RÉSINES ANIMALES
De la civette. Substance odorante qui se rassemble dans une bourse ou poche située entre l’anus et les paities de la génération d’un quadrupède carnivore sauvage qui se rencontre dans la Chine et autres parties de i Asie : on l’appelle chat civette , mais il ressemble plus au renard et à la martre qu’au chat.
Plusieurs de ces animaux furent transportés en Hollande, où ils ont été l’objet d’un commerce considérable particulièrement à Amsterdam. On extrait la civette de la poche de l’animal, tous les jours en été et deux lois par semaine en hiver : la quantité extraite chaque fois varie de ? a 4 grains. La bonne civette est brune-rougeâtre , d’une consistance de miel; elle doit avoir une saveur âcre et répandre une odeur très forte; cette odeur tout— a -lait malfaisante lorsque le suc n’est pas mélangé, devient agréable lorsqu’il est mêlé avec une grande quantité d’autres substances.
La civette que j ai classée dans les résines ne paraît pas cependant de nature résineuse , car elle se dissout dans les huiles et est presqu’insoluble dans l’alcool.
Du musc. Substance rouge-brunâtre , formée de petits grains onctueux au toucher, d’une odeur très forte, d’une saveur amère, soluble dans l’eau et dans 1 alcoqi. On la trouve dans une poche située à la région ombilicale du moschus moschi férus . Le musc du commerce est quelquefois falsifié avec du sang desséché, du sable , etc. Dans le premier cas, il dégage une odeur ammoniacale lorsqu’on le projette sur une pelle rouge. Le toucher rude et grenu qu’il offre découvre facilement la fraude dans la seconde sophistication.
5e SECTION.
Des Matières fécales.
Les alimens introduits dans l’estomac éprouvent divers genres d alterations, arrivent dans le duodénum et
MATIÈRES FÉCALES. 4o5
se divisent en deux substances distinctes , le chyle et la matière fécale : cette dernière parcourt les gros intestins et est rejetée au dehors par Y anus. Les excrémens doivent être nécessairement formés des parties qui n’ont jm servir à la nutrition, et ces parties ont été plus ou moins altérées par l’action des agens qui ont concouru à la digestion et à leur séparation des substances nutritives.
Le désir de répandre quelque lumière sur les phénomènes qui ont lieu dans l’acte digestif a pu seul déterminer les chimistes à entreprendre des recherches sur la matière fécale et à surmonter le dégoût qu’ils devaient éprouver dans leurs expériences; mais ils n’ont été dédommagés par aucune découverte importante de ce que leur travail avait de rebutant. Les essais les plus remarquables sont dus à MM. Berzélius, Vauquelin , Thaer et Einhof ; le premier analysa en 1806 les excrémens humains ; on doit au deuxième une analyse exacte des excrémens de poule ; MM. Thaer et Einhof examinèrent les principes constituans des excrémens de bestiaux nourris «à l’étable. Je rapporterai seulement les résultats du premier et du dernier.
ANAT.YSE DES EXCREMENS HUMAINS, TAR M. EERzÉl.lUS '
Eau ^3,3
Débris de végétaux et d’animaux 7,0
Bile • • ; 0,9
Albumine 0,9
Matière extractive particulière. 2,7
■Sels 1 ,2
Matière visqueuse composée de picromel, de matière
animale particulière et de résidu insoluble *4?°
MM. Tha ër et Einhof soumirent à l’analyse 2.8G
4o6 MATIÈRES FÉCALES.
parties d’excrémens de bestiaux nourris à l’étable ; la composition fut ainsi qu’il suit :
Eau 206
Matière fibreuse jaunâtre ayant les propriétés des
fibres de plante 3q
Substance visqueuse ayant l’odeur de la bile de
bœuf 3 r
Matière brunâtre de saveur amère 6
Sels et oxides métalliques 4
6e SECTION.
Des Fondions animales.
L’homme, a-t-on dit, est une intelligence servie par des organes : cette définition me paraît exprimer .assez heureusement la nature de l’homme et le rôle qu’il est appelé à jouer sur la terre. L’homme se compose donc d’une partie intellectuelle et d’une partie physique, et de là résultent deux genres de fonctions : i° fonctions de la vie intellectuelle ; 20 fonctions de la vie nutritive ou animale. Les premières sont enveloppées de ténèbres, et tous les travaux des métaphy siciens n’ont pas éclairci la question ; les deuxièmes comprennent la nutrition , la respiration , la circulation , les sécrétions , l’exhalation , l’excrétion et l’assimilation : ces fonctions de la vie nutritive sont intimement liées aux premières , et par suite nos idées sur ces causes ne sont rien moins que mathématiques. Cependant si l’on considère : j° que la nutrition et la respiration s’exécutent sur des corps matériels ; 20 que l’assimilation supplée à la perte journalière qu’éprouvent nos organes, et par conséquent forme des corps également matériels, on concev ra facilement que les regards des chimistes ont dû se fixer particulièrement sur ces trois fonctions,