle peut contenir des principes particuliers qui n’existent pas dans l’état sain. Tel est V aeide rosacique dans les fièvres intermittentes, les maladies du foie , le sucre dans le diabétisme.

Matière visqueuse. L’urine abandonnée quelques heures à elle-même, laisse déposer une matière visqueuse dont la densité diffère peu de celle du liquide.

Acide urique. L’urine séparée de la matière visqueuse forme un second dépôt qui , traité par la potasse et jeté sur un filtre, donne un liquide (urate de potasse) formé d’acide urique uni à la potasse : on sature la potasse et l’acide obtenu est blanc , peu soluble, mais cependant plus à chaud qu’à froid, sans saveur

et odeur. Cet acide forme avec les bases des sels insolubles , excepté avec celles qui sont solubles et en exces. Ues sels sont décomposés par tous les acides.Toute u, me contient cet acide, même lorsqu’il ne se forme pas de précipité apparent par son réfroidissernent : car si on évaporé auxo,oo56 de son poids une assez grande quantité d urine claire et fraîche, il se précipite une pouc re les fine qui s attache fortement aux parois du v a^c ; ce depot traité par la potasse comme nous l’avons oit, donne un précipité qui manifeste toutes les propriétés de 1 acide urique.

L acide urique traité par l’acide nitrique se transorme en une substance particulière; car si on ajoute i ammoniaque nécessaire pour neutraliser l’acide nitrique^ il se forme une substance cristalline d’un rou^c magnifique. D

Suivant Proust , ce composé est un purpurate ci’ ammoniaque dont on peut isoler l’acide ; le sel est dissous dans une solution de potasse, la couleur rouge disparaît; on sature peu à peu l’alcali par l’acide sulfurique,

et i acide purpurique se précipite pur; il est insoluble dans i alcool.

,, AC1DI: Rosacique. Dépôt d’un rouge vif que forme 1 urine dans certaines maladies ; Vaiiquelin le considère comme un acide particulier, facile à distinguer de l’acide purpurique : i° d ne contient pas d’azote; 2° il e*d soluble dans l’alcool.

, Urée. Cette substance se prépare ainsi qu’il suit. On évaporé 1 urine à la consistance de sirop ; on ajoute insensiblement au liquide son volume d’acide nitrique : on agite le mélange et on le plonge dans un bain d’eau glacee pour durcir les cristaux de nitrate d’urée : on es lave h l eau glacée et on les presse entre des feuilles de papier brouillard; on les redissout et on ajoute une quantité suffisante de carbonate de potasse pour neutraliser 1 acide nitrique ; on évapore la nouvelle liqueur et on traite le résidu par l’alcool : ce liquide ne dissout que 1 uiee? ou concentre et l’urée cristallise en prismes

à quatre pans, iransparens, incolores et d’un lustre analogue à celui des perles. L’uree , par sa puti éviction , donne beaucoup d’ammoniaque : en dissolution, elle est décomposée et précipitée par le chlore. G est cette substance qui caractérisé 1 urine , qui la constitue ce qu’elle est, et à laquelle sont dues sa saveur, son odeur, et la plupart des phénomènes très singuliers qu’elle présente.

Indépendamment des trois principes dont nous avons parlé , l’urine renferme des composés du règne minéral. SuivantM. Berzélius , l’urine de l’homme en santé se compose de :

Eau 9 3 3 ,oo

Urée o, i o

Sulfate de potasse. . < • • • 3,yr

— de soude 3,i6

Phosphate de soude 2 >94

H y drochiorate de soude 4>45

Phosphate d’ammoniaque 1,65

Hydrochlorate d’ammoniaque l,5o

Acide lactique, lactate d’ammoniaque, matière animale , urée mêlée à la matière animale . 17>14

Phosphate terreux et fluate de chaux l ,oo

Acide urique i,oo

M ucus de la vessie 0,02

Silice o,o3

iOOOjOO

Suivant Fourcroy , Yauquelin et Rouelle, l’urine de plusieurs animaux diffère de celle de l’homme en ce qu’elle ne contient pas d’acide phosphorique , urique, et qu’elle renferme l’acide benzoïque : telles sont les urines du' cheval, de la vache, du lapin, etc. ; celle du chameau ne renferme pas d’acide benzoïque.

L’urine est altérée dans un grand nombre de maladies. i° Dans la jaunisse elle contient une matière d’un jaune foncé susceptible de teindre la toile; 2°dans les affections hystériques , elle est abondante , limpide ,

incolore contient beaucoup de set , mais fort peu d’ifrée î f ' dans l’hydropisie elle est généralement si chargée d albumine qu’elle devient laiteuse ou se coagule par 1 action des acides ; 4° dans l’indigestion l’urine abonde en gélatine et se putréfie rapidement ; 5° dans le diabetisme l’urine est quelquefois si chargée de sucre qu elle est susceptible de se transformer en liqueur vineuse: Cruikshank en retira 1/12 de sucre, et le malade donnait vingt-neuf onces d’urine par jour: quelcependant ellen est pas douce mais insipide; o lartection la plus grave que puisse éprouver l’appareil urinaire est la concrétion des matières solides que renferme l’urine ; ces pierres sont connues sous Je nom de calculs vésicaux ; le premier degré de cette maladie constitue la gravelle.

Des calculs vésicaux. L’analyse de l’urine nous démontre que ces calculs doivent être formés des parties peu solubles que ce liquide renferme: l’acide urique , urate d ammoniaque, le phosphate de chaux, le phosphate ammoniaco-magnésien ; c’est ce que l’expérience confirme: ces matières peuvent s’unir deux à deux , trois à trois. On connaît actuellement douze à quatorze espèces de calculs.

Des sues gastrique et pancréatique ,

Du chyme et du chyle.

Les alimens éprou vent dans l’estomac l’action de la salive et du suc gastrique, et se convertissent en un fluide laiteux appel & chyme. Ce fluide passe ensuite dans les intestins , où il se combine avec le suc pancréatique, avec la bile, et où il se sépare en chyle et en matière fecale. Les vaisseaux lactés absorbent ce chyle et le portent dans le sang. La chimie offre si peu de lumière sur cette partie physiologique , qu’il m’est impossible de présenter dans cet abrégé quelques résultats assez certains.

Page 1